Fanfare hip hop originaire de New York. Se teintant de jazz et se confondant avec la vieille tradition des Walking et Funeral Bands de la Nouvelle-Orléans, la musique du Brass Band débouche sur une musique jouissive, métissée, moderne et dynamique, se revendiquant aussi bien du jazz, du funk, de la soul ou du hip hop.
Bleubird + The Procussions + Youngblood Brass Band - 8 octobre 2007 - Cartonnerie - Reims Je ne connaissais aucun des groupes. J'avais bien compris qu'il s'agissait de hop hop hop. Mais pour le reste, ça restait vague. Ah, si quand même, je me souviens, on m'avait dit que Youngblood Brass Band, ça déchirait. Hum... "déchirer", on m'avait dit probablement autre chose, mais c'est l'idée que j'avais retenue. Ca valait le déplacement. Et .../...
Je ne connaissais aucun des groupes. J’avais bien compris qu’il s’agissait de hop hop hop. Mais pour le reste, ça restait vague. Ah, si quand même, je me souviens, on m’avait dit que Youngblood Brass Band, ça déchirait. Hum… « déchirer », on m’avait dit probablement autre chose, mais c’est l’idée que j’avais retenue. Ca valait le déplacement. Et donc je me suis déplacé jusqu’à la Cartonnerie pour y retrouver certains de mes amis inadaptés sociaux.
Ca se passait dans le cabaret, la plus petite des deux salles de ce temple de la musique et du béton.
Au milieu du cabaret, on avait monté une petite scène pour Bleubird, un canadien de Berlin, venu seul avec un lecteur de Cd, un tout nouveau lecteur de Cd. Il s’était fait volé l’ancien plus tôt dans la semaine. Bleubird est un Mc de l’école des Mc blancs qui rappent très vite, avec beaucoup de mots, parfois compliqués. Il m’a fait penser à Sole, le californien leader de l’écurie Anticon. La même manière d’attirer l’auditeur dans ces lyrics, le même goût pour les ambiances saturées à la limite du rock. Le premier morceau, cependant, reprenait Jamming de Bob Marley, la musique de Jamming par-dessus laquelle il moquait certains de nos fantasmes mélomanes : I’m gonna kill Neil Young before you made a song with him. Neil Young, j’aime beaucoup, Everybody knows this is nowhere, On the beach, Zuma, jusqu’à Greendale (pas encore écouté Prairie Wind, Living with war)… Ce serait vraiment méchant de le tuer. A Neil Young, Bleubird a ajouté Tom Waits, Mike Patton, Steve Perry, Saul Williams, suivant la meme formule, I’m gonna kill Saul Willams before you made a song with him. Et là, ça me gênait moins.
Tout ça c’était de la blague. Bleubird est un type plutôt jovial. Une vraie pile électrique, qui a envie de nouer le contact, avec le public et avec le monde autour de lui. C’est un type qui écoute et qui questionne. Aussi bien à propos de la situation politique de l’hexagone, de la taille de notre président, que de son actualité ovale : Who is the devil ? The neo-zeland rugby team or the french rugby team ? Les deux équipes s’affrontaient au même moment.
Derrières ces piques, il y avait aussi une petite couche de sensiblerie religieuse dans ses raps, comme un hippie born again, avec des phrases que l’on aurait cru sorties d’un manuel de coaching baptiste: “Send me an angel, send me an angel, right now”, “If you die tomorrow, would you be proud of what you did today ?”
Et puis, il a joué avec le public, ce ne fut pas le seul, après Bluebird, The Procussions ont pas mal abusé des tactiques de bateleurs, « à droite vous faîtes whoo, à gauche vous faîtes whaa ». Je trouve toujours pénible cette manière de vouloir forcer le public à donner de la voix et lever ses bras. Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire. Mais, ici, c’est resté tolérable, c’était dans le mouvement de toute l’énergie délivrée par ces hophopeurs d'Amérique. Il y avait beaucoup de générosité et de sourires.
The Procussions sont apparus sous la forme de deux Mc’s et un Dj. Le Dj, Dj Vajra est resté calé derrière ces platines, tandis que les deux Mc’s Stro et Medeiros n’ont cessé d’arpenter la scène en tout sens, un vrai cyclone, dont Medeiros aurait été l’œil. Avec sa voix nasillarde, sa peau blanche, on aurait cru celui-ci échappé des Beastie Boys. Musicalement, nous n’en étions pas très éloignés.
C’est un hip hop old school qui déménage, qui secoue. Il n’y pas d’effets sur la voix comme chez Bleubird, il n’y a pas ici non plus trace de noirceur ou même de Dieu, c’est une musique purement festive, avec de temps en temps une vraie batterie et un batteur, Stro, aussi excessif que jouissif. Je crois me rappeler aussi d’une citation du Shout de Tears for Fears. Enfin… on en a pris autant dans les oreilles, que dans les yeux.
Bizarrement, ce qui devait être le bouquet final de ce feu d’artifices hop hop hop, Younblood brass band, m’a laissé relativement indifférent. Et d’ailleurs, je n’ai pas été le seul à avoir ce sentiment, mes amis inadaptés sociaux, eux aussi ont boudé la fanfare pour aller parler à leur nicotine à l’extérieur de la salle.
C’est un truc chouette à voir pourtant. Youngblood Brass Band. Ils sont neuf etats-uniens, des cuivres et des percussions, un noir énorme à l’hélicon, un type qui des fois lâche son tambour pour aller rapper. Ca sonne et ça claque. Mais bon, une fois qu’on a dit que c’est une fanfare hip hop, on a tout dit, c’est assez peu surprenant, même si la musique est belle et bien vivante, la grande majorité du public a adhéré, a levé les bras, dansé… Quand même.
Marsatac : Youngblood Brass Band + The Cinematic Orchestra + Ty + Mos Def - 29 Septembre 2007 - J4 - Marseille Beaucoup plus de monde que la veille, mais sensiblement pas le même public, ne serait-ce que capillairement parlant. Vendredi les franges se disputaient aux crètes, ce soir ce sont les dreadlocks tendance fraggle qui sont de sortie.Je m'attendais à beaucoup de casquettes mais il n'en fut rien, à la dominante des artistes hip hop Américains il .../...
Beaucoup plus de monde que la veille, mais sensiblement pas le même public, ne serait-ce que capillairement parlant. Vendredi les franges se disputaient aux crètes, ce soir ce sont les dreadlocks tendance fraggle qui sont de sortie.Je m'attendais à beaucoup de casquettes mais il n'en fut rien, à la dominante des artistes hip hop Américains il semblerait que ce soient les locaux Svinkels, Zenzile et surtout Peuple de l'Herbe qui ont attiré la majorité du public.
La grosse foule à l'entrée ne me laissera arriver qu'à la fin des Youngblood Brass Band. Plutôt impressionant, imaginez que Zach De La Rocca ait grandi à la Nouvelle Orleans plutôt qu'à L.A., vous aurez un peu une idée de cette fanfare qui envoie du lourd.
Les Guns Of Brixton, non contents d'avoir le culot de choisir une chanson mythique comme nom font une musique des plus ennuyeuses. Un genre de post rock pas planant pour un sou, souvent bourrin avec ici et là quelques effets dub, jouant qui plus est avec un balai dans le cul, pas glop du tout.
The Cinematic Orchestra c'est musicalement beaucoup mieux, recherché, jazzy et tout, mais l'interêt de les faire jouer dans un festival m'échappe un peu, leur downtempo s'apprécie quand même mieux assis voire allongé.
L'anglais Ty est le premier à réelement convaincre avec un concert de haute tenue, généreux et empli de bonnes intentions.
On l'avait déjà remarqué lors de ses apparitions chez Tony Allen, son hip hop est mélodique et frais, puise autant dans la soul que l'afro beat. "Don't watch that", "l.o.v.e", "Wait a minute", "Oh you want it" sont autant de petits hymnes où le public est sollicité et donne de la voix.
La venue Mos Def était l'évènement de cette édition en l'absence de Rakim (remplacé par les fatigants M.O.P. qui nous ont poussé douze guelantes avant de bacler leur pourtant certifié club banger "Ante Up").
S'il n'a pas sorti que des chefs d'oeuvre, on lui doit deux des grands albums de musique Noire des années 90's, "Black Star"(98) avec son ami Talib Kweli et "Black on both sides" (99) qui vieillissent mieux que les suivants.
Sur scène, comme beaucoup de rappeurs américains, la foule est sans cesse interpelée, les morceaux sont tronqués, les interludes bien trop nombreuses, le son parfois pas à la hauteur.Mais la prestation est quand même plaisante, on le sent toujours habité d'une certaine flamme et d'une gourmandise musicale, avec des clins d'oeil à Grandmaster Flash" et A Tribe Called Quest.
S'il en abuse carrément à un moment, le choix du dj de passer les morceaux qui ont servi de samples(Yellowman avant "Definition", Aretha Franklin avant "Ms Fat booty") est plutôt bien vu.
Pour ma part j'étais vraiment content de réentendre certains titres comme le superbe "Umi says" qui tient plus de la soul que du rap et soulagé qu'il n'annule pas sa prestation comme il en a la facheuse habitude.
C'est tout pour cette soirée qui allait se poursuivre avec les groupes dub cités plus haut, et quelques dj's tels que Kentaro ou Marky.
>> Réponse (le 01/10/2007 par Mystic Punk Pinguin) Je suis pas arrivé à rentrer dans le set de Mos Def, j'avoue même que ça m'a gonflé au bout d'un 1/4 d'heure, me .../...La suite
>> Réponse (le 04/10/2007 par Roo Ha Kim) - Sur le papier, cette cuvée 2007 de Marsatac ne me faisait pas réellement fantasmer.
Hélas, je n’ai pas eu de réelles .../...La suite
Festival Marsatac : Youngblood Brass Band + The Cinematic Orchestra + Guns Of Brixton - 29 septembre 2007 - Esplanade Saint-Jean / J4 Marseille Le programme de ce soir ne m'enchante guère. Je suis venu exclusivement pour The Cinematic Orchestra. Mais sait-on jamais, je suis souvent agréablement surpris par un ou plusieurs groupes lors des festivals. Ce sera peut-être encore le cas cette fois-ci. Sur le papier, Youngblood Brass Band et Guns Of Brixton peuvent me plaire. Le problème, c'est .../...
Le programme de ce soir ne m'enchante guère. Je suis venu exclusivement pour The Cinematic Orchestra. Mais sait-on jamais, je suis souvent agréablement surpris par un ou plusieurs groupes lors des festivals. Ce sera peut-être encore le cas cette fois-ci. Sur le papier, Youngblood Brass Band et Guns Of Brixton peuvent me plaire. Le problème, c'est qu'ils jouaient tous les deux à la même heure, YBB sur la scène Major et GOB sur la scène Pharo.
Quand j'arrive du côté Major, le Youngblood Brass Band a déjà commencé son show. J'aime tout de suite le son et la diversité des instruments (deux trompettes, deux trombones, un saxo, un hélicon et des percussions.
C'est pêchu, c'est festif, ça met de bonne humeur. Après deux morceaux, j'ai bien envie de rester, mais je veux laisser leur chance aux Guns Of Brixton. Un groupe qui choisit comme nom le titre d'un morceau des Clash ne peut pas être mauvais.
En effet, sur la scène d'à côté, 4 garçons (français)dans une formation on ne peut plus classique (basse, guitare, batterie, claviers) impriment un rock très efficace, avec, ce qui ne gâche rien un son très correct (notamment la basse et surtout la batterie à la sonorité parfaite). En revanche, que dire des lumières ?
Qu'elles sont réglées par leur pire ennemi, ou que c'est fait exprès pour qu'on ne les reconnaisse pas dans la rue ? Dans le second cas, c'est réussi. Beaucoup de morceaux exclusivement musicaux (tant mieux parce que pour la voix, je ne serai pas élogieux). Difficile de retourner voir YBB, mais j'ai fait quelques aller-retour.
Deux musiques très différentes (toujours cette éclecticité voulue par les programmateurs) mais toutes deux prenantes. A la fin du Youngblood Brass Band, les spectateurs sont venus sous le chapiteau Pharo et beaucoup avaient l'air d'apprécier.
Le clou de ma soirée à moi, ce n'est pas Mos Def comme la plupart des festivaliers, mais The Cinematic Orchestra. Six musiciens arrivent : un bassiste avec une très joli contrebasse électrique, un batteur, un guitariste assis, un saxophoniste à chapeau un pianiste à bretelles (mais non, il ne joue pas de l'accordéon !
Il porte juste de très belles bretelles à carreaux rouges et noirs sur sa chemise blanche) et l'inévitable-gars-qui-clique-sur-son-i-mac-au-début-de-chaque-morceau. Les premiers morceaux sont corrects mais décevants par rapport au disque. Ils ne valent que par les solos de clavier ou de saxo (très plaisants au début du concert). Puis arrive l'interprétation de "Breathe". Sur l'album, c'est Fontella Bass qui chante.
Je vois mal la chanteuse (un morphing entre Serena Williams et Rachida Dati) avec un lys martagon dans les cheveux qui faisait "Ooh ooh" sur les deux morceaux précédents supporter la comparaison. Et pourtant... Ce fut magnifique, presque mieux que sur le disque ! A partir de ce moment-là, j'étais conquis et mon sens critique a été chloroformé.
La chanteuse (si vous connaissez son nom, écrivez-le ci-dessous svp) n'a plus jamais fait de "ooh ooh" et a mis du relief la fin du concert pendant que le pianiste s'essoufflait et que le saxophoniste jouait très free et dans les très (trop ?) aigus ! Bonne prestation dans l'ensemble d'un groupe qui n'hésite pas à jouer ses morceaux intimistes sur scène au risque de voir le public préférer la scène d'à côté.
Sur la scène d'à côté, c'était TY (pronounce ti ouaille). J'en ai vu 10 secondes et ça m'a suffi. Puis, le chapiteau Major a gonflé à en déborder pour l'arrivée de Mos Def. D'autres vous en feront le compte-rendu. Je suis parti au bout de dix minutes après avoir dépensé mon dernier ticket boisson.
Je reviens l'année prochaine, c'est promis.