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Dimanche 14 février 2016 : 11879 concerts, 23727 critiques de concert, 5083 critiques de CD.

Vos critiques d'albums


 

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Artiste : Louis Ville Et Les Prédicateurs  Titre : Le Bal Des Fous
Style : Pop - Rock
Louis Ville Et Les Prédicateurs - Le Bal Des Fous Avec cette pochette sombre, ce regard dans le vide et ce titre (Le Bal des Fous) on a tout de suite compris que ce n'est pas parce qu'il sort ce 6eme album (si on ne compte que ceux sortis sous son nom) sur un gros label, que Louis Ville a changé de style. Non il continue a creuser le sillon de cette chanson terriblement réaliste (donc) non festive. Sa voix, qu'on a souvent comparé à celle de Arno voire de Tom Waits semble plus grave que jamais. Aux côtés de sa voix et de ses guitares on retrouve son complice depuis un moment François Pierron à la contrebasse mais aussi Pierre Le Bourgeois (qu'on avait déja croisé notamment aux côtés de Nosfell) dont le violoncelle n'a pas son pareil pour faire monter la pression comme sur ce Gros con par exemple. La nouveauté réside peut être aussi dans le fait que ce disque touche plus à l'intime, en tout cas c'est ce que semble indiquer la ballade Ma rue en tout début de disque ou ce troublant L'instant. On reconnaitra avec plaisir une nouvelle version de Fantome (déjà présent sur le culte Hôtel Pourri). Plus tard on se laissera surprendre par la participation discrète mais ô combien importante de Lola-Leïla sur Nous serons mille, morceau virevoltant et épique comme peuvent l'être certains morceaux de the National, ou par celle de Archie Lee Hooker sur le résolument blues Dawn to dawn à moitié en anglais donc. Après ces 42 minutes on n'attend plus que de voir passer Louis et ses Prédicateurs par chez nous …

octobre 2015 (Louis Ville - Balandras – EPM – Universal)



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Artiste : Night Beats  Titre : Who Sold My Generation
Style : Pop - Rock
Night Beats - Who Sold My GenerationBasé à Seatlle, dans l'état de Washington, le groupe américain Night Beats poursuit sa carrière avec un troisième album studio marqué au fer rouge par le séminal rock garage sixties, les bacchanales psychédéliques de la même époque et les envolées typées rhythm and blues/soul music... Par l'intermédiaire de l'excellent Who Sold My Generation, Danny Lee Blackwell (guitare/voix), James Traeger (batterie) et Jakob Bowden (basse) font paraître une collection de morceaux qui réjouira au-delà du possible les foules réunies pour tripper collectivement dans les très courus festivals psyché du monde entier. Même si l'on ressent très fortement l’influence de groupes comme les cultissimes 13th Floor Elevators de Roky Erickson, les Night Beats (dont le leader est originaire du Texas, comme le combo précité) écrivent de putain de bons morceaux qui ne doivent rien à personne tout en sonnant ultra vintage. On pense en particulier au très efficace single « No Cops », qui évoque intelligemment certaines perles du Velvet Underground, à « Bad Love », un morceau ultra sexy de psyché soul avec cuivres et tout le toutim (un truc qui devrait donner envie aux Black Keys d'aller se rhabiller), à l'hyper suave « Power Chid », qui provoque des désirs de communion estivale autour d'un feu de camp après ouverture des portes de la perception, ou encore au très suggestif « Last Train To Jordan », qui avec son beat bestial et son riff sauvage à la Stooges risque de provoquer des chaleurs incontrôlées au niveau du bas ventre... Cet album co-produit à Echo Park (Los Angeles), par (et chez) Nic Jodoin et Robert Levon Been, le leader, chanteur et bassiste de Black Rebel Motorcycle Club, est véritablement une petite perle, qui devrait briller longtemps dans la mémoire de ceux qui auront la très bonne idée de l'écouter en mode repeat, jusqu'à ce que téléportation directe dans les sixties psyché s'ensuive...

Night Beats en concert à La Maroquinerie à Paris le 29 janvier 2016 et en tournée, dates et billets ici...





Liens : www.thenightbeats.us, www.facebook.com/thenightbeats.u.s, twitter.com/thenightbeats, www.instagram.com/thenightbeats, www.youtube.com/channel...

29 janvier 2016 (Heavenly Recordings)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Qúetzal Snåkes  Titre : II (EP)
Style : Pop - Rock
Qúetzal Snåkes - II (EP)Ce n'est pas parce que ces encore jeunes saligauds ne savent pas écrire "vinyle" correctement (sur la page bandcamp * où vous clique-courrez les découvrir dans quelques instants), qu'ils ne sont pas capables d'en produire des superbes... Si le premier effort d'Alex Cyprine (bien connu comme activiste underground notoire à Marseille) et ses sbires sous le joli nom de Qúetzal Snåkes, Lovely Sort of Death, nous avait fait lever une oreille, également suite à des prestations sur scène recommandées à plusieurs reprises (8 fois déjà à l'heure ou nous tapons, tout de même), avouons que c'est bien ce 2e et toujours trop court album, appelé II avec un à-propos indéniable, qui nous a vraiment chopé au colback, dès le premier contact visuel.
Non mais II, quoi, déjà - et matez-nous cette pochette ! Il n'y avait que Led Zeppelin pour oser des noms et des visuels aussi prétentieux, quand ils gravaient leurs tables de la loi du heavy metal, il y a presque 50 ans... Mais après tout on est d'abord grand de la hauteur de ses propres ambitions, et les Qúetzal Snåkes peuvent à juste titre en avoir des hautes, d'ambitions, avec un son et des compositions pareilles, aux références reconnaissables mais instantanément si plaisantes et marquantes.
La chose ouvre dans un boucan tout à fait digne des riches heures de My Bloody Valentine, voix blanche puis arrachée planquée loin derrière des riffs déjà sanguinaires, histoire de bien vous mettre les oreilles en chou-fleur pour la suite. Et continue en trompe-l'oeil, après une introduction très inquiétante, par Hey hey (Dope Paint), une ballade lysergique façon Anton Newcombe... C'est juste après que le piège se referme avec Satan Cruz (joli titre !) : Le triton maléfique arrive avec ses gros sabots (sabbaths ?), certes bien connus des amateurs. Mais son effet est toujours le même, depuis 1970 : envie de se rouler dans le volcan de ces riffs down-tempi, défoncé à force de humer des fumeroles soufrées et méphitiques, au risque de dévaler au fond des Enfers, d'où semble nous appeler cette voix sépulcrale et lointaine...
Vous vous tirez encore de ce mauvais pas ? Ne pavoisez pas. Ce ne sera que pour mieux retomber dans les griffes du Serpent-Oiseau (à moins que ce ne soit un Oiseau-Serpent), via ce titre au nom encore diabolique (Sixcentsoixantesix), cavalcade façon Dwyer/Segall, gros rock façon SF néo-shoegazer, fuzzé de frais et lardé de son riff attendu mais jubilatoire... Le genre de titres où vos bien-aimés, niston et compagne, accourent dans le salon les bras en avant et très en colère, en réclamant qu'on baisse instantanément ce raffut (...généralement un gage de qualité sonique, quand bien même les deux sont amateur et amatrice de rock... mais de rock plus calme).
Et terminalement, Ecstasy the place to be prolonge le bouzin et donc le plaisir, en remixant quelque peu les différents thèmes pré-cités (shoegaze, ballade, rock fuzz) dans un nouveau maëlstrom presque jouissif, qui se finit lui-même dans quelques arpèges songeuses... Arpèges qui sonnent comme le prologue de la face I de II (si vous suivez toujours), face que l'on va de toutes façons avoir envie de remettre juste après. Et mettre une bonne intro en fin de disque, ça c'est pensé ! A acheter impérativement en vinyle donc, d'autant que la version .mp3, à 666 € TTC la chanson, paraît quand même peu accessible...
(Eighteen Records, 2016)

* Autre enseignement toujours utile de ce genre de pages : une petite série de tags qui auto-définit le projet défendu. Ici : "rock garage psych-punk psychedelic shoegaze spacerock Marseille" et, en effet tout y est. On aurait juste pas mis 'Marseille' qui artistiquement ne représente rien ici et peut, au pire, décourager certains snobs qui persistent à ne pas vouloir comprendre qu'au grand minimum, 86 groupes de rock de qualité y tournent depuis 2013...

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Artiste : La Prière Du Poulet  Titre : La Prière Du Poulet
Style : Soul Funk Rap / Groland-Core
La Prière Du Poulet - La Prière Du Poulet Si vous prenez la musique très au sérieux, amis mélomanes, passez votre chemin. Ici, il s’agit de l’album éponyme d’un groupe qui se fait appeler La Prière du Poulet . De la dentelle.
La Prière du Poulet , c’est un peu La Foire Fouille de la musique, on y croise tous les styles de musique, des files d’attente de featuring -dont les sulfureux illustres Jean-Louis Costes -le performer trash- et Gérard Baste -le MC cheveux longs de Svinkels . La clique distille des promotions sans packaging, brutes & criardes sur le combo gagnant sexe & alcool. Un fonds de commerce atemporel, 100% racoleur, pour un groupe à level maximal d’autodérision, particulièrement créatif dans son champ lexical. Le multiculti de La Prière donne à entendre des sonorités orientales et des percussions africaines option vaudou, avant le dérapage en roue libre : une ode à la vodka chantée en iranien ou une palette d’interludes mystiques à couper au couteau. Mais quand ça joue, ça envoie du lourd, la guitare et la basse rythment le moelleux de la funk ( Poulet Bicyclette , Suce moi la bite , Love is on the way ), électrisent les rythmes exotiques ( Toutes les Femmes version africaine, Vodka Doust Daram version moyen-orientale option alcoolo, Chiquita , petite track salacement Gainsbourienne) ou gratuitement frénétiques ( Sans K-pote , Flamencore ). Quant au DJ, il soigne les bande-son soft-porn cheap ( Google Lady ), les bidouilles ludiques ( Kitty Powa ), et lâche des perles parfum drum’n’bass ( Harundi Vi Bakshi ), voire expérimentalomélancoliques (mot compte triple >> Jean Marc , Humide et brumeuse Belgique ), cette dernière prouvant que nos six poulets banlieusards savent aussi se la jouer poètes, mi Jupiler mi Manneken Pis. Le moindre sujet est évidemment prétexte à l’amoncellement de joyeusetés verbales aussi droit-au-but que décalées, le tout bien évidemment à prix coûtant et avec un flow rapé parfois caricatural qui tranche avec la voix suave (oui j’ai bien dit, « suave », mais j’aurais très bien pu dire « vaseline ») de Carlos Bruni aka Pascal Volaille. Une petite perle qui résume bien l’ambiance-décadence du bordel : « Poésie et sodomie, je vais faire la java ». Je pense qu’à ce stade, ça se passe de commentaires... Je ne sais pas si La Prière du Poulet nous vend du rêve en se mettant à poil, en tout cas, sa cohérence conceptuelle l’honore : on a de la confession, de l’incantation, du vaudou même, et le poulet se décline à toutes les sauces, patte de poulet, poulet Yassa et poule des faubourgs. Ça nous fait penser à du Stupeflip en plus branché cul ; d’ailleurs la participation siamoise de Jean-Louis Baste et de Gérard Costes se charge bien de nous le rappeler, et ce dès le titre : Suce moi la Bite pour Gérard, tandis que Jean-Louis se la joue plutôt Sans K-pote . Fidèles à eux-mêmes, d’une finesse de haut vol.
À ne pas écouter d’une traite, mais à déguster en petits shots bien tassés. Et à voir en live, chauds comme la braise, costumés selon l’humeur et avec une danseuse déglinguée, garanties d’un moment bonne franquette option gravité, comme un barbeuq à 3 grammes.



Signature : odliz
Page Web Conseillée : http://www.prieredupoulet.com/
Artiste : Tindersticks  Titre : The Waiting Room
Style : Pop - Rock
Tindersticks - The Waiting RoomMagnifique nouvel album des Tindersticks, The Waiting Room se fait fort de poursuivre logiquement les très belles aventures du groupe de Stuart Staples, aka « le baryton à la voix de velours », tout en disséminant quelques surprises au niveau des orchestrations (basse slappée, cuivres etc), des arrangements (typés fanfare soul jazz et que l'on doit au très bon Julian Siegel), des invités (la chanteuse de Savages et la regrettée Lhasa) ou des bonus (chaque titre est accompagné d'un mini film )... La troupe de musiciens (avec en plus du leader, chanteur et songwriter déjà cité, David Boulter, Neil Fraser, Earl Harvin et Dan McKinna) a encore une fois travaillé dans le Limousin au studio Lucky Dog, un endroit qui semble hors du temps et vintage, ce qui permet aux enregistrements qui en sortent d'être à la fois empreints de calme, de sobriété et de classe. Avec cette dream team, déjà responsable de multiples chefs d’œuvre et placée dans des conditions idéales, il n'y a rien de très étonnant à ce que The Waiting Room regorge de réussites bouleversantes, parmi lesquelles nous citerons Hey Lucinda, le très très dépouillé et particulièrement émouvant duo capté en 2009 avec l’inoubliable Lhasa De Sela, How We Entered, le plus beau titre du lot, étincelant de mélancolie, sans oublier d'être ourlé de cordes majestueuses, The Waiting Room, magistralement triste et d'une sobriété sidérante (voix habitée + orgue et c'est tout... ), We Are Dreamers!, très sombre et agrémenté de parties vocales parfaites pour le morceau signées Jehnny Beth (de Savages) ou encore Help Yourself, une plage détonante de soul jazz enlevée et cuivrée... Rien à jeter, un disque de très haut niveau donc ! Inutile de dire qu'on réellement hâte de découvrir la version live du disque le 11 Février 2016 lors d'un ciné concert exceptionnel dans le cadre du festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand !

Tindersticks sera en concert aux Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, les 19, 20 et 21 avril 2016 et effectuera une tournée française en février et mars 2016, dates + billets ici...





A lire également, des chroniques de concerts des Tindersticks à Tulle aux Lendemains Qui Chantent, fin 2010, à La Route du Rock 2008, à la Coopérative de Mai en 2003 et au Festival de Sédières, en 2002.

Liens : www.tindersticks.co.uk, www.myspace.com/tindersticksofficial, www.facebook.com/tindersticksofficial, www.facebook.com/cityslangfrance...

22 janvier 2016 (City Slang)

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Artiste : Ty Segall  Titre : Emotional Mugger
Style : Pop - Rock
Ty Segall - Emotional MuggerAprès le deuxième album de Fuzz, positivement décérébrant (sauf pour les irrécupérables sourds), et l'album de reprises de T. Rex (anecdotique mais avec quelques bons titres), Ty Segall poursuit sa route discographique début 2016 avec Emotional Mugger (en écoute ici), un album qui a de quoi émoustiller les fans du monsieur et les petits agités désireux de se mettre la tête à l'envers sur du rock garage 'n glam... La suite du déjà classique Manipulator est plus énervée, plus foutraque, plus rock 'n roll, moins produite, mais tout aussi jouissive pour ceux qui aiment les multiples périodes de Mister Segall : rock garage Lo-Fi, glam pop catchy, folk rock ou encore heavy rock psyché. Chantés avec cette voix acidulée si particulière, qui évoque l'organe d'un rejeton ultra doué de Marc Bolan et David Bowie (Ziggy Rex ?), les morceaux qui déchirent la sono sont ultra réjouissants et risquent une fois de plus d'alimenter la machine à enchaîner les hits qui se met en action lors des concerts. On pense en particulier au titre inaugural, Squealer, sorte de glam garage hystéro et réverberisé, au très « pop garage barbelée » Breakfast Eggs, à l'imparable et fédérateur Candy Sam, avec de très chupee chœurs et sifflements enfantins, et enfin, last but not least, au très musclé et turgescent Diversion, LE méga tube qui sera bientôt sur toutes les lèvres ! Produits et enregistrés de manière brute (merci pour le très bandant son de guitare fuzz !), les onze très bons titres qui forment Emotional Mugger bénéficient en outre de toute une série de bruitages et bidouillages zarbis, drolatiques et psyché. Ce qui fait qu'on devient sans aucune difficulté très, très accro à cette nouvelle collection de morceaux, tout droit sortis du cerveau en surchauffe du blondinet joufflu capable de rendre zinzin toutes les salles, clubs, et festivals dont il foule les planches... Garçon, remettez-nous une nouvelle tournée de Ty Segall svp ! En vous remerciant.



Liens : emotionalmugger.com, ty-segall.com, www.facebook.com/pages/Ty-Segall, twitter.com/tysegall, www.dragcity.com, ...

22 Janvier 2016 (Drag City - Modulor)

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Artiste : Savages  Titre : Adore Life
Style : Pop - Rock
Savages - Adore LifeDécapant, le nouvel album de Savages ! Comme prévu après le concert ultra tendu et hyper agressif donné en amont de sa sortie, à La Route du Rock de Saint-Malo, en août 2015, Adore Life est une sauvage collection de morceaux réussissant à être rentre dedans, près de l'os et basiques, tout en mettant en avant la voix furibarde de Jehnny Beth (sorte de PJ Harvey française ou de Siouxsie Sioux 2.0) et les guitares acides de Gemma Thompson. Pour compléter le plan d'attaque en règle de nos tympans, l'impeccable section rythmique - composée de la bassiste Ayse Hassan et de la batteuse Fay Milton - crée les conditions idéales pour l'épanouissement du chant et des grattes, que ce soit en mode guerrier type punk 'n noise (The Answer, Evil, I Need Something New, When In Love, T.I.W.Y.G. ... ) ou en configuration rock lancinant et atmosphérique, comme sur les titres Adore (sur lequel on pense fort à la figure tutélaire de Patti Smith) ou Slowing Down The Wolrd, où la violence est sous-jacente avant d'éclater au grand jour. En faisant fi des stériles débats sur le niveau de poses qu'il y a chez Savages (groupe anglais ? groupe franco anglais ? Jehnny Beth ou Camille Berthomier ? théâtrale ? féministe ? intello ? rebelle ? en colère ou pas  ? vendue ? sincère ?) et en se concentrant sur la puissance brute de décoffrage du disque, on arrive assez rapidement à la conclusion lumineuse que, comme son prédécesseur, Silent Yourself, Adore Life est un disque important, intense, long en bouche et explosif, du genre à vous péter entre les mains à chaque écoute. Et à tout le temps chercher la bagarre (cf le poing serré sur la pochette)... Une sorte de bombe post punk noise s’apprêtant à faire des ravages à peu près partout sur le globe terrestre.



Savage en concert à La Cigale, à Paris, le 1er mars 2016 et en tournée française, toutes les dates + les billets en vente ici...

Liens : savagesband.com, www.facebook.com/savagestheband, twitter.com/Savagesband, www.instagram.com/savagesband, savagesband.tumblr.com, www.matadorrecords.com...

22 Janvier 2016 (Matador - Beggars)

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Artiste : David Bowie  Titre : Blackstar
Style : Pop - Rock
David Bowie - Blackstar"Something happened on the day He died..." Ecrire sur Sir David Bowie, divinité (extra)terrestre disparue la semaine dernière et pleurée à juste titre par la totalité de la planète, voilà bien une tâche tellement casse-gueule qu'elle en deviendrait presque idiote : il n'y a que des coups à prendre, et qui tomberont à la moindre appréciation ou comparaison approximative... Reste que cet album, Black Star (★), qui sera donc son 26ième et hélas dernier, est ressenti instinctivement comme un disque important, aucunement mineur dans une discographie pourtant faite de hauts et de bas. A ce sujet, pas question de se lancer ici dans une liste hasardeuse de ses albums et périodes les plus fastes, d'autant que personne de sensé, vu la diversité extrême de son oeuvre, ne peut aimer tout Bowie... On avouera simplement un faible tout personnel pour Ziggy Stardust, pour le Thin White Duke, et leurs univers respectifs, avant de tenter de chroniquer ici ce disque, qui en est vraiment très, très éloigné ...
Si le retour de David Bowie en 2013 avec le très beau The Next Day avait surpris le monde, on s'est rendu compte dès sa pochette habilement recyclée que c'était une sorte d'auto-anthologie, Bowie revisitant David ou le contraire, mais avec une élégance telle que moins de trois ans après, plusieurs de ces titres sonnent déjà comme des classiques intemporels, à jamais canonisés dans nos petits coeurs blessés... Du coup, l'arrivée au tout début de 2016 d'un album tout beau, tout neuf a un petit peu moins surpris le monde... Au moins jusqu'à son écoute, franchement déconcertante tout autant que passionnante - seul fil conducteur détecté a priori, l'omniprésence du saxophone, premier instrument historique du jeune David Jones...
Car pour le reste, bienvenue dans un Labyrinthe aussi étrange et plaisant pour s'égarer que celui que Mr Bowie a un jour habité au cinéma, dans un de ses looks les plus inoubliables... Les 10 minutes de la chanson-titre Blackstar à elle seule (soit 1/4 du disque !), et plus encore sa sublime et cryptique vidéo livrée avec en téléchargement (et qui fait donc partie intégrante de l'oeuvre, CQFD) - heroic fantasy, vaudou, horreur, David Lynch ? tout y est ! - seront à n'en pas douter décortiquées avec passion par les exégètes de David Bowie pendant des années... Y mettait-il vraiment en scène sa propre mort ? Après coup il est évidemment tentant, surtout pour un control freak comme lui, ayant nécessairement voulu soigner sa sortie, d'interpréter tout ce disque comme un testament ... On a même lu que la mort parcourait toute l'oeuvre du Maître - non-sens à notre humble avis : dans une telle discographie on peut démontrer tout aussi bien que l'amour, la drogue, la vie de star ou même celle d'extra-terrestre, irriguent pareillement son travail !
Pourtant sur la durée, l'album Blackstar n'a rien de morbide, à commencer par la partie centrale de la chanson Blackstar, qui transpire d'optimisme apaisé et où il semble même s'amuser et faire le pitre (il nous y fait un pied de nez, quand même !). Puis 'Tis a Pity she was a Whore semble carrément, à la maturité près, raconter sans trop de drame un dépit amoureux d'adolescent... Tandis que Sue (Or in a Season of Crime), très ludique musicalement, revisite (enfin, peut-être ?) la période batterie électro et grosses guitares façon Outside (1995), tout en la pénétrant sans vergogne d'un jazz saxophonisé, et le tout en racontant une murder ballad qui rappelle celles de Johnny Cash ! Girl Loves Me renoue (enfin, peut-être ?) avec les textes cut-up et volontairement bizarroïdes du début des années '70, Dollar Days évoque (enfin, peut-être ?) l'humeur mi-figue, mi-raison de Heathen (2002) tout en offrant une beau dialogue vocal avec le saxophone de Donny McCaslin... Autant de "strange feelings of deja-vu" car évidemment, il y a un toujours peu d'auto-citation quand même, quand on a enregistré 25 albums, néanmoins assez fugaces parce que comme toujours, David Bowie a emmené ses chansons encore plus loin, ailleurs...
Mais pour revenir à la mort, la terminale, mélancolique quoiqu'assez sereine I Can't Give Eveything Away semble donner quelques pistes, dont on risquera une interprétation toute personnelle : devant le pressentiment du corps qui flanche, la peur de disparaître et de devoir se séparer de tout (ô combien pénible, pour un archiviste fétichiste comme lui), le chanteur procède à une reformulation poignante d'un code de vie toujours appliqué : "Seeing more and feeling less, Saying no but meaning yes, This is all I ever meant, That's the message that I sent" - un vrai statement récapitulatif d'une existence ô combien hors normes, une déclaration sur laquelle des personnes plus qualifiées que nous pourront sans doute écrire des livres entiers...
Et bien évidemment on ne peut pas nier que la splendide Lazarus, qui semble (enfin, peut-être ?) être le vrai coeur/climax de l'album, et commence par "Look up here, I'm in heaven" (!) résonne vraiment comme une de ces vidéos enregistrées dans les films où l'on vous dit "Si tu vois ceci, c'est que je suis mort"... Mais quand même, avec un certain humour : "J'ai lâché mon téléphone, c'est pas typique de moi ça ?" et aussi "j'ai claqué tout mon argent à New York, à chercher ton cul", ce n'est pas vraiment dans l'esprit du Nouveau Testament non plus... Mais bien plutôt dans celui de cette ombre androgyne et filiforme qui s'y épanouit dans la fuite il y a 40 ans, à New York, pour l'une de ses nombreuses renaissances !
David Bowie est vraiment mort ? Dont acte. On avoue tout de même être furieusement titillé par l'évocation, via le célèbre ressuscité du titre, d'une possible, voire probable (enfin, peut-être ?), résurrection ultérieure... Si un jour prochain, un autre album totalement inédit du Maître sort, avouons qu'on n'en sera pas si étonné - et vous vous souviendrez, s'il-vous-plaît, d'avoir lu ça ici en premier ! Quoi qu'il en soit en attendant ce jour heureux, il n'y a plus qu'à ré-explorer, sans peur de s'y égarer tant elle fait déjà partie de nous, à quelques détours près, l'oeuvre immense que nous a généreusement laissé cet artiste total et unique. Qui aura finalement eu pour la musique et l'art du XXième siècle, une importance aussi cruciale que celle de Wolfgang Amadeus Mozart, deux siècles plus tôt...



(2016)

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Artiste : Shun & His Happy Family  Titre : Faded Flowers
Style : Pop - Rock
Shun & His Happy Family - Faded Flowers C'est donc en tombant sur ce Faded Flowers que je me suis rendu compte que j'étais passé à côté de leur précédent album Stronger than life sorti l'année dernière. La joyeuse famille de Shun, c'est à dire Julie DC à la basse et au chant, Happy Steve au chant et à la guitare et Alex Royalty à la batterie. est donc toujours aussi active comme elle le prouve avec ses presque 12 nouveaux titres. Dès le premier riff le ton semble donné : ce sera blues rock un poil garage … et puis finalement pas que. Le chant un peu en retrait et plutôt langoureux me fait penser à quelque chose sans que j'arrive a mettre le doigt dessus. Je m'égare en pensant à Dire Straits (période Communiqué) et c'est je crois bien sur the departement of general service que ça fera tilt : je crois bien que c'est aux Dum Dum Boys que je pensais. Bref, quelle importance, d'autant que lors des premieres écoutes j'ai aussi pensé à tout un tas d'autres choses … que ce soit ce petit riff Noir Désiresque pas désagréable du tout sur Angry Song, ce côté très Red Hot (si ce n'est Nirvana) sur Song for Ashley ou encore l’énergie crue (en anglais « raw energy » ça aurait un peu mieux sonné) de sur Just lie a human being walking on où j'ai carrément pensé à Hole en antendant le chant tout aussi langoureux de Julie. Bref pour être complet je ne peux pas ne pas cier Webb Wilder sur Tough n rough (nous revoilà dans le blues rock américain). Difficile de vous faire une idée avec ces références un rien disparate. Il ne vous reste donc plus qu'à aller y jeter une oreille vous même par ici ou par là, ou mieux (en attendant qu'ils nous organisent ça en live) en regardant un peu de catch (ci dessous).

2015 (Shun & His Happy Family)



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Artiste : Motörhead  Titre : Bad Magic
Style : Pop - Rock
Motörhead - Bad MagicRhaââ mais bordel de merde, mille milliards d'acouphènes vrombissants, on nous aurait menti ? Finalement il n'était quand même pas immortel ? Pour paraphraser Pierre Desproges : "le 28 décembre, premier coup dur... Lemmy est mort. Le 29 décembre, deuxième coup dur... Johnny est toujours vivant !". Allez, c'est juste pour rire, on souhaite ici une longue vie au dernier mammouth du rock, bien sûr. Voici en tout cas une raison de plus d'aller cracher sur la tombe des assassins du 13 novembre 2015 : ils ont indirectement privé des milliers de spectateurs parisiens de ce qui aurait donc été le dernier Zénith traditionnel de Motörhead, prévu deux jours après et annulé... Puisque notre bien-aimé Lemmy, flamboyant cow-boy dont la silhouette noire [chapeau sudiste, chemise noire, basse Rickenbacker, jean slim et bottes de motard] a marqué à tout jamais le rock bruyant, ne pourra pas revenir jouer ce concert en 2016. Et qu'il a aussi annulé, sans trop d'excuses, le reste de la tournée... Une de ses dernières apparitions publiques lui a en tout cas permis de traiter ces êtres inanimés de cowards & d'assholes, et vraiment, on a pas trouvé mieux !
Que restera-t-il de Motörhead sans son mythique frontman, et nos merveilleux souvenirs des concerts en tous points jouissifs dont il a arrosé la planète pendant plus de 4 décennies ? Eh bien, plus jamais de scène c'est certain, mais au moins, vingt-deux albums studios (et pas tout à fait autant de tubes inoubliables, mais presque...). Ah, et puis un très bel album de rock'n'roll vintage aussi, permettant à la Gargouille d'affirmer enfin son amour de toujours : celui du rock'n'roll des fifties ("Invented by Little Richard, Jerry Lee, Elvis, and nobody else !") en général, et plus récemment, celui des Beatles en particulier... "I remember the time before rock'n'roll !", aimait-il à affirmer sans frime particulière, juste comme un statement qui donnait sacrément à réfléchir... surtout de la part d'un type à qui l'on attribue une bonne partie de l'inspiration d'un de ses sous-genres les plus exubérants et jouissifs, le thrash metal !
La dernière livrée de l'été 2015, Bad Magic, est ce que les journalistes en panne de formule appellent une "bonne cuvée" : régulier comme une horloge, Lemmy Kilmister aimait à enchaîner un album studio et une tournée tous les 2 ans, et tant pis s'il ne réinventait pas la poudre ni la recette de la groupie flambée à la vodka à chaque fois, et si sa voix donnait ici quelques signes de fatigue... Avouons qu'on avait trouvé un autre album récent, The Wörld is Yours, notoirement plus original. Mais hey ! C'est précisément cette triple régularité musicale, physiologique et philosophique, qui impressionnait tant chez Motörhead, non ? Alors que citer en exemple dans le tracklisting du jour ? Il y a ici 13 titres, pour la plupart vraiment orthodoxes, de ce rock'n'roll metalleux braillé à fond la caisse, instantanément reconnaissable, et à qui, en plus d'un paquet d'autres artistes plus mineurs, chacun des Big Four du thrash metal a fait une juste allégeance dans le mythique documentaire Lemmy : sans lui, pas de Metallica, d'Anthrax, de Slayer ni de Megadeth...
Alors certes, Victory or Die introduit admirablement cette dernière salve, les riffs de Thunder & Lightning ou de Teach Them How To Bleed sont aussi cool qu'attendus, tout comme le heavy boogie de The Devil, et Evil Eyes a des ponts grommelés sympathiques, tandis que Choking on your Screams est peut-être la meilleure ici. Mais enfin on ne va pas en faire une thèse, ni même lancer un débat à ce sujet, pas vrai ? Enfin, il y a quand même une ballade quelque peu prémonitoire (toujours facile à dire, après...), Till The End, préconisant de ne rien changer et ne rien regretter... Et surtout, restera cette superbe reprise de Sympathy for the Devil - Non de Zeus, quel beau symbole pour un testament ! - située en toute fin d'album. Magnifique pied de nez final en forme de "Fuck your Gods !" de cette statue immense, tombée d'un bloc deux jours à peine après avoir appris qu'elle était vouée à la destruction... Killed by death, finalement !
Rest in Peace, Ian Fraser Kilmister, Thou shalt be remembered !
(2015)

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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1 à 11 sur 5083 critiques trouvées
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