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Samedi 20 septembre 2014 : 15690 concerts, 22999 critiques de concert, 4976 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Anna Calvi  Titre : Strange Weather (EP)
Style : Pop - Rock
Anna Calvi - Strange Weather (EP)Comme certains envoient régulièrement des "cartes postales" médiatiques pour nous rappeler contre qui nous avons voté en 2012 (...et nous remonter un peu le moral), Anna Calvi poste régulièrement entre deux chefs d'oeuvre forcément trop éloignés, des "cartes postales" sonores pour nous rappeler qu'elle reste notre Reine de Coeur (...et nous remonter un peu le moral). Cette fois-ci, c'est pour s'essayer à un album de reprises agréablement surprenant, et d'abord par le choix des titres : chansons trop connues, s'abstenir ! Elle commence ainsi par reprendre l'étonnante Papi Pacify de FKA Twigs, jeune soulwoman sous influence trip-hop atonal, et concitoyenne anglaise de sa génération, encore peu connue et à qui elle passe donc gracieusement l'échelle.
Bien sûr, sa patte voix-guitare est tellement puissante qu'elle semble faire instantanément de chaque chanson une de ses propres compositions, sur celle-ci et de façon plus flagrante encore, sur le pont d'arpèges éblouissant placé au milieu de I'm the man that will find you (de l'assez hermétique Connan Mockasin). Ceci étant posé, comment honorer la mythique-minimale Ghost Rider des cultissimes Suicide ? Facile : garder le rythme en cavalcade mais en faire une version sous haute tension, constamment menacée d'implosion, façon Nick Cave : une réussite totale ! Comment surpasser la déjà poignante Strange Weather de Keren Ann ? Facile, au lieu de faire la maligne, y rester fidèle mais la transformer en un duo tout aussi poignant avec l'honorable David Byrne !
Reste alors à s'attaquer à l'Everest de la reprise, Sir David Bowie lui-même ? 40 ans après la sortie d'Aladdin Sane, il est permis de tenter une revisite de la discrète mais flamboyante Lady Grinning Soul, à condition de la faire façon "nue et culottée" : piano-voix seulement, mais avec un libre cours donné aux fioritures vocales et pianistiques. Et de couronner ainsi pleinement un EP aussi joliment inattendu que franchement réussi, laissant (comme à chaque fois) l'auditeur extatique, et proche de la pâmoison...
PS : pochette non contractuelle - l'originale est illisible à cette taille et elle n'est pas dessus, alors...
(2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Dirt River Radio  Titre : Come Back Romance../rnr Is My Girlfriend
Style : Pop - Rock
Dirt River Radio - Come Back Romance../rnr Is My GirlfriendJ’avais très envie de vous parler d’un groupe que j’écoute régulièrement ces derniers temps et qui est méconnu dans nos contrées. Je parle des Australiens originaires de Melbourne Dirt River Radio. Grâce au label francais Bad Reputation, nous avons enfin la chance de les découvrir à travers leurs deux premiers albums «Come Back Romance, All Is Forgiven» sorti en 2010 et réédité pour le marché français en 2012 ainsi que le petit dernier «Rock N Roll Is My Girlfriend» sorti en 2012 et réédité lui aussi pour la France en 2013. Un 3ème album est en préparation d’ailleurs et sortira en 2015. Voilà, vous savez tout ou presque. Parlons tout d’abord du premier album «Come Back Romance, All Is Forgiven» que je trouve particulièrement bon. C’est par ce disque que j’ai découvert le groupe. Je m’attendais, sans rien avoir écouté, à entendre du bon gros rock qui tâche, hyper enlevé et ce ne fut pas vraiment le cas. Point de déception à l’arrivée, cela a été le contraire même ! J’ai découvert une musique authentique, sentant bon le vécu et gorgée d’émotions. Suivant les titres, on retrouve une ambiance rock, blues, voir country rock et une odeur de western. Quelques refrains vous tenaillent quelques jours notamment sur des titres tels que «All My Friends» ou «The Boys in The Public Bar». Il y a du Springsteen parfois, du Chris Isaak, du Pogues, du Tom Waits également dans l’Adn de «Dirt River Radio». Sur «I’ll Be The One», c’est même du côté de la soul qu’il faut aller chercher avec des cuivres qui font encore une fois leur effet. C’est juste un peu dommage qu’ils ne soient pas mis plus en avant. L'album se termine sur une ballade country bluesy « A Song for you » qui est une reprise de Gram Parsons (un musicien country américain dont les membres du groupe sont fans). Rien de novateur à l’horizon mais un disque qui regorge d’âmes et d’ambiances sombres.
...............
Deux ans séparent «Come Back Romance, All Is Forgiven» et «Rock N Roll Is My Girlfriend». Ce dernier est dans la lignée du premier cité en version un peu plus rock et enlevé. On a toujours envie de chanter ces refrains fédérateurs sentant toujours aussi bon le vécu, la fête et les ambiances chaleureuses des pubs et des soirs d’hiver. L’authenticité est toujours au rendez-vous et on tape parfois même du pied fortement en secouant la tête avec par exemple un titre comme «Hard Road» qui lorgne cette fois-ci du côté d’AC/DC. Ce que j’aime dans ce groupe, c’est qu'il est capable de composer des titres archi-classiques dans le sens où rien n’est inventé, novateur mais qu’on ne tombe jamais dans la caricature de ce genre et dans l’ennui. Avec eux, on est assuré de passer un bon moment sans jamais se lasser.
Alors oui, je confirme la petite amie du groupe «Dirt River Radio», c’est bien le Rock’n’Roll !

En concert au Café de la Danse, à Paris, le 2 octobre 2014

2012/2013 (Label Bad Reputation)

Vignette lebonairSignature : lebonair
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Page Web Conseillée : http://www.badreputation.fr/artiste?id=2
Artiste : Powersolo  Titre : The Real Sound
Style : Pop - Rock / RockGarage
Powersolo - The Real SoundBoom Babba Do Ba Dabba ! The Real Sound, le tout nouvel opus de Powersolo, les inénarrables trublions danois du rock garage, vient de sortir ! Comme le nom du premier titre de l'album placé fort opportunément en ouverture de cette très brillante chronique le laisse entendre, les deux frères Atomic Child et Kim Kix (accompagnés par leurs précieux acolytes Jesper Reginal et Great Nalna) sont encore une fois dans une forme plutôt explosive... Ce qui leur permet de débarquer avec quatorze nouvelles perles rares sonnant à la fois très vintage et actuelles, une sorte de rockabilly surf blues pop 'n roll du 21ème siècle, pour résumer l'affaire. Bien engagée, car bénéficiant encore une fois du petit secret de fabrication qui fait le succès des nombreux disques de cet étrange attirail de rockers venus du Nord de l'Europe : ils arrivent à accoucher d'une musique très accrocheuse tout en étant ultra authentique et parfaitement non putassière. Comment donc ? En remuant dans leur grand shaker des influences qui font du bien aux oreilles (The Cramps, Link Wray, Chuck Berry, Lee Hazlewood... ) avec leur singulières personnalités, leur science de l'arrangement qui va bien (chœurs, Farfisa, effets sur les grattes... ) et en y ajoutant leurs drolatiques paroles ! Ce qui fait que les mecs balancent à l'insu de leur plein gré des tubes qui donnent envie de danser le boogaloo, de faire la fête, de se mettre sur la tête et de draguer Des Filles dangereuses, très fine allusion au piquant morceau du même nom chanté en français figurant sur The Real Sound... En clair, même si vous venez de vous faire plaquer par votre chère dulcinée ou votre bien aimé Jules, la rafraîchissante, tonitruante et inspirée dernière livraison de Powersolo sera tout fait à même de vous donner le tonus nécessaire pour affronter les multiples épreuves de cette chienne de vie émaillée de nombreux Boom Babba Do Ba Dabba...

Powersolo est en tournée partout en France en octobre 2014...



A lire également, des chroniques de concerts de Powersolo aux Trans Musicales de Rennes en 2004, à l'occasion des Nuits de l'Alligator à Clermont-Fd en 2006 et au festival Europavox 2009...

Liens : www.powersolo.dk, www.facebook.com/POWERSOLODK, twitter.com/Railthinbrother, crunchyfrog.bandcamp.com/album/the-real-sound, www.platinumrds.com...

2 septembre 2014 (Crunchy Frog Recordings - Cornflakes Zoo - Platinum Records)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Childhood  Titre : Lacuna
Style : Pop - Rock / Indie
Childhood - LacunaPeu de gens en France connaissent encore Childhood. Pourtant, le jeune groupe de Nottingham est considéré comme un des groupes les plus à suivre de la nouvelle scène indie-pop outre-manche. Brillant lors de leur concert au Midi Festival de Hyères, festival indie le plus branché et le plus underground de France, Childhood annonçait un album, qui devait sortir pour début août. Et après écoute, nul doute que Lacuna de Childhood risque de connaitre une notoriété rapide sur les ondes radios UK. Condensé de que la scène anglo-saxonne actuelle produit de mieux, Lacuna affiche une maturité et un univers musical assez rare pour un 1er album. L'album démarre avec Blue Velvet, un titre qui donne la tonalité de l'album : l'univers de Childhood se situe à mi-chemin entre Stone Roses et Oasis et la voix et la guitare de Ben Romans Hopcraft nous captive littéralement. Assaisonné de sons électro et d'une basse puissante, l'alchimie fonctionne à merveille. Childhood nous livre un retour aux sources de l'indie pop avec une créativité et une originalité assez. Parfaitement produit, Lacuna alterne titres planants (As I am, Tides) et morceaux plus percutants (Sweeter Preacher, Solemn Skies, When You Rise). L'ensemble de l'album est très homogène en terme de qualité, même si les influences sont variés. Pour ma part, mes morceaux préférés sont Blue Velvet, un titre pur indie dans la lignée de Stone Roses, You Could be Différent aux touches un peu plus funk et qui sonne comme un titre de Primal Scream, As I Am qui nous situent dans un univers plus synthétique et plus expérimental et Pay For Cool, morceaux plus alternatif et plus proche de la scène limite krautrock des 80's avec une guitare saturée à souhait. Noté 8/10 par l'incontournable magasine NME, Lacuna s'annonce comme un must-have de la rentrée pour les amateurs de la scène indie-pop UK. Je vous recommande également d'aller voir Childhood sur scène si vous avez la chance de les voir passer près de chez vous. Actuellement en tournée sur les plus gros festivals anglais, il est probable de les voir revenir en France. En tout cas, renseignez-vous, vous ne le regretterez assurément pas !



Vignette marcing13Signature : marcing13
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Page Web Conseillée : https://www.facebook.com/childhoodband
Artiste : Boogers  Titre : Running In The Flame
Style : Pop - Rock
Boogers - Running In The FlamePlus de deux ans après la sortie de son deuxième album, «More Better», mon cinglé préféré Boogers (n’osez pas la traduction... ) revient en pleine forme avec ce nouvel opus «Running In The Flame». Stéphane alias Boogers, le bricoleur, bidouilleur de Tours marie toujours avec un certain talent tout un tas de styles musicaux. L’électro-pop, le power-pop, le reggae, le rock remplissent ces 11 titres bien écrits. L’ensemble ne connaît pas de temps mort et affiche une belle dynamique. Pour la première fois, l’artiste chante en français sur le brillant et énergique morceau pop-rock «Dis-Moi pourquoi» et ça le fait vraiment. Avec ses boîtes-à-rythmes à la Beastie Boys, ses ordinateurs et ses synthés vintage, Boogers compose, arrange une partition dont il est le seul maître à bord. Notre Beck français à la sauce américaine va à coup sûr faire mouche sur scène avec ces nouveaux titres. Comme d’habitude, Boogers fait du bien, il ne prend pas la tête car son univers est toujours aussi fun ! et il nous fait comprendre encore une fois, que la vie, c’est aussi du plaisir, de la légèreté. Le disque est bourré de mélodies efficaces et ce branleur décalé, bordélique et joyeux a toujours en lui ce plaisir ou ce vice de les abîmer un peu...


Septembre 2014 (Label AtHome)




Signature : Lebonair
Page Web Conseillée : http://www.label-athome.com/
Artiste : Tiken Jah Fakoly  Titre : Dernier Appel
Style : Reggae Ska
Tiken Jah Fakoly - Dernier AppelQuatre années après son fameux «African Revolution», Tiken Jah Fakoly est revenu le 2 juin 2014 avec un nouvel album, «Dernier Appel». C’est peu dire qu’il nous manquait le Patron ! En plus, son album est sorti juste avant l’été, excellente période pour écouter du reggae. Cela m’aura permis de l’amener partout avec moi et avec un vrai plaisir tellement il est bon ce nouveau petit bijou. Plus reggae que son précédent et somptueux «African Revolution», un disque que j’aime énormément par d’ailleurs. Ce dernier est tellement bien écrit qu’une question pouvait se poser. Peut-il faire mieux notre Tiken avec ce nouveau disque ? Et bien non mais il a fait malgré tout aussi bien. J’aime ce dernier comme tous les albums de sa discographie et celui-ci est un des meilleurs, assurément. Les instruments traditionnels n’ont pas disparu, on entend toujours du djembé, la kora, la guitare mandingue, le balafon, le sokou, le dundu etc. La basse ronronne parfaitement, le saxophone, la trompette et le trombone sonnent parfois en offrant un air de fête même si ce n’est, au fond, pas vraiment le cas. Il ne faut pas se leurrer, Tiken Jah en a ras le bol de ce monde, de l’injustice, de la misère et de l’état de ce merveilleux continent qu'est l’Afrique. Il sonne le «Dernier Appel» et les paroles de l’Ivoirien défendent encore et toujours la cause africaine envers et contre tout. Comme il nous le fait comprendre, il y a une certaine urgence à se réveiller. Il est lucide également sur ses compatriotes «Nous les Africains, nous voulons tous le paradis mais personne ne veut payer le prix». Tiken a fait appel à Mike de Sinsemelia pour certains lyrics et il s’est tourné un peu plus que d’habitude vers l’anglais. En guest, on entendra avec un plaisir non dissimulé la petite reine Nneka, une artiste que j’aime également beaucoup (le monde est petit parfois... ) sur le titre «Human Thing». Patrice sera aussi de la partie sur «Too Much Confusion» et les Allemands d’origine africaine sont donc en force pour le coup. Précision, Nneka et Patrice ont une double origine et culture (africaine et européenne). Tiken sait donc s’entourer parfaitement quand il le faut et pour compléter le tableau, Alpha Blondy est de la partie sur «Diaspora». Cette présence confirme définitivement la réconciliation des deux chanteurs compatriotes. Tiken a chanté également sur le dernier disque d’Alpha l’année dernière. Unité, unité, voilà ce que veut faire passer Tiken comme message. On prend enfin une bonne dose d'émotion avec la reprise de « Tata ». Certes le morceau figurait déjà sur l'album « Cours d'Histoire », mais la version acoustique livrée sur cet opus n'en est que plus frissonnante et on se réjouit de voir Tiken s'autoriser des chansons plus personnelles, ce qu'il fait avec brio. Le patron reste donc le patron et on espère juste une chose, que cela ne soit pas le dernier appel de Tiken Jah Fakoly, un artiste toujours aussi honnête, touchant, brillant et déterminé.



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Artiste : Ty Segall  Titre : Manipulator
Style : Pop - Rock / RockGarage&Pop
Ty Segall - ManipulatorTonitruant retour discographique pour le petit génie du rock garage (mais pas que... ), Ty Segall, qui débarque fin août 2014 avec Manipulator, un ambitieux double album synthétisant à la perfection toutes les facettes de son talent... En 56 minutes et 17 titres, l'hyperactif et ultra doué songwriter invite ses fans à un roller coaster kaléidoscopique illuminé par ses passions pour le rock garage avec pédale fuzz dans le rouge, la pop psyché, la folk music et le glam rock sexy. Sur cet opus inépuisable et richement doté en titres forts, l'on sent très clairement que le jeune américain au physique poupon, a voulu franchir un palier en utilisant les moyens fraîchement mis à sa disposition par son label Drag City afin de prendre le temps d’enregistrer et de produire les morceaux avec classe (violons, synthés vintage etc). Le résultat est un petit bijou où l'on sent bouillonner l'énergie et l'inspiration d'un artiste en état de grâce, avec le petit plus produit apporté par des compositions composées et arrangées avec soin. En partant de ses influences déjà explorées sur ses multiples disques (Stooges, Black Sabbath, John Lennon, Nirvana... ), l'auteur de Manipulator s'autorise de magistraux clins d'oeil à David Bowie (Mister Main, les parties vocales de The Singer, sur des arpèges à la Steve Cropper pour Otis Redding), Marc Bolan & T. Rex (The Feels), The Rolling Stones (Green Belly) et The Kinks (le titre Manipulator). Et cela aboutit à une série de titres très frais, ultra efficaces et maxi bandants. Bref, ce disque est une tuerie qui devrait donner lieu à des jouissifs moments de bravoure en live. Vu le niveau du concert donné au This Is Not A Love Song Festival en mai, inutile de préciser que les concerts prévus en France au mois d'octobre 2014 sont totalement immanquables (à moins de vouloir pleurer de rage pendant des mois)  !



Liens : ty-segall.com, www.facebook.com/pages/Ty-Segall, twitter.com/tysegall, www.dragcity.com, ...

26 Août 2014 (Drag City Records - Modulor)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Jack White  Titre : Lazaretto (Ultra LP)
Style : Pop - Rock
Jack White - Lazaretto (Ultra LP)Bon d'accord, ce disque a déjà été présenté il y a peu de temps par Pierre, juste ici, et son analyse de fond de Lazaretto paraît tout à fait pertinente (un très bon disque de rock-blues-country, qui reste cependant mineur pour son génial auteur). Reste la putain de forme totalement inédite du truc : n'importe quel amateur de rock et de galettes de polychlorure de vinyle a probablement passé au moins quelques minutes à se demander récemment comment le trouver, ce fameux Lazaretto Ultra LP ! Une véritable petite merveille de technologie vintage, abordable par toutes les bourses mais en édition délibérément limitée (celui de l'auteur de ces lignes est par exemple venu d'Allemagne...) !
Hé, c'est que Jack White, depuis qu'il a ouvert le Third Man Records Store de Nashville, n'a même plus le temps de faire des concerts de tueur, tant il s'amuse comme un petit fou : sa petite entreprise, pas prête de connaître la crise, lui permet de maîtriser tout le processus de création, du studio d'enregistrement à la boutique de vente ! Il s'amuse ainsi régulièrement à y sortir ses disques et ceux des autres sur des formats dingos (78 trs/min, ou même en 1 tr/3 min), à enregistrer les copains en une prise (exemple : The Kills Live @ Third Man Records, c'est une bombe !)... Plus récemment, il s'est illustré sur le Record Store Day 2014, en réalisant le World Fastest Record (soit un 45 tours enregistré, pressé et vendu en moins de 4 heures !), ou encore en créant un Record booth (sorte de cabine de téléphonique où l'on peut s'enregistrer et repartir avec son propre disque, comme aux premiers temps du blues), inaugurée par Neil Young lui-même. Bref, Jack White et ses sbires à chapeau ont voulu créer le vinyle ultime, celui qui contiendrait toutes les chicanes possibles, et c'est ce Lazaretto Ultra LP !
Bien sûr, la performance technique comporte pour partie des gadgets qui n'amuseront que les nerds, genre peseurs de vieux disques : deux finitions de surface différentes (mat et brillant), une tranche carrée très rare, un hologramme d'ange qui s'affiche sur la face A (et qui demande quand même un petit effort de visualisation...) Mais il y a aussi des éléments impactant directement la musique : un locked groove à la fin de chaque face (soit un sillon infini mais pour une fois, pas vide et silencieux, comme les précédents dont le principal intérêt était de vous permettre d'oublier votre platine branchée et tournante, en partant en vacances ...). Mieux, la face A se lit de l'intérieur vers l'extérieur - détenteurs de platines à bouton start : vous êtes faits comme des rats, il faut monter en gamme, vous remercierez Jack plus tard ! - des petits titres rigolos gravés sur les 2 étiquettes centrales (dont l'un en 78 tours...), et une amusante double introduction sur la face B, acoustique ou électrique, selon le sillon dans lequel tombe aléatoirement votre aiguille. Et enfin, last but not least : pas la moindre compression du son, ça vous décoffre brut dans la tronche, vous êtes comme dans le studio !
Au final, ce très cool objet (la pochette et le livret intérieur sont magnifiques comme toujours, et il en tombe évidemment un code de téléchargement !) est donc un peu comme une voiture de James Bond : joli et anodin en apparence (évidemment, pas la moindre mention de tout ça, ni sur la pochette ni dedans...), et bourré de technologies sophistiquées en réalité. Comme disait l'autre : "Totalement inutile, donc parfaitement indispensable !". Un totally-must-have pour tout geek (au sens initial et noble du terme) qui se respecte : allez donc harceler votre disquaire, justement, il s'ennuie un peu en ce moment !
(Third Man Records, 2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Night Beats  Titre : Night Beats.
Style : Pop - Rock
Night Beats - Night Beats.Juste Ciel, ils l'ont fait ! Et sans aucun souci de bioéthique... Les Américains sont décidément des êtres méprisables : si l'on en croit nos oreilles, et les deux albums déjà commis par ce groupe (celui-ci étant le premier), ces gens ont décongelé en 2011 un trio rock garage psyché de Seattle qu'is avaient manifestement cryogénisé depuis les années 60 : Night Beats est son nom. Soit un gang fumant qui joue - compositions, instruments, captation et production comprises ! - comme si l'Homme n'avait pas encore marché sur la Lune - ou comme s'ils étaient perdus dans un trip au LSD depuis le Summer of Love (1967). Avec un son quand même plus Charles Manson, que Flower Power, cela dit... Ce qu'on a pu constater tout récemment dans un concert donné exclusivement dans le noir : impossible de vérifier si un glaçon leur pendait encore au nez, donc... mais 45 minutes de transe ininterrompue !
Quoi qu'il en soit, le groupe réinvente (et bordel, on dirait vraiment qu'ils ne le savent pas !) les riffs les plus connus du rockeunrole, composant des titres ultra-efficaces (Puppet on a String, Dial 666), réécrivant les grandes cavales surf des 60's comme si de rien n'était, ou plutôt comme si leur pays occupait encore le Vietnam (War Games, dantesque)... Sonnant par moment complètement défoncés à la psilocybine : sur Ain't dumbo ou Dewayne's Drone, en fermant les yeux, on voit aisément apparaître Fonda et Hopper, errant avec leurs copines à poil dans le cimetière de New Orleans... Tandis que la furibarde Little War in the Midwest semble une invitation à investir, chargé à l'ether et avec une valise pleine de drogues, un palace de Las Vegas pour y inonder/démolir une suite avec l'aide de votre avocat chicano...
Il faut attendre la deuxième moitié de The Other Side (la première réutilisant sans honte le totalement galvaudé riff "hit the road jack"), pour discerner une (petite) touche de modernité : un pont surf psychédélique qui finit en jam ch'tarbé (ils ressemblent enfin plus aux Black Angels qu'aux Sonics ou aux Cramps...). Le chant, assez varié, semble parfois inspiré de la version aboyée de Jack White (Hallucinogeny), ou dans l'esprit des Lords of Altamont (jouissive Ain't a Ghost), voire aller chasser les terres fertiles d'Anton Newcombe (Meet Mr Fork). Autant dire, pas exactement les plus avant-gardistes de nos contemporains non plus !...
L'album le plus récent des Night Beats, Sonic Bloom, un tout petit peu moins brut/sauvage/défoncé (un poil moins cool, quoi !), reste néanmoins recommandable lui aussi, grâce à quelques titres particulièrement efficaces : citons Outta Mind, As you Want (nouveaux néo-classiques !), l'infernal chachacha plein de larsens The Rat King, et une autre résurrection réussie, celle de Link Wray, qui tient manifestement la poële à frire aussi bien sur la chanson-titre, que sur la totalement barrée et exaltante The New World. Alors non, tous leurs titres ne sont pas inoubliables et non, ne rêvez pas, ils ne changeront pas ce qui est merdique dans votre vie. Mais non d'un Hell's Angel en goguette, les Night Beats sont quand même une putain de bonne série B dans le genre, ils ont un son infernalement vintage et de quoi vous mettre un club à feu et à sang. Ils forment donc au final un grand groupe de rock drogué, qu'il est recommandé d'aller voir (ou seulement entendre...) aussi vite que possible sur scène !
(2011-2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Irma  Titre : Faces
Style : Pop - Rock / Soul
Irma - FacesLa voix d'Irma n'a pas la prétention de celles des divas comme Mariah Carey ou Whitney Houston : celle qui vous arrache vos émotions comme on arrache une confidence forcée de la bouche d'un enfant timide. Irma vous les prend, parce que vous les lui donnez volontiers. Parce que c'est tellement bon de vous sentir compris que vous vous laissez faire en souriant. "Faces" est un album qu'on écoute sur la route des vacances, par jour de pluie, après l'amour, en riant avec ses amis lors d'une soirée bien arrosée. "Faces" a été composé en pleine observation des êtres, en pleine méditation de ce qu'est l'autre dans toute sa beauté, en effleurant ses souffrances, ses non-dits, ses absences. Non, il ne s'appelle pas "Faces" par hasard. Il met en scène notre mélancolie et notre joie, nos moments de grâce et nos doutes. Nos différences aussi. Et lorsqu'on lui demande pourquoi l'album a été écrit intégralement en anglais, Irma répond que "c'est par pudeur". Une pudeur mêlée de dignité que l'on retrouve dans toutes ses descriptions de l'autre, vu de son oeil avisé. Au-delà d'un univers qui se démarque de par sa douceur, nous découvrons quelques sonorités des années 80, mélanges de pop et de soul, notamment avec le titre " trouble maker " ainsi que des accents plus folk que pour l'album précédent pour des titres complètement différents les uns des autres. Cet opus totalement écrit à New York connaît déjà un succès incroyable depuis sa sortie le 2 juin 2014. Un album plein d'humanité. Un album qui fera parti des "classiques" des prochaines générations.



Juin 2014 (My Major Company)

Vignette lily rosanaSignature : lily rosana
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1 à 11 sur 4976 critiques trouvées
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