Une fausse manoeuvre nous ayant fait effacer toutes nos photos de la Fête de la Musique, c'est tout dépité qu'on a bêtement pas pris d'appareil pour cette Fête du Panier ni pour la Fête Bleue. Et pourtant à la lecture du compte-rendu par la Provence de ces deux événements, on se sent bien obligé d'allumer un petit contre-feu. Y'a plus qu'a espérer qu'une bonne âme nous en fera parvenir, des photos !
Acte 1 : Fête de la musique - dans un grand brouillard de merguez et de décibels
Un certain masochisme récurrent nous conduit chaque année a faire une dizaine de fois le tour de la Plaine à la recherche du concert perdu, cette année comme les autres. A vrai dire c'était comme toujours, à la fois charmant et crispant. Crispante, la musique jouée à fond par des baffles surpuissants et dont tant de gens se contentent (mention spéciale au moulon au carrefour du Champ de Mars) : au delà d'un certain taux de rhum la plupart des gens n'ont plus besoin que d'un son de salsa, ils se dandinent en ricanant et se foutent pas mal d'avoir ou non des musiciens - c'est bien triste et, au nom de LiveinMarseille, je désapprouve fortement ! Voilà des gens qui méritent bien l'Univers Sale que leur prépare l'industrie du disque.
Charmant par contre, tous les petits groupes qui s'évertuent à perpétuer la tradition jacklanguienne et que j'ai la flemme de référencer tous : les fameux djembés relous du cours Julien, le groupe de jeunes punks reprenant du Nirvana au même endroit (et dont le micro du chanteur ne marchait absolument pas), ou encore devant le Pub Notre Dame, le fameux groupe de rock-à-la-con-qui-donne-des-envies-de-meurtre, en enchaînant le terrible diptyque Quelque Chose en Toi / Sunday Bloody Sunday (ce qui réveille immanquablement en nous des envies de casser quelque chose de beau). S'étant emparé des désormais fameux samossas de la Place Paul Cézanne (déjà repérés lors de la Fête de Noailles), on a donc prudemment fui avant Roxanne...
Sinon et pour notre grand plaisir, c'est aussi la fameuse soirée où la Maison Hantée rouvre ses portes de métal ajouré (voir en bonus infra, la chronique du restaurant). On y passe à plusieurs reprises entre deux concerts, croisant des punks aggravés et qui désespèrent de voir un bon concert (quand ça veut pas...), sauf à un moment où les Menpenti y jouent, aussi fort que d'habitude (mais avec un son bien pire). Ambiance sympa mais réellement dangereux pour les oreilles, on a pas tenu... Et c'est un adepte de cette musique qui vous le dit !
Et puis on a enfin vu les Dirteez, groupe qu'on ratait avec une belle régularité depuis une décennie : un groupe de rockabilly pétaradant et Crampsieux ,chantant dans un micro vintage de toute beauté devant le Cosmic'Up ! A signaler, l'attitude parfaite de crooner décalé du chanteur, impassible devant le passage de flots de gens qui bien souvent cédaient à la tentation de chanter avec lui, et les poses terriblement lascives de la guitariste Wild Cat Lou. Grande classe. Incontestablement notre coup de coeur de la soirée.
Celle-ci s'est d'ailleurs finie en constatant tristement qu'il y avait au monde des filles qui, non seulement se faisaient taper dessus en public, mais en plus aimaient ça : même à plusieurs, il n'y a pas eu moyen de séparer la malheureuse demoiselle au nez déjà ensanglanté de son futur bourreau potentiel - l'amour rend décidément les gens bien stupides, il était temps de rentrer.
Acte 2 : Fête du Panier - la réconciliation
Après qu'elle ait été successivement annulée puis ratée (par nous), retour au quartier aux 2600 années et autant de ruelles. Comme l'a pronostiqué La Provence (qui a fait l'incroyable effort de passer voir un défilé de mode dans l'après-midi), la fête a duré jusqu'à très tard (même fatigué on y a quand même tenu jusqu'à minuit et demi, soit le minimum syndical pour une chronique !).
On y a notamment écouté avec plaisir rue Caisserie, un désinvolte et explosif duo (Karma Cramé) contenant de vrais morceaux d'On Vend la Caravane et la totalité de Vlad dedans : guitare et contre-bassine de bon aloi, chansons décalées et marrantes, et vas'y que j'te reprenne l'Homme à la Moto de Piaf comme si de rien n'était. Un vrai petit moment de bonheur qu'on a squatté bien plus longtemps que prévu, ratant magistralement The Jack place des 13 Cantons (qui avaient pourtant l'air de plaire à la foule) !
On a également croisé à plusieurs reprises une très bonne Batucada tout de rouge vêtu, qui a d'abord joué place du Refuge, avant de s'aventurer dans les rues et de déclencher des embouteillages dignes du chantier du tram. Ainsi que, au rayon embouteillages, deux énormes poissons rampants (à moins que ce ne fut des cafards ?) et une inquiétante et magistrale bestiole montée sur échasses.
Au rayon têtes d'affiches, un certain Akli D Place des pistoles, pratiquant une world music (gitan/zouk/jazz and co) de qualité avec des lumières soignées (mais les bières étaient vraiment trop chères pour envisager d'y rester longtemps), et puis les amusants Brassens En Afrique place de Lenche, qui font exactement ce que leur nom indique. On y a tapé dans les mains sur des rythmes chaloupés en chantant Pauvre Margot et autres classiques, tout en repoussant les assauts de l'affreuse patronne de resto qui voulait nous chasser sans cesse de sa terrasse.
A signaler aussi Place des Moulins, outre l'excellente projection de Tabasco Video qui parlait avec humour de tri sélectif, d'égalité des sexes, de vie du Panier et du clip de la Mamie Rap... On a écouté un petit bout d'un groupe formé d'un guitariste quadra reprenant du Hendrix et d'un jeune joueur de djembé, pour une fois incroyablement talentueux ! Le minot (allez, je vous le fais à 12 ans maxi) s'est ainsi lancé dans un solo de djembé qui était à la fois technique, varié et artistique : la classe totale. Il faut le signer tout de suite parce que s'il persiste, dans 10 ans ce sera le Guem blanc ! Quand on pense au nombre de gens qui nous les brisent avec le même instrument et avec 10 ans de plus ...
Ayant bouclé le tour du Quartier par une 2ème vodka tagada, et n'ayant plus la force de goûter à tout ce qui avait l'air bon (un habitant sur deux du Panier a fait la cuisine ce soir-là, c'était littéralement la foire aux accras et aux samossas !), il faut avouer que le courage nous a manqué pour remonter les Accoules et repartir pour un tour - mais si quelqu'un est resté plus tard, sa réaction est attendue pour décrire la suite de la soirée !
Acte 3 : La Fête Bleue - Peut-on pouffer ?
Décidément la couleur bleue a du souci à se faire. La vague bleue n'avait déjà pas eu lieu à Marseille il y a une semaine. La fête du même nom sur le Vieux-Port ? Une sono louée, un DJ au nom improbable, une pauvre guinguette La Cagole, des étudiants en commerce aux t-shirts sponsorisés, quelques animateurs tentant de retenir les gens (qui allaient ...au Panier) en leur mettant du bleu sur la figure...
A se demander qui à la Mairie a payé pour cette triste animation sans caractère : même les grands assemblages de ballons bleus avaient du mal à tenir sous le vent et ressemblaient à de pauvres érections chancelantes. La Provence qui a tout de même dépêché deux personnes pour couvrir l'événement a écrit qu'il y avait un millier de personne (en effet, c'est environ ce qu'il y a sur le Vieux-Port un samedi soir ordinaire) et surtout, que la fête a duré "jusqu'à 2 heures du matin". Manque de bol nous sommes passés à 0 h 40 et c'était déjà plié/rangé. Rien que pour ça on se dit que certaine presse régionale mériterait de crever tant elle se fout du monde.
Conclusion : Jean-Claude, si tu savais, tes fêtes, tes fêtes ...
Pour conclure sur ces trois fêtes : le peuple de Marseille a encore démontré avec brio qu'il était tout à fait capable de produire du lien social et du divertissement, que ce soit de façon plus ou moins anarchique (Fête de la Musique), ou plus ou moins subventionnée (Fête du Panier). La seule façon dont ça ne marche pas par ici, c'est quand c'est juste une Fête ...achetée. Belle leçon non ?
Bonus : La Maison Hantée, le restaurant le plus effrayant de Marseille (chronique de resto postée sur LiveinMarseille en 2004)
Même si vous connaissez très peu les ruelles autour du Cours Julien, vous êtes probablement déjà passé (au moins pendant un Fête de la Musique ou du Plateau) devant la Maison Hantée, rue Vian. Sûrement l'une des plus belles ruelles du quartier concernant ses grafs splendides, en tout cas la plus intéressante pour ce qu'elle contient. Notamment le Vidéodrome, le Théatre Athanor (géniale troupe que je recommande chaudement en passant) et ... la Maison Hantée !
De dehors, les (trop rares) soirs de concert, l'entrée de la Maison Hantée ressemble un peu à celle du restaurant mexicain d'Une Nuit en Enfer : sous des sculptures de créatures grotesques, les lourdes portes de métal ouvragé vomissent sans cesse des hordes d'affreux monstres chevelus ou rasés, ainsi qu'un flot continu et atroce de décibels et de fumée.
Selon vos affinités vous vous êtes donc rué dans ce cadre joyeusement gothique, morbide et kitsch, à la recherche du headbang ultime, celui du Temple des concerts de metal, punk-rock et autre thrash... Ou bien vous avez fui pour sauver vos oreilles et votre vie. Bref vous devez forcément vous souvenir de votre dernière visite, que ce soit avec délectation ou avec horreur...
Mais saviez-vous qu'on y mange aussi ? Eh oui, ça peut surprendre comme ça, mais quand il n'y a pas de concerts la salle reprend une forme presque humaine, avec un billard et des tables. Il y a une carte de choses appétissantes, petite mais économe, et des grandes tables à l'étage pour y venir à plusieurs.
Evidemment personne ne sait selon quels rites païens les cuisiniers, sans doute des monstres féroces et cannibales, adorateurs de Marylin Manson (et donc de Satan), préparent la superbe daube provençale. Quels terribles sacrifices font-ils donc, et à quel sinistre dieu pré-colombien, pour préparer de si belles alouettes (sans têtes, les alouettes, comme par hasard) ? De quels malheureux ex-staracadémiciens a-t-on haché la viande pour préparer ces lasagnes diaboliques ?
Dans quel autre restaurant peut-on regarder une projection sur écran géant d'un DVD de Metallica ou de clips punk tout en mangeant ? Nulle part ailleurs, évidemment. Mais n'est-ce pas en fait pour couvrir les hurlements venant de la salle de torture ? L'apparemment innocente et aimable serveuse (patronne ?) n'est-elle pas en réalité, comme je le soupçonne, une grande et cruelle prêtresse vaudoue ?
Je crois qu'ici, il vaut mieux ne pas poser trop de questions, que la Maison soit Hantée, ca ne fait aucun doute... Quoi qu'il en soit, si l'on ne pose pas de question, on y mange une cuisine familiale et sans façons, pas chère, elle est servie avec une extrême sympathie, à toutes les heures où l'on peut avoir faim dans la nuit ! Elle s'accompagne de petits pichets de vins sympas et des bières habituelles du lieu.
Cabaret Bordel Line (Vlad + On Vend la Caravane) - 25 novembre 2006 - Theatre Marie Jeanne - Marseille ATTENTION : ne pas lire cette chronique si vous êtes amené à aller voir le spectacle en effet je me suis permis de le raconter en détail puisque à priori c'était la dernière; cela dit étant donné son succès il sera peut être amené à tourner - je leur souhaite en tout cas. Donc si c'est le cas ne lisez pas après la 10ème photo, sauf si vous êtes du .../...
ATTENTION : ne pas lire cette chronique si vous êtes amené à aller voir le spectacle en effet je me suis permis de le raconter en détail puisque à priori c'était la dernière; cela dit étant donné son succès il sera peut être amené à tourner - je leur souhaite en tout cas. Donc si c'est le cas ne lisez pas après la 10ème photo, sauf si vous êtes du genre à quand même apprécier un film même en en connaissant la fin. Enfin autre petite précision utile, parce que ce spectacle contient beaucoup de chansons, je me suis permis de le chroniquer ici, même s'il s'agit bel et bien d'une véritable pièce de théâtre (qui à pour décor un cabaret concert), et non pas un concert (dans un cabaret théâtre)
Cela faisait un moment que j'attendais ce Cabaret Bordel Line, avec un mélange d'impatience et de crainte (la crainte d'être déçu par quelque chose qu'on attend depuis trop longtemps). Le Cabaret Bordel Line qu'est ce que c'est (ou plutôt devrais-je dire c'était car pour le moment c'est terminé) ? C'est la rencontre des textes de deux groupes de chanson française, à savoir On Vend la Caravane et Vlad et de Rémi François René clown et auteur-metteur en scène-rôle principal-présentateur de cette soirée.
Pour être sûr que ce soit bien rodé (et parce que la veille je me suis rendu à la dernière des trois représentations qui avaient lieu au Théâtre Marie Jeanne, ce sympathique petit théâtre pouvant accueillir 70-80 personnes, situé à l’angle de la rue de Lodi et de la rue Berlioz. Lorsque nous pénétrons dans l’immeuble qui abrite le théâtre, on nous donne un petit sachet en papier qui contient des cailloux … les explications du gars à l’entrée son assez confuses, on verra dedans.
Dès que l’on rentre dans la salle, le ton est donné. Sur la scène il y a déjà (de gauche à droite) Julien Bienaimé à son piano, Vlad assis sagement à côté de sa guitare, les jambes croisé, et les mains soigneusement posées sur ses genoux et Hervé Lacombe aka Blah Blah avachi sur sa chaise prenant des airs de gros dur … et qui rode un peu partout l’inquiétant Rémi François René. Celui-ci, le ventre rond, nous accueille dans son cabaret dont il nous explique le principe.
Deux jeunes chanteurs amateurs vont s’affronter sous nos yeux, sur des thèmes précis et à la fin de chaque manche le public (nous donc) sera charger de départager lequel des deux a le plus de « talent » ; grosse digression sur l’origine et la signification du mot talent [extrait du programme du spectacle : En effet, le talent désignait à l'origine le « plateau d'une balance » et était avant tout un poids qui est devenu une monnaie puis un « don, aptitude particulière » par le biais de la parabole de saint Mathieu. La balance, le poids, l'argent, toute l'archéologie du terme menait vers des références issues de la mesure et de la comparaison entre des mesures.]
La notation ne se fait pas à coup de sms mais en mettant des cailloux dans des seaux au noms des concurrents (que nous fait passer un certain John), seaux qui seront ensuite versées dans des balances des deux côtés de la scène. A gauche le très maniéré Benito Pompadour avec sa chemise rose et à droite le macho / pégreux Camphre Sinatraperapa avec son costume à raies. Au début je m’embrouillerai dans les prénoms et ferai le contraire de ce que je voulais faire … entraînant dans mon erreur le rang entier.
Ca n’a finalement pas trop d’importance puisque plus ça va, plus ça part en sucette pour rester poli, avec notre hôte qui passe son temps à favoriser Benito pour lequel il a une nette préférence … avant de se mettre les deux a dos après un couplet contre ces parasites que sont les chanteurs qui n’apportent rien de concret à la société !
Les différents thèmes imposés par l’odieux maître de cérémonie comme « chanson comique », « chanson politique », « chanson existentialiste » sont autant de prétextes pour (re)découvrir les très bons textes de ces deux groupes qui se fréquentent déjà beaucoup … on les a vu partager la même scène au Festival Art des Lieux, en vitrine à tour de rôle pendant le Dai Ki ling, ou encore ici même il y a quelques semaines ; Vlad à l'époque du Professeur Sombre invitait Blah blah comme sur la scène du Théâtre de la Ferronnerie et tout récemment On Vend la Caravane invité en première partie de Karpatt invitait Vlad pour deux morceaux au Poste à Galène …
Ils s’avance devant le public l’un après l’autre, demandant parfois à Julien Bienaimé ici le « Marquis » de les accompagner au piano ou à la contrebasse et dont il faut noter l’impressionnante performance. On aura aussi le droit de sa part à une petite intervention parlée avec un texte difficile à suivre (surtout pendant qu’on se concentre pour en pas se gourrer de seau pour les cailloux) à la Raymond Devos.
Bref il règne sur la scène (et dans le public) une très bonne ambiance. Les intermèdes ne sont jamais trop longs, ni les chansons. Le jeu Rémi François Rémi particulièrement efficace (de toute façon moi ce gars il me fait peur … même lorsqu’en civil il était monté sur la scène pour danser pendant le concert de Karpatt. Celui-ci aura l’occasion de montrer qu’il sait aussi chanter lorsqu’il ne fait pas l’andouille.
A force de tenir de devenir insultant pour les artistes en compétition, RFR finira par faire leur faire en venir aux mains (celles de Camphre) avant que Benito ne pète complètement les plombs et se mette à éventrer RFR après l'avoir roué de coups ... révélant des viscères multicolores (des viscères de clowns)
Ce sera peut être la seule partie où l'on pourra émettre quelques réserves sur le jeu d'acteurs des deux chanteurs ... un peu trop bruyants. Bref une fois débarrassé de la présence du détestable personnage, Benito, devenu inquiétant à son tour, décidera de chanter encore ...
Il se défoulera avec une version nerveusement enjouée de sa chanson J'aime pas et sera ensuite calmé par la chanson existentialiste de Camphre (celle sur l'oeuf de rien) ... puis ils se lèveront sans un mot et traverseront la salle direction la sortie ...
Lorsque Camphre et Benito auront quitté la scène il ne restera plus que la cadavre encore chaud de notre hôte et le Marquis qui aura juste le temps de s’approcher de la caisse (contenant la recette du soir promise au vainqueur) avant que la lumière ne s’éteigne et que cela ne marque la fin du spectacle.
Rémi François René ressuscitera et se mettra a chanter accompagné par le Marquis cette chanson qu’ils avaient fait au Poste à Galène justement (Les Oiseaux de Passage de Jean Richepin / Brassens)… Puis une voix surgira du fond de la salle, celle de Vlad qui les rejoindra sur scène, puis du fond à droite celle de Blah Blah qui fera de même, avant qu’ils ne soient tous rejoints par Emilie, alias Marcelle (la régisseuse du spectacle). Les voix bien différentes et caractéristiques des différents chanteurs donnent vraiment bien ensemble.
Ils essaieront ensuite de s’en aller mais seront rappelés pour Rain Dogs la fameuse reprise de Tom Waits (si chère au Professeur Sombre), sur laquelle Julien montrera encore tout son talent puisqu’il suivra sans la connaître.
On Vend la Caravane + Vlad - 07 octobre 2006 - Theatre Marie Jeanne - Marseille
Mieux vaut tard que jamais ... plus de 10 jours après ce concert je me décide enfin a prendre le temps qu'il faut pour raconteur cette soirée fort sympathique. Pris d'une sacrée flemme et devant retrouver des potes que je n'avais pas vu depuis longtemps je me fais tout de même violence pour me rendre au Théâtre Marie Jeanne dans lequel je n'ai .../...
Mieux vaut tard que jamais … plus de 10 jours après ce concert je me décide enfin a prendre le temps qu’il faut pour raconteur cette soirée fort sympathique. Pris d’une sacrée flemme et devant retrouver des potes que je n’avais pas vu depuis longtemps je me fais tout de même violence pour me rendre au Théâtre Marie Jeanne dans lequel je n’ai encore jamais mis les pieds (bien qu’il se situe a 10 min a pieds de chez moi). En dehors des salles classiques (Poste, Machine, Balthazar, Espace, Dan Racing, Lounge, …) le quartier est en effet peuplé de tas de petites salles (souvent des anciens théâtres) qui accueillent aussi des concerts … c’est le cas du Théâtre des Argonautes, de la Meson, du Théâtre de la Ferronnerie, et sûrement d’autres dans lesquels je ne suis pas encore allé.
J’arrive juste a l’heure, accroche mon vélo dans la rue, me précipite a l’intérieur via un couloir dans lequel il a une expo clown, prend mon billet et me voila dans une petite salle (genre de théâtre des Argonautes) avec rideaux rouges et sièges de cinéma et en compagnie d’une grosse vingtaine d’autres spectateurs. C’est dommage le cadre est superbe et le concert sera une pure merveille. Ce soir c’est Vlad qui a l’honneur de commencer. Vlad c’est en fait le chanteur des ex-Professeur Sombre decouverts au Théâtre de la Ferronnerie et revus au festival de l’Art des Lieux.
Il est désormais tout seul mais reste toujours aussi captivant. Apres une intro en serbe (ou en tchèque) que personne n’a du comprendre, il attaquera avec sérieux et humour son show. Malgré une formule guitare sèche micro très classique et relativement statique il me captivera pendant tout son set par de très beaux textes, pertinents et percutants que je suivrai sans baisse d’attention. Je serai notamment aussi frappé par le fait qu’en dehors de quelques titres son répertoire semble s’être complètement renouvelé.
Au milieu de son concert nous aurons le droit a un intermède clown pendant lequel Vlad se transformera en un standardiste (répondant au doux nom de Charles Manson) en conversation avec un vrai clown (Mr Zavatta en personne). Ce dernier, dans la plus pure tradition des clowns, sera particulièrement impressionnant. Bien que pas spécialement drôle au premier degré, on assistera à un véritable numéro de cirque assez distrayant.
Il reposera ensuite son casque, pour reprendre sa guitare pour tout un tas de nouveaux morceaux et finira par nous emmener a La piscine municipale, dernier morceau pour lequel il sera rejoint par un Herve (aka Blah Blah, chanteur de On Vend la Caravane) en bonnet de bain, lunette de piscine et serviette autour de la taille, ainsi que par le clown (Rémi François René de son vrai nom)) qui lui accompagnera la chanson de mimes et grimaces inquiétantes voire de hurlements.
Apres ce délicieux moment de poésie, il quitteront la scène a travers le public nous invitant a les rejoindre au bar pendant que les On Vend la Caravane s’installent. On Vend la Caravane (j’aime beaucoup le nom) je ne les ai encore jamais vraiment vus (si ce n’est en coup de vent au Festival du Soleil).
Normalement ils sont trois mais ce soir il ne sont que deux : Herve a la guitare et au chant et Julien a la contrebasse, car le guitariste électrique vient apparemment juste de s’être fait casser la figure dans une petit village près de Marseille et est donc en convalescence. Si on ajoute a ça que groupe n’a pas joué depuis pratiquement 5 mois, on comprend mieux leurs inquiétudes (dont ils me feront part a la fin du concert). Cela dit moi j’ai trouvé ça nickel.
Herve est arrivé caché derrière des lunettes noires une bouteille de vin a la main pour se donner du courage. Ils ont attaqué après s’être présentés par une chanson d’échauffement. Malgré le cote acoustique et l’absence du troisième, le set fut quand même bien rock n’roll.
Amusant car je ne me souviens plus de tous les morceaux (en dehors des 4 présents sur la démo dont toutes les copies se sont arrachées à la fin concert) mais je me souviens du plaisir ressenti à les écouter. Il est question des Problèmes des gens, de Playboy (aux dents pourris), de dame qui se fait manger par un Chien, d’impôts …
Très bonne ambiance pendant tout le concert, avec pas mal de tchatche entre les morceaux assuré par Herve. Julien abandonnera de temps en temps son comparse (et ira se cacher derrière les rideaux). Au niveau chant Herve a une voix écorchée qui chevrote par moment évoquant un petit peu un Mano Solo (un peu comme L’hurluberlu) ou un Christophe Bell Oeil
Julien malgré sa discrétion et son rôle effacée apporte un petit plus (en dehors celui évident de son instrument) au niveau du jeu de scène, par ses allers et venus, ses commentaires.
Sur la fin ils rappelleront Vlad et le clown pour un morceau tous ensemble et devant l’insistance du public il reviendront même pour un rappel pour une reprise avec Vlad a la guitare
Bref un plateau qui confirme la bonne santé de la scène chanson a Marseille qui en quelques années a su renaître de ses cendres et compte maintenant quelques groupes très actifs comme Des Belles et des Clochards, Par Ci Par La, Leute, Rit qui espérons le redonneront du courages a ceux qui se font un peu plus rare comme 5 Avenues, Drôle de Drame et tant d’autres.
ps : ne pas rater le Cabaret Bordeline qu’ils sont en train de finaliser et qui devra avoir lieu le 2 novembre au Dakiling, les 10 et 11 a Aix et surtout au Théâtre Marie-Jeanne les 23, 24 et 25.
Vlad, Par ci Par là, Des belles et des clochards, Marchand de scandale - 21 avril 2006 - machine à coudre marseille Le plateau (car c'était un plateau de chansons françaises) a commencé par Vlad, seul avec sa guitare, avec des textes parfois ciniques parfois réalistes mais toujours avec un fond d'humour. Il sait apprivoiser son public avec son air débonnaire et son petit côté "jem'enfoutiste".
Par ci par là a pris la suite, un groupe naissant qui a de .../...
Le plateau (car c'était un plateau de chansons françaises) a commencé par Vlad, seul avec sa guitare, avec des textes parfois ciniques parfois réalistes mais toujours avec un fond d'humour. Il sait apprivoiser son public avec son air débonnaire et son petit côté "jem'enfoutiste".
Par ci par là a pris la suite, un groupe naissant qui a de l'avenir, j'avoue ne pas pouvoir en dire plus je n'ai entendu que deux titres : j'ai du m'isoler dans les loges pour accorder ma guitare...
Des belles et des clochards je n'en dirait rien j'en fait parti (on ne peut pas être juges et parti...).
La soirée a fini avec Marchand de scandales qui nous font voyager de l'Espagne aux Balkans par leur répertoire qui va du manouche au kelmer, un émulsion d'énergie et un grand sens de la fête.