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Dimanche 29 mai 2016 : 9699 concerts, 23922 critiques de concert, 5102 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : The Kills  Titre : Ash & Ice
Style : Pop - Rock
The Kills - Ash & IceMême en creusant toujours la même veine rock 'n roll blues pop, Alison Mosshart et Jamie Hince du groupe The Kills arrivent encore à revenir à la maison avec des tubes à la pelle, qui, s'ils n'ont rien de surprenants ou d'innovateurs, feront réellement de l'effet sur les fans de guitare blues cradingue, de boites à rythmes flinguées, de batteries basiques et, surtout, de voix féminines irrésistiblement sexy... Avec les treize titres que comporte Ash & Ice, l'auditeur un tant soit peu amateur des ingrédients cités à l’instant a tout pour trouver son bonheur. Et ce dès le premier titre, « Doing It To Death », qui permet de rentrer de plain pied dans le disque et se révèle séduisant, malgré des bidouillages électroniques que l'on trouve un peu putassiers au premier abord, et qui finalement passent bien. Les sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées aux studios Electric Lady à New York fin 2015, ont accouché d'un album efficace, punchy et riche co-produit par les Kills et John O’Mahony (LCD Soundsystem, The Strokes... ). Comme on le disait en introduction, les titres forts ne manquent pas ici – « Bitter Fruit » (putain de duo sexy !), « Siberian Nights », « Impossible Tracks », « Heart Of A Dog », « Hard Habit To Break » etc –, permettant de retrouver les grands frissons ressentis sur les albums précédents. Ahhhhhh, cette voix de chatte en chaleur, ces riffs de blues chromés donnant envie de faire du boogie woogie, ces mélodies hyper catchy et ces refrains fédérateurs à gueuler en levant l'index vers le ciel !!! Et puis, comme il faut bien se reposer avant de remettre le couvert, Alison et Jamie, plus amoureux mais toujours sur la même longueur d'ondes, savent délivrer des interludes atmosphériques, voire des ballades dépouillées au piano (« That Love ») ou à la guitare (« Hum For the Buzz »)... Bref, si le disque est un tantinet long, il ne laisse pas vraiment de temps pour de grandes séances de bâillements. Quand on possède un mojo en état de marche, comme c'est manifestement le cas pour les Kills, il fonctionne en envoyant l'artillerie lourde ou dans le dénuement le plus total, cela se vérifie encore une fois ici.



A lire également, des comptes rendus de concerts des Kills en 1ère partie des Black Keys à Nîmes en 2014, à Rock en Seine 2011, à la Route du Rock 2009, pendant la tournée Midnight Boom en 2008, au Printemps de Bourges 2005, à la Route du Rock 2004 et à la Coopérative de Mai en première partie de Franz Ferdinand.

Liens : www.thekills.tv, www.facebook.com/TheKills, twitter.com/TheKills, instagram.com/TheKills, www.dominorecordco.com.

3 juin 2016 (Domino Records)

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Artiste : Belladonna 9ch  Titre : Le Bal Des Loups Garous
Style : Pop - Rock
Belladonna 9ch - Le Bal Des Loups Garous En 1997 au tout début de la newsletter Liveinmarseille (à l'époque où Concertandco s'appelait encore Rockinfo) elles existaient déjà de puis quelques années ; d'ailleurs elles sortaient leur 2ème album Marseilles. Depuis elles n'ont jamais arrêté, se produisant un peu partout, et notamment dans le quartier de la Plaine où il n'est pas rare de les croiser. Elles se sont Bella9ch et Agrado aka (dans le civil) Michèle Coudriou et Agnès Royon Lemée, les deux chanteuses / multi-instrumentistes de Belladonna 9ch. On les avait laissé avec Volver pomelos dans lesquelles elles reprenaient quelques uns de leurs standards à la sauce electro ; les revoici armées de leurs guitare, accordéon pour l'une et saxos, cornemuse et bombarde pour l'autre pour pour ce 6ème album étiqueté « cabaret electro kumbia des balkans ». 10 nouveaux morceaux, 2 invités donc Sylvie Paz et sa voix grave, mis en boite par 2 pointures locales : Phil Spectrum (de Leda Atomica) et Nicolas Dick (de Kill the Thrill). Le mélange de cumbia (style qui cartonne à Marseille en ce moment si l'ont en juge par le succès de la Cumbia Chicharra et de La Kamba) et de thèmes traditionnels yiddish, orientaux voire reggae forment une cocktail explosif normalement capable de faire danser même les plus réservés. Car c'est bien ça, ça et ce son un peu vintage qu'elles partagent avec d'autres groupes historiques comme Massilia Sound System, le point commun à tous leurs disques : l'envie de danser et faire danser.

2013 (Belladonna 9ch - FB)



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Artiste : Avenue Z  Titre : Azimut
Style : Pop - Rock
Avenue Z - AzimutConnu pour la sauvagerie hallucinante de sa musique garage et de ses concerts (la guitare finissait souvent pendue aux lights et longuement fouettée par Looch Vibrato, avant de rendre l’âme dans un déluge de larsens : résultat, « Mort Clinique »), le duo Magnetix s'acoquine avec les synthétiseurs d'Antoine Quincerot (ex Catholic Spray) pour se lancer dans un nouveau projet nommé Avenue Z. Un projet, plus énervé et jusqu’au boutiste que jamais, qui marche à merveille, ce qui permettra aux fans de Magnetix de retrouver tout ce qu'ils aimaient d'amour, leur « Drogue électrique », c'est à dire de méchants titres de rock garage (chantés en français menaçant ou sans parties vocales), mais avec des « arrangements » plus fournis cette fois-ci. En plus de la gratte, de la batterie et des hurlements de bête cherchant à faire la bagarre, il y a donc des synthés et de la basse. Et la greffe, a priori contre nature vu l’extrémisme minimaliste de Magnetix, prend parfaitement. L'album Azimut est à ranger dans la jolie catégorie créée par le groupe lui-même : « Hypnotic Space Garage/ Scy-Fy Cave Music », ce qui décrit assez bien l'alternance de titres punchy vociférés à l'emporte pièce (« Invasio X ») avec des passages plus trippants et instrumentaux (« Ephémérol », « Zétron Libre »)… A l’instar du fameux « I Drink (But My Guitar Doesn't) » chez Magnetix, Avenue Z a également son tube, intitulé « Machine à rêves », avec paroles joyeusement absurdes dégueulées par un mec qui a l'air de sérieusement se branler de tout, sauf du rock et du roll. Ce qui semble être la bonne solution pour ne pas se prendre la tête, vivre en étant un minimum heureux et faire paraître un disque comme Azimut, à la fois bien rentre dedans, gentiment bas du front et parfait pour faire du petit bois avec son mobilier lors d’une soirée où l'alcool coule à flots... Et puis, après la fiesta, tout se termine de manière surprenante avec une chanson démarrant comme une touchante ballade au piano et à la guitare, un peu comme « Le Jour s'est levé » de Téléphone (rires), mais en authentique et classe, avec de brusques dérapages vers le garage le plus bruyant. Ça s'appelle « Amour Et Mort », et c'est idéal pour chialer dans sa bière tout en dansant le pogo, ce qui n'est pas facile à réaliser... Bravo Avenue Z !



Liens : www.facebook.com/AvenueZ.azimut, soundcloud.com/azimut-by-avenue-z, hwww.facebook.com/MAGNETIX, www.magnetix.fr, slovenly.com...

2016 (Slovenly Recordings)

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Artiste : Elysian Fields  Titre : Ghosts Of No
Style : Pop - Rock
Elysian Fields - Ghosts Of No« Jennifeeeer, on t'aime !! » On entend souvent ça aux concerts d'Elysian Fields, et quand on est dans la région de Clermont-Ferrand, il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse d’une intervention énamourée et enthousiaste d'un certain Jean-Louis Murat, ami, collaborateur (sur les albums Mustango et A Bird on a Poire) et visiblement premier fan du duo formé par Jennifer Charles et Oren Bloedow... La cote de popularité en France des deux (ex ?) tourtereaux venus de Brooklyn ne devrait pas baisser d'un iota avec la sortie de Ghosts of No, qui voit Elysian Fields tutoyer une nouvelle fois des sommets de classe. Et ce en déployant onze nouveaux titres à la fois inspirés, très langoureux, admirablement chantés par la sensuelle Jennifer et arrangés avec un goût très sûr. Sur leur dixième disque en vingt ans de musique, Charles et Bloedow se sont entourés d'un aréopage de musiciens new-yorkais pas exactement manchots (Chris Vatalaro, Matt Johnson, James Genus, Ben Perowsky... ) afin de naviguer à vue en fonction de leur humeur du moment. Qui peut aller de ballades folk pop jazz mystérieusement lancinantes (« The Animals Know », « Higher Power », « Bird In Your House », « Elysian Fields », « Shadow Of The Living Light »... ), au titre pop rock légèrement dissonant et totalement romantique (« Rosy Path ») en passant par l'art rock New Wave à potentiel tubesque (« The Magician », « Mess Of Mistakes »... ). Les deux titres cités à l'instant viennent booster la fin de l'album de manière assez surprenante, mais très intelligente, permettant de trancher quelques brèves minutes avec les atmosphères vaporeuses créées par des morceaux interprétés avec une voix plus que troublante. Pour mieux replonger juste après dans des rêveries éveillées avec de petites idées derrière la tête un peu olé olé... Avec l'indispensable Ghosts of No, aucun risque de voir s’arrêter l'histoire d’amour entre Elysian Fields et le public français. Un notable augmentation du désir est même à prévoir vers avril/mai 2016, au moment de la sortie du disque et de la tournée européenne du duo... Donc, clairement et plus que jamais, il est fort à propos de pousser un petit « Jennifeeeer, on t'aime !! ». Et nous rajouterons : « Oren aussiiii ! »

A lire, une interview d'Elysian Fields réalisée pour la sortie de l'album For House Cats And Sea Fans...



Liens : www.elysianmusic.com, www.facebook.com/elysianfieldsnyc, twitter.com/elysianfieldsny, www.viciouscircle.fr, www.facebook.com/viciouscirclerec, twitter.com/Vicious_Circle...

29 avril 2016 (Vicious Circle)

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Artiste : The HOST  Titre : Sound The Charge
Style : Pop - Rock
The HOST - Sound The ChargeThey are back ! Suite à un long process de maturation, mais aussi un crowdfunding réussi haut la main (il faut dire que le lot le plus haut était pratiquement une nuit d'amour avec les 4 membres sexy et mystérieux du groupe...), The HOST, qui a perdu ses quatre petits points en cours de route, sonne enfin la charge, avec une créature mi-Don Quixote, mi-Grim Reaper, bien décidée à en découdre mais manifestement à l'envers de celles de Game of Thrones : Summer is coming ?
Artisans et partisans d'un rock estampillé depuis les Amériques septentrionales - mais 100 % made in France bien sûr - puisant aussi bien dans l'indie, la folk music, le pop/rock mélodieux que le heavy rock, revoici donc les The HOST qui déploient 13 titres encadrés par de menaçantes collines (Black Hills I en entrée puissante, Black Hills II redéployant le même thème en jolie ballade mélancolique en sortie). Et qu'y a t'il entre deux massifs de collines noires, en général ? Du désert, des caillasses rougeâtres cachant des rattlesnakes espiègles, des yuccas et des agaves carbonisées à perte de vue ! Et le mirage inéluctable : Death Rides a Horse...
Et comme par hasard dans ce paysage, lorsque se met en marche le riff toujours aussi vrillant de L'Aiglon, on croirait clairement être revenu au début de Songs for the Deaf, meilleur album de rock stoner de tous les temps... De même avec la grande et chamanique Stone from the Storms, carburant joliment à l'inspiration stoner, canal historique... D'ailleurs mis à part une voix notoirement plus claire que celle des Homme/Garcia/Lanegan et consort, The HOST rend ostensiblement un vibrant hommage au merveilleux rock du désert, fut-il plutôt ici celui de la Crau que du Joshua Tree...
Mais d'autres titres flirtent avec d'autres grands frères plus urbains : Why would I pourrait être assumée sans problèmes par Alice in Chains, tandis que Lovesick ou Car Crash, si les Foo Fighters les avaient signées, pourraient sans doute sévèrement affoler les college charts outre-Atlantique. Dans ses meilleurs titres à notre goût (mais on le savait depuis le percutant Masks, leur EP précédent), le groupe a su trouver un son plus original et personnel, pile à mi-chemin entre pop-rock et stoner, particulièrement avec les terriblement efficaces Don't Give Up, March et l'inédite Spyders ! Seule faute de goût à signaler sur ce disque, l'usage immodéré (et fort heureusement invisible depuis la couverture) de l'affreuse police Lucida Calligraphy, que je croyais personnellement interdite par la charte internationale des droits et devoirs des graphistes...
Sound The Charge, album lancé en grande pompe aux Docks des Suds fin avril 2016 ? Y'a plus qu'à sonner la charge sur le reste de l'univers... Armés comme ils sont, les 4 gars en chemise à carreau peuvent la lancer avec sérénité depuis le Plateau de Vernègues ! Comme ils font partie des rares groupes qui croient aussi bien à l'importance d'un riff bien balèze et d'un rythme bien prenant, qu'à celle de textes soignés (Reaper) et de mélodies bien troussées (en particulier la superbe Follow my Feet), ils n'auront finalement qu'un potard ou deux à tourner, vers le haut ou vers le bas, pour pouvoir donner au choix, un concert de gros rock velu ou un showcase de musique folk, avec la même efficacité dévastatrice ! 2016, année de The HOST dans tous vos bars, disquaires, clubs, salles... et stades donc ? Commencez par acheter ce disque, le reste viendra probablement tout seul...
(Mcommemusique.com,2016)

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Artiste : Catherine Vincent  Titre : Oscar Go & Le Vilain Petit Canard
Style : Pop - Rock
Catherine Vincent - Oscar Go & Le Vilain Petit Canard Parmi les artistes du coin qui s'adressent aux enfants le duo Catherine (Estrade) - Vincent (Commaret) est certainement le plus productif . En alternance avec des disques pour adultes ils sortent régulièrement des disques mélangeant conte et chansons à destination des jeunes publics. Bien avant Hansel et Gretel (2010) et les Contes de Malmousque (2014) ils avaient sorti (en 2003) un double album (qui tient sur un seul CD) regroupant 2 histoires : Oscar Go, un conte musical écrit par Christophe Daniel, suivi du (grand classique) Vilain Petit Canard librement adapté d'Andersen. Le distributeur Victor Mélodie ayant décidé de s'en occuper, le voici qui est ressorti en 2015. Il faut dire qu'aucune des 2 histoires n'a pris de ride. L'histoire de l'escargot est une mini aventure (de 34 minutes) que l'on suivra avec curiosité. On y croise tout une galerie de personnages qui m'ont rappelé le très bon Misser de Mathias Berthier (content sans musique celui ci). Aux premières écoutes des 2 contes si j'ai bien accroché sur la très chouette narration (très Kirikouesque par moments) qui captive effectivement les enfants, en tant qu'adulte j'étais un peu moins emballé par les textes de certaines chansons que je trouvais un peu trop enfantin justement, mais il faut reconnaitre que ça touche le public visé. D'ailleurs si le premier des contes est recommandé à partir de 6 ans alors que le second dès 2 ans, j'ai du me rendre à l'évidence que Lucie (6,5 ans) et Cyril (3,3 ans) réclament ce disque souvent, se passent quelques passages en boucle (le passage où le lézard crie « Mamaaaaan !» et celui avec un drôle de juron) et surtout en chantent des passages en se promenant dans la rue ! Les valeurs véhiculées par ses deux histoires étant bien évidemment sans ambiguïtés, que demander de plus ? A noter que ce disque a été enregistré lors d'un de leurs passages à Damas et qu'il bénéficie du coup de la présence de quelques invités du coin (comme les élèves de l'école françaises de Damas).

*on peut aussi citer RIT, Miss Paillette, Fifi Rubato, BaB…)

2015 (Catherine Vincent - FB - Victor Melodie)

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Artiste : The Limiñanas  Titre : Malamore
Style : Pop - Rock
The Limiñanas - MalamoreOn dirait qu'il y a en avril 2016 comme un momentum, un quart d'heure de gloire, pour The Limiñanas from Perpignan, étant à l'honneur dans Libéramondinrock'n'folk (deux mois d'affilée dans ce dernier) aussi bien qu'au Disquaire Day (avec un 45 t dont la face B, Maria's Theme, est digne du Morricone de la plus grande époque). Curieux décalage dans le temps à notre goût, puisque l'un de leurs albums précédents (déja défendu par Rock'n'Folk, soyons justes), l'inépuisable et génial Costa Blanca, leur Melody Nelson à eux si on veut, nous a foutu une telle gifle en 2013 qu'on en a reniflé rouge pendant des mois... Mais loin de nous l'idée de prendre la posture snob de ceux dont on découvre leur groupe secret-trop-bien-gardé : on ne peut que souhaiter bonheur, prospérité et gloire bien méritées à M. et Mme Limiñana, sauveurs du rock made in France, évidemment !
Monsieur ayant abandonné (peut-être à l'occasion de la perte de son rasoir et le vol de son cuir ?) son air de jeune premier poseur, au profit d'une belle barbe de vieux sage de la musique vintage, et Madame arborant une magnifique chevelure rouge incandescent, ils sont toujours aussi beaux... On est juste un peu désarçonné que, contrairement à l'album précédent où l'on nous enfilait un cuir avant de nous fourrer d'autorité dans une grosse bagnole pour traverser le désert espagnol avec des auto-stoppeuses hystériques, on nous propose d'abord ici d'aller simplement draguer sur la plage en slip léopard (El Beach). Tentant aussi, mais moins exotique... Cela dit le tableau d'une plage estivale y est admirablement dépeint, odeur de beignet incluse, et choeur arabisant en sus. Il est temps d'aller se baigner donc ? Plus dépaysante, la sortie au Prisunic qui suit, appuyée sur une admirable construction musicale de pop-rock old school, yé-yé au meilleur sens du terme, où l'orchestre et les choristes qui ont enregistré avec Jacques Dutronc il y a plus de 50 ans pour les Disques Vogue, avec un mojo qu'on croyait disparu pour toujours, semblent être de retour, et en pleine forme...
Et puis Garden Of Love, sérénade suprêmement élégante construit pour et autour de la basse légendaire de Peter Hook, invité caractériel mais prestigieux qui donne une idée de la réputation irréprochable du duo (les impitoyables Anton Newcombe et Nicolas Ungemuth les vénèrent aussi, entre autres), un titre où une femme susurre dans des abimes de gravité, au son du carillon (celui de Pascal Comelade, invité permanent depuis leur commun Traité de Guitares Triolectiques bien sûr !). Et enfin, reprise du sujet principal selon nous, celui de l'identité propre et fameuse de ce groupe précieux (garage pop/rock en français jouissif sur guitares fuzz tuantes) avec le morceau titre, Malamore et une nouvelle chanteuse infernale à la clef ! Ou encore avec le joli Dahlia Rouge : s'ils ont objectivement déjà enregistré ce titre 4 ou 5 fois, son efficacité n'est toujours pas remise en cause, tant l'infernal guitares/basse/carillon vous machouille diaboliquement le cerveau...
L'innovation est néanmoins plutôt à chercher du côté de Zippo, où la belle voix grave de Monsieur se lance dans un discours de drague un peu fumeux, tenté sur une batterie inhabituellement balèze (évidemment, puisque ça énerve Madame...), des nappes d'orgue et des riffs de guitares vrillantes qui finissent par l'engloutir... On retrouve aussi les petites pastilles en balade (El Sordo), qui vous propulsent soudain dans un pays lointain, genre le Mexique ou le paradis, où qu'il soit (Paradise now) - perdu dans un western spaghetti peut-être ? Car les Limiñanas, heureusement, ont toujours le goût du voyage : ils sont ici figurés devant une caravane Airstream, qui incarne à elle seule le rêve américain ! Dans le genre trip, l'hypnotique et toxique The Dead are Walking fascine aussi durablement (on les voit presque passer en clopinant, les pas-bien-morts verdâtres, en fermant les yeux)...
Mais le voyage, le vrai, le cinématographique, reprend enfin avec Kostas, court-métrage avec petite frappe grecque incluse, et climax indéniable du présent album grâce à des boucles musicales fabuleuses et en constante augmentation. Auquel semble répondre sur le même mode, la terminale et également quasi-orgasmique The Train Creep A-Loopin. Au final, allez, OK, on se rend : cet album est presque, presque aussi attachant que Costa Blanca, que quitte à se répéter on ne saurait trop recommander chaleureusement une dernière fois aux gens (et on les envie !) qui ne l'auraient encore jamais entendu.
(2016)

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Artiste : Rosemary Standley  Titre : A Queen Of Hearts
Style : Jazz - Blues
Rosemary Standley - A Queen Of Hearts Si j'ai bien aimé le premier album de Moriarty (comme celui de Coming Soon que j'avais découvert à la même époque), sur scène mon enthousiasme a toujours été un peu plus modéré par une attitude que j'ai toujours interprété (surement à tort) comme de la prétention sinon e tout cas de la distance (expliquant du coup que j'ai toujours préféré laissé les autres s'exprimer sur les lives que j'ai vus). Pourtant lorsque j'ai entendu que Rosemary Standley (la chanteuse donc) se lançait dans un tour de chant en reprenant des classiques, j'avais tenté d'aller le voir, mais le réseau des théâtres n'étant pas le même que celui des salles de concert cela n'avait pas été possible. Ce disque vient donc clore 3 années de tournée avec ce spectacle qui a du en ravir plus d'un. Simplement, mais avec quelle justesse !, accompagné par le pianiste Syvlain Griotto (et un peu de percus et ou de basse sur un tiers des titres) elle nous offre un véritable “best of” de classiques qui va bien au delà du jazz comme on aurait pu s'y attendre. Certes on retrouve des tubes rendus célèbres notamment par Etta James, Ella Fizerald, Nina Simone, Rita Hayworth, Billie Holiday ou encore Marlene Dietrich, mais on se laissera aussi surprendre (même si on sait qu'ils sont dans la liste) par de très belles interprétations de La Nuit Je Ments de Bashung, Because des Bealtes (titre qui me fait littéralement fondre)ou des titres plus “exotiques” comme El negro zumbon (déjà repéré par Pink Martini) ou Porque te vas … il y a même un titre de Moriarty. Si on est parfois bien en peine pour dire d'où on les connait, tous les titres sont plus ou moins familiers (certains sont même tirés de films comme Johnny Guitar ou India Song). A l'aise dans tous les registres et visiblement dans de nombreuses langues (anglais-français-espagnol-allemand) Rosemary aidée par Juliette Deschamps (créditée à la réalisation musicale) réussit le tour de force de faire cohabiter des titres venus de mondes à la base assez éloignés, dans un disque extrêmement homogène sans jamais être lassant. Au final un superbe album (dont il existe aussi une version DVD) que je rangerai à côté de A l'eau de Javel le disque un peu passé inaperçu de Anaïs où cette dernière s'était aussi lancée dans l'exercice de reprises pas trop connues des années 30.

15 avril 2016 (Rosemary Standley - Le Chant du Monde - Jazz Village)



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Artiste : Jean-Louis Murat  Titre : Morituri
Style : Pop - Rock
Jean-Louis Murat - MorituriAprès avoir fait paraître l'un des sommets de sa discographie avec le double album folk rock & pop Babel, Jean-Louis Murat change radicalement son fusil d'épaule avec le très jazzy Morituri. Un virage déjà annoncé par la fin de la tournée précédente qui voyait JLM délaisser le Delano Orchestra, avec qui il avait travaillé sur l'opus précédent, pour s'acoquiner avec le pianiste Gael Rakotondrabe, le bassiste Christopher Thomas et le batteur Stéphane Reynaud, de retour dans l’équipe... Et ce traitement « jazz pop » qui ne fonctionnait pas toujours en live avec les titres de Babel, se révèle être une excellente idée pour créer les ambiances tour à tour très mélancoliques et élégiaques, chargées en spleen et sautillantes délivrées sur un nouveau disque arrivant sous superbe pochette noire (le fond) et blanche (la photo des cygnes). Composé et enregistré au cours de la sinistre année 2015, Morituri évoque de manière détournée, poétique, surréaliste et prophétique (des terrasses sont évoquées alors que les morceaux ont été écrits avant le 13 novembre) l'atmosphère pesante, désespérante et grave qui règne en France actuellement. Mis à part les très enlevés French Lynx (un bon premier single fait pour accrocher l'oreille), Interroge la jument (où Murat parle de Satan sur une pop song légère, en apparence seulement), Nuit sur l'Himalaya et Tarn et Garonne, la plupart des titres se développent lentement et enveloppent doucement l'auditeur dans un brouillard de tristesse, paradoxalement lumineux grâce à des instrumentations hyper classe et des parties vocales de haut vol. Murat, qui n'a sans doute jamais aussi bien chanté et qui est secondé à la perfection par la précieuse voix de Morgane Imbeaud, casse la baraque avec des ballades – où le piano et l'orgue ont souvent le premier rôle – aussi bouleversantes que Franckie, La pharmacienne d'Yvetot, La chanson du cavalier Le chant du coucou ou encore la très belle chanson titre, Morituri. Comme d’habitude, on ne comprend pas tout ce que Murat livre dans ses textes, la sphère mentale du barde d'Orcival se révélant toujours aussi difficile d'accès, tout en étant fertile en beauté, en bons mots et en surprises. Bref, le résultat est un tantinet plus intriguant, mystérieux et même parfois drôle (Tous mourus) que les derniers titres signés Renaud (rires) et Polnareff (re rires). En se vautrant avec délectation dans ses thèmes de prédilection (la mort, le sexe, la nature, la dépression ou encore... le suicide), Monsieur Bergheaud creuse un peu plus son large sillon de poète maudit. Et par là même son tombeau d’artiste (plus ou moins) incompris. C'est là le lot des gens évitant la facilité et le consensuel, ils divisent, remplissent des salles qui ne ressemblent pas à des zéniths et vendent relativement peu de disques de leur vivant. Puis, après leur mort, on les encense, se rendant subitement compte des merveilles généreusement disséminées dans des œuvres au retentissement jusque-là confidentiel. Justement, parmi d'autres perles figurant sur ce très bel opus, la dernière chanson de Morituri, intitulée Le cafard, est une composition de très haut niveau qui mériterait de passer sur toutes les ondes, trop souvent encombrées par de sombres bouses produites par des incompétents notoires. A bon entendeur...



A lire également, une interview de JLM à propos de l'album Le Cours Ordinaire Des Choses, ainsi que des entretiens avec Murat en novembre 2006 (sur Taormina), octobre 2004 (sur A bird on a poire), octobre 2003 (sur Lilith) et juin 2003 (sur le concert pour Koloko)…

Liens : www.jlmurat.com, www.facebook.com/jeanlouismurat, twitter.com/jeanlouismurat, www.leliendefait.com, www.surjeanlouismurat.com...

15 avril 2016 (Scarlett - Le Label PIAS)

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Artiste : Don Nino  Titre : The Keyboard Songs
Style : Pop - Rock
Don Nino - The Keyboard SongsToujours en forme olympique, Nicolas Laureau, qui, en pleine période de reformation scénique des très culte Prohibition (groupe dont il est un membre fondateur et dont font également partie Fabrice Laureau, Ludovic Morillon et Quentin Rollet), trouve en plus le moyen de faire paraître un nouveau chapitre de son excellent projet Don Niño, The Keyboard Songs. Cet album de neuf titres sera un authentique bonheur pour les fans de pop patiemment ouvragée, d'humeur tour à tour planante et enlevée, et, c'est mentionné dans le titre, clairement orienté vers les synthés, pianos, orgues et autres machines, il n'y a pas de tromperie sur la marchandise ! La qualité absolument irréprochable de la production et des arrangements, la subtilité des parties vocales et la présence de toute une foultitude de gimmicks accrocheurs font de certains morceaux de ce disque des candidats potentiels pour des passages en radio. On pense en particulier à l'imparable pop song « Airplane Song », qui donne à la fois le sourire et des fourmis dans les jambes... Le beaucoup plus lancinant mais très psyché « I'll never let you go too far » pourrait tout aussi bien passer sur les ondes, mais serait également idéal dans une bande son d'un film d'obédience trippante. En injectant des influences jazz, krautrock ou électro à ses superbes compositions pop, le très doué multi-instrumentiste et songwriter Don Niño n'a aucune peine à séduire sur la durée, parfaitement secondé qu'il est par ses fidèles et précieux acolytes F/Lor, Jean-Michel Pirès – tous les deux aux percussions – et Shane Aspegren, qui officie à la batterie... Classe !





Liens : www.facebook.com/Don-Niño, www.don-nino.com, www.facebook.com/prohibitedrec, prohibitedrecords.com, twitter.com/prohibitedrec.

2016 (Prohibited Records)

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1 à 11 sur 5102 critiques trouvées
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