A la découverte de ce disque, deux hypothèses : ou bien il existe dans le monde de multiples chanteuses orientales chantant sur de l'électro-pop en arabe, sans le secours de vocodeurs et pratiquement sans aucune intonation orientale dans leurs mélodies - et on en a jamais entendu .../...

A la découverte de ce disque, deux hypothèses : ou bien il existe dans le monde de multiples chanteuses orientales chantant sur de l'électro-pop en arabe, sans le secours de vocodeurs et pratiquement sans aucune intonation orientale dans leurs mélodies - et on en a jamais entendu parler (c'est improbable, mais pas impossible), ou bien ce disque est une anomalie, en tout cas une première du genre... Ce que semble confirmer la page Myspace :
YAS is the 1st international electro project that places arabic language at the center of pop culture !
La chanteuse libanaise
Y.A.S., échappée d'un groupe de trip hop plutôt calme appelé
Soapkills (également en V.O.), y est donc produite en 12 titres variés par le génie d'origine afghano-helvète
Mirwais, ex- très ancien de
Taxi Girl, mais plutôt ex-producteur des deux meilleurs albums de
Madonna (
Music et
American Life, bien sûr...), et surtout compositeur de
Production, l'un des meilleurs albums d'électro-pop de tous les temps, sinon le meilleur !
Le résultat, sans jamais verser dans la facilité techno, quoique flirtant parfois avec la dance, est assez addictif une fois passé la surprise. Ne serait-ce que parce qu'il n'est pas si courant d'entendre un album entier dans une langue dans laquelle on ne sait compter que jusqu'à trois... L'honnêteté nous oblige par ailleurs à placer quelque part (justification : cela peut convaincre des hésitant(e)s à s'y intéresser), que la chanteuse
Yasmine Hamdan est une créature plus que troublante... avec une chute de reins vraiment à tomber par terre.
C'est d'ailleurs facile à vérifier dans l'intriguant
clip de
Get it Right, posant l'hypothèse amusante et loufoque de la conquête de l'espace par les Egyptiens. Difficile de comprendre exactement la symbolique, mais les images du peuple égyptien et du Caire sont superbes - et puis il semble après enquête qu'en V.O. aussi, les paroles de
Y.A.S. restent largement déconcertantes ! En tout cas on retrouve la patte géniale, mélange de simplicité et de grande pureté sonore, du grand
Mirwais (dont on se demandait justement où il était passé depuis quelques années!), à condition d'écouter
Arabology très fort et sur un bon support (ou dans un bon casque) :
Yaspop et
Da sont de petites merveilles du genre à l'écoute desquelles il est difficile de rester insensible ou déprimé - on est aussi littéralement soulevé de terre par la ligne basse de
Azza ou le beat vrillant de
Ma Rida...
Quelques changements bienvenus interviennent par moments pour s'en remettre/retomber, avec quelques entrées plus pop sur une base de guitare (
Ouloulou ou
Gamil), ressemblant souvent à des comptines du bled mises à la sauce 21ième siècle (
Coit Me), parfois mélancoliques (la très réussie
Fax), à l'occasion agréablement rétro 80's (
Mahi au son très
Kraftwerk). L'affaire se finit d'ailleurs sur un sample totalement éhonté - à ce stade, c'est plutôt un remix - du
Man/Maschine des deux allemands fous (qui sont une influence majeure et ô combien bénéfique de
Mirwais), revisité en un titre planant et méchamment groovy à la fois.
Une très belle surprise donc qu'
Arabology, dont il reste à vérifier sur scène si cela ressemble à une bombe atomique chantant sur une boîte à rythme (ça pourrait déjà éventuellement être intéressant...), ou bien à un vrai groupe, en présence du producteur/Pygmalion et de vrais musiciens... à vérifier sans fautes par vous-même si vous êtes, comme nous, intrigué par cet étonnant et détonnant mélange !
(2009)