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Vendredi 28 novembre 2014 : 11828 concerts, 23126 critiques de concert, 4991 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Rival Sons  Titre : The Great Western Valkyrie
Style : Pop - Rock
Rival Sons - The Great Western Valkyrie"Pull up your dress, I'll show you how the West was won !". Voilà la bien jolie et imagée formule qui serait paraît-il la déclaration d'intention initiale des Rival Sons, il y a déjà deux ou trois albums. Passé injustement sous les écrans de nos radars, il était plus que temps qu'on découvre fortuitement leur existence, l'été dernier, au détour d'une conversation entre randonneurs quelque part sous le sommet du Mont-Froid, en Savoie - ça ne s'invente pas ! Il faut dire que dans un monde où les médias dominants ne broadcastent plus que de la merde ostensible ou, au mieux, des produits strictement manufacturés style Royal Blood, toutes les voies de transmission de la bonne musique sont bonnes à prendre...
Il est vrai que Rock'n'Folk a enfin parlé de Rival Sons en ce même mois d'août 2014. Coincidence ? Qui sait... En tout cas les cas de décongélation semblent décidément se multiplier dans le rock du vingt-et-unième siècle (on parlait récemment ici des exemples emblématiques des Night Beats, ou encore de Kadavar). Cette fois-ci, la décryogénisation génère toutefois une légère dystopie, puisque tout se passe comme si Rival Sons était un Led Zeppelin qu'on aurait subitement congelé il y a environ 40 ans... alors que dans la vraie vie Robert Plant, toujours aussi fringuant, et chaud comme une baraque à frites, continue à électriser les foules en live à soixante balais bien sonnés.
Il ne faut que 4 mesures d'Electric Man pour s'apercevoir de cette heureuse filiation. Tout y est, à quelques détails près : des soli de guitare en moins, un peu d'orgue en plus (cf leur très typique Secret). Mais pour ce qui est des riffs ultra-solides, de la voix habitée, des tubes potentiels tous les trois morceaux, Rivals Sons reprend vraiment le flambeau du heavy rock là où le dirigeable en plomb l'a laissé. Outre les déjà cités, Play the Fool & Good Things sont autant de titres, cavalcades ou ballades - souvent les deux, qui sentent l'électricité statique, la sueur, la bière renversée dans l'herbe fraiche, et qui donnent une envie irrésistible d'être déjà en festival d'été où ils finiront fatalement par venir !
A ce propos, personne n'est parfait : un ou deux morceaux visent un peu ostensiblement le remplissage de stades. En particulier, on croit entendre quelques intonations de l'épuisant Bono dans le chant de Good Luck (plaisante par ailleurs), et il y a quelques effets gadgets sur la batterie d'Open my Eyes, titre qui n'est pas d'une folle finesse... Mais pour se faire pardonner ses quelques défauts, le groupe a l'élégance de terminer l'album sur deux belles ballades, magnifiquement interprétées, habitées, parfois poignantes. En particulier, Destination on course conclut cet album de la plus belle manière possible, dans un maëlstrom de voix fantomatiques, guitares vrillées et batterie en roue libre. Du beau boulot, vraiment !
(2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Slow Joe & The Ginger Accident  Titre : Lost For Love
Style : Pop - Rock
Slow Joe & The Ginger Accident - Lost For LoveQuel disque ! Mais quel disque ! On dirait le message d’un groupuscule révolutionnaire composé de Dr John, Leonard Cohen et Nick Cave réuni en conclave dans un bouge de la Nouvelle-Orléans pour Mardi-Gras.

Slow Joe sort du chapeau. Désigné d’office exécuteur des hautes œuvres. C’est un Français, le guitariste Cédric de la Chapelle, qui a dégoté Slow Joe en Inde. Une gueule cassée. Slow Joe, sa profondeur de voix, ses textes, son vécu, ses blessures, ses plaies, ses bosses, sans jamais verser dans le défaitisme ou le fatalisme, plein d’espoir et de luminosité, la langue agile et l’œil espiègle. Et The Ginger Accident pour mettre les mots en musique. Cette musique. Ces musiques. Merveilleuses. Le cinéma devrait s’en emparer. Piller cet album. James Bond a trouvé son nouveau John Barry. Un très grand album de cette rentrée musicale toutes tendances confondues. Quel disque ! Mais quel disque !

Chronique issue du site www.slowshow.fr

Liens : http://www.slow-joe.com/, www.facebook.com/slowjoemusic, http://www.deezer.com/artist/1004087...



29 septembre 2014 (Tôt Ou Tard)

Signature : Patrick Foulhoux
Artiste : Baxter Dury  Titre : It's A Pleasure
Style : Pop - Rock
Baxter Dury - ItLe père, Ian Dury, était une épine dans le pied du punk en 77 quand sortit le monumental New Boots and Panties !! (Stiff Records) qu’on écoutait en boucle comme des tarés, autant pour ses tubes que parce qu’il nous énervait avec certaines orchestrations presque “disco”. En 77, c’était le blasphème ultime ! Le fils, Baxter, a, lui aussi, tout du fouteur de merde avec exactement les mêmes arguments que son vieux. La voix, déjà. C’est son père tout craché. Impossible de se gourer. Tel père tel fils. Y’en a pas deux au monde comme ça, enfin si, maintenant, y’en a deux. Le père et le fils. Mais comme le père a calanché en 2000 à l’âge de 58 balais…

Cette façon particulière de produire des harmonies Bontempi minimalistes. On dira électro de nos jours pour faire tendance. Tout ce que j’exècre, hormis quand l’intention est délibérément “dance”. Ian Dury ne s’est pas gêné dans le genre avec le génialissime Do It Yourself (Stiff, 1979), second chef-d’œuvre du chanteur à la jambe de bois qui réussît à placer trois tubes dans le Top 10 des charts anglais en deux albums en une période où y’avait un paquet de prétendants au titre je te prie de croire. Pas sûr que le fiston parvienne à hisser ses chansons au même niveau que le père bien que bénéficiant des mêmes atouts en une époque où la musique a foutrement régressé. On pourrait croire qu’il a un boulevard devant lui. Ce serait sans compter sur un bizness cadenassé triple tour de nos jours.

Si le père était une épine dans le pied du punk en 77, le fils l’est tout autant dans l’environnement musical général en 2014. Avec It’s a Pleasure, sur dix titres, Baxter Dury réussit l’exploit de signer quelques tubes rocambolesques dont le fabuleux “Palm Trees” que son père doit danser avec la canne dans les flammes de l’enfer. Pour faire simple, les deux tiers de l’album sont composés de tubes, bordel de merde. Tu vas pas me dire, Ian Dury a légué un peu plus qu’une collection de timbres à son fils ! Il lui a passé le feu qu’il brandit avec panache l’insolent ! Le génie, à ce point-là, moi je dis que ça devient gênant surtout pour la concurrence reléguée à douze longueurs…

Chronique issue du site www.slowshow.fr



A lire, une chronique du concert de Baxter Dury à la Route du Rock Collection Hiver, en Février 2012...

Liens : www.baxter-dury.com, www.facebook.com/baxter.dury, twitter.com/#!/baxterdury, www.deezer.com/album/8025966...

Octobre 2014 (PIAS)

Signature : Patrick Foulhoux
Artiste : Helluvah  Titre : Short Distance Runners
Style : Pop - Rock
Helluvah - Short Distance Runners Virage des plus intéressants de l'artiste Helluvah qui s'oriente vers un rock électro enlevé pour ce nouvel EP sorti chez Dead Bees Records. Finement composé, "Short Distance Runners" flirte en effet avec les cîmes... Coup de foudre pour les textes, pour la couleur choisie, entre rouge sang et vert espoir. Une belle collaboration avec Marc Huyghens (Vénus, Joy) sur This Is Hot, entêtante et dansante tandis que les paroles expriment la douleur de ne parvenir à trouver le bon rythme, souffle, lors d'une danse amoureuse à contretemps. L'empreinte rock reste forte dans Highways accompagnée de belles lignes de guitares, le point fort de Camille. BobX et elle ont ajouté une touche d'années 80 savamment revisitée avec juste ce qu'il faut de peps et de profondeur. C'est du très bon son. Les bonus sont brillants: deux remixes revisitent les morceaux, invitant Melissa Laveaux. Vivement la sortie de l'album!...

3 nov. 2014 (Dead Bees Records)

Vignette lartsenicSignature : lartsenic
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Page Web Conseillée : http://helluvahmusic.bandcamp.com/album/
Artiste : Joy  Titre : All The Battles
Style : Pop - Rock
Joy - All The Battles Après quatre ans de silence, Joy revient avec un deuxième opus produit par  John Parrish. Katel (Raides à la ville – Decorum) fait désormais partie du groupe, enrichissant le trio ainsi formé de ses propositions nuancées et texturées. All The Battles reprend le chemin d'une réflexion fertile sur l'esprit guerrier, l'autodestruction et l'enfer que peut être l'Autre. Exit la langueur monotone des basses qui ralentissait le cœur, le rythme s'accélère. Le cœur s'emballe, toujours en cavale, nous le suivons dans les méandres de ses doutes, ses exaltations et ses renoncements.
      Sunday and I ouvre sur une rencontre lumineuse, nous quittons les eaux fortes du premier album: "I learned to love grey" chante Marc Huyghens. L'amour, cruellement absent en 2010, élève les chants vers les aigus, les chœurs renforcent l'impression d'ouverture sur un plus grand espace intérieur. Le morceau folk aux accents celtiques déploie une énergie communicative. L'espoir s'immisce discrètement, livrant bataille aux fantômes du passé.
    Ce même espoir traverse All The Battles, hymne à l'amour construit autour d'une condition: "if you stay here for a while". L'intro est d'une limpidité étonnante, la base souligne la tension implicite. A l'image du sentiment qu'ils évoquent, les chœurs montent à l'unisson. On entrevoit une terre promise. Le morceau est construit en spirale montante tournée vers l'extérieur, avec une douce et lente montée en puissance. Je pense à la Divine Comédie, au cheminement du protagoniste aux travers des cercles de l'enfer, mené par l'aimée à la connaissance de soi.
     L'impression d'être au purgatoire se prolonge par DNA. L'image du monstre revient (cf. Mirages, 2010). Au purgatoire-labyrinthe, le minotaure hurle, coupé du monde. Les questions pleuvent, obscures. On flirte avec la New Wave (je pense par exemple aux guitares des premiers Dead Can Dance), la chanson obsédante propose une réponse violente. Couper les ponts afin de ne plus souffrir.
    Dépouillement soudain avec Drift And Drive, où deux voix féminines d'abord en chœur se séparent progressivement. Les guitares tournent en boucles, presque Post Rock. Le "nous" redevient synonyme de désolation (cf. Endless Song, 2010), et le regard posé est d'une épouvantable froideur. On aperçoit, au centre d'un vertigineux jeu de reflets, un enfant sans espoir: l'incantation a convoqué l'origine du mal.
     En suivant les nappes de guitares dans Nineteen Twenty Four, et ce même duo, on marche hors du temps. L'interprétation impeccable de Françoise Vidick d'une femme âgée contant son histoire est supportée par la voix de Katel, dont on peut imaginer qu'elle incarne sa jeunesse. Pas de pathos dans les lignes de guitares. Il est trop tard: les choix du passé ont engendrés d'irrémédiables regrets.
     C'est d'ailleurs de remède dont il est question dans Jab The Fix. Le personnage oscille entre deux désirs antagonistes: l'état amoureux et ses paradoxes… L'ego tourne en rond, ivre de lui-même, impuissant et souffrant.
     Difficile acceptation de soi, de sa responsabilité amènent Life. Un ciel est constellé de baisers, force et courage sont puisées en l'autre.
    The White Coat utilise une anecdote pour en faire un symbole de dissension. Elle porte l'empreinte de Katel. Le blanc et l'hideux n'y font qu'un, fort belle image qui incarne la double tension qui caractérise l'album: entre mensonge et vérité, laideur monstrueuse et beauté gracieuse, vice et vertu, etc. Les boucles de nouveau soulignent le sentiment d'aliénation et Katel parvient en un instant (au travers d'un "oh" dont elle a le secret) à exprimer une vulnérabilité sous-jacente au ton ironique de la chanson.
    Pas de refuge trouvé dans Great Fire: l'homme est l'objet de sa passion ravageuse. Elle est puissamment évoquée, habitée par l'espoir d'une renaissance. La traversée des enfers est-elle achevée? Non.
     My Own private Hell semble faire discourir la part féminine et la part masculine d'une même personne. "How can I preserve love I don't deserve" me fait bondir. Mais l'amour ne se mérite pas. C'est un don! Les percussions ont disparu, deux guitares dialoguent entre boucles et arpèges gracieux.
     Le tempo ralentit enfin sur une douce ballade morbide: Golden Gun. Tristesse et tendresse sont entremêlées dans la voix de Huyghens. Le désir mortifère semble gagner la bataille; une trompette sonne l'adieu aux armes. "A faded rose goes back to the dirt": il a décidément le goût des images chocs. A chacun de réagir à sa manière, pour ce qui me concerne la réponse est claire: rose qui tombe à terre, n'est pas rosier qui meurt.
     Procurez-vous vite cet album qui n'est pas que beau: il synthétise délicatement tout ce que j'ai toujours profondément aimé et aimerai longtemps encore.

7 oct. 2014 (Venice Recordings)

Vignette lartsenicSignature : lartsenic
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Page Web Conseillée : http://www.joymusic.be/
Artiste : Micah P. Hinson  Titre : And The Gospel Of Progress
Style : Pop - Rock / CountryFolkPop
Micah P. Hinson - And The Gospel Of ProgressLa réédition du premier album de Micah P. Hinson orchestrée par le label Talitres (qui a également sorti en mars 2014 le dernier opus du songwriter texan, le très bon Micah P. Hinson And The Nothing ) est une bénédiction divine permettant de communier à nouveau avec des chansons country folk pop d'une beauté céleste tout en étant d'une mélancolie magistralement enveloppante... Ce coup d'essai de génie datant de l'année 2004 qu'est Micah P. Hinson and The Gospel Of Progress n'a rien perdu de sa puissance émotionnelle dix ans après, bien au contraire même : les morceaux de « violent country » (appellation d'origine contrôlée par l'auteur) présents ici sont toujours époustouflants de classe, les mélodies tuent à tous les coups, les arrangements sont plus que jamais d’une très riche sobriété (guitare, banjo, flûte, Mellotron, orgue, accordéon... ) et la voix du dénommé Micah bouleverse littéralement à chaque mot prononcé. Ce disque réédité pour la première fois en vinyle – avec une excellente plage supplémentaire en bonus, Can’t Change A Thing – regorge de titres qui nous donnent envie de pleurer de bonheur, comme Close Your Eyes, The Possibilities, At Last, Our Promisses, Beneath The Rose, Caught In Between, The Nothing et consorts (on pourrait citer tout le disque... ). C'est avec une facilité assez incroyable que le sieur Hinson s'inscrivait donc dès ses débuts dans la grande tradition des country folkeux attirés par la pop, au premier rang desquels nous citerons le hautement regretté Mark Linkous et son génial projet, Sparklehorse... Il va de soi que Micah P. Hinson and The Gospel Of Progress est foutrement in – dis – pen – sable !



Liens : www.micahphinson.com, www.facebook.com/micahphinson, www.talitres.com, www.facebook.com/talitres.rds, soundcloud.com/talitres, twitter.com/talitres...

17 novembre 2014 (Talitres - Differ-ant - Believe) réédition

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Artiste : Royal Blood  Titre : Royal Blood
Style : Pop - Rock
Royal Blood - Royal BloodEnorme carton de l'été outre-Manche (certains fans l'auraient traversée juste pour les voir à Rock en Seine, où nous les ratâmes), puis logiquement de la rentrée en France via une grosse rotation sur ce qui nous sert de médias "indé" (OuÏ FM, Canal+, etc), surfant sur la vague - pourtant plus très ventrue, à force - du rock minimaliste à deux, Royal Blood, est LE prototype du groupe qui va cartonner. Et gonfler comme un gros ballon médiatique qu'on aimerait ici percer d'une aiguille bien acérée. La baudruche ayant déjà parcouru tous les festivals en 2014, en commençant par le SXSW d'Austin en mars 2014 (comme tout produit qu'on veut bien lancer), elle est de toutes façons déjà proche de l'explosion/dégonflage inévitable, que tout enfant de plus de 18 mois pourra empiriquement vous garantir...
Observons les protagonistes : Mike Kerr, dont le patronyme rappelle de déjà bien funestes chanteurs, a un organe qui singe tantôt Robert Plant ou Jack White, tantôt Matthew Bellamy (ce qui est plus ennuyeux), cf Out of the Black, mais de toute façon avec des limites aussi bien Protools-masquées sur album, qu'évidentes en live. Tout comme à la batterie son camarade Ben Thatcher (autre nom dont on est pas fan, mais enfin il n'y peut rien, le pauvre) ne semble même pas avoir le potentiel de Tommy Clufetos jouant avec les deux mains attachées dans le dos. De plus, on a pas l'habitude de juger les gens au physique, mais le fait est qu'il suffit de voir leur deux bonnes bouilles rondes, pour imaginer qu'ils ne sont pas bien finauds...
Unique originalité, les riffs sont joués exclusivement à la basse (dernière variante pas encore usée jusqu'à la corde du duo rock) : bon plan, ils se jouent donc sur une corde à la fois, pas trop complexes, faciles à refaire à la maison, et quoi qu'on fasse, ils vous rentrent direct dans le cerveau (Loose Change). Tout en se donnant à bon compte une petite consonance stoner, qui permet de pomper allègrement dans l'oeuvre des QOTSA, Kyuss et consort (cf entre autres, la très référencée Little Monster). Pour limiter la casse en live et tenter de se démarquer, un seul single est martelé partout : Figure it out, efficace bien sûr mais qui sonne comme du Jack White quand il ne se foule pas (tout comme Blood Hands & Careless d'ailleurs...).
Bref, Royal Blood c'est plutôt bien fait mais, comme dirait un ami musicopathe : ça sert à rien ! Ou plutôt si, à ambiancer des fins d'après-midi en festival en attendant soit du plus lourd, soit du plus léger (ça tombe bien, les deux devraient être faciles à trouver). Disons que ça peut dépanner ? Ou bien devenir un groupe générationnel pour celles et ceux qui, à tort, déploreraient que les modèles les plus évidents du groupe (Jack White, Josh Homme, etc) soient tous pratiquement quadragénaires. Quant à l'écouter chez soi, faut quand même pas pousser Meg White dans les orties...
(2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : The Callstore  Titre : Save No One
Style : Pop - Rock
The Callstore - Save No One"Sad Songs For Fans Of Leonard Cohen & Matt Berninger... ", tel pourrait être le sous titre du premier album de The Callstore, Save No One, qui sonne un peu comme un opus solo du chanteur de The National ou un disque de l'auteur de Songs of Love and Hate, en version jeune... Mais réduire ce très beau disque inaugural à cela serait parfaitement idiot, car si l'univers du solitaire sonwgwriter basé à Londres évoque les deux artistes cités à l'instant, l’hallucinante qualité des compositions présentes sur Save No One ne doit absolument rien à personne. Cette collection de chansons d'une insondable mélancolie et d'une aveuglante beauté se permet en outre de rappeler subtilement certaines œuvres de Brian Wilson avec ses Beach Boys et les travaux d'Hercule électro pop/folk de l'un de ses plus dignes descendants en matière de mini symphonies adressées à Dieu, Sufjan Stevens. On pense également ici ou là aux très lents mais totalement inoubliables Flotation Toy Warning. C'est dire le niveau auquel évolue l’illustre inconnu qui se cache sous le nom de The Callstore... Clairement attiré par le côté sombre de l'existence et les vertus spleenétiques de l'écriture (« ashes to ashes, dust to dust... »), le très doué mais peu enclin à sourire musicien est capable de bouleverser simplement avec sa voix grave et sa guitare folk - The Letting Go, Come On Then, Sad Sometimes -, voire avec quelques jolis bidouillages et guitares électriques en plus - Rich Man, Lovers Lane, Each To Their Own... -, tout en étant apte à surprendre au plus haut point en créant avec trois bouts de ficelles (boites à rythmes, cordes et synthés bon marché, chœurs élégiaques) des morceaux pop très ambitieux dans leurs constructions et leurs arrangements, comme In Between Tricks The Magician Bows ou Thou Shall Be Broken. Tel quel, avec peu de moyens pour enregistrer, The Callstore vient de faire paraître un disque immense. On n'ose imaginer le résultat si l'occasion se présente à l'avenir de travailler avec des musiciens et d'avoir du temps de studio disponible pour graver pour l'éternité ses géniales "chansons tristes"...



Liens : www.facebook.com/thecallstore, www.talitres.com, www.facebook.com/talitres.rds.

Octobre 2014 (Talitres Records)

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Artiste : Iraka  Titre : Le Slameur
Style : Pop - Rock / Slam
Iraka - Le Slameur Maintenant que Frederic Nevchehirlian* a achevé sa mue en Nevche et s'est éloigné du genre, le slam à Marseille s'est sans doute déjà trouvé un nouveau champion sinon en tout cas un fier représentant. Cela faisait un moment que Philippe Arnoux et son Iraka faisait ses armes. De belles dates, quelques EP plus que convaincants et dernièrement une nouvelle équipe de musiciens qui mettent parfaitement en valeur la musicalité naturelle de ses textes et de son flow. Après quelques live, Arnaud Vecrin et Carl Charrin (tous deux membres – entre autres – du Big Butt Foundation) à la guitare et batterie respectivement et Sylvain Terminiello (Nafas, Namaste! et bien d'autres) à la basse, se sont enfermés en studio pour pondre ce magnifique album au titre en forme d’acte de foi : le Slameur. Le résultat est à la hauteur de l'attente : 10 superbes titres qui se dévoilent au fil des écoutes jusqu'à devenir entêtants. Pas besoin de chercher la rime facile quand il y a une telle musicalité dans le rythme et le flow et autant de profondeur dans le propos. En effet, qu’il traite plus ou moins directement du chômage, d’un braquage, d’amour, de soi … les textes sont d'une telle précision et justesse qu'on se retrouve ou reconnaît dans l'analyse qui y est faite du monde dans lequel nous vivons. Bien sûr ce disque a aussi son lot de bons mots, du genre « Moi je n’en fais pas une histoire, Non ! j'en fais 100 » (sur Le Décor), « Je faisais de l'hypocondrie et des futurs poèmes célèbres » (sur Le Roi), ou encore en parlant d'enfants qui rentrent de l'école « ils rigolent même pas ! C'est des parents qui ont du les éduquer » (sur Aller mal). Si les premiers titres à sortir du lot sont peut être le très Ferré Sur London, le provocateur Monnaie ou l'étonnant Arabie les autres finissent aussi par se trouver leur place à nos oreilles et le tout est finalement extrêmement cohérent. Je trouvais cela culotté de sa part de sortir un album sans y remettre Le Sud ou Caroline deux titres ultra efficaces présents sur son EP précédent Hier mais tout compte fait ce Slameur n'en a pas besoin pour convaincre.

* avec qui ils ont d’ailleurs partagé pas mal de scènes et que l’on retrouve d'ailleurs crédité sur 2 titres de cet album à la guitare.

20 avril 2014 (Darling - Iraka - FB)



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Artiste : De Mathias Berthier Lu Par Michel Toty  Titre : Misser Ou Les Ratounes De Papi Chanot
Style : Autres
De Mathias Berthier Lu Par Michel Toty - Misser Ou Les Ratounes De Papi Chanot L'été dernier est sorti aux éditions éponymes un bien joli disque conte pour enfant du nom pour le moins énigmatique de Misser ou les ratounes de Papi Chanot. Superbe texte signé Mathias Berthier (que vous connaissez peut être plus sous le nom de Usthiax) lu/raconté par l'excellent Michel Toty et sa voix totipotente. On y suit les aventures d'un petit garçon qui part à la recherche de celui qui a volé les dents de son grand-père, et qui croise pendant son périple onirique un lucane du nom de Robert Cerf Volant, un arbre saucisse, une pie bavarde et légèrement sournoise, un serpent malicieux, et bien d'autres … jusqu'à arriver devant le terrifiant Misser. C'est drôle, beau, noble, impressionnant (ça fait même un peu peur la première fois), apaisant tout en étant captivant. Sans s'en rendre compte on vient de passer un peu plus de 45 minutes dans la compagne provençale (quelque part entre Banon et Reillanne). Finalement la seule chose qui manque à ce disque (notamment pour que les enfants s'y intéressent plus facilement / plus vite) c'est un livret avec des illustrations pour accompagner la lecture (dans la mesure où il y a déjà une pochette avec les personnages représentés). A la limite c'est tellement précis qu'on aurait même pu imaginer un pendant BD à ce conte … En tout cas moi c'est la première fois que je suis capable d'écouter autant de fois une histoire sans m'en lasser. Vivement la suite.

2014 (Editions Eponymes)



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1 à 11 sur 4991 critiques trouvées
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