C’est devant une plage bondée que le groupe français
Eiffel lance cette troisième et dernière soirée des quinzièmes
Eurockéennes de Belfort.
Si le groupe est très à l’aise dans les petites salles comme
la Coopérative de Mai, il se débrouille aussi très bien dans des lieux moins intimes. Energique, bien rock mais pas très surprenant, le show de
Eiffel a emporté l’adhésion du public malgré l’horaire (15 h 40).
Abasourdi par la qualité du spectacle de
The Polyphonic Spree, on décide d’aller au bar situé derrière la grande scène pour se remettre de ses émotions et être tranquille. Malheureusement, les
Zebda choisissent ce moment peu propice pour entamer leur show assommant. On entend vaguement qu’ils soutiennent les intermittents du spectacle et demandent la libération de
José Bové (ils ont doublement raison !) avant de sombrer dans un sommeil profond sur la table… Le réveil est cauchemardesque : c’est au son de l’hymne des troisièmes mi-temps lourdingues,
Tomber la chemise, qu’on ouvre un œil… De quoi énerver pour le restant de la journée.
Heureusement, la pop de
Nada Surf nous remet sur les bons rails : le groupe américain a décidément la classe. Les morceaux les plus pop comme les plus rock font mouche auprès du public du chapiteau qui leur réserve un triomphe mérité. Parmi d’autres titres bienvenus, la remarquable chanson
blonde on blonde émeut comme lors du concert donné à
la Coopérative de Mai.
Après un discours bien senti (et en français) sur l’ignoble président US
Bush, le groupe décide de reprendre
L’aventurier des regrettables
Indochine… Au début, on trouve cette initiative facile et un peu convenue, puis on se laisse emporter par la version survitaminée de ce tube qu’on appréciait il y a longtemps. Le magnifique
Love will tear us apart de
Joy Division, repris un peu plus tôt, a tout de même plus de tenue !
Le set de
Nada Surf se termine par le monumental hit
Popular ; pour une fois qu’un groupe cartonne avec un morceau rock aux paroles intelligentes, il ne faut pas bouder son plaisir.
Un peu plus tard,
Dave Gahan se la joue rocker, il vient sans doute d’apprendre que c’est le grand retour du rock, la bonne blague ! S’il a toujours sa voix incomparablement puissante et évocatrice, il semble un peu vexé de jouer en plein jour devant un public clairsemé. Il demande donc à son groupe de jouer très fort et en fait des tonnes dans le style déjanté…
Dans le programme, le nom de
Dave Gahan était suivi d’un hilarant
« the voice of Depeche Mode », au cas où on aurait oublié dans quelle formation le monsieur évoluait auparavant. Visiblement en manque d’inspiration sur son album solo,
Martin Gore n’est plus là pour composer, il se lance dès le début du concert dans
A question of time, un morceau de
DM. Mais
The Melvins s’apprêtent à monter sur scène à l’autre bout du site, on délaisse donc le chanteur abandonné…
Les festivals sont une excellente occasion de découvrir des groupes qui produisent une musique éloignée de son univers. Attiré par la présence du génial
Vincent Ségal (
Bumcello), on décide donc d’assister au concert de
Blacklicious. Le Hip Hop délivré par ce groupe américain semble plutôt original mais laisse relativement froid au final. Il faudra réessayer dans d’autres circonstances…
A lire également : le
compte rendu complet des Eurockéennes de Belfort 2003.
(Photos Jean-Pascal Blache)