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(mon) Marsatac 2006 : Mogwaï, 2 Lone Swordsmen, Jahcoozi, Funkstörung, The Rapture, Vitalic, Peaches, Matthew Herbert, The Hacker

Esplanade St Jean J4, Marseille   29 septembre 2006

    Bon concert

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    Troisième édition du festival Marsatac sur le J4, et pour la première fois ils ont fait exprès d'être ici ! Ca se sent de suite : aménagement beaucoup plus réfléchi et convivial que précédemment (bon, certes les fauteuils roulants peuvent toujours aller se faire peindre, grmbl), jolis chapiteaux, toilettes peu nombreuses mais somptueuses, bars sympathiques et abrités. Une organisation discutable au niveau de l'achat des tickets de bar, mais en corollaire beaucoup plus de fluidité aux bars. Pour cette soirée "nuque longue triomphante", arrivage massif d'une population stylée - programmation électro pointue oblige. Et quelques types en tenue crado-festival (en souvenir de la poussière de l'an passé) venus plutôt pour le rock, dont je fais partie - pour voir Mogwai, Peaches, The Rapture, et le très rock Vitalic, on veut bien se déplacer quand même !!


    On commence avec le post-rock de Mogwaï et une première hallucination : il avait fallu se battre cet été pour ne serait-ce qu'entrer sous le chapiteau aux Eurockéennes (8000 places), et ici vu l'heure précoce (et le public plus électro), on arrive tranquille au troisième rang, sans forcer. Il est vrai que programmer ce groupe-ci, à cette heure-là et dans ce festival-ci, est assez incongru. Mais on ne va pas s'en plaindre, étant un grand fan, on se fout pas mal que le groupe commence devant une salle presque vide !


    Histoire de charmer l'auditoire d'entrée, la somptueuse Friend of the Night, pic de l'album Mr Beast (que je préconise de toutes mes forces !). Un départ inhabituellement sage au niveau décibel (les aurait-on briefés ?). Puis Travel is dangerous, où Stuart Braithwaite et sa bande commencent à faire parler la poudre. Plus encore sur la superbe Hunted by a freak où la voix se fait vocodée et caressante quelques instants, avant une déferlante sonique et vibratoire, jouissive (à noter pour d'autres : ce groupe arrive à jouer fort sans faire mal aux oreilles).


    Petite pause dans la progression inexorable des décibels avec I know you are but what am I, puis les vibrations de basse s'amplifient encore sur un concert en apesanteur, le groupe étant soigneusement caché dans des fumées et des lumières colorées : notamment la tellurique, lente et violente We're no Here appuyée par un stroboscope épileptique, puis l'explosive Glasgow Mega Snake que - désolé de le dire à chaque fois - Muse n'arrivera jamais à écrire, une splendeur.


    D'autres chansons plus anciennes seront jouées aussi, et notamment celle extraite de Rock Action, et qui vient conclure, par 10 minutes de bruit apocalyptique, saturations de guitares et basses diverses, et chaos lumineux, une prestation Mogwaienne de très haute volée, et presque en petit comité même si le chapiteau a fini par se remplir ! Le plancher vibre encore bien après la sortie du groupe, ça commence bien nom de Zeus, sauf que le prochain groupe de rock est dans ... trois heures !


    Heureusement les programmes imprimés n'engagent que ceux qui y croient : tout sera complètement chamboulé (apparemment il y avait la bonne version sur le site web du festival - ndP : nouvelle preuve de la meilleur fiabilite de la presse internet, qui peut etre mis a jour jusqu'a la derniere minute, vs. la presse papier imprimee minimum une semaine avant), mais plutôt dans le bon sens me concernant : les lives d'abord, les DJ sets après. Voici donc, il me semble, 2 Lone Swordsmen, groupe d'électro-punk braillard avec boîte à rythme, qui fait mal aux oreilles, lui (les aïgus, les gars, baissez les aigüs !!!), c'est pas beau du tout, du tout.


    On s'échappe donc dans le petit chapiteau, pour découvrir un trio DJ/bass/chanteuse tout feu tout flamme : Jahcoozy et sa somptueuse et énervée créature sri-lankaise. Celle-ci harangue la foule, racontant volontiers des cochonneries à caractère sexuel, sur des airs tantôt hip hop, tantôt électro-rock déchaîné, tantôt big beat, avec de curieuses mais marrantes projections d'acteurs hollywoodiens remixés en fluo (James Stewart, Audrey Hepburn notamment en font les frais).


    Tout ce qui fait danser est bon à prendre par ce trio infernal qui met une grosse ambiance : trip hop et enfin techno-basse pour finir cette excellente et pétaradante prestation scénique... petite claque quand même, un peu comme la surprise de Busdriver l'an dernier !


    Mais rejoignons tout de suite un duo de Dj's, il faut bien commencer vu la liste : Funkstörung feat Phon.O... n'ayant entendu là qu'une succession de beats minimalistes (sur des visuels pas mal il est vrai), je laisse la parole à des gens plus pointus, les programmateurs : "entre électro minimale (certes) revigorante et booty bass incisive". Bref et pour résumer : quand on connaît pas, c'est juste ...chiant ! Et en plus ça dure des heures. Brrrr...


    Alors rejoignons tout de suite Mathieu H... pouf pouf, ce quatuor de chevelus braillards ne saurait être que ... The Rapture. Sensations new-yorkaise taillée pour les dance floors, dont je n'aime ni l'ancien ni le nouvel album, mais enfin je veux bien voir la chose en direct. Certes ils ont quelques bonnes chansons comme The Devil, enlevée et outrageusement funky. Mais cette voix miauleuse de fausset, pitié... les filles du premier rang adorent, cela dit !


    Autre single supposément imparable et qui amuse l'oreille, Get myself into it. Horripilé quand même par le chant, on s'échappe quelques instants aller déposer une humble miction dans la mer (on va quand même pas faire la queue aussi pour faire pipi !). Retour sur le nouvel album Pieces of the People we love que le groupe défend tant bien que mal (l'autre chanteur est limite aussi...), ainsi que House of Jealous Lovers, historiquement leur premier tube, et qui met une très grosse ambiance.


    Tout ça sonne quand même tout le temps un peu pareil, globalement je ne suis pas très convaincu mais reconnaissons qu'à défaut d'autre chose, The Rapture est un groupe ... très dansant ! Et c'est tout ce qu'il faut leur demander.


    Quoi qu'il en soit, et là on sait qu'on ne sera pas déçu parce qu'on en avait éructé de plaisir à Rock en Seine 2005, voici Mr Vitalic, probablement le meilleur DJ électro-rock en activité, venu comme d'habitude jouer des versions complètement torturées des chansons de son somptueux disque Ok Cowboy. Le public ne s'y est pas trompé, qui a ce coup-ci bourré le petit chapiteau jusqu'à la gueule, le transformant en étuve (la sueur ruisselle sur les parois, beurk...). Comme à son habitude, l'homme se cache et a disposé un écran devant lui pour les projections.


    Après un écran Windows XP qui fera ricaner l'auditoire, il nous cueille à froid avec Polkamatic (en version méchante) et d'autres trucs tous remixés ensemble et très méchants, où l'on reconnait des sons et des boucles de l'album (Poney part 1 et 2 par exemple) sans pour autant identifier les chansons. La température explose, l'ambiance atteint aussi des sommets, fait inhabituel pour un DJ, des gens slamment même ! Quand survient le beat et le vrombissement faramineux de la terrifiante La Rock 01, remixée comme par un démon, on est passé de l'autre côté : plus personne ne pourra sortir ni entrer, bienvenue en enfer !


    Mais s'il faut en crever, pourquoi pas, c'est trop bon ! My Friend Dario suivra, single qui l'a fait connaître et avec projection du fabuleux clip qui l'accompagne (cadeau-bonus en passant : il est toujours visible on line ici !), là encore c'est bon à en crever, c'est l'émeute et le triomphe que viennent encore aggraver, sans coup férir, No Fun (superbe en live), Valetta Fanfares (batucada version techno), et un final dantesque sur New Man qui fait littéralement grimper les gens aux pylones. Ouahhhhh - on s'est encore méchamment fait passer à tabac par ce loubard de Pascal Arbez. KO debout, vite, une bière...


    Après avoir repris ses esprits, on va constater qu'on a probablement bien fait de ne pas aller voir Peaches à la place. La chanteuse canadienne à l'image si sulfureuse, fait du boucan mais il n'y a pas grand choses derrière, pas plus que sur ses albums, politiquement engagés, féministes (Fatherfucker) et anti-Bush (Impeach My Bush) - certes c'est louable, mais musicalement sans intérêt. A moins que jouer en sous-vêtements soit un parangon de provocation.


    En plus il est vrai que (comme me l'a signalé une copine perfide), Merrill Nisker devrait faire plus de vélo... On verra trois chansons, certes de bonne tenue, dont le "premier tube de Peaches"(ça c'est de l'info non ?), chansons électro-punk qui sonne pas mal du tout. Le reste est trop ostentatoire, ou pas assez provocant, bref juste un peu vulgaire, globalement bof.


    Hélas le temps des DJ sets est venu. Petit passage à la performance d'un inconnu : à une porte, un type me certifie que c'est John Lord Fonda, à une autre on me dit que c'est Matthew Herbert (ndP : je confirme).. il est vrai que rien ne ressemble autant à un DJ techno qu'un autre DJ techno... En tout cas celui-ci (appelons-le Mr X), propret dans sa chemisette et bien terne après Vitalic, fait un set pas trop mal, si l'on excepte ses visuels franchement moches, set que j'écoute d'une oreille distraite en papotant (c'est dingue le monde qu'on peut croiser à un festival électro et rock sur le J 4, ça n'arrête pas...).


    Plus tard encore, un passage à The Hacker, DJ grenoblois assez puissant en plutôt enthousiasmant, même sans sa copine Miss Kittin'. En plus ses visuels à lui, semblent comme des courts-métrages intriguants, un vrai boulot de cinéma, ça change un peu de tous ces visuels fainéants... J'y reste un moment et ça le fait pas mal du tout ! Mais bon, il est 3 h 30 du matin et je n'ai pas de drogue, alors pour le soi-disant fabuleux DJ marseillais qui doit passer à 5 h du matin, eh ben ça sera sans moi, désolé ! Espérons qu'un clubber plus aguerri pourra relater au mieux les prestations électro, pas trop mon domaine comme on a pu s'en apercevoir.


    Retour à pied guilleret et éméché, assez interminable depuis le Vieux-Port, heureusement acocmpagné de l'enthousiasmant album de Poni Hoax, que je recommande vivement pour conclure. En tout cas, encore une bien belle soirée sur le J4, et pour un prix très raisonnable (surtout en passant par nos copains de Digitick), le festival continue dès demain soir avec Public Enemy mais ça, c'est quelqu'un d'autre qui devra le chroniquer !! En attendant, souhaitons pour finir une Longue vie à Marsatac !

    A lire aussi sur CnC : Une journée à Marsatac 2005 (et plein d'autres chroniques du même festival).

    Photos Pirlouiiiit et Philippe mais chuuut !

    Comme promis en bonus, des vidéos (qualité appareil photo) pour au moins se faire une idée : par ici !

    Vignette philippe
    Signature : philippe
    le 01/10/2006
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