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Mardi 30 juin 2015 : 9545 concerts, 23455 critiques de concert, 5047 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Jeanne Added  Titre : Be Sensational
Style : Pop - Rock
Jeanne Added - Be SensationalA l'image de sa coiffure, l'album de Jeanne Added donne aux premières écoutes l'impression de partir un peu dans tous les sens. Mais en y regardant de plus près et sur d'autres images, l'édifice capillaire, faussement échevelé, est au contraire très étudié. Ambitieux dans sa conception, éclectique dans ses développements frontaux et latéraux, mais allant toujours de l'avant sans concession, et avec une belle détermination... Le hasard n'a rien à voir avec ça ! Anthem placé en tête, A War is coming est à la fois groovy et mid-tempo, martial et punk. Belle ouverture : il n'y a plus qu'à se laisser entraîner dans It, qui sonne comme une comptine cold-wave : comme une déclamation enfantine sur beat minimaliste et hyper-synthétique, formant un attelage assez irrésistible. Ah oui ! C'est donc un album électro chanté, s'amusant à brouiller un peu les codes ?
Nenni ! Look at Them, plainte habitée par une belle voix, n'a plus rien à voir, et voilà la table renversée par ce slow ravageur ! Jeanne Added n'est pas qu'une punkette arty, elle est manifestement aussi une amoureuse blessée. Et va le dire sur tous les tons à l'être aimé(e) : Miss it All, façon Santigold, conte encore un amour contrarié, mais élégamment ré-electrifié. La chanson-titre Be Sensational poursuit ce dialogue amoureux, dans un romantisme échevelé et donc, extrêmement touchant pour peu qu'on ait tendance à la fleur bleue. Ah oui ! C'est donc l'album d'un coeur d'artichaut, dissimulé sous un look d'amazone ?
Nenni ! Voici l'étrange Lydia, électro au couplet, balade au couplet, où la chanteuse confirme en passant une préférence pourle beau sexe, tout en rappelant sur la forme assez punchy que dans un couple de filles, elle serait plutôt la guerrière, la fille au cheveux bleus dont le regard laser foudroie la pauvre Adèle, si vous voyez... "You're killing me, Lydia, you're peeling off my skin !"...Et la fin de la chanson fascine aussi bien que ces yeux revolver bleu azur : à n'en pas douter, une tuerie sur scène ! Tout comme l'écervelée Back to Summer, pur titre de dancefloor, qu'on soupçonne aussi d'être redoutablement efficace. Ah oui ! c'est donc finalement l'album d'une fille, pour faire danser d'autres filles tout l'été ?
Nenni ! Tout est encore refoutu cul-par-dessus-tête avec l'intrigante Night Shame Pride, quelque chose comme un gospel joué au Korg, et l'étrange et éthérée Ready, pas dansante du tout du tout, qui peut éventuellement rappeler ... Björk ? Les nuages s'amoncellent pour le finale, la très sombre Suddenly, heureusement percés à la fin par un poignant rayon de soleil. Qui vient conclure cet hétéroclite défilé de chansons, certaines aimables au premier abord, d'autres plus retorses et plus exigeantes, pourtant retenues ensemble par un fil conducteur ténu, mais solide comme du nylon : celui d'un talent original et durablement fascinant. Finalement c'est encore la splendide chanson titre, Be Sensational, qui semble le mieux déclarer les intentions de l'artiste : être larguée par son amoureuse oui, être cocue, passe encore, en faire un album entier à la rigueur, mais que ce soit avec une classe et un style que personne ne pourra oublier ! Il ne tient qu'à vous de vous y attacher : la chanson se termine tout simplement par l'injonction "Catch me" ! Vivement une rencontre sur scène, un filet à la main pour attraper ce bien joli papillon de nuit...
(2015)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Daniel Darc  Titre : Crève Coeur (super Deluxe Edition)
Style : Pop - Rock
Daniel Darc - Crève Coeur (super Deluxe Edition)Ah, le salaud. Ça lui a pas suffi de mourir, de venir grossir la liste et presque de la compléter, et de nous laisser seuls avec les médiocres : Voilà qu'il nous en remet une couche, de regrets qui vont droit au coeur. Avouons qu'on avait vraiment découvert l'existence de Daniel Darc qu'avec ce Crève Coeur de 2004, intemporel, stupéfiant, mélancolique et joyeux à la fois. Reparcourir un album qui nous a parlé aussi intimement est déjà presque une épreuve en soi. La Pluie qui tombe, Rouge Rose, Je me souviens je me rappelle, Un peu c'est tout, Jamais Jamais, Psaume 23 étaient déjà assez bouleversantes dans la bouche d'un survivant, alors dans celle d'un disparu... Autant dire qu'on s'est déjà essuyé plusieurs larmes au coin des yeux quand on atteint enfin les 16 chansons bonus, la première étant Désolé. Et là, c'est un autre choc qui nous attend...
Tant la chanson sonne hallucinément juste, en tant que dialogue post-mortem entre un chanteur récemment disparu et un auditeur (ou plutôt une auditrice) qui le vénérait. "Quelques larmes coulent de tes yeux, et je sais que malheureux n'est pas un mot pour nous deux, que nous méritons bien mieux...Qui de la nuit ou de toi reste désenchantée ? Qui de la nuit ou de moi est le plus désolé ?" etc. Le genre de chansons qu'on arrête au milieu, la première fois, pour reprendre son souffle... Une Parenthèse enchantée enfonce encore le clou, avec son propos de testament et d'appel au secours tout à la fois... "Approchez, approchez-vous encore, sans vous je suis mort". Pas étonnant que le co-créateur de cet album, Frédéric Lo, n'ait pas eu la force de réécouter ce texte pendant deux ans. Car il est plus poignant encore que les Enfants de son dernier album, déjà posthume, le grand Chapelle Sixteen...
Bien évidemment, la signification d'une chanson est toujours modifiée par la disparition de son auteur. Surtout quand elle parle de départ, de disparition, de mort - comme c'est le cas de la plupart des grands textes de Daniel Darc. Ça nous avait déjà fait un peu la même chose avec Mano Solo, autre grand angoissé qui nous avertissait à chaque coin de chanson de sa mort prochaine, finissant presque par provoquer de l'agacement, jusqu'au jour où l'on a réalisé que... ce n'était pas que des paroles en l'air. "Crever, c'est comme baiser, c'est pas parce qu'on en a envie qu'il faut le faire tout de suite", qu'il disait le père Rozoum, et on l'avait cru... Encore heureux qu'on ait écrit ici tant de fois combien il nous touchait - on ne saura jamais s'il a lu un jour une de ces lignes, mais rien ne prouve le contraire non plus, pas vrai ?
Quoi qu'il en soit, la suite de cette "Super Deluxe Edition" (mais quel nom à la con !) n'est pas en reste : il n'y a pratiquement pas de déchets, tant les deux auteurs du disque ont eu en 2004 un vrai problème de riches : trop, beaucoup trop de bonnes chansons ! Et donc d'abord la nécessité d'en écarter certaines sans raisons particulières, quand tant de gens s'en seraient contenté (Jamais Seul, Serait-ce le futur ? ). Ensuite, celle de repousser en vrac : un titre jugé trop rock'n'roll (J'aime l'amour (par habitude)), une comptine jugée trop intime (Nathanaël), un très touchant duo avec Berry (La chanson d'Hélène), juste parce que ces titres ne cadraient pas exactement avec l'ambiance très étudiée de Crève Coeur...
Ne pas garder non plus, par principe (et même si elles sont très réussies) des reprises d'Etienne Daho ou de Nino Ferrer, ou des belles chansons écrites pour d'autres (Comme nous deux coeurs, ou Ne M'en veux pas) [D'ailleurs même Désolé a été écrite pour Johnny Hallyday, car à l'instar des plus grands (Miossec, Bashung), Darc n'a jamais méprisé l'idole des jeunes, bien au contraire !] Ni bien sûr, des démos qui, s'agissant de chefs d'oeuvre futurs, sont très émouvantes à découvrir : l'épure de Si tu vas là-bas et surtout Je me souviens, je me rappelle, plus longue et plus anxiogène que sa version finale.
Ou encore, des textes quasiment parlés, technique surtout apparue sur les albums suivants : Une Angoisse perpétuelle, monologue à l'humour grinçant et un peu flippant sur notes distordues, Hank Williams, énumération d'une petite liste de ses idoles (non exhaustive, à en croire ses nombreuses citations sur d'autres albums et en concert), non dénuée d'humour ("Morrison... Van, pas l'autre !") et finie en se marrant. Et conclure sa discographie sur un éclat de rire, quoi de plus approprié pour un chanteur qu'on entendait régulièrement déconner en studio entre deux chansons ? En attendant, s'agissant de l'habituellement recroquevillé Daniel Darc, une citation nous est venue à l'esprit à l'écoute de ce dernier disque, celle d'Henri III devant le corps du Duc de Guise : "Il est plus grand mort, que vivant !". Hélas...

(2015)

Signature : Philippe
Artiste : Misa  Titre : Malentendu
Style : Pop - Rock
Misa - Malentendu Quand j'ai vu la toute fin de leur passage à l'Arthémuse il y a (déjà!) un an pour la sortie de ce Malentendu, je m'étais dit qu'il faudrait que je retourne bien vite les voir. Je n'y suis toujours pas parvenu, par contre le disque lui a trouvé le chemin de mon lecteur. La première écoute a confirmé la très bonne impression que j'avais eu du morceau vu en live et du très chouette clip de Sitting Bull visionné un bon paquet de fois. J'ai retrouvé ce côté Magyd Cherfi dans la voix et le style des morceaux ; en gros un petit côté Zebda mais avec des textes plus intimes. Des histoires de coeur pour la plupart (il y a d'ailleurs beaucoup de titres qui sont des prénoms féminins), mais aussi des textes plus « militants » comme ce Prendre l'air ou cet étonnant Arlette (où il est question de A. Laguiller). Si sur disque ils sont un peu moins nombreux que cette fois sur scène, avec autour de Misa (Misaina Rabari) au chant et guitare, son frère Sitraka au violon, Moon (Mounir Bouzahzah) à la basse, Filifavorpili (Philippe Poveda) à la batterie et JC (Jean Christophe Herrmann) aux percussions il n'en font pas moins des merveilles. Reggae, chanson, flamenco, valse, guinguette… tout les moyens sont bons pour nous donner envie de danser. Le violon très présent fait des merveilles et lorsque la voix de Misa se met à chevrotter j'ai pensé à Louise Attaque. De l'écoute de ces 10 titres il se dégage un tel entrain et une telle bonne humeur que c'est ce que j'en retiendrai, plutôt que les quelques bouts de textes sur lesquels j'avais tiqué à la première écoute (comme cet étonnant « arlette revendique comme d'autres niquent » ou l'un peu facile « tu seras mon foureau je serai ton épée »). En tout cas j'espère que je ne les raterai pas la prochaine fois sur scène.

2014 (Misa - facebook)



Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Ez3kiel [ezekiel]  Titre : Lux
Style : Pop - Rock
Ez3kiel [ezekiel] - LuxRetour régulier du collectif mutant Ez3kiel, parti de trois personnes, passé à environ 25 (en version "Extended", pour une belle série de concerts symphoniques) puis redescendu à des proportions plus raisonnables... Mais en changeant au moins 2 membres d'origine, y compris le fascinant bassiste et orchestrateur Yann Nguema, reconverti dans la partie vidéo d'après nos informations. Avec le temps, l'histoire du groupe commence donc à ressembler à celle d'autres belles auberges espagnoles au long cours comme Hawkwind, avec qui Ez3kiel partage au moins le sens de la démesure... et une certaine propension à faire de la musique perchée très haut (voir ici l'assez space Oeil du Cyclone).
Lors de notre dernière chronique d'un disque de Mogwaï (Les Revenants), on a écrit que certains passages ressemblaient à du Ez3kiel ? On pourrait dire la même chose dans l'autre sens de la très belle Zero Gravity (mal nommée car hyper tellurique, au contraire...). De même pour le joli diptyque Born/Dead in Valhalla qui développe de beaux horizons post-rock, nous propulsant par delà les montagnes et les nuages du grand Nord, chevauchant dans les airs aux côtés des mythiques Valkyries, ces fières guerrières cuirassées aux seins lourds et à la cuisse ferme... Finalement il n'est pas exclu que les deux groupes dialoguent subtilement à distance ? On ose à peine imaginer ce que donnerait leur rencontre sur scène : on en sortirait probablement exorbités et la gueule béante, saignant des oreilles et du coeur....
D'autres influences moins fructueuses se font toutefois sentir au fil d'un album parfois un peu fourre-tout : si Eclipse lorgne fortement (mais joliment !) du côté de Portishead, Anonymous semble presque plagier Massive Attack, élégamment certes, mais sans parvenir à y insuffler une touche vraiment personnelle. On y préfèrera donc l'éponyme Lux, plombée et sautillante à la fois, mêlants les beats analogiques et organiques, les infra-basses, montées électroïdes et explosions jouissives, dans la lignée la plus adamantine du splendide Battlefield. A noter que les petites respirations naphtalinesques comme Never Over permettent heureusement de reprendre son souffle entre les masterpieces, tout comme Stereochrome nous ramènera sans dommages au plancher des vaches, finissant tout de même l'atterrissage en cavalcade échevelée...
Ez3kiel continue donc son aventure de vingt ans, plus forcément à l'avant-garde de son époque B4rb4ry, quand la première écoute de leurs albums vous faisait tomber à la renverse et quand on sortait en larmes de leurs concerts (si, si, c'est arrivé à l'auteur de ces lignes). Mais travaillant toujours en sculpteur inspiré et délicat d'un rock hybride et protéiforme, à l'instar d'une pochette de vinyle, comme d'habitude aussi splendide que joliment indéchiffrable...
(Jarring Effects, 2015)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Chocolat  Titre : Tss Tss
Style : Pop - Rock
Chocolat - Tss TssBasé à Montréal, Québec, et s'articulant autour du chanteur, guitariste et organiste Jimmy Hunt (il signe les paroles, se révélant fort décalées quand on arrive à les comprendre, et les musiques, entre rock garage, pop psyché et prog barré), le groupe Chocolat démontre sur l'album TSS TSS de multiples aptitudes à faire tripper les auditeurs... Disponible chez nous via le label Born Bad Records, une maison de qualité à qui l'on doit pas mal de belles réussites made in France – Cheveu, Frustration, Forever Pavot, Magnetix... –, ce disque magistralement étrange semble tout droit sorti d'un cerveau que l'on pourrait qualifier de « malade » par certains côtés. Enfin pas exactement adapté aux critères de santé psychique actuellement en vogue ici bas  : textes – en français – à la fois poétiques et surréalistes (« Méfiez-vous du boogaloo »), compositions alambiquées à base de synthés stellaires vintage (le titre « TSS TSS ») et de guitares jouées depuis la voix lactée (« Apocalypse »), choeurs « over the rainbow », parties instrumentales en apesanteur etc etc. Bref, ça plane quand même pas mal ! L'on navigue ici à des années lumières de la Terre ferme et des œuvres dramatiquement consensuelles généralement produites au 21ème siècle afin de plaire au plus grand nombre... Et ça fait beaucoup de bien. Car Chocolat se fait fort de proposer un authentique voyage avec ses œuvres très flottantes, hyper tarabiscotées mais arrivant toujours à retomber sur leurs deux pieds. L'alchimie qui prévaut quand Hunt & Co se retrouvent ensemble dans un studio pour bidouiller aboutit à la création d'un truc à la fois très singulier, tourné vers le côté bizarroïde de la force, tout en étant potentiellement diffusable sur des radios ouvertes d'esprit... Auxquelles on conseillera en particulier « Burn out », « TSS TSS », « Gobekli Tepe » ou encore « Interlude », des mini tubes qui devraient faire le bonheur des personnes candidates au départ pour de lointaines contrées.

Chronique initialement publiée dans le magazine New Noise...



Liens : chocolatmtl.bandcamp.com, www.facebook.com/pages/Chocolat/10242781415, www.bornbadrecords.net/, www.facebook.com/pages/BORN-BAD-RECORDS...

2015 (Born Bad Records)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Marilyn Manson  Titre : The Pale Emperor
Style : Pop - Rock
Marilyn Manson - The Pale EmperorRetour en grande forme du chanteur très grave (au sens harmonique du terme), de l'artiste multi-carte, de la grande goule blafarde, joyeusement subversive et finalement plutôt sympathique à force d'énerver des cons, Marilyn Manson ! Découvert chevauchant un porc dans l'une des meilleures et des plus dérangées reprises de tous les temps, Sweet Dreams, on l'avait ensuite plus ou moins apprécié sur scène selon les albums et les époques (créature presque flippante en 1999, guignol presque pathétique en 2007...). Et on l'avait quitté en freak paumé et hilarant dans le film Wrong Cops !
Neuvième album studio déjà, et dieu sait qu'ils ne sont pas tous inoubliables... pour tout dire le dernier vraiment marquant musicalement, Antichrist Superstar, va même fêter ses 20 ans ! Voguant au fil des modes artistiques, l'Empereur Pâle a en effet beaucoup erré, se cherchant aux frontières du metal et de la pop, entre une imagerie tour à tour horrifique, gothique, bionique, cabaret berlinois, art contemporain... Visuellement presque toujours passionnant, mais musicalement inégal - en gros, pas assez de bonnes chansons sur chaque album.
Avec The Pale Emperor, il entame peut-être bien un nouvel âge d'or (du grotesque, bien sûr), retrouvant d'entrée un sens du blues heavy, couplé à des paroles dérangeantes, sachant toujours enfoncer à sec le canon bien coupant d'un flingue dans le cul étroit de la fraction puritaine/hypocrite de l'Amérique ("We're Killing Strangers... so we don't kill the ones that we love !").
Deuxième étage de la fusée, il retrouve le sens du riff-qui-tue, façon Rammstein (ils lui doivent beaucoup !), avec l'irrésistible Deep Six - il y a longtemps qu'on n'avait pas headbangué avec Marilyn ... Troisième étage, il retrouve aussi la seule chose à peu près constante chez lui, la capacité à trousser des bonnes mélodies, à produire de la pop déviante et classieuse à la fois : citons Third day of a seven day binge, finie en s'arrachant littéralement les tripes, l'hyper-efficace The Mephistopheles of L.A. ou la balade quasi-satanique Birds of Hell awaiting. Retrouvant hélas parfois un petit tic énervant et récurrent chez lui, la double voix - qui marque un étonnant reste de manque de confiance en elle, alors que sa voix un jour analysée en laboratoire avait été décrétée "physiologiquement impossible", ou quelque chose dans ce genre...
Plus étonnant encore, Sir Brian H. Warner parvient même à nous émouvoir : Warship my wreck, contrepèterie sans doute mais surtout, titre assez poignant, semble un possible climax de l'album ! Le chanteur s'emploie aussi à réanimer son influence d'origine (et la meilleure, bien sûr), Trent Reznor, par exemple au fil de la groovy Slave only dreams to be king... A convoquer à nouveau de célèbres "enculeurs de mamans", pour être sûr de ne pas échapper à l'Explicit Lyrics (Beneath my feet), étiquette qui signale généralement les albums les plus intéressants venus des U.S.A...
Et à conclure tout en classe avec l'étrange Odds of Even, balade commencée pop en hauteur et finie grognée d'une voix sépulcrale, au fond d'un caveau sinistre, belle réussite pour conclure, ou presque... Puisqu'en bonus, la version deluxe offre trois morceaux au nom différent, en réalité des titres précédents en version acoustique, prouvant que la richesse des compositions telles que The Mephistopheles... et la beauté de sa voix n'ont pas besoin d'artifices. Guitare/voix non trafiquées, les titres de The Pale Emperor fonctionnent encore parfaitement ! Alors Welcome back, Sir, votre capacité à nous bousculer agréablement est intacte ! Et nous n'avons jamais oublié une de vos plus belles déclarations à vos nombreux détracteurs : You can not sedate... all the things you hate !
(2015)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Pailhes  Titre : Du Nouveaux ?
Style : Pop - Rock
Pailhes - Du Nouveaux ? Toujours agréable et amusant de se faire surprendre par un disque du coin qu'on n'a pas vu venir … C'est tout à fait le cas de ce Lo Pailhes dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'ici. Et pour cause, ce néo-marseillais a plutôt fait ses armes du côté de Paris avant de venir s'installer par ici et de sortir ces 6 étonnants titres en 2013 (réédités aujourd'hui). Chant bien en avant et assuré que ce soit en anglais (sur le premier titre Make sure dont la version strictement anglaise que l'on trouve sur son bandcamp a des faux airs de Popular de Nada Surf) ou en français (sur les cinq suivants). J'avoue qu'il m'a fallu un paquet d'écoute pour arriver à me dire que ce n'était pas la peine d'essayer de mettre des mots sur ce que je pensais ou de faire la synthèse de ce que ça m'évoquait ; je citerai juste Melchior Liboa pour le côté sans limites, et Fauve ou Nevche pour la façon de déclamer, ou encore Olivier Depardon période Virago sur la Lève toi la plus rock des 6. Il y a quelque chose d'exalté et d'osé dans pas mal des morceaux, avec parfois des dérapages contrôlés dans les aigus comme je n'en avais pas entendu depuis Hervé André. Ce disque surprend non seulement par le (mélange de) style(s) mais aussi par les sujets abordés comme ce curieux Qu'elles montent toutes. Un peu comme pour Radio Elvis difficile de se faire une idée de ce que ça peut donner sur scène avant de l'y avoir vu. Finalement je me dis que la description sur son site « Fruit de l'inspiration du triptyque Lou Reed - Bashung - Thiefaine, Lo Pailhès écrit et interprète des chansons à textes en français et en anglais, pouvant parfois s’apparenter à des contes. » est assez juste (bien la peine de se casser à trouver des mots!). Maintenant il reste à aller le voir en concert …

2015 (Pailhes)

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Artiste : Protoje  Titre : Ancient Future
Style : Reggae Ska
Protoje - Ancient Future Protoje & the Indiggnation reviennent dans les bacs avec un excellent troisième album «Ancien Future». C’est précédé de l’énorme succès du single Who Knows, en duo avec Chronixx que le petit dernier de Protoje déboule pour notre plus grand plaisir. On dit, en parlant de Protoje, que grâce à lui, le reggae conscient refait surface pour le plus grand plaisir des passionnés. Les experts jamaicains disent de lui également qu’il incarne le renouveau du mouvement reggae. Pour ce disque, ce n’est plus son cousin Don Corleon qui est aux manettes mais Winta James (Overstand Entertainement). Tout l’album est le fruit de la rencontre entre Winta et le collectif de musiciens In Dig Nation dont Protoje est le centre d’attraction. Le fruit de cette brillante collaboration offre à nous, fans de bons sons, un reggae bien dans l’air du temps, frais, énergique à l’influence urbaine, puisant aussi bien dans les années 70 que 80. Protoje est fan de hip hop et cela s’entend tout le long du disque. Il aime le phrasé de ce style et son écriture. Les Prods bien scandées de Winta sont du velours et Protoje arrive grâce à son talent et les musiciens qui l’entourent sur «Ancient Future» à faire la synthèse de ces univers reggae, hip-hop, dance-hall à la manière de Damian Marley. Je pense également à Gentleman. Protoje se montre ouvert aux autres. Pour preuve, sur l’album, on retrouve Chronixx, bien sûr mais également Jesse Royal, Kabaka Pyramid, mortimer et la chanteuse Sevana, deux artistes prometteurs qui ont rejoint le collectif In Digg Nation. Résultat, la moitié de l’album est partagé par d’autres chanteurs. Leur fraicheur est contagieuse et je ressens le même bonheur à écouter son album que pour le dernier The Skints que j’adore tout autant. Seul, Protoje est aussi convaincant et «Ancient Future» (futur ancien) est une vraie réussite. Criminal, la ganja tune Bubblin Chalice ou Who Can You Call sont autant de hits en puissance. Au final, l’opus est bien contruit et il ouvre magnifiquement sur les beaux jours qui nous tendent les bras. Après une belle tournée aux côtés de Danakil et Yaniss Odua durant l’hiver 2014, où Protoje a ainsi pu être découvert par un public massif, le jamaicain revient sur scène dès ce printemps 2015 et une fameuse date au Divan du Monde le 14 mai prochain à Paris.

Mars 2015 Iwelcom.tv et bacorecords.fr

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Page Web Conseillée : http://www.protoje.com/
Artiste : Nneka  Titre : My Fairy Tales
Style : Soul Funk Rap / reggae
Nneka - My Fairy Tales Après le merveilleux concert que Nneka a offert à ses fans en guise de retrouvailles, le 04 avril dernier dans un Bataclan complet, il était bien normal de vous parler de son nouvel album My Fairy Tales sorti au début du printemps. Nneka avait un peu disparu médiatiquement depuis son dernier disque Soul is Heavy» parut en 2011, ces deux Trianon la même année et son Olympia en Octobre 2012. La musicienne vit, voyage, se nourrit des autres et sa musique s’en ressent forcément. C’est que l’artiste offre toujours une musique riche, variée et ouverte sur le monde. Son disque explore naturellement la vie et les épreuves des Africains de la diaspora. L’album évoque à la fois les aspects positifs de la relation amoureuse, du sens de la responsabilité envers les enfants, l’importance de la culture, de l’éducation et des valeurs identitaires. Mais par ces voyages en Europe et les séjours passés en France, Nneka ne pouvait pas uniquement se concentrer sur la souffrance des Africains alors elle chante sur l’endurance, la persévérance et la gratitude qui sont communes à tous les peuples du mondes. Sa voix est toujours sublime, elle caresse toujours un style hip/hop et divinement soul. My Fairy Tales est plus court que ses prédécesseurs, plus personnel aussi. Nneka a baptisé son nouvel album My Fairy Tales, «mes contes de fées» et il est difficile de ne pas penser à Cendrillon en l’écoutant retracer son parcours.
Avec des rythmes rétro et groovy, sa musique reggae/soul est toujours aussi sensuelle et délicieuse. C’est rempli d’authenticité et d’intensité, un délice que nous offre encore une fois Nneka.

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Page Web Conseillée : http://nnekaworld.com/
Artiste : John Carpenter  Titre : John Carpenter's Lost Themes
Style : Pop - Rock
John Carpenter - John CarpenterA notre connaissance, John Carpenter est un des seuls, sinon le seul grand cinéaste américain à avoir composé le thème musical principal d'une bonne partie de ses oeuvres. Ceux de ses plus grands films font donc encore référence aujourd'hui : les inoubliables 4 notes d'Assault on Precinct 13, tout comme Halloween, Christine et même l'un peu moins connu mais non moins recommandable (comme le film) Fog. Dans le monde merveilleux des nerds et autres geeks dont est, entre autres, issue la culture électro, son nom reste mythique et source d'inspiration aussi bien que celui de Giorgio Moroder, Jean-Michel Jarre (si, si !) et quelques autres, trente ou quarante ans après, notamment chez les compositeurs français.
A ce titre, ce n'est pas les insulter (puisqu'ils ont emmené chacun cette musique plus loin) que de dire qu'il fut une influence majeure de Turzi (albums A, B), des Zombie Zombie (qui lui ont courtoisement rendu la politesse il y a quelques années sur un bel album hommage), plus récemment de Kavinsky et son inépuisable Outrun - album-concept avec une imagerie et un son Carpenter presque chimiquement purs, tout juste filtrés façon Ed Banger. Et on le reconnait même, en version certes un peu plus gonzo-rigolo, dans certaines compositions récentes de Quentin Dupieux / Mr Oizo qui, comme lui, fait désormais des superbes films de genre américains dont il compose lui-même le thème principal : Rubber, Wrong Cops etc.
A peu près retiré des affaires depuis le crétinement jouissif Ghost of Mars en 2001 (qui remixait Assault et The Thing... mais sur la planète Mars), il faut croire qu'il lui restait en tout cas du thème de film sous la pédale, puisqu'il sort aujourd'hui un bel assemblage de 9 Lost Themes, qui du coup ne seront pas perdus, même s'il n'a plus la force - ou l'envie - d'y associer des images. Et il n'a pas perdu la main : Vortex qui ouvre, a un son immédiatement reconnaissable et "Carpenterissime" : son, rythmiques, nappes synthétiques inquiétantes, riffs de guitare saturés/compressés - ferait-il un remake de Christine en 2015 qu'il pourrait directement en faire le thème principal !
Amusant du coup, maintenant qu'on est plus familier avec ses héritiers qu'avec ses sons originaux, on se prend à entendre une rétro-influence (peut-être réelle, qui sait) sur ses propres productions. Obsidian et Fallen ont ainsi tous les deux du Turzi, ou quelque chose qui y ressemble beaucoup, dans leur ADN. Mais Obsidian est bien plus que ça - il faut noter que Carpenter 2015 fait des morceaux plus variés que Carpenter 1975 : thème un peu attendu, mais ensuite ponts d'une étrange beauté, puis amplification dans une longue péroraison... toujours foutrement cinématographique, s'il fallait le préciser !
Quant à Fallen, parti presque innocemment façon Mr Oizo, il bascule sans prévenir en B.O. de film de science fiction/extermination flippante... Domain reste dans une même thématique plutôt S/F, un poil datée mais incisive (dommage, Ghosts of Mars a déjà une bande sonore !), et ce morceau tout-en-un semble contenir un possible thème de début, de milieu et de fin de film... Dans un genre parallèle, Abyss n'est pas la plus inspirée, mais aurait également pu faire le bonheur d'un Direct to VOD genre Alien vs Predator IV - Renaissance, puisqu'elle propose 2 à 3 thèmes également.
Purgatory semble être l'idéal générique de fin d'un film dont Vortex serait l'ouverture (euuh, vous êtes vraiment sûr de ne plus rien avoir en magasin, John ?), Mystery décline gracieusement des thèmes de peur au carillon et à l'orgue, et un Night très Zombie Zombie-like (alors là, difficile de croire que ce soit une coïncidence !) vient conclure ce joli voyage plein de frissons... Voyage qu'on pourra compléter, ou pas, de quelques remix donnés en bonus de certaines de ces chansons. Pas vraiment indispensables et attention, celui de Night est chanté ! Blasphème suprême, qui mériterait à son auteur (et à la chanteuse, tiens) d'être livré sans délai aux griffes du Prince des Ténèbres...
(2015)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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1 à 11 sur 5047 critiques trouvées
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