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Vendredi 19 décembre 2014 : 11381 concerts, 23172 critiques de concert, 4999 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : No Country  Titre : Bring Me The Head Of Johnny Gooze !
Style : Pop - Rock
No Country - Bring Me The Head Of Johnny Gooze !Qui pourrait bien monter, et sans rigoler, un duo de musique folk country à Marseille en 2014 ? Si vous fréquentez un peu la scène alternative locale, vous avez sans doute déjà repéré leur patronyme décalé, sur les très jolies affiches que le groupe aime à produire quand il va jouer quelque part. Si en plus vous avez déambulé dans l'enthousiasmante Rue du Rock 2014, vous savez certainement à quoi ils ressemblent. Pas vraiment à des cowboys en l'occurrence : pas le moindre chapeau à signaler ...
Il faut dire qu'il y a là Aurel "Revolver Klub" Farioli et Hervé "Véner" Lacombe, soit deux olibrii uniques en leur genre : un one-man-metal-band, et une moitié du two-men-punk-band (les Blah Blah, déjà souvent vantés ici). Autant dire une ample chevelure bouclée de metalleux et une quasi-crète de punk - No Country donc, tout est logique ? Ben non, parce qu'ils sont quand même fichtrement mal nommés, les No Country, eux qui ne font que ça ici - d'ailleurs ils ont mis 2 fois le terme "country" (et 4 fois le terme "folk") dans leurs tags bandcamp pour être sûrs...
Attention, on ne parle pas de country en version potentiellement casse-bonbon avec bottlenecks mielleuses et choeurs niaiseux : ici on se contente de deux belles guitares acoustiques et d'un à deux voix pas encore trop déglinguées par la vie, pour invoquer l'Ouest éternel dans sa version chantée. A l'exception de la fort jolie Sleeping with animals, qui convoque bien un banjo, instrument sans lequel il ne serait point de country vraiment crédible... et de Jack and Dexter, jolie cavalcade finale qui reprend bien tous les canons du genre. Tout comme l'emballage : outre le titre évidemment cinématographique de cet EP, sa pochette rurale et sépia, aussi bien que le premier morceau Eye for Eye commencent par planter le décor (castagnettes + choueurs en "ah-ah-ah" = Morricone !)...
Mais en fait à leur écoute, plutôt que dans le cimetière de Sad Hill, on se croirait plutôt à un show-case mené au Trading Post de Holbrook, Arizona, devant des éleveurs de vaches ayant fini l'encan mensuel de leurs bestiaux, pas venus au bar pour vendre des cravates certes, mais pas forcément pour s'y entretuer non plus, puisque le ton reste assez léger... Ambiance garantie avec notamment House is Empty, pour faire valser la serveuse, puis chill out possible avec par exemple This Man Must die, moins tragique que son nom ne le laisserait penser. Le "frènche axante" du duo est suffisamment ténu pour que les No Country envisagent de réussir à quitter la ville à cheval et avec leurs bottes au pied, surtout en ayant rendu au passage un bel hommage aux victimes de l'ouragan, Sweet Katrina... Après, si l'un ou l'autre font preuve de leur légendaire humour vaseux, il n'est pas exclu qu'ils quittent quand même la ville pieds nus par l'est, couverts de goudron et de plumes, bien sûr.
(Tricard Records, 13004)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Moussu T E Lei Jovents  Titre : Opérette
Style : Pop - Rock
Moussu T E Lei Jovents - Opérette Lorsqu'il y a un peu moins de 10 ans Tatou aka Moussu T (du Massilia Sound System est il besoin de rappeler) sortait son premier album « solo » on n'aurait certainement pas imaginé qu'aujourd'hui il fêterait déjà la sortie de son 8eme disque. En effet avec avec lei jovents, à savoir Blù (banjo), Jamilson et Stef (percus), et Denis (batterie), ils ont sorti presque autant d'albums studio que le Massilia en 30 ans de carrière ! En dehors de la voix de Tatou reconnaissable entre mille, et l'utilisation du provençal rien à voir avec le Massilia. Point de ragga, ni machines, ce qui caractérise leur musique outre le son du banjo de Blu, c'est ce mélange blues – opérette marseillaise (teinté de rythmes brésiliens). Sur ce nouvel album comme le titre l'indique il s'agir d'un hommage à cette dernière. Mais pas les opérettes à la Quartiers Nords, plutôt celles composées par Vincent Baptiste Scotto dans les années 30-40 et interprétées à l'époque par son gendre Alibert crédités sur 10 des 13 titres. Le résultat 12 titres en français (et un en occitan quand même) d'une fraîcheur insolente qui parlent de calanques, de la mer, de l'amour, de la pêche, de soleil … bref de Marseille, de La Ciotat, de Toulon. Sur certains morceaux (comme Autour de la Corniche) le chant de Tatou fait penser à celui d'un Boby Lapointe sans les jeux de mots mais avec l'accent. Cet accent on se surprendra à le prendre pour chanter Dans ma petite calanque, Entre Marseille et Toulon ou les plus connus Adieu Venise Provencale et Vous avez l'éclat d'une rose.

2104 (Moussu T - Manivette Records – Harmonia Mundi)



Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Foo Fighters  Titre : Sonic Highways
Style : Pop - Rock
Foo Fighters - Sonic HighwaysSur le papier, le concept était plutôt vendeur : Après 20 ans de carrière, les Foo Fighters ont décidé de se réinventer en enregistrant dans différentes villes et studios à travers les Etats-Unis, afin de s’imprégner de l’ambiance de ces derniers. Pendant leur séjour, leur leader, Dave Grohl, leader autant adoré que détesté par la communauté rock internationale pour son capital sympathie assez élevé, interviewera divers musiciens et protagonistes ayant joué un quelconque rôle dans l’histoire de la ville, et filmera le tout pour une série diffusé sur la chaine HBO, intitulé, comme l’album, Sonic Highways.

Le Dave, pas la moitié d’un con, nous alpague donc avec sa série, gros coup de comm’ à peine déguisé mais sacrément intéressante, qui sert finalement de making of à son disque. Des musiciens de tous styles se succèdent devant la caméra, de Ian McKaye à Josh Homme, en passant par Buddy Guy, Mike D, Steve Albini, Tony Joe White ou même Pharrell Williams, et force est de constater que le boulot est plutôt bien fait, car on en apprend des tas. A la fin de chaque enregistrement, l’ami Dave, se colle aux lyrics, en s’inspirant de toutes les histoires qu’il a entendues durant ses interviews.

Annoncé comme leur album le plus ambitieux, le disque laisse pourtant avec un sentiment amer à la première écoute. Car ces huit titres sonnent comme du Foo Fighters pur jus, avec quelques parties bien réchauffées. L’atmosphère des villes dans lesquelles les morceaux ont été enregistrés se ressent à peine, et les collaborations avec les musiciens locaux sont plutôt discrètes et souvent dispensables. Ça partait pourtant d’une bonne attention, on appelle les vieux potes de Scream qui se la jouent choristes sur “The Feast And The Famine” ; Rick Nielsen (Cheap Trick) qui ajoute une énième partie guitare sur “Something From Nothing” (comme si trois ne suffisaient pas) ou Ben Gibbard (Death Cab For Cutie/Postal Service) en backing vocals sur “Subterranean”. Et c’est là que Grohl et sa clique se plantent, à vouloir trop en faire, Sonic Highways ressemble tout bonnement au gâteau indigeste que votre grand-mère essayait de vous faire avaler pour vos 10 ans ! On veut en faire des caisses, et au final, les morceaux sont interminables (seul un titre de moins de 4 minutes !) et la liste de collaborateurs dépasse largement celle d’un album de rap américain du début des années 2000.

Heureusement que les gars ont de la bouteille, et qu’ils savent écrire, sinon, on courrait à la catastrophe. Car, malgré un bon nombre de défauts, Sonic Highways, bien qu’étant loin d’être l’un des meilleurs Foo, remonte un peu dans nos estimes, si on prend la peine de s’y attarder plus longuement. Il est nécessaire pour ça de se nourrir de la série, afin d’apprécier tout les clins d’œil dans les textes de Grohl. Ainsi, on tombe sous le charme de ”Outside” (qu’on imagine pourtant lourdement s’étirer en concert), le punk/rock “The Feast And The Famine” ou ”In The Clear”, sur lequel on retrouve le Preservation Hall Jazz Band, seul featuring digne d’intérêt sur le disque. Pour résumer, cette huitième livraison plaira aux fans pur et durs avant tout, soit ceux qui n’ont pas décroché en 1999 avec There Is Nothing Left To Lose et qui aiment les Foo autant pour leurs racines punk que leur côté stadium rock.

Chronique issue du site www.slowshow.fr



2014 (Roswell/RCA)

Signature : Stéphane Pinguet
Artiste : The Plastic Invaders  Titre : Who's Number One ?
Style : Pop - Rock
The Plastic Invaders - WhoSeconde soucoupe violente pour les Envahisseurs en plastique. Pour l’occasion, les Plastic Invaders ont rejoint la horde sauvage Closer, écurie qui renaît de ses cendres après avoir été le label rock européen emblématique des années 80, celui qui attribuait au Havre le statut de quatrième pôle du consortium Detroit / Stockholm / Sidney / Le Havre.

En rejoignant la mythique Closer, le sextet auvergnat le plus sexy de la planète affiche de réelles ambitions avec un disque puissant, un remède de cheval contre la fin du monde et, accessoirement, la faim dans le monde. Pourquoi ? J’en sais foutre rien, mais c’est comme ça, viens pas m’emmerder avec tes questions existentielles. Je te demande la couleur de ton slip moi ? Un disque qui participe au réchauffement de la planète selon des vénérologues douteux. Premier album avec la nouvelle formation comprenant des musiciens expérimentés. Ça s’entend. Parmi cette meute d’extraterrestres, la grâce, le charme et la beauté incarnés par la choriste viennent en contrepoint de la cruauté bestiale d’un rock garage crypto-punk qui attrape le pub-rock par les couilles pour lui secouer la pulpe. Les Plastic sont capables de se jeter en piqué sur leur proie avec un kamikaze “X-Plosion X-Perience” à la Dead Kennedys — ou un “I Wanna Be a Hostage” à la Sex Pistols — avant d’empoigner le stéthoscope du Dr Feelgood pour dresser une ordonnance et une sévère à l’aide d’une “Schwierigkeiten” psychotique. Ces mecs sont dingues dans le bon sens du terme. Ils défouraillent comme s’ils étaient dos au mur. Désolé de leur annoncer, ils sont fondamentalement rock’n’roll, c’est irréversible, bien fait pour leur gueule ! Ils n’en réchapperont pas. Sur quinze titres, ils ne sont pas tout le temps ventre-à-terre, il leur arrive de lever le pied pour accentuer leur tendance rhythm’n’blues. Ce qui colle bien aux extravagances d’un chanteur impayable qu’on jurerait avoir aperçu en compagnie des New York Dolls ou des Faces à cinq heures du matin à la fermeture du CBGB.

Ne collez pas ce disque sous le sapin de Noël, il prendrait feu ; le sapin, pas le disque. Et le 25 au matin, vous retrouveriez le Père Noël saoul comme un cochon vautré dans la bûche.

Chronique issue du site www.slowshow.fr



Décembre 2014 (Closer Records)

Signature : Patrick Foulhoux
Artiste : Movie Star Junkies  Titre : Evils Moods
Style : Pop - Rock
Movie Star Junkies - Evils MoodsSi tu n’as pas le tarin pour flairer les coups tordus et les traquenards en bande organisée, si tu ne sais pas nager le crawl au milieu des crocodiles et danser la gigue avec les crotales, je te recommande de te tenir à l’écart des Movie Star Junkies qui sont au rock ce que Jim Thompson est à la Bibliothèque Rose.

Ça tombe bien, une chanson porte son nom sur ce nouvel album. Avec Melville (Voodoo Rhythm, 2008), leur première salve, on découvrait des Turinois fins lettrés. Le redoutable gang piémontais récidive dans la dérive littéraire à chaque saillie, jusqu’au précédent Son Of The Dust (Outside Inside, 2012), album conceptuel bâti sur une légende ayant cours en Italie.

Tout comme Leonard Cohen et Nick Cave, étoiles du berger pour le quintet, MSJ s’amuse avec les croyances. Il les pétrit pour en pervertir l’esprit originel et la perception. Avec ce quatrième album studio, le cinquième si on compte la roborative compilation Still Singles (Beast Records, 2013), MSJ s’enfonce dans un bayou où le Gun Club, The Fall et Dr John portent des masques indiens en dansant une sarabande autour du totem où est ligoté Tom Waits.

Le titre et le visuel de l’album sont des panneaux indicateurs dont il vaut mieux tenir compte si on ne veut pas finir détroussé au détour d’une mangrove, le cul à l’air. Un des grands albums de 2014 par un des groupes européens les plus importants du moment !

Chronique issue du site www.slowshow.fr



2014 (Voodoo Rhythm)

Signature : Patrick Foulhoux
Artiste : Aldebert  Titre : Enfantillages 2
Style : Pop - Rock
Aldebert - Enfantillages 2 C'est peut être depuis que j'ai des enfants moi même et que je m'y intéresse que je m'en rends compte seulement maintenant mais il me semble qu'il est maintenant classique pour des groupes de chanson ou de rock pour « adultes » de faire ou participer à des disques pour enfants. En tout cas on peut citer les Weepers Circus, Pigalle, Rit, Les Ogres de Barback, Bab … Mais de tous celui qui pour moi est en train de devenir un incontournable c'est Aldebert qui après Enfantillage (2009) et sa brochette d'invités prestigieux (de Cali à Thiefaine en passant par Le Forestier ou Riké de Sinsemilia) a renouvelé l'exploit avec ce deuxième volet (2013) tout aussi réussi et frais que le précédent avec pourtant a même recette. Des invités (au moins un pour chacun des 17 titres dont Didier Wampas, Bénabar, Sanseverino, Alexis HK, Alizée, ...) de toutes les générations, des morceaux (que des compos) qui couvrent tous les styles musicaux avec talent : chanson, reggae, slam, métal, … sans que cela fasse tourne à la figure imposée forcée. En plus les textes sont fins, intelligents, éducatif, drôles, jamais moralisateurs (au contraire parfois gentiment provoc' !). Parmi les belles surprises de ce disque le Range ta piaule avec Sirius Plan, le très entraînant Taxidermiste avec Archimede ou encore cette Maison Monde où on croise entre autres les Yeux Noirs et Kassav pour une belle ode à la différence. Bref au final un disque qui plaît vraiment aux enfants et à leur parents, sur le fond comme sur la forme et que l'on peut emporter sans crainte en voyage sans risquer l'overdose.

2013 (Jive Epic / Sony Music)



Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Goldenberg & Schmuyle  Titre : &
Style : Pop - Rock
Goldenberg & Schmuyle - & Cela fait des années que je croise Squaaly aka Big Buddha dans le public (comme journaliste) ou sur scène comme DJ (l'un des rares à être étiqueté « musique du monde ») mais lorsqu'il m'a passé le disque du duo Goldenberg & Schmuyle qu'il forme avecLaurent Pernice dont j'avais perdu la trace musicale depuis Sept autres créatures et Ligne Laterale (deux disques assez pointus), je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Et si j'ai été un peu surpris par le chant déclamé un peu old school à la Tom du premier morceau en revanche très vite j'ai retrouvé des sonorités familières. Electro certes mais avec de vrais instruments dessus et pas n'importe lesquels puisque l'on retrouve pas mal de musiciens connus comme Hakim Hamadouche et son mandoluth sauvage sur Zazou Bar, le fantasque et barré Nicolas Cante une fois n'est pas coutume à l'accordéon sur Tout, tout & tout, les trois cinquième Kabbalah ainsi que Ahmad Compaoré sur You & only you, la flûte étourdissante du néo marseillais Dominique Beven sur Alphabétise moi ou encore Malik Ziad sur Petit traité de rugosité. Le résultat est tout à la fois et selon les morceaux dansant, loungy, léger, culotté, à l'image de ce Garçon facile (au son très Ultra Orange) où se côtoient l'improbable « chérie je t'aime, chérie je t'adore » de Bob Hazzam et des gémissements féminins assez suggestifs. Bref de tout mais pas n'importe quoi dans cet esperluette (« & ») dont on tachera de découvrir les morceaux en live au plus vite pour apprécier le travail du troisième de la bande : Fabrice Duhamel à l'image.

2014 (site - fb - A Son Rythme - Rue Stendhal)



Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Florent Marchet  Titre : Noël's Songs (livre : Roxane Lumeret)
Style : Pop - Rock
Florent Marchet - NoëlA quoi reconnaît-on un crooner accompli ? Au nombre d'albums de chants de Noël qu'il a sorti, bien sûr ! Discipline courante aux USA : pas un grand chanteur qui ne s'y soit frotté, et plusieurs fois encore, d'Elvis Presley à Franck Sinatra et Johnny Cash, en passant par le fantasque et merveilleux Sufjan Stevens... En France, pas grand-monde ne s'y risque à part dans le créneau des chanteurs pour enfants, pas même notre Johnny national, en dehors de son joli mais triste Noël interdit, bien sûr...
Avec son talent habituel, le précieux Florent Marchet, qui n'a peur de rien, s'est lancé en 2012 et s'est approprié certaines chansons au point qu'il est légitime de se demander si les moins connues ne sont pas de lui (Ah quand reviendra-t-il ce temps ? ou la splendide Les neiges de Finlande, par exemple). Ou encore, ce superbe Noël est arrivé, inusité en français mais que d'aucuns ont appris en provençal, étant petits...
Bien sûr pour certaines, pas de doute possible, tant ce sont des classiques : Vive le vent, en voilà une joyeuse version sautillante de Jingle Bells ! Ou encore Douce Nuit, exercice obligé dont sa jolie voix se tire bien, sans affectation excessive. Un mignon Petit Garçon boite-à-rythmé, qui se termine par une injonction pète-sec à aller se coucher, et une version pop enlevée et légère de la (pourtant terriblement pompeuse à la base) Marche des Rois. Et pour finir, un instrumental assez émouvant (car en partie joué en mineur) de Petit Papa Noël, hanté de choeurs fantômatiques, et qui évoquera aux grandes personnes que nous sommes le regret de ce personnage mythique, qui a hélas fini par disparaître dans la nuit de notre petite enfance...
Mais chut ! Ca reste entre nous car de petites oreilles nous écoutent peut-être, se fichant bien de nos illusions perdues... En plus, pour quelques autres chansons, elles sont bien signées de Florent Marchet et en font un vrai bonus tout en sortant des sentiers battus : la mélodie joyeusement fredonnée d'Au pied du sapin, la charmante ballade de troubadour Voici la Noël (qui résonne curieusement comme un vrai classique médiéval...). Et enfin, une mélancolique Les Lumières de Noël, qui sonne très personnelle, et avec un possible double sens, auquel on ose à peine songer tant il serait totalement bouleversant...
En outre, il s'ajoute à ce bien joli disque un livret aux images superbes et inattendues de Roxane Lumeret, largement plus proches de la fête mexicaine que de l'imagerie bien trop souvent cucul de Noël. Et aux textes joyeusement irrévérencieux, évoquant entre autres choses, la crainte de voir des crottes de rennes partout dans la maison, de recevoir comme cadeaux des cahiers de vacances ou les horribles fruits confits de tante Danielle... Certes il n'a pas grand-chose à voir avec les chansons, mais il est en tous points charmant ! Les deux constituent un très bel objet donc... Mais au fait, comme ceci n'est pas sorti cette année... Pourquoi ne pas tricher et (vous) l'offrir dès aujourd'hui, chez un bon libraire par exemple ? L'écoute répétée de ces Noëls Songs vous mettra idéalement, sans aucune trace de mièvrerie et sans risque de lassitude aucune, c'est promis, dans les meilleures dispositions possibles pour les inévitables fêtes à venir !
(Actes Sud Junior, No Diva, 2012)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Rival Sons  Titre : The Great Western Valkyrie
Style : Pop - Rock
Rival Sons - The Great Western Valkyrie"Pull up your dress, I'll show you how the West was won !". Voilà la bien jolie et imagée formule qui serait paraît-il la déclaration d'intention initiale des Rival Sons, il y a déjà deux ou trois albums. Passé injustement sous les écrans de nos radars, il était plus que temps qu'on découvre fortuitement leur existence, l'été dernier, au détour d'une conversation entre randonneurs quelque part sous le sommet du Mont-Froid, en Savoie - ça ne s'invente pas ! Il faut dire que dans un monde où les médias dominants ne broadcastent plus que de la merde ostensible ou, au mieux, des produits strictement manufacturés style Royal Blood, toutes les voies de transmission de la bonne musique sont bonnes à prendre...
Il est vrai que Rock'n'Folk a enfin parlé de Rival Sons en ce même mois d'août 2014. Coincidence ? Qui sait... En tout cas les cas de décongélation semblent décidément se multiplier dans le rock du vingt-et-unième siècle (on parlait récemment ici des exemples emblématiques des Night Beats, ou encore de Kadavar). Cette fois-ci, la décryogénisation génère toutefois une légère dystopie, puisque tout se passe comme si Rival Sons était un Led Zeppelin qu'on aurait subitement congelé il y a environ 40 ans... alors que dans la vraie vie Robert Plant, toujours aussi fringuant, et chaud comme une baraque à frites, continue à électriser les foules en live à soixante balais bien sonnés.
Il ne faut que 4 mesures d'Electric Man pour s'apercevoir de cette heureuse filiation. Tout y est, à quelques détails près : des soli de guitare en moins, un peu d'orgue en plus (cf leur très typique Secret). Mais pour ce qui est des riffs ultra-solides, de la voix habitée, des tubes potentiels tous les trois morceaux, Rivals Sons reprend vraiment le flambeau du heavy rock là où le dirigeable en plomb l'a laissé. Outre les déjà cités, Play the Fool & Good Things sont autant de titres, cavalcades ou ballades - souvent les deux, qui sentent l'électricité statique, la sueur, la bière renversée dans l'herbe fraiche, et qui donnent une envie irrésistible d'être déjà en festival d'été où ils finiront fatalement par venir !
A ce propos, personne n'est parfait : un ou deux morceaux visent un peu ostensiblement le remplissage de stades. En particulier, on croit entendre quelques intonations de l'épuisant Bono dans le chant de Good Luck (plaisante par ailleurs), et il y a quelques effets gadgets sur la batterie d'Open my Eyes, titre qui n'est pas d'une folle finesse... Mais pour se faire pardonner ses quelques défauts, le groupe a l'élégance de terminer l'album sur deux belles ballades, magnifiquement interprétées, habitées, parfois poignantes. En particulier, Destination on course conclut cet album de la plus belle manière possible, dans un maëlstrom de voix fantomatiques, guitares vrillées et batterie en roue libre. Du beau boulot, vraiment !
(2014)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Slow Joe & The Ginger Accident  Titre : Lost For Love
Style : Pop - Rock
Slow Joe & The Ginger Accident - Lost For LoveQuel disque ! Mais quel disque ! On dirait le message d’un groupuscule révolutionnaire composé de Dr John, Leonard Cohen et Nick Cave réuni en conclave dans un bouge de la Nouvelle-Orléans pour Mardi-Gras.

Slow Joe sort du chapeau. Désigné d’office exécuteur des hautes œuvres. C’est un Français, le guitariste Cédric de la Chapelle, qui a dégoté Slow Joe en Inde. Une gueule cassée. Slow Joe, sa profondeur de voix, ses textes, son vécu, ses blessures, ses plaies, ses bosses, sans jamais verser dans le défaitisme ou le fatalisme, plein d’espoir et de luminosité, la langue agile et l’œil espiègle. Et The Ginger Accident pour mettre les mots en musique. Cette musique. Ces musiques. Merveilleuses. Le cinéma devrait s’en emparer. Piller cet album. James Bond a trouvé son nouveau John Barry. Un très grand album de cette rentrée musicale toutes tendances confondues. Quel disque ! Mais quel disque !

Chronique issue du site www.slowshow.fr

Liens : http://www.slow-joe.com/, www.facebook.com/slowjoemusic, http://www.deezer.com/artist/1004087...



29 septembre 2014 (Tôt Ou Tard)

Signature : Patrick Foulhoux
1 à 11 sur 4999 critiques trouvées
1 à 11 sur 4999 critiques trouvées
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