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Vendredi 22 août 2014 : 11671 concerts, 22963 critiques de concert, 4970 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Ty Segall  Titre : Manipulator
Style : Pop - Rock / RockGarage&Pop
Ty Segall - ManipulatorTonitruant retour discographique pour le petit génie du rock garage (mais pas que... ), Ty Segall, qui débarque fin août 2014 avec Manipulator, un ambitieux double album synthétisant à la perfection toutes les facettes de son talent... En 56 minutes et 17 titres, l'hyperactif et ultra doué songwriter invite ses fans à un roller coaster kaléidoscopique illuminé par ses passions pour le rock garage avec pédale fuzz dans le rouge, la pop psyché, la folk music et le glam rock sexy. Sur cet opus inépuisable et richement doté en titres forts, l'on sent très clairement que le jeune américain au physique poupon, a voulu franchir un palier en utilisant les moyens fraîchement mis à sa disposition par son label Drag City afin de prendre le temps d’enregistrer et de produire les morceaux avec classe (violons, synthés vintage etc). Le résultat est un petit bijou où l'on sent bouillonner l'énergie et l'inspiration d'un artiste en état de grâce, avec le petit plus produit apporté par des compositions composées et arrangées avec soin. En partant de ses influences déjà explorées sur ses multiples disques (Stooges, Black Sabbath, John Lennon, Nirvana... ), l'auteur de Manipulator s'autorise de magistraux clins d'oeil à David Bowie (Mister Main, les parties vocales de The Singer, sur des arpèges à la Steve Cropper pour Otis Redding), Marc Bolan & T. Rex (The Feels), The Rolling Stones (Green Belly) et The Kinks (le titre Manipulator). Et cela aboutit à une série de titres très frais, ultra efficaces et maxi bandants. Bref, ce disque est une tuerie qui devrait donner lieu à des jouissifs moments de bravoure en live. Vu le niveau du concert donné au This Is Not A Love Song Festival en mai, inutile de préciser que les concerts prévus en France au mois d'octobre 2014 sont totalement immanquables (à moins de vouloir pleurer de rage pendant des mois)  !



Liens : ty-segall.com, www.facebook.com/pages/Ty-Segall, twitter.com/tysegall, www.dragcity.com, ...

26 Août 2014 (Drag City Records - Modulor)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Jack White  Titre : Lazaretto (Ultra LP)
Style : Pop - Rock
Jack White - Lazaretto (Ultra LP)Bon d'accord, ce disque a déjà été présenté il y a peu de temps par Pierre, juste ici, et son analyse de fond de Lazaretto paraît tout à fait pertinente (un très bon disque de rock-blues-country, qui reste cependant mineur pour son génial auteur). Reste la putain de forme totalement inédite du truc : n'importe quel amateur de rock et de galettes de polychlorure de vinyle a probablement passé au moins quelques minutes à se demander récemment comment le trouver, ce fameux Lazaretto Ultra LP ! Une véritable petite merveille de technologie vintage, abordable par toutes les bourses mais en édition délibérément limitée (celui de l'auteur de ces lignes est par exemple venu d'Allemagne...) !
Hé, c'est que Jack White, depuis qu'il a ouvert le Third Man Records Store de Nashville, n'a même plus le temps de faire des concerts de tueur, tant il s'amuse comme un petit fou : sa petite entreprise, pas prête de connaître la crise, lui permet de maîtriser tout le processus de création, du studio d'enregistrement à la boutique de vente ! Il s'amuse ainsi régulièrement à y sortir ses disques et ceux des autres sur des formats dingos (78 trs/min, ou même en 1 tr/3 min), à enregistrer les copains en une prise (exemple : The Kills Live @ Third Man Records, c'est une bombe !)... Plus récemment, il s'est illustré sur le Record Store Day 2014, en réalisant le World Fastest Record (soit un 45 tours enregistré, pressé et vendu en moins de 4 heures !), ou encore en créant un Record booth (sorte de cabine de téléphonique où l'on peut s'enregistrer et repartir avec son propre disque, comme aux premiers temps du blues), inaugurée par Neil Young lui-même. Bref, Jack White et ses sbires à chapeau ont voulu créer le vinyle ultime, celui qui contiendrait toutes les chicanes possibles, et c'est ce Lazaretto Ultra LP !
Bien sûr, la performance technique comporte pour partie des gadgets qui n'amuseront que les nerds, genre peseurs de vieux disques : deux finitions de surface différentes (mat et brillant), une tranche carrée très rare, un hologramme d'ange qui s'affiche sur la face A (et qui demande quand même un petit effort de visualisation...) Mais il y a aussi des éléments impactant directement la musique : un locked groove à la fin de chaque face (soit un sillon infini mais pour une fois, pas vide et silencieux, comme les précédents dont le principal intérêt était de vous permettre d'oublier votre platine branchée et tournante, en partant en vacances ...). Mieux, la face A se lit de l'intérieur vers l'extérieur - détenteurs de platines à bouton start : vous êtes faits comme des rats, il faut monter en gamme, vous remercierez Jack plus tard ! - des petits titres rigolos gravés sur les 2 étiquettes centrales (dont l'un en 78 tours...), et une amusante double introduction sur la face B, acoustique ou électrique, selon le sillon dans lequel tombe aléatoirement votre aiguille. Et enfin, last but not least : pas la moindre compression du son, ça vous décoffre brut dans la tronche, vous êtes comme dans le studio !
Au final, ce très cool objet (la pochette et le livret intérieur sont magnifiques comme toujours, et il en tombe évidemment un code de téléchargement !) est donc un peu comme une voiture de James Bond : joli et anodin en apparence (évidemment, pas la moindre mention de tout ça, ni sur la pochette ni dedans...), et bourré de technologies sophistiquées en réalité. Comme disait l'autre : "Totalement inutile, donc parfaitement indispensable !". Un totally-must-have pour tout geek (au sens initial et noble du terme) qui se respecte : allez donc harceler votre disquaire, justement, il s'ennuie un peu en ce moment !
(Third Man Records, 2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Night Beats  Titre : Night Beats.
Style : Pop - Rock
Night Beats - Night Beats.Juste Ciel, ils l'ont fait ! Et sans aucun souci de bioéthique... Les Américains sont décidément des êtres méprisables : si l'on en croit nos oreilles, et les deux albums déjà commis par ce groupe (celui-ci étant le premier), ces gens ont décongelé en 2011 un trio rock garage psyché de Seattle qu'is avaient manifestement cryogénisé depuis les années 60 : Night Beats est son nom. Soit un gang fumant qui joue - compositions, instruments, captation et production comprises ! - comme si l'Homme n'avait pas encore marché sur la Lune - ou comme s'ils étaient perdus dans un trip au LSD depuis le Summer of Love (1967). Avec un son quand même plus Charles Manson, que Flower Power, cela dit... Ce qu'on a pu constater tout récemment dans un concert donné exclusivement dans le noir : impossible de vérifier si un glaçon leur pendait encore au nez, donc... mais 45 minutes de transe ininterrompue !
Quoi qu'il en soit, le groupe réinvente (et bordel, on dirait vraiment qu'ils ne le savent pas !) les riffs les plus connus du rockeunrole, composant des titres ultra-efficaces (Puppet on a String, Dial 666), réécrivant les grandes cavales surf des 60's comme si de rien n'était, ou plutôt comme si leur pays occupait encore le Vietnam (War Games, dantesque)... Sonnant par moment complètement défoncés à la psilocybine : sur Ain't dumbo ou Dewayne's Drone, en fermant les yeux, on voit aisément apparaître Fonda et Hopper, errant avec leurs copines à poil dans le cimetière de New Orleans... Tandis que la furibarde Little War in the Midwest semble une invitation à investir, chargé à l'ether et avec une valise pleine de drogues, un palace de Las Vegas pour y inonder/démolir une suite avec l'aide de votre avocat chicano...
Il faut attendre la deuxième moitié de The Other Side (la première réutilisant sans honte le totalement galvaudé riff "hit the road jack"), pour discerner une (petite) touche de modernité : un pont surf psychédélique qui finit en jam ch'tarbé (ils ressemblent enfin plus aux Black Angels qu'aux Sonics ou aux Cramps...). Le chant, assez varié, semble parfois inspiré de la version aboyée de Jack White (Hallucinogeny), ou dans l'esprit des Lords of Altamont (jouissive Ain't a Ghost), voire aller chasser les terres fertiles d'Anton Newcombe (Meet Mr Fork). Autant dire, pas exactement les plus avant-gardistes de nos contemporains non plus !...
L'album le plus récent des Night Beats, Sonic Bloom, un tout petit peu moins brut/sauvage/défoncé (un poil moins cool, quoi !), reste néanmoins recommandable lui aussi, grâce à quelques titres particulièrement efficaces : citons Outta Mind, As you Want (nouveaux néo-classiques !), l'infernal chachacha plein de larsens The Rat King, et une autre résurrection réussie, celle de Link Wray, qui tient manifestement la poële à frire aussi bien sur la chanson-titre, que sur la totalement barrée et exaltante The New World. Alors non, tous leurs titres ne sont pas inoubliables et non, ne rêvez pas, ils ne changeront pas ce qui est merdique dans votre vie. Mais non d'un Hell's Angel en goguette, les Night Beats sont quand même une putain de bonne série B dans le genre, ils ont un son infernalement vintage et de quoi vous mettre un club à feu et à sang. Ils forment donc au final un grand groupe de rock drogué, qu'il est recommandé d'aller voir (ou seulement entendre...) aussi vite que possible sur scène !
(2011-2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Irma  Titre : Faces
Style : Pop - Rock / Soul
Irma - FacesLa voix d'Irma n'a pas la prétention de celles des divas comme Mariah Carey ou Whitney Houston : celle qui vous arrache vos émotions comme on arrache une confidence forcée de la bouche d'un enfant timide. Irma vous les prend, parce que vous les lui donnez volontiers. Parce que c'est tellement bon de vous sentir compris que vous vous laissez faire en souriant. "Faces" est un album qu'on écoute sur la route des vacances, par jour de pluie, après l'amour, en riant avec ses amis lors d'une soirée bien arrosée. "Faces" a été composé en pleine observation des êtres, en pleine méditation de ce qu'est l'autre dans toute sa beauté, en effleurant ses souffrances, ses non-dits, ses absences. Non, il ne s'appelle pas "Faces" par hasard. Il met en scène notre mélancolie et notre joie, nos moments de grâce et nos doutes. Nos différences aussi. Et lorsqu'on lui demande pourquoi l'album a été écrit intégralement en anglais, Irma répond que "c'est par pudeur". Une pudeur mêlée de dignité que l'on retrouve dans toutes ses descriptions de l'autre, vu de son oeil avisé. Au-delà d'un univers qui se démarque de par sa douceur, nous découvrons quelques sonorités des années 80, mélanges de pop et de soul, notamment avec le titre " trouble maker " ainsi que des accents plus folk que pour l'album précédent pour des titres complètement différents les uns des autres. Cet opus totalement écrit à New York connaît déjà un succès incroyable depuis sa sortie le 2 juin 2014. Un album plein d'humanité. Un album qui fera parti des "classiques" des prochaines générations.



Juin 2014 (My Major Company)

Vignette lily rosanaSignature : lily rosana
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Artiste : Imany  Titre : Sous Les Jupes Des Filles
Style : Autres / Soul
Imany - Sous Les Jupes Des FillesImany, une voix d'ogresse lui disait-on enfant. Une voix empreinte de soul. Une voix rauque dont l'identité forgée par la cassure des larmes et des rires puissants résonne aux oreilles comme une douce mélancolie. Voilà comment aurait-on dû lui faire comprendre que sa voix monstrueuse d'émotion toucherait des artistes comme Audrey Dana au point de l'écouter tout au long de l'écriture de son premier long-métrage: "sous les jupes des filles". Que grâce à cette voix particulière et sa musique écorchée vive comme éclaboussée de tendres couleurs, elle lui demanderait de composer en totalité la bande originale de son film. Un premier essai réussi pour cette jeune artiste d'origine Comorienne. Un album totalement composé de ses mains où nous retrouvons les voix d'Emilie Gassin, de Natalia Doco, de Sherika Sherard, d'Axelle Rousseau et bien sûr la sienne, suave et authentique. De la légèreté et surtout "une envie d'être comprise, acceptée et aimée" se respirent dans cet album écrit comme un hymne, pour des femmes félines, fortes, persévérantes, timides et parfois désespérées. Un album qui nous fédèrent toutes, aussi différentes sommes-nous les unes des autres. Un album de courage, à vivre pour le comprendre.



Mai 2014

Vignette lily rosanaSignature : lily rosana
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Page Web Conseillée : http://m.youtube.com/watch?v=oJps73Ja8cY
Artiste : Triggerfinger  Titre : By Absence Of The Sun
Style : Pop - Rock
Triggerfinger - By Absence Of The SunTriggerfinger, un des mes groupes fétiches est revenu le 22 avril 2014 avec un nouvel album, «By Absence Of The Sun», et je dirai spontanément, ENFIN ! Et oui, enfin car il s’est passé 4 ans depuis la sortie du précédent, « All This Dancin’Round », et le trio belge a vu depuis 2/3 ans sa notoriété nettement évoluer en Europe et surtout en France. Grâce notamment à une brillante reprise « I Follow Rivers » de Lykke Li, qui a fait un carton en 2012 mais pas que, forcément. Triggerfinger, c’est bien plus que cela encore et en voilà la raison. Le trio rock est avant tout une tuerie sur scène au même titre que le monument Queens Of The Stone Age. Il était temps de se réveiller en France car il y a 3 ans, personne ne connaissait ce groupe aussi puissant qu’exquis. Il marche fort en Hollande et chez eux en Belgique depuis un paquet d’années, en Allemagne depuis un certain temps et en France, ça commence à prendre depuis peu grâce notamment aux programmateurs qui les font venir de plus en plus dans nos festivals. «By Absence Of The Sun» va enfoncer le bouchon encore plus loin car c’est une nouvelle bombe lancée par nos amis Triggerfinger dans la sphère rock. Je n’ai pas aimé de suite le disque, trop lourd, trop facile et depuis, après plusieurs écoutes, il s’est révélé, enfin. Enregistré à Los Angeles, Hollywood avec un certain Greg Gordon, producteur des System Of A Down, Oasis, Public Enemy, Slayer, Supergrass, LL Cool J, The Ting Things, ce nouveau disque est puissant, fort, sensuel, sale et heavy. Le son est monstrueux sur ce disque et la production est parfaite, ça déchire grave en un mot. La basse de Monsieur Paul ronronne comme jamais et nous hyptonise totalement. Mario, un de mes batteurs préférés, nous offre toujours un jeu parfait passant avec une grande facilité d’une forme de douceur à la machine de guerre et Ruben nous ensorcelle toujours autant avec son chant et le son parfait de sa guitare. Plusieurs titres sur les douze que composent l’album «By Absence Of The Sun sont des tubes absolus voir des titres remarquables. Je cite donc le surpuissant stoner «Game», 1er titre de l’album, je passerai vite sur le single « Perfect Match » trop commun, trop quelconque pour m’exciter mais après cette panne de lumière, c’est la déferlante. « By Absence Of The Sun » est un bon titre mais que dire du titre «Big Hole » qui m’a ramené dans les années 90 avec un jouissif plaisir. J’aime bien le plus calme «Of The Rack», lancinant, mélodieux et hanté et ce « Black Panic » qui vous fera lever de votre canapé avec ces 6 minutes qui reflètent parfaitement leur âme sauvage. « There isn’t Time » tient la route et vous achèvera avec une partie de guitare simple mais redoutable à la fin du morceau. « And There She Was, Lying In Wait » est un bon titre rock mais sans plus. « Splendor In The Grass » nous ensorcelle et nous illumine. « Halfway There » est calme et pas vraiment brillant, mais on finira par deux superbes titres, « Trail Of Love » aussi bon qu’un titre du dernier disque des QOTSA... Like Clockwork et le somptueux « Master Of All Fears » qui conclura d’une manière magistrale ce très bon disque des Triggerfinger. Comme dirait notre ami Louis de Funès et concernant ce putain de groupe rock, il est l’or, l’or de se réveiller, enfin...



22 avril 2014 (Verycords)

Vignette lebonairSignature : lebonair
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Page Web Conseillée : http://www.triggerfinger.net/
Artiste : Jack White  Titre : Lazaretto.
Style : Pop - Rock
Jack White - Lazaretto.Deuxième disque en solo signé Jack White, Lazaretto est un putain de bon disque plein à ras bord de rock 'n roll blues jubilatoire et de country blues bien rustique comme il faut... Rien de franchement surprenant ou de particulièrement innovant, certes, mais du bon boulot laissant transparaître une authentique passion pour la musique enregistrée sur ce disque. Un opus qui ne contient aucune mauvaise chanson et qui comporte même son lot de tubes et/ou de titres ultra marquants. Au rayon des morceaux qui tuent la mort, on pense bien-sûr au stonien Just on Drink, qui donne envie de boire plus que de raison voire de se mettre sur le toit, à Lazaretto et son superbe feeling blues rock à la Led Zep, à Three Women et son country rock sexy, à Temporary Ground, une poignante ballade country chantée en duo avec une jeune femme à la voix très typée, mais également à Would You Fight for My Love?, sorte de composition à la fois épique et idéale pour figurer en BO d'un bon western sentant la poussière. On allait oublier l'instrumental High Ball Stepper, qui pousse sévèrement au cul ! Et le positivement hystérique That Black Bat Licorice... Et et et... Bon, on va la faire courte, même si au premier abord ce disque semble un peu en deçà des précédentes sorties de Jack White en solo et avec ses différents combos, il n'en demeure pas moins qu'il faudrait vraiment être sourd, fan de David Guetta, Rihanna, Fauve ou Justin Timberlake (ce qui revient au même), ou d’une mauvaise fois affligeante pour ne pas apprécier cette voix racée, ce jeu de guitare à la fois ancré dans la tradition et futuriste et ce sens du songwriting qui booste l'envie d'avoir envie de vivre intensément, comme dirait l'autre idole des grabataires...

A lire, la chronique du concert de Jack White (+ Firt Aid Kit) à l'Olympia de Paris, le 2 juillet 2012...



Liens : http://jackwhiteiii.com, www.facebook.com/jackwhite, www.thirdmanrecords.com, www.facebook.com/ThirdManRecords, https://twitter.com/#!/thirdmanrecords...

9 juin 2014 (Third Man Records - XL Recordings - Beggars Banquet)

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Artiste : Parquet Courts  Titre : Sunbathing Animal
Style : Pop - Rock / IndieRock
Parquet Courts - Sunbathing Animal
Encore un joli coup de la part des très agités du bocal Américains de Parquet Courts ! Leur dernier méfait discographique en date, baptisé Sunbathing Animal, est une imparable collection de morceaux indie rock marquée par le post punk, le rock new yorkais et la pop garage. Sans baisser leurs caleçons pour édulcorer leur propos – et ce malgré le succès rencontré à peu près partout -, le bien nommé Andrew Savage et ses acolytes Austin Brown, Sean Yeaton et Max Savage continuent à s'inscrire dans la belle lignée de Lou Reed et son Velvet Underground, de Tom Verlaine et Richard Lloyd chez Television, de Mark E. Smith et ses The Fall, et de Stephen Malkmus avec Pavement, entre autres... Les influences – plutôt classes ! – sont visibles, certes, mais très intelligemment digérées ; elles ne servent que de point de départ pour écrire des morceaux intenses, totalement libres et d’humeur versatile. Parquet Courts excelle en effet aussi bien dans l'indie rock dissonant et noisy (le morceau Sunbathing Animal, Always Back In Town, Black And White), le post punk sardonique avec riffs qui tuent (Bodies Made Off, Ducking And Dodging) que dans la pop song folk finement troussée et parfois rehaussée de gimmicks catchy (Instant Disassembly, Dear Ramona)... Avec une aussi large palette à sa disposition et une capacité à électriser pendant 4 minutes avant de le faire tripper gentiment peu après (et ainsi de suite... ), ce combo new-yorkais fait partie du cercle très restreint de ceux capables de bluffer l'auditeur sur la durée totale d'un disque, avant de lui retourner la tête avec des concerts façon blitkrieg stimulant pour le cerveau...



Liens : parquetcourts.wordpress.com, www.facebook.com/pages/Parquet-Courts, soundcloud.com/parkay-quarts...

2 juin 2014 (Rough Trade - Beggars Banquet)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Neil Young  Titre : A Letter Home
Style : Pop - Rock / FolkMusic
Neil Young - A Letter HomeAvec la complicité de Jack White (qui a coproduit le disque et a fourni l'antique cabine d'enregistrement minute, un Voice-o-Graph), Neil Young envoie une petite carte postale musicale à sa mère... Et cela s'intitule fort logiquement A Letter Home ! Ce très bel album au son ultra vintage et intimiste voit chaque face débuter par un touchant message vocal adressé à sa génitrice lui disant que son fils Neil pense à elle, qu'elle devrait reparler à son père et qu'il a enregistré à son attention des reprises 100% folk des morceaux qu'ils écoutaient ensemble... Ces vieux morceaux exhumés de la mémoire de Mister Young sont de véritables perles composées en leur temps par de cultissimes génies ayant pour nom Phil Ochs, Bert Jansch, Gordon Lightfoot, Bob Dylan, Willie Nelson, Tim Hardin, Bruce Springsteen, Don Everly et Ivory Joe Hunter. Seul - ou presque - dans ce minuscule "studio", Neil Young donne le meilleur de lui-même en proposant des versions habitées de titres bouleversants, avec pour seules armes sa guitare sèche, son harmonica et sa voix d'ado mélancolique. Préférant rester dans l'ombre, Jack White se contente de faire des choeurs et de jouer du piano sur deux titres. Et c'est tout. Pas la peine d'en rajouter. On obtient ainsi un disque intemporel illuminé par Needle Of Death, Girl From The North Country, Changes, Crazy, My Hometown, If You Could Read My Mind et I Wonder If I Care As Much, entre autres. Le genre de galette inépuisable donnant l'impression à chaque écoute que Neil Young chante juste pour nous et... sa maman.



A lire également, la chronique du concert de Neil Young & Crazy Horse aux Arènes de Nîmes en juillet 2013.

Liens : www.neilyoung.com, www.facebook.com/NeilYoung, twitter.com/Neilyoung, www.hyperrust.org ...

Mai 2014 (Reprise Records - Warner)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Joseph Arthur  Titre : Lou
Style : Pop - Rock
Joseph Arthur - Lou New York City, I Love Lou !
Se fendre ainsi d’un disque entier de reprises d’un même artiste, d’un groupe, ou de l’intégralité d’un album très précis, relève souvent de l’entreprise périlleuse, d’un manque de créativité momentané ou du domaine de l’inconscience pure, c’est varié, c’est selon. Les exemples abondent néanmoins, mais les réussites sont bel et bien rares. La plupart du temps – tandis que les « cadors » ou vedettes se lancent de convenu sur les traces profondes du père Zimmermann fondateur : facile, soit, mais jamais véritablement aisé ou totalement convaincant, au bout du bout ! – et quels que soient les artistes abordés, le résultat relève purement et simplement de la « performance versus indifférence », du ratage total ou de l’ennui en barre. Si d’aucuns, comme Henk Hoffstedde (The Nits/Avalanche Quartet) avec Léonard Cohen, Camper Van Beethoven avec le Tusk de Fleetwood Mac, ou The Seeger’s Sessions (Bruce Springsteen reprenant le patrimoine de Pete Seeger) ont parfaitement su retranscrire l’univers originel, voire même, le transcender, ils ne furent pas légion à rendre une copie excitante ou ne serait-ce qu’au « niveau » de l’effort initial. Nope. Ici, pourtant, concernant ce récent Lou, la mayonnaise ne se révèle point indigeste ou trop grasse, grâce à un parti-pris initial osé (pas de batterie, pas d’instruments électriques) finalement gagnant, à défaut d’exceptionnel ou transcendant.

Genèse…
Lorsque Peter Gabriel avait décidé de signer le (désormais) New-Yorkais Joseph Arthur sur son label Real World (1996) il s’était pointé au rendez-vous, au coin d’une scène de la Big Apple, accompagné de l’un de ses plus célèbres résidents à vie : Lou Reed ! Une première qui n’aura pas tout de suite engendré une belle amitié entre ces deux musiciens inventifs, mais qui aura néanmoins tissé le premier fil d’une future estime mutuelle muée en relation intime quelques dizaines d’années plus loin. D’où cette volonté forte, affichée, quelques jours à peine après sa disparition, à l’aide d’une émouvante et épastrouillante reprise d’un sommet nommé Coney Island Baby, de rendre un vibrant hommage à l’homme Reed! Une unique adaptation alors réservée à la sortie d’une future compilation, qui aura finalement accouché d’une portée de douze rejetons bien portants et ressemblants, quelques sept mois plus loin.

Paradoxalement, au sein de cet étonnant Lou, ce sont les titres les plus connus du « Transformer Man » – Walk On The Wild Side, Heroin, Satellite Of Love – qui souffrent le plus de la comparaison d’avec les « originaux » pour cause de trop grand respect ou manque de « décalage » plus osé des « incontournables » en question. Pour ma part, j’ai rarement entendu de bonnes versions du grandiose Walk On The Wild Side, véritablement magique sur disque, mais in fine un rien pesant ou trop scolaire sur scène (y compris de la part de son auteur en live) ; une critique valant également pour l’incomparable Satellite Of Love. Heroin, quant à elle, peinant à décoller réellement à cause d’une instrumentation trop « sèche », trop « nue », empêchant cette longue descente aux enfers initiale de coller tout du long au plus proche de la transe, de l’envoûtement pur et simple caractérisant la version « Velvet », ou bien celle offerte en live quelques années plus loin avec le fameux trompettiste Jazz Don Cherry ! (76) ; Pale Blue Eyes faisant ici office de parfait contre-exemple, pour cause de grande habitude, ou totale maîtrise, plutôt (parce que souvent jouée live et même enregistrée avec ses compères de Fistful of Mercy, en la toute proche 2010).
Moins exposés médiatiquement, ou loués du grand public, ce sont les morceaux laissés pour compte, carrément obscurs ou plus « meubles », qui font au mieux la maille : Magic and Loss, qui ne cesse de monter en intensité pour fasciner au final : une mise sous tension très aboutie, quoique menée au plus proche des habituelles terres du sieur Arthur ; Wild Child, qui donne tout bonnement envie d’aller se plonger dans la foulée sur le trop peux médiatisé Lou Reed (72) afin de mieux comprendre le pourquoi du comment de cet inexplicable oubli initial ; quant à Men of Good Fortune, il retranscrit on ne peut mieux l’extrême finesse de sa composition et la poésie singulière du texte écrit par feu ce féru de littérature classique, indéfectible amoureux d’Edgar Allan Poe et Shakespeare, entre autres…

Seul petit reproche à asséner à cet opus « hommage », ce côté un poil trop « sage » et déférent, soucieux de vouloir avant tout mettre en avant l’œuvre de feu Lou, alors que l’on aurait pu s’attendre (réclamer ?) à plus d’inventivité, plus de moite et « sale », venant de cet électron libre parfois/souvent ingérable et « barré », voire jusqu’au boutiste, par le passé, qu’est le gars Joe – l’on a par moments l’impression, céans, d’assister à une véritable commémoration ou une messe « hommage ». Au centre de cette interrogation légitime, le côté épuré et linéaire des arrangements (communs à la quasi intégralité des titres) : en tous points parfaits pour accompagner de respect une élégie ou une cérémonie funèbre partagée entre proches, parents et intimes, mais un rien répétitifs, voire lénifiants, sur la longueur (langueur ?). À ce niveau, la version (plus) aventureuse de Magic and Loss – ou le parti pris très rebrousse-poil, mais réussi, de Dirty Blvd – aurait méritée d’être dupliquée sans retenue, de l’approche et du sens.
Une approche tout en retenue (globalement) néanmoins souvent transformée de succès, parce que le natif de Akron/Ohio est également nanti d’une belle voix grave et placée qui lui permet de chasser au mieux sur le domaine très réservé du regretté disparu : Stéphanie Says, Wild Child. Sword of Damocles.

Reste encore à trouver dans quelle mesure un tel album peut servir positivement la carrière chaotique et en dents de scie de cet artiste hors normes, talentueux, facile et doué, alors que le troisième volet de la superbe trilogie The Ballad of Boogie Christ était ardemment et logiquement attendu (et souhaité) par les fans récents ou de longue date. Pour se consoler, tout en lui souhaitant des jours meilleurs et un rebond médiatique enfin au diapason de ses immenses qualités intrinsèques, rien de mieux que d’écouter en boucle, et sans retenue, cette envoûtante trilogie New-Yorkaise, formée ici de : New York City Man, Dirty Blvd et Coney Island Baby ; trois moments hors du temps qui permettent de fêter dignement la mémoire d’un artiste polémique et passionné qui aura, quarante-six années, durant, participé au mieux à écrire la glorieuse histoire du Rock : ses fragrances enchantées, fulgurances poétiques, polémiques sociétales, débordements divers opérés sous testostérone, troubles scandales sexués, errances et dérives multiples, ou travers assumés (giclées de foutre, seringues et lignes de coke, incluses).

Un « prince de la nuit et des angoisses » (comme le surnommait Andy Warhol) qui trouve logiquement son écho ici en la personne de ce New Yorkais d’adoption (au parcours humain longtemps mené sous les mêmes cieux addictifs et/ou centres d’intérêts communs d’avec le Lou) dont tout le monde dit le plus grand bien (Peter Gabriel, Micheal Stipe/REM, Coldplay, Ben Harper, Jeff Ament/Pearl Jam…) mais qui peine pourtant encore et toujours à confirmer, niveau succès planétaire mérité.
Parenthèse réussie, néanmoins, que celle formée par ce Lou débordant d’émotion et savoir faire. Plus ne lui reste désormais qu’à sortir LE disque qui serait à même de le faire définitivement passer à l’échelon au-dessus (succès populaire compris) pour rejoindre ou siéger enfin aux côtés du maître disparu de Long Island, amoureusement remercié ici, douze chansons, douze sommets, durant…

« Je suis un homme de la ville de New York City / Le temps pour vous de cligner des yeux et je m’en serais allé… » (New York City Man/Set The Twilight Reeling/96)

Lou :
Walk On The Wild Side (Transformer/72)
Sword Of Damocles (Magic and Loss/92)
Stephanie Says (Velvet Underground Outtake/68)
Heroin (The Velvet Underground & Nico/67)
New York City Man (Set The Twilight Reeling/96)
Satellite Of Love (Transformer/72)
Dirty Blvd (New York/89)
Pale Blue Eyes (The Velvet Underground/69)
Magic and Loss (Magic and Loss/92)
Men Of Good Fortune (Berlin/73)
Wild Child (Lou Reed/72)
Coney Island Baby (Coney Island Baby/75)

Signature : jacques 2 chabannes
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Page Web Conseillée : www.josepharthur.com
1 à 11 sur 4970 critiques trouvées
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