Autant le dire, j’avais une légère appréhension en arrivant à L’Usine ce samedi 27 Mai au soir. Je m’apprêtais en effet à revoir les
Birdy Nam Nam pour la 3ème fois en moins d’un an ! A ce niveau-là, ça tiendrait presque du fan-club pour adolescentes pré pubères ! À tel point que je n’avais pas hésité à élire leur dernier date marseillaise au Cabaret « meilleur concert de l’année 2006 » … Pour rappel, on était alors en Février !! Mais bon, j’assume.
Bref, j’étais à la fois excitée et un peu angoissée à l’idée de pouvoir être déçue par leur prestation (ça, c’est typiquement un truc de gonzesse). Arrivée vers 21H15 je n’attends pas 5 minutes avant l’entrée en scène de la 1ère partie :
Watcha Clan. Et là je dois encore une fois faire preuve d’honnêteté et vous dire que je n’ai jamais été séduite par leur musique …
Leur nouveau set
Diaspora Hi Fi promet un savant mélange de musiques traditionnelles - world et de sonorités électroniques. C’est ce que je constate sur quelques morceaux, plutôt d’influence orientale. Les autres titres restent majoritairement baignés de jungle, dub et de drum n’ bass. Jusque-là rien de bien grave, si ce n’est (à mon humble avis) le manque cruel d’originalité … J’ai personnellement l’impression d’entendre encore et toujours les mêmes lignes de basses et les mêmes sonorités. Sauf qu’à mon goût, d’autres font ça mieux qu’eux (merci Asian Dub Foundation).
Cela dit si la musique de
Watcha Clan me laisse malheureusement indifférente, je ne peux que reconnaître l’efficacité du groupe en live. Une pure énergie se dégage de leur show bien rodé, riche de la présence charismatique de chaque membre du groupe et surtout de leur chanteuse
Sista Ka. Une belle capacité d’échange avec le public (peu nombreux et très jeune ce soir-là) qui propage rapidement une bonne ambiance dans toute la salle.
Près d’une heure et demi plus tard et après une longue attente due à des problèmes techniques, les BNN attaquent enfin ! Pour faire court et au risque de me répéter, cette formation réunissant 4 des meilleurs DJs turntablists de France (
DJ Pone,
Little Mike,
DJ Need et
Crazy B) est vraiment impressionnante par la richesse de ses compositions musicales. Un savant dosage de rythmes et de mélodies flirtant aussi bien avec le hip hop que l’électro, le dub, le jazz ou le rock. Et le tout servi « sans assaisonnement » : ici pas d’ordi posé sur la table (et cachant à moitié le DJ), mais 4 belles platines qui voient s’agiter les doigts de fée de ces experts du scratch. Sans oublier une présence scénique tout en complicité et en humour.
Malheureusement, malgré toute la subjectivité dont je peux faire preuve en tant que fan, j’avoue que le concert de samedi soir à Istres n’est pas à marquer dans les annales de leur tournée. D’abord parce que les problèmes techniques s’accumulent, obligeant Need à interrompre le set et coupant Pone pendant un superbe solo. Pas cool.
Handicapés par la perte d’une partie de leur matos, les 4 DJs décident sympathiquement de réaménager leur set en remplaçant deux morceaux « injouables » par un bon vieux free style !! Là, c’est le drame : à la malchance s’ajoute un bref mais fatal manque d’inventivité et de créativité qui aboutit à un flop ironiquement salué par Little Mike.
Pas de quoi abattre nos hommes qui repartent de plus belle, tout en générosité. Faisant sonner leurs platines comme des instruments (basse batterie notamment) ils enchaînent ainsi les titres phares de l’album avec d’excellents solos (comme celui de «Crazy Bruit» ;-) et finissent en beauté sur une série de free styles sauvages qui survoltent la salle.
Un concert plutôt décevant pour la fan que je suis, mais très bien accueilli par le public et qui prouve une nouvelle fois tout le talent des BNN.