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Mardi 31 mars 2015 : 11570 concerts, 23312 critiques de concert, 5028 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Dj Oil  Titre : Phantom
Style : Pop - Rock / Afro
Dj Oil - Phantom Le marseillais Dj Oil est quelqu'un d'assez troublant. Et pas simplement parce que le personnage aime à dénoncer les dérives d'un système entourant le monde musical avec les excès qu'on lui connait. Oil est troublant car cet artiste aux influences multiples a l'habitude de prendre le contre-pied dans ses compositions musicales. Et avec Phantom, Dj Oil nous propulse dans un univers musical intemporel, riche - parfois même un peu trop ! - et varié qui récapitule plutôt bien ses voyages et diverses influences : soul, jazz, funk, afro beats, electro et même pop. L'album démarre avec Yes it is. DJ Oil nous renvoie à ses heures Troublemakers avec une mélodie pop 70's façon Gainsbourg répétitive et retravaillée à la façon d'un DJ Shadow. Une ambiance que l'on retrouve aussi sur Plastic Man. On enchaine avec Drop Out, un morceau hip-hop à la trame assez classique mais efficace. Plus loin dans l'album Afrotress et Season nous emmènent vers un style musical plus électo-disco. Paolo tire lui vers la musique cubaine alors qu'Echoism et New Lords nous tirent plus vers une musique downtempo à la Boards of Canada, avec quelques influences afro en plus. Si Le rythme de la vie et Burn it tirent plus sur une musique électro hybride et expérimentale, A day vient conclure l'album dans un style négro spiritual revisité dans une ambiance digne d'un film des frère Cohen. Au final, 12 titres pour un album, on le répète, très varié donc... Mais aussi de bonne facture car en dehors d'un ou deux titres, on ne s'en lasse pas après plusieurs écoutes. J'ai d'ailleurs l'album depuis une semaine avant sa sortie et pris le temps de l'écouter avant de faire la critique et trouve toujours des axes différents d'écoute, ce qui est assez intéressant en musique. Phantom est donc un album que nous vous recommandons donc, vous l'aurez compris !

janvier 2015 (BBE Music / La Baleine)

Signature : Marcing13
Page Web Conseillée : http://www.bbemusic.com/releases/BBE297A
Artiste : Sufjan Stevens  Titre : Carrie & Lowell
Style : Pop - Rock / Folk
Sufjan Stevens - Carrie & LowellQuand elles sont déprimées au plus haut point, au fond du trou, durablement désespérées par l'absence d'un être cher (que ce soit dû à une séparation ou à un décès), certaines personnes aiment bien se rouler complaisamment dans la mélancolie, voire la dépression, en écoutant en boucle leurs chansons tristes préférées... Celles-là même qui, à cause d'une ligne de texte faisant écho avec leur vie, d'un changement d'accord bouleversant ou d’une mélodie déchirante, leur tirent les larmes à tous les coups. Bon, d'accord, on avoue, on fait partie de cette catégorie d'être humains. Et nos morceaux fétiches pour ces occasions, heureusement assez rares, sont True Love Will Find You In The End de Daniel Johnston, Love Will Tear Us Apart de Joy Division, I See A Darkness de Bonnie « Prince » Billy, Back To Black d'Amy Winehouse, Five String Serenade par Mazzy Star, Pale Blues Eyes du Velvet Underground, Everything I Say de Vic Chesnutt, Between the Bars d'Elliott Smith, River man de Nick Drake et, bien évidement, John Wayne Gacy Jr de Sufjan Stevens. Autant de titres qu'on se passe ad libitum, voire qu'on grattouille lamentablement à la guitare, pour sombrer le plus profond possible dans le spleen, chialer dans sa bière et mettre un coup de talon rédempteur au fond du gouffre pour remonter à la surface. Bref. Suite au décès de sa mère en 2012, Sufjan Stevens a, lui, décidé de revenir à la folk music la plus dépouillée, style qu'il avait délassé avec le luxuriant The Age Of Adz, pour exorciser son chagrin d'avoir si peu connu cette pauvre femme, à la fois dépressive, alcoolique et schizophrène, ayant quitté sa famille quand Sufjan avait un an. Mais qui aimait ses enfants, malgré ses tourments. Avec l’extrême sensibilité qu'on lui connaît et les trésors de poésie dont il est coutumier, Stevens a choisi de se souvenir des brefs moments de bonheur passés avec sa mère Carrie et son beau père Lowell pendant 3 étés, quand il avait entre 5 et 8 ans. Et l'on obtient un disque absolument immense, qui a visiblement permis à son auteur d’aller mieux, qui soulagera également la peine de ceux qui vont mal avec une sorte de best of personnel « spécial moments de loose tenace » composé des chansons les plus touchantes que l'on puisse écrire, chantées avec une voix cristalline d'ange cafardeux et joués au duo guitare sèche/piano avec une délicatesse à peine croyable. Enregistré en partie chez lui avec un peu d'aide de Casey Foubert, Laura Veirs, Nedelle Torrisi, Sean Carey, Ben Lester et Thomas Barlett, Carrie & Lowell est serti de morceaux à la fois ultra intimistes et poignants au plus haut point, mais toujours hyper lumineux, ce qui permet de trouver une porte de sortie vers le céleste, comme avec les œuvres gravées pour l'éternité par Saint Elliott Smith. Généreusement offerts par Mister Stevens, ces moments de grâce vibrants d’émotions contrastées n'auront aucun mal à mettre un peu de baume au cœur à ceux qui en ressentent le besoin.



Liens : www.asthmatickitty.com, https://www.facebook.com/asthmatickitty, twitter.com/asthmatickitty, www.differ-ant.fr, www.facebook.com/differ.ant, twitter.com/Differ_ant...

30 mars 2015 (Asthmatic Kitty Records - Differ-ant)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Narco Terror  Titre : Ep
Style : Pop - Rock
Narco Terror - EpPas franchement rassurante cette pochette dessinée qui représente deux mi-hommes mi-chiens aux regards perdu et menaçant respectivement. Il s'agit en fait du duo batterie-guitare composé de Castor et Pollux Troy alter-égaux de Antoine et Nicolas Puaux qui après avoir évolué sur le fil (entre douceur et fureur) pendant plusieurs années au sein de Narrow Terence risque d'en prendre plus d'un à rebrousse poil. C'est comme si ayant acquis une certaine notoriété et respectabilité auprès des critiques musicaux de bon goût, ils avaient décider de se lâcher vraiment pour laisser s’exprimer leur penchants les plus bestiaux ! Même initiales donc et même colonne vertébrale et pourtant un autre monde (même si sur scène par moments Narrow Terence ...). Sur ce premier disque, la deuxième référence du label Sounds Like Yeah (en référence au festival du même nom) après le beaucoup plus doux Husbands, 6 titres dont un remix, qui trouvent leurs origines du côté de (je cite les références du dossier de presse) June of 44, Jesus Lizard, Nirvana, the Mevlins ou encore Bästard (dont on retrouve une sympathique version de Travelgum). De la rage, de la sueur, des « lyriques » on ne peut plus « explicites », bref du lourd et il faut bien avouer qu'à deux ils sont tout à fait capables de nous en mettre plein des esgourdes et ce, avec une certaine finesse ! La complémentarité entre le chant d'Antoine (celui à la grosse voix) et de Nicolas fait des merveilles comme sur the most splendid failure), leur énergie est extrêmement contagieuse. Bref à la fin des 6 titres on n'a plus qu'une seule envie : les voir bien vite sur scène (où paraît il il est question de « legging léopard, slips et maquillage dégoulinant », tout un programme !



16 février 2015 (Sounds Like Yeah Narco Terror)

Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Elliott Murphy  Titre : Aquashow Deconstructed
Style : Pop - Rock
Elliott Murphy - Aquashow Deconstructed « Déconstructif »…
(Tiens, j’aurais hésité longuement entre « Déconstruit » et « Instructif », que ça ne m’étonnerait pas…)

À la veille de ses traditionnels Birthday Shows (concerts anniversaires), donnés chaque année au mythique New Morning de Paris en compagnie du trio des Normandy All Stars, le plus Parisien des songwriters New Yorkais, Elliott James Murphy, se fend de deux nouvelles sorties/publications : un EP (déjà chroniqué ici : http://www.concertandco.com/artiste/elliott-murphy/critique-cd-achat-vente-18400.htm) tout d’abord, puis une passionnante réécriture, « posée du propos », de son séminal et génialissime Aquashow (1973).
Je sais que c’est la même intro que pour ma chronique de Poetic Justice, et alors, il reprend bien son premier disque en intégralité, le sieur Elliott
Tandis que je méditais sur les dégâts apparents (ou plus profonds) occasionnés sur ma petite personne par une écoute linéaire et posée – seul, dans le noir, allongé sur canapé ! – de cette étrange (idée de) relecture de Aquashow par son géniteur, c’est un coup de téléphone « ami », qui m’aura permis d’y voir un peu plus clair sur la façon de l’aborder puis le détailler. À l’autre bout du fil, mon vieux pote « X » (que l’on nommera prosaïquement Rockstar 73, ici, vu que c’est le pseudo qu’il utilise un peu partout sur le Net et qu’il est raide dingue d’Aquashow depuis sa lointaine sortie au tout début des années soixante-dix).

Rockstar 73 (pincé de la voix)
Alors, tu l’as écouté, dis… t’en penses quoi ?

Ma J2C pomme (faignant l’ignorance, ou bien essayant de gagner du temps) :
De… quoi ?

Rockstar 73 (impatient et nerveux)
Tu sais très bien « de quoi », puisque tu l’as eu en avance… chien galeux de journaleux que tu es, chanceux !

Ma J2C Pomme (d’un air dégagé, sûr de son fait) :
De quoi tu te plains, je sais très bien que tu l’as aussi déjà écouté, te connaissant, tu n’auras pas pu tenir et téléchargé… vrai ?

Rockstar 73 (Un rien dépité du ton)
Mouais, mais, moi, c’est pas le « vrai »… c’est juste un putain de MP3 piqué sur le Net en attendant de le prendre au New Morning… comme chaque année ! Bref… C’est pas terrible, non ? Enfin, moi… j’ai pas beaucoup aimé, enfin, moi… j’ai pas tout le temps tout bien reconnu, moi, enfin… c’est pas comme l’original, quoi… pas vrai ?

Ma J2C Pomme (sec, mais détaché du ton)
Quel visionnaire tu fais, dis-moi ! Évidemment que c’est pas l’même, c’est même le but, qu’il soit différent… complètement et « déconstruiement », différent, mais… c’est génial, de voir un homme et musicien de 66 ans boucler la boucle en reprenant la totalité de son premier album, sa carte de visite, son propos initial, ce qu’il avait à dire au monde, quoi, haut et fort… mais avec le recul inhérent à son âge… et quarante deux années passées sur la route à les jouer… ou s’écouter les jouer… puisque, quand tu es sur scène, tu te les reprends aussi pleine poire…

Rockstar 73 (Un rien blasé du ton)
… Stop, assez ! Fais pas ton « érudit de privilégié à la noix », s’te plaît, hein ? Ben, si tu veux savoir, ce que, MOI, j’en pense…

Ma J2C Pomme (fataliste du ton)
… Non, en vrai, mais, te connaissant, ce ne sera pas possible de faire autrement, alors, vas-y, je t’écoute…

Rockstar 73 (Un rien énervé du ton)
… Pffffff ! Ben, moi… j’suis déçu parce que c’est « mou » et que j’retrouve pas la tonalité du « vrai », voilà ! Tiens, tu prends Last Of The Rockstars, par exemple…

Ma J2C Pomme (rigolard du ton)
… C’est facile, c’est la première du disque ! Et la plus connue de toutes, en plus…

Rockstar 73 (Un rien plus bas du ton)
… N’importe quoi, mais… je le trouve « molle », moi : j’retrouve pas DU TOUT la rythmique initiale, et, et… c’est pareil pour Marylin, ou, ou, bien, tiens… pour White Middle Class Blues : qu’est vachement plus « ronde », comme qui dirait plus aérée… moins « sèche » quoi, sur le nouveau… et puis, j’aime pas les cordes sur Don’t Go Away ! C’est trop pleurnichard et ça colle pas avec le côté « j’existe, j’veux que vous m’écoutiez et j’vais vous en mettre plein la vue avec mes putains de bonnes chansons et mon premier disque fantastique, et… tout bouffer : vos pensées, votre cervelle et… vous avec, en plus ! », voilà !

Ma J2C Pomme (malicieux du ton)
Ha bon ? J ‘aime beaucoup cette fin en apesanteur de Don’t Go Away et ses entrelacs de cordes et voix, mais, bon… T’as fini, là ? Tu me laisses une chance de pouvoir LE défendre ?

Rockstar 73 (Un rien bougon du ton)
Évidemment… faut toujours que tu penses pas comm’tout l’monde, toi, que tu prennes les choses à contre-pied, toi, t’aurais dû être un putain de footballeur… tiens !

Ma J2C Pomme (acide du ton)
Comme ça j’aurais pu bosser chez les gratuits du métro, ou dans la « presse musicale à 180 signes la chronique », avec la totalité de mes 148 mots dispos en banque pout tout dire ! Pour le reste, je ne suis pas du tout d’accord avec-toi, sur… à peu près rien ! Je me demande même si tu l’as écouté, ce disque, ou bien si tu as juste réécouté le Aquashow « original » en imaginant ce qu’il pouvait y avoir de mauvais dans le Deconstructed… ou bien en y ajoutant machinalement les arrangements d’origine, tellement t’es de mauvaise foi. T’es pourtant pas con, le reste du temps, enfin… quand il s’agit pas d’Elliott, Dylan ou Springsteen

Rockstar 73 (Un rien maugréant du ton)
… C’est Elliott, MON préféré, tu l’sais très bien, toi…

Ma J2C Pomme (sarcastique du ton)
TOUT le monde, le sait, oui. Tout le monde. LUI, y compris. Mais bon, je ne crois pas que là, tu l’aies compris… lui ! L’album est une réussite, à quelques détails près, et, en plus… Sa relecture de Last Of The Rockstars, pour ne citer qu’elle, est magnifique : habile, ample, construite, enfin dé-construite… et je ne te parle même pas de How’s The Family… j’ai carrément failli pleurer en l’entendant, tellement c’était beau, tellement on sentait que le gars Elliott était « dedans », bardé d’émotions de toutes sortes, euh… chargé de sentiments humides et contradictoires… mais avec un certain regard juché plus haut, cette fois, que lors de l’impétueuse adolescence… une sorte de recul, de… comme s’il l’avait à la fois « digérée », cette œuvre musicale majeure, mais en même temps reprise pleine poire, rapport aux mots, à son âge, à sa trajectoire, depuis… à sa paternité, à sa gloire relative, à, à… tu m’arrêtes, hein, quand je t’ennuies ou que tu trouves que j’en fais trop, ok ?

Rockstar 73 (Un rien abattu du ton)
T’en fais TROP ! Comme souvent. Tout ce que tu fais est trop « long », de toutes façons : « détaillé », « mûri », « fouillé », « travaillé en amont », euh… enfin, d’après-toi, bien sûr… selon tes propres mots…

Ma J2C Pomme (acide du ton)
Et, c’est… mal ? Quoi qu’il en soit… cette nudité, sur Last Of The Rockstars, ces acoustiques, cette percussion sourde, en fond, ces quelques notes de piano en soutien ou contrepoint du chant… c’est un peu comme si l’artiste se dévoilait tout net ; comme si le songwriter d’aujourd’hui répondait à son jeune pendant… comme s’il le rassurait aussi, bizarrement, en le confortant sur son avenir, sur ce Rock’N’Roll qui est toujours là, tout comme lui, contrairement à tant d’autres comme Janis, Jimi, Mama Cass, John Lennon, Brian Jones, T-Rex, Elvis… et tous les autres depuis, en passant par Nick Drake, Ian Curtis, Kurt Cobain, et…

Rockstar 73 (Un rien remonté du ton)
… Tout ce que je vois, MOI, c’est qu’Elliott a dit qu’il avait « beaucoup lutté avec cette nouvelle version ! », que c’est « celle qui lui avait donné le plus de mal ! », et que je comprends mieux pourquoi, en l’écoutant, voilà ! C’est tout de même dommage de sacrifier comme ça son hymne, sa chanson phare, c’est lui qui le dit sur son site… que ça aurait dû être son Born To Run à lui, si Polydor l’avait mieux poussée et avait eu plus d’impact, de présence aux States, et ailleurs… en termes de capacités et force de vente…

Ma J2C Pomme (rétrospective du ton)
C’est certain que ce disque aurait mérité mieux, à l’époque, oui. Mais, c’est pire aujourd’hui, vu qu’il n’est même plus dispo en CD ou qu’il faut débourser 100 Euros et quelques, pour pouvoir se l’acheter sur le Net ! Il serait temps que Polydor se bouge pour en sortir une version « Deluxe avec inédits », comme le demande Elliott, ou tout du moins l’album, au moins ! Quand tu vois les chansons qu’il contient : Hangin’ Out, Hometown, Marilyn… Je suis sûr que c’est UNE des raisons qui auront poussé Elliott à le sortir : il est enfin dispo, d’une certaine façon, pour 15 Euros ! Pas l’original, ok, mais bon, les chansons, elles, le sont désormais, et c’est plutôt cool !

Rockstar 73 (Un rien sombre du ton)
J’crois pas, non… j’crois qu’il voulait juste se faire plaisir, ou bien gagner du temps avant de…

Ma J2C Pomme (vif de ton)
…Pas d’accord… d’une certaine façon, ça lui permet de réparer une DOUBLE injustice, en le réenregistrant : Un : le fait que le disque n’ait pas marché comme il l’aurait dû à l’époque, alors que c’est un putain de classique ! Deux : que le disque ne soit même plus « trouvable » ni édité en CD : alors il le fait tout seul… tente de réparer, mais sans acrimonie ni colère, il pointe, juste… même si c’est aussi un double aveux d’échec, d’où, belle humilité » de sa part… c’est beau ! Et on peut de nouveau le mettre à portée d’une plus grande frange de gens…

Rockstar 73 (Un rien radouci du ton)
C’est LE bon côté, oui, mais, honnêtement, t’as aimé le version de Marylin ? J’ai trouvé ça « bastringue », surtout le moment où ça s’accélère, là, on sent la boîte à rythmes, comme dans Hangin’ Out, aussi…

Ma J2C Pomme (didactique du ton)
Je la trouve plus « distanciée », plus « au fait » des réalités, moi : ok, c’est peut-être la fin du rêve Hollywoodien, mais, bon, comparé à tout ce que nous avons vécu depuis… et puis… Hangin’ Out, au fait, je la trouve plutôt « batarde », parce que trop « entre la version originale d’Aquashow et les actuelles versions Live »… j’aurais par ailleurs aimé qu’il les bouge un peu plus… certaines des autres comme Poise’n PenWhite Middle Class Blues, même si je la préfère sans le côté Highway 61 Revisited du gars Zimm’, trop présent sur l’originale, et… et surtout Graveyard Scrapbook… dont la rythmique dense et épaisse et l’harmonica, encore plus à la fin, le « Mur du Son », là, me fait un peu trop penser au She’s The One du Boss en Live…

Rockstar 73 (Un rien pensif du ton)
Peut-être bien, oui… il faudra que je la réécoute pour me faire mon idée, mais, bon… je reste sur ma faim, avec ce disque : je suis certain qu’il a plein des autres chansons de côté ! Qu’il les sorte vite, au lieu de revisiter son propre répertoire, déjà qu’il n’y a eu qu’un EP, l’année dernière, merde, on a été habitué à mieux, avec Elliott ! T’en penses quoi, toi, de « ça » ? Du fait qu’il fainéante un peu, en ce moment…

Ma J2C Pomme (didactique du ton)
Qu’il a beaucoup œuvré jusqu’ici, et qu’il a sorti que du « bon », en plus, depuis Beauregard : il a bien mérité de poser un peu le coude à la portière de sa 53 Chevy en abordant les filles qui marchent tranquille le long de la Seine… juste pour le « Fun » !
Et… « Quand tu as enfin trouvé ce qui te manque / Tu ferais mieux de regarder qui tu embrasses / Parce que, lorsque la musique s’arrête / Tu commences à écouter l’unique son de ton cœur qui bat… ».

(Rockstar 73 se contente de me fixer d’interrogation, mutique du ton, il écarte les bras et écarquille l’œil bien large…)

Ma J2C Pomme (supérieur du ton)
C’est un extrait des paroles de Graveyard Scrapbook ! Je me demande comment il voit cela aujourd’hui, et ce qu’il a dû ressentir en les chantant, 42 années plus loin… de même que : « Et si tu aimes l’idée même de l’amour / Ta naissance ne connaîtra jamais de fin… dans How’s The Family ! Ou bien : « La boîte de Pandore ne pouvait tout savoir / Elle n’a jamais été jusqu’à Beverley Hills », dans Poise’N Pen !

Rockstar 73 (déstabilisé du ton)
Tu… tu peux pas parler « musique » seulement, de temps en temps… c’est vrai, quoi, t’es toujours comme ça : t’es le genre de gars qui va chez les putes pour les écouter te dire pourquoi elles font « ça » et pourquoi elles en sont arrivées là, pas vrai ?

Ma J2C Pomme (poétique de ton)
« Ce que tu entends n’est que le côté sombre de chaque blague / Ou le son de ces putes Françaises qui te regardent fixement en fumant… », c’est également dans Poise’N Pen

Rockstar 73 (abattu du ton)
À la limite, je m’en fous, de ce qu’il raconte, dans ses chansons, le gars Elliott, je suis Français, putain… FRAN-ÇAIS ! Par contre, j’suis peut-être pas fortiche en traduction, mais je peux te dire… Un : que je n’comprends pas très bien ce que tu viens de dire ! Et, que, deux : on en parlera dans quelques jours, quand je l’aurai mieux écouté, mais que, bon… mon apriori n’est pas terrible… Y’a plus de chances que je réécoute l’original que celui-ci, même si je m’attendais à pire…

Ma J2C Pomme (dédaigneux du ton)
T’es qu’un putain de passéiste ! C’est pas l’œuvre d’Elliott, que tu aimes, que tu vénères, c’est le souvenir de ta jeunesse et le « shoot » que t’as procuré Aquashow à sa sortie, rien de plus… que tu recherches dans tous ses disques, sans débander depuis, d’ailleurs…

Rockstar 73 (morne de ton)
… Sans qu’aucun n’ait jamais été aussi bon, en plus…

Ma J2C Pomme (agressif du ton)
Tu vois bien que c’est là que le bât blesse… alors qu’il aura été tout du long au niveau et que je n’échangerais pas TON Aquashow contre Beauregard, par exemple, ou bien Sellin’ The Gold, ou… Après le Déluge, non plus…

Rockstar 73 (sec de ton)
N’importe quoi ! C’est SON chef-d’œuvre, et c’est comme ça… POINT ! Il avait pas le droit d’y toucher, d’après-moi…

Ma J2C Pomme (donneur de leçon du ton)
Je te rappelle tout de même qu’il est à LUI, Aquashow ! Qu’il vient de LUI ! Qu’IL l’a crée et que cela lui appartient… contrairement à ce que tu peux penser, juste parce que tu le suis depuis sa sortie…

Je me suis arrêté-là – il m’a planté et raccroché aussi sec, avant de me rappeler le surlendemain pour me dire qu’il le trouvait « pas si mal que çà, en fait, mais moins bon que l’original ! » – tout en sachant que ce genre de discussions entre gens raides barrés peut durer encore et encore et… encore. Vu qu’ils n’ont que ça à foutre et que leur passion bouffe tout, tout et tout le temps. Et puis, d’une certaine façon, il fallait bien finir par trancher entre les deux visions/avis, au bout du compte, et, comme c’est MA chronique…
Comme vous avez été assez souples (enfin, celles et ceux qui auront été au bout de cette chronique de concours) sachez que je ne peux que vous pousser à franchir le pas et écouter religieusement (sans lui vouer de culte non plus !) ce modèle de réécriture qu’est Aquashow Deconstructed : ne serait-ce que pour aborder d’un meilleur pied les prolifiques mais comptées prochaines années de notre vie terrestre commune. Ceci ne formant rien moins que la bande-son d’un vie rêvée, incontournable pour (re)découvrir l’écrivain niché à l’ombre sous les dix pierres musicales humides polies de savoir faire d’Aquashow Deconstructed, ou bien se replonger plus avant dans l’œuvre pléthorique et accomplie (35 albums & EP, 6 romans et recueils de nouvelles, de nombreux articles et notes d’albums) de cet auteur de grand talent trop peu souvent exposé de medias, invité ou cité par le milieu journalistique spécialisé, mais que ses fans de longue date chérissent sans retenue comme une œuvre d’art à part entière… eux !

« … Elle se contente d’un oreiller pour dormir / Ainsi que de la mémoire, qui s’estompe peu à peu / D’un mari qui aura essayé de tout faire correctement / Jusqu’à ce que son cœur ne hurle puis ne lâche tandis qu’il lui faisait l’amour, au cours de leur dernière nuit… » (How’s The Family/Aquashow)

Signature : jacques 2 chabannes
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Artiste : Zoufris Maracas  Titre : Chienne De Vie
Style : Pop - Rock
Zoufris Maracas - Chienne De VieIl est frais ce nouveau disque des Zoufris Maracas et il est surtout bien écrit. «Chienne de Vie», c’est son nom et il n’est pas triste, loin de là. Il succède à Prison Dorée (2012) qui a obtenu un très beau succès et avec ce «Chienne de Vie», l’ivresse du voyage s’intensifie. Leur jazz manouche s’ouvre sur des sons variés au bon goût de Havane. Plein de couleurs se retrouvent et se mélangent sur cet album teinté d’atmosphère latinos, africains, manouches ou encore disco. Ils ont débuté l’écriture au Mexique et cela se ressent. « Notre unité, c’est de mélanger ! On aime changer d’univers musical du début à la fin, parce que chaque musique produit une émotion différente. » souligne Vincent Sanchez et on le confirme totalement à l’écoute de «Chienne de Vie». Le contenu est poétique, c’est rempli de vérités sur la réalité de la vie et il dégage une forme de colère avec son côté contestataire par moments. Le disque possède de belles vertus, de très jolies couleurs et il est si vivant, si humain. On risque de prendre un coup de soleil à l’écoute de ces 15 titres brillants de bout en bout ! On retrouve en guest sur le second titre «Nanotechnologie» Winston McAnuff très en verve en ce moment. Ce nouveau disque des Zoufris Maracas représente un bel arc-en-ciel de la vie qui s’est ouvert sur le monde.


2 mars 2015 (Wagram / Chapter two)



Vignette lebonairSignature : lebonair
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Artiste : Various  Titre : Exile On Tropicool Street
Style : Pop - Rock
Various - Exile On Tropicool StreetCela fait maintenant 8 ans que de Paris Alter K, en parallèle de ses activités d'éditeur spécialisé dans la « synchronisation, music supervision & production », assure aussi la fonction de label avec déjà pas moins d'une cinquantaine de références assez variées, dont la série de compilation Seriously, Eric ?. Si dans cette série, ils lorgnaient déjà un vers le sud (ils ont même sorti le dernier album de Kid Francescoli), c'est carrément le fil directeur de cette nouvelle compilation. Pas n'importe quel sud : celui d'une French Riviera s’étendant de Montpellier à Nice, et surtout pas n'importe quel style musical : la pop branchée (ou « cool ») à tendance électro (donc). Assez logiquement, on retrouve une majorité de groupes marseillais avec outre la clique Microphone Recordings (Husbands, Kid Francescoli, Nasser, French 79, Oh ! Tiger Mountain) dont on a déjà dit tout le bien qu'on pense dans ces colonnes, Martin Mey (idem qui monte qui monte), Sugarcraft (une découverte bien sympathique au beat poisseux) et Sun Sick (dont on aimerait croire que la présence sur cette compilation est annonciatrice d'un décloisonnement à venir entre la scène rock et pop), des Niçois avec Clarcèn et le le bien nommé My Favorite Romance dont le chant évoque celui des sœurs Casady, Alpes avec ce Facing the crowd dont on a déjà pu apprécier l’efficacité sur scène lors du festival Yeah !, Montoya et le planant Carry oceans, ou encore la pop R'n'B de Mome avec ce Smile où on croirait entendre Bjork. Sont aussi représentées Antibes avec Animal TV et le très club Corridor Club, Toulon avec pop décomplexée de El Botcho sur You've got to be my girl, et celle plus aérienne de Boreal Wood, Hyères avec la pop américaine (tendance Weezer / Fountain of Wayne) de Appletop (en tout cas sur ce Burning Land), Montpellier avec la pop aquatique de Frank Rabeyrolles et même Ajaccio avec Acid Child ou le Dallas de Casablanca Drivers qui a des petits airs de Clap Your Hand Say Yeah). Au final bien belle sélection, forcement incomplète mais qui fait déjà faire de belles découvertes et qui convaincra sans peine les locaux de la richesse de leur scène. Richesse qu'on s'empressera de soutenir en allant voir ces groupes (et les autres) dès qu'ils passeront en concert dans le coin !



2015 (Alter K)

Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Dominique A  Titre : Eléor
Style : Pop - Rock
Dominique A - EléorCela fait déjà un bon petit moment que l'on voyage en compagnie des œuvres sensibles et stimulantes pour l'intellect de Dominique A, et il y a de grandes chances que l'on fasse encore un bout de chemin ensemble si l'on en juge par la qualité de son dernier album en date, Eléor... Le genre de disque idéal pour laisser divaguer son esprit au gré des mélodies accroche cœur et des mots d’une admirable poésie signés par le prolifique et ultra doué songwriter français. Parfait également pour prendre la route par la pensée et visiter - pour de faux certes, mais avec une vraie émotion - le Cap Farvel, le Canada, Eléor, Central Otago, Semana Santa ou encore l’Oklahoma, soit quelques uns des nombreux lieux au charme exotique et mystérieux évoqués dans les chansons. Les fans de Monsieur Ané retrouveront ici tout ce qui leur a plu lors des nombreux et passionnants trips précédents : une voix en apesanteur, des textes prenants, des arrangements fins, précis et aventureux (dignes des plus grandes louanges donc... ) et, last but not least, des compositions qui hantent l'auditeur longtemps après leur écoute... Eléor, Au revoir mon amour et Central Otago, les trois excellents premiers titres révélés avant la sortie de l'album, sont d'ailleurs bien placés pour rentrer dans la longue liste des perles intemporelles figurant dans la discographie de Dominique A. Au même titre que la bouleversante Oklahoma 1932, une composition belle à pleurer, l’enivrante Cap Farvel, l'épique Par le Canada ou encore la très dépouillée L'océan. Le disque Eléor dans sa globalité est une éclatante réussite qui, grâce à sa richesse, peut s'apprécier de multiples fois et vieillira bien, sans aucun doute. Et comme toujours dans les grandes œuvres, des paroles restent en tête, nous interrogent et font fortement écho à des choses vécues de manière très forte. On pense en particulier à la sibylline dernière phrase d'Au revoir mon amour, le sublime titre coécrit avec Laetitia Velma : « Peut-être mon amour, mieux vaut ne pas s'aimer qu'un jour ne plus s'aimer. » Pour résumer cette petite chronique d'un grand disque, on aime BEAUCOUP Eléor !

Liens : www.commentcertainsvivent.com, www.facebook.com/DominiqueAofficiel, www.cinq7.com/fr, www.facebook.com/Cinq7.





16 mars 2015 (Cinq 7 - Wagram)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Sleaford Mods  Titre : Divide And Exit (chubbed Up)
Style : Soul Funk Rap
Sleaford Mods - Divide And Exit (chubbed Up)Ah, les gracieux 'lads' que voilà ! Ladies & Gentlemen, please meet the Sleaford Mods ! Dont le nom lui-même est sans doute déjà une boutade (autant que la coupe de cheveux du leader, peut-être). Sleaford est en effet un trou paumé d'Albion que même G----- Maps a du mal à retrouver, et les Mods, on ne vous apprend rien, sont ces très jeunes gens ultra-apprêtés et chics des grandes villes et de la côte méridionale anglaise branchée (époque Kinks/Who), aujourd'hui disparus. Ces deux grossiers personnages (un mécano, un vocaliste) dont rien ne prouve qu'ils aient changé de sous-vêtements cette semaine, semblent au contraire de joyeux lurons débraillés, quadragénaires bien sonnés, et qui récolteront peut-être bientôt sur scène un succès bien mérité sur la base de ce disque et d'un autre, plus court mais tout aussi efficace, Chubbed Up, également sorti en 2014...
Avec une diction d'enfer, James Williamson, une bière à la main, mitraille à la vitesse de la lumière ce qui semble une engueulade issue d'un film de Ken Loach ou de Stephen Frears, avec un accent à couper au sabre-laser, tandis qu'Andrew Fearn, casquette vissée sur les yeux (également une bière à la main), envoie du gros son à travers un laptop hors d'âge. Et c'est tout ? Et c'est tout ! Et pourtant, certains titres sont proprement à tomber sur le cul d'efficacité (et pourtant dieu sait qu'à moins d'être né dans le Nottinghamshire, on en comprend pas plus de 10 %). Citons Tweet Tweet Tweet & Jobseeker, en mode speed (au propre comme au figuré, à n'en pas douter), ou 14 Day court & The Corgi, en mode plus laidback ... L'effet se fait souvent grâce à la non-mélodie elle-même, comme dans l'énorme Tiswas qu'on a décrété - unilatéralement - notre tube unique de février 2015... Car rien en matière de basse (à part celle de l'insupportable Christine & the Queens, hélas), n'a réussi à nous parasiter aussi férocement le cortex... Mais cette fois-ci, avec un effet euphorisant, et non pas auto-destructeur !
Avec l'air de ne pas y toucher et de s'en foutre complètement, les Sleaford Mods, il est vrai, réalisent un mix presque parfait d'influences formidables : disciples de The Fall et des Happy Mondays (pour la voix hargneuse, essoufflée, intarissable, et l'énergie punkrock '77), des Beastie Boys voire de Cypress Hill (pour le mode hip-hop vicelard sur laquelle elle se pose), de Wire et autres post-punks (pour la basse comme unique horizon mélodique), et plus généralement de l'héritage de la Hacienda (pour le beat minimaliste)...
Ils sont donc le chainon manquant, celui qui réconcilierait si besoin les punks less-is-more, les rappeurs orthodoxes et même les fans de slam-coup-de-boule... Alors quelle que soit votre chapelle, et même si une écoute trop prolongée peut s'avérer éprouvante, un bon shoot (par la voie que vous préférez mais en évitant l'intraveineuse quand même) de quelques titres de Sleaford Mods, saura vous réveiller et vous mettre d'une humeur euh, intéressante, pour le reste de la journée ! Attention quand même, il est très possible que vous ayez envie de sauter à la gorge, façon pitbull terrier, du premier fâcheux qui se mettra en travers de votre route...

2014



Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Elliott Murphy  Titre : Poetic Justice/a Soundtrack
Style : Pop - Rock
Elliott Murphy - Poetic Justice/a Soundtrack Rendre Justice À La Poésie

À la veille de ses traditionnels Birthday Shows (concerts anniversaires), donnés chaque année au mythique New Morning de Paris en compagnie du trio des Normandy All Stars, le plus Parisien des songwriters New Yorkais, Elliott James Murphy, se fend de deux nouvelles sorties/publications : un EP, tout d’abord, puis une passionnante réécriture, à venir, de son séminal et génialissime Aquashow(1973).

En premier lieu, et à l’occasion de la sortie d’une réédition/traduction Espagnole (Miguel Marquès/Tropo Editores) de son western très personnel et poétique, nommé Poetic Justice (Hachette Littératures/2005), notre homme en profite pour accompagner celui-ci d’un EP d’un genre (musical) nouveau… et passionnant (malicieusement intitulé : « Une Bande-son Encore En Attente De Film ! », au cas où cela pourrait tenter le milieu cinématographique, en termes d’adaptation).
En effet, outre les trois morceaux inédits enregistrés – sur lesquels nous reviendrons plus loin – celui-ci nous propose une longue piste (19 minutes) contenant l’intégralité du premier chapitre de Poetic Justice lu par son auteur de musicien et habillée par ses soins d’une musique en tout point conforme à l’univers initialement décrit, 270 pages, durant.
Un Far West univers empreint de conquête, drames intimes, immigration, appât du gain, fines gâchettes, indiens parqués d'humiliantes réserves, violence, vengeance, amour et… poésie (l’omniprésence, tout du long, des mots et images extraits de l’œuvre de Walt Whitman). L’itinéraire chaotique de Petit Jean – né de mère Française et d’un militaire de l’Union devenu fermier en Oklahoma, froidement abattu par un pseudo juge confédéré louche, cruel et magouilleur, nommé Durand – qui bâtira lentement son lourd projet de vengeance entre le bordel New Yorkais familial, la découverte de la poésie (Feuilles d’Herbes, de Walt Whitman) l’apprentissage du métier de tueur sur gages/chasseur de primes et les multiples revirements et hésitations liées à cette quête personnelle initiatique et antique.
« La loi du passé ne peut être éludée. La loi du présent et de l’avenir ne peut être éludée, la loi des vivants ne peut être éludée, elle est éternelle (Feuilles d’herbes/Walt Whitman).


Elliott Murphy - Poetic Justice/a Soundtrack Devenu John Little, et avant tout désireux de châtier le meurtrier confédéré et le prêtre défroqué ayant asservi sa mère, puis sa sœur, celui-ci incarnera au mieux cette soif de vengeance et de pureté présente tout du long dans la plupart des grands westerns Américains, tels : Winchester 73 (Anthony Man), L’Ange des Maudits (Fritz Lang), Il Était Une Fois Dans L’ouest (Sergio Leone), La Chevauchée de la Vengeance (Budd Botticher), Josey Wales Hors-la-loi (Clint Eastwood), et… tant et tant d’autres réussites cinématographiques majeures, encore. Un art de (sur)vivre dans l’ouest d’alors (quoique, malheureusement indissociable de l’être humain, avant toute chose, suffit pour cela de jeter un regard autour de nous…) qui peut aisément se résumer, du lapidaire et sibyllin : « Grande est la cruauté… Je me surprends souvent à l’admirer autant que la bonté ! » (Feuilles d’herbes/Walt Whitman). Un livre de haut vol et une idée originale que les anglicistes pourront goûter au mieux à l’écoute de ce premier chapitre lu et mis ici en musique pour le meilleur ; d’autant que le gars Elliott semble avoir pris un plaisir plus qu’évident à se livrer à cet exercice particulier, qui, s’il est mal maitrisé ou mal équilibré entre puissance évocatrice des mots et background musical très présent (mais pas trop, non plus) peut rapidement tourner à la purge pure et simple. Écueil majeur magistralement évité, céans.
Hormis ce moment fiché hors du temps, les trois morceaux restants sont plutôt de facture classique, pour notre homme, bien dans la lignée de ses récentes livraisons (It Takes A Worried Man & Intime).
Un beau Poetic Theme nappé de claviers et slide, chœurs célestes et douceur, le très acoustique (et un rien Morriconien de l’harmonica) The Ballad of Petit Jean, ainsi qu’une relecture « Rock », plutôt réussie, de l’un de ses plus beaux morceaux If Poets Were Kings (1991).

La bande-son rêvée pour (re)découvrir le roman qu’il accompagne ou se replonger plus avant dans l’œuvre pléthorique et accomplie (35 albums & EP, 6 romans et recueils de nouvelles, de nombreux articles et notes d’albums) de cet auteur de grand talent trop peu souvent exposé de medias, invité ou cité par le milieu journalistique spécialisé, mais que ses fans de longue date chérissent sans retenue comme une œuvre d’art à part entière… eux !

Signature : jacques 2 chabannes
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Artiste : Courtney Barnett  Titre : Sometimes I Sit And Think, And...
Style : Pop - Rock
Courtney Barnett - Sometimes I Sit And Think, And...Après de très convaincants EP inauguraux contenant déjà en leur sein un hit intitulé Avant Gardener, l'Australienne Courtney Barnett passe à la vitesse supérieure sans forcer, en se servant à bon escient de son talent naturel pour le songwriting indie cool à la Pavement, par l'intermédiaire d'un premier album renversant de classe dont le titre est déjà une petite perle en soi, Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit... Oui, Courtney est nonchalante et se fout un peu de tout, sauf de ses chansons, toujours écrites, composées, arrangées et chantées avec un soin particulier. Au menu de son nouveau disque, qui devrait s’autoriser un squat très prolongé de vos playlists : tubes indie rock en puissance (Pedestrian at best, Elevator Operator, Aqua profunda!, Dead fox, Nobody Really Cares If You Don't Go To The Party... ), morceaux folk rock superbement lancinants (Boxing day blues... ) ou pop songs vaporeuses (Depreston... ), le tout servi par des guitares catchy et bien branlées, un sens du riff qui tue, une très craquante voix rêveuse (un peu traîîîîîîîîîînante à la Lou Reed/Bob Dylan), et une production à la fois sobre, très bien foutue et intemporelle. Tout ici respire la fraîcheur, l'inspiration et une saine volonté de créer un truc accessible sans omettre d'être classieux et brillant (les textes sont parfaits : « You're saying definitely maybe, I say probably no / I Want to go out but i want to stay home... » ). Bref, parfois on a envie de s’asseoir et de penser, et parfois, on a juste envie de s’asseoir, mais toujours en écoutant le dernier album de Miss Barnett. Qui, il fallait s'y attendre, non contente de produire une musique à la fois stimulante et sensuelle sur disque, sait donner des concerts qui font monter le taux de chance d'obtenir satisfaction dans la recherche du bonheur immédiat de 99,9 %. Un chiffre non négligeable, vous en conviendrez aisément... Non négligeable et vérifié en présence d'huissiers de justice aux 36èmes Rencontres Trans Musicales de Rennes fin décembre 2014 sur un panel représentatif d'à peu près 2500 personnes. A vérifier sans faute lors du concert que donnera Courtney Barnett en compagnie d'une autre pétroleuse douée, Sallie Ford, au Divan du Monde, à Paris, le 25 mars 2015 !



Liens : www.facebook.com/courtneybarnettmusic, courtneybarnett.com.au, twitter.com/courtneymelba...



23 mars 2015 (Kobalt - House Anxiety - Marathon Artists / Pias)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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1 à 11 sur 5028 critiques trouvées
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