Style :
Pop - Rock Dissonant est un trio (« formation basique et mythique du rock » comme le dit leur bio) qui a vu le jour à Aubagne il y a un peu plus d’un an et comprend Lucas Martinez (chant guitare), Loic Sanchez (basse) Mathieu Aimon (batterie). A force d’entendre parler en bien d’eux par Thierry de l’Escale Saint Michel j’ai fini par aller voir ce jeune groupe (dont le plus vieux n’a pas encore 20 ans, sur la scène du Cabaret Aléatoire où ils dissipèrent mes doutes d’un set court et nerveux expédié avec précision et plaisir avant qu’ils ne remballent leur matériel pour aller jouer (en tête d’affiche cette fois) à Aubagne justement le même soir. Cette démo 4 titres live qui (s’ils continuent à bruler les étapes comme ça) est peut être déjà complètement obsolète, devrait vous convaincre de ce que je raconte (les plus sceptiques ont aussi le droit a 2 bonus vidéo en live – filmés juste comme il le faut – à couper le souffle). On y retrouve dans un patchwork d’images de nombreux morceaux dont ces 4 titres déjà entêtants. Vinyl dans lequel ils rendent hommage à Sonic Youth (influence parfaitement assumée), UFO qui par certains côtés fait un peu penser à Shrink (qui pourraient être leurs grands frères), Kim leur sautillant mini tube avec un chant aboyé (à la Rogers Sisters) et son refrain déjà célèbre « I got sex with my guitar », et pour finir le plus calme Piece of Shit, titre que n’auraient pas renié les Gasolheads … Dissonant Nation qui affiche ouvertement son intention de « tout tenter pour ne rien regretter » a tout pour devenir grand, voire très grand. En tout cas tant qu’il y a aura des fans de rock n’roll.
Style :
Chanson française Claire Denamur s'accompagne d'une guitare sur laquelle elle pose sa voix... je n'ose pas dire : pas exceptionnelle, malgré un timbre un peu blues sur Prince charmant, morceau au rythme plutot country.
Certains morceaux sont touchants, quand la guitare se fait plus nostalgique comme dans La mal aimée.
Ses textes d'amours passées (Il y avait) ou déçues (voire lucide comme Prince Charmant) me font plus penser à Rose qu'à Agnès Bilh (textes drôles et parfois engagés pour ceux qui ne connaissent pas)...
Mais cette jeune femme a le mérite d'écrire ses textes et de composer... Et même si elle n'a pas le talent de Jeanne Cheral, son morceau Ah les hommes n'est pas sans rappeler les textes et l'ambiance musicale des chanteuses réalistes du siècle dernier. Signature : celine Envoyer un message à celine Page Web Conseillée : www.myspace.com/clairedenamur
Artiste :
Guns and Roses Titre :
Chinese Democracy
Style :
Autres / HardFMfromthePast Miracle de la Résurrection sur la planète du hard rock old-school : Axl Rose is back ! Chinese Democracy, l'album le plus cher de tous les temps (plus de 20 millions de dollars !) sort enfin en 2009, après une décennie de gestation, et 15 ans après que les "vrais" Guns n'Roses aient volé en éclat ! Entre temps les historiques Slash, Matt, Duff, Izzy, Gilby sont tous passés à autre chose, avec des fortunes diverses (citons Velvet Revolver comme le moins pire des side projects). Un best-of des Gunners, qui sentait quand même bien le sapin, est d'ailleurs paru en 2004 ! Et pourtant le leader fou, mégalo et parano sort enfin l'album qui servait de private joke à toute la planète rock, mais que Francis Zegut et Philippe Manoeuvre - et plus grand monde d'autre - attendaient encore avec ferveur...
Evidemment garder un nom de groupe dont on est quasi le seul rescapé (il reste aussi Dizzy... Dizzy quoi, déjà ?) n'a pas grand sens - Mick Jagger est-il les Stones ? Brian Johnson est-il AC/DC ? Mais qu'on ne compte pas sur nous pour renier notre adolescence, ce serait trop facile : on l'a testé à plein volume ! Fan total à l'époque, on avait failli tomber dans les pommes de bonheur quand ce mec incroyablement charismatique est arrivé sur scène avec toute sa clique, à 5 mètres de nous, en juillet 1993. Le même Axl Rose dont on retrouve la voix miaulante et abrasive, absolument inaltérée après tout ce temps et malgré tout le whisky qu'il a du s'enfiler depuis... non sans un petit pincement au coeur !
Bel objet en tout cas, et c'est en effet très bien produit (puisque vieilli 12 ans en studio de chêne...) : l'intro et le son de guitare qui ouvrent Chinese Democracy sont positivement dantesques... et instantanément datés ! Car malgré quelques fioritures électroniques et un son très léché, métallique et moderne (sur ce point on pense à Rammstein !), le rouquin est resté bien tanqué dans les années '90 et compose un album qui aurait pu paraître un an après Use your Illusion : grosse voix, soli rétro de guitares (a priori toujours sur Gibson Les Paul, même sans le guitar hero mexicain à chapeau), batterie basique... Dans Better ou I.R.S., singles probables, tout se passe comme si on était toujours en 1995 !
Retour aussi des balades larmoyantes piano/guitare/orchestre qui ont bâti sa légende (rappelons que l'artificier en short est aussi un bon pianiste), comme Streets of Dreams ou This I Love, ainsi que la mégalo mais ambitieuse Madagascar, toutes trois dignes des temps glorieux et éventuellement écoutables en cachette, à ce titre ! Sinon, un ou deux titres un poil plus originaux (There was a Time) ou surprenants (Ryads & the Bedouins), toutes proportions gardées, sortent un peu du lot ; quelques digressions à la guitare flamenca amusent l'oreille (If the World) et un ou deux riffs sonnent plus groovy que les autres (Scraped).
Mais rien qui puisse nous énerver autant qu'un titre des White Stripes/Hives/Kills/QOTSA/etc. du siècle en cours, et qu'Axl aurait pu/du écouter un peu, s'il n'était pas aussi monomaniaque et ...ch'tarbé. Et puis l'album comporte aussi quelques titres franchement embarrassants : l'infâme Catcher in the Rye, l'horriblement kitsch Sorry... Certains bikers et autres peroxydés à bracelets de cuir vont certainement en chialer de joie, mais on se rend compte pour notre part qu'on a quand même grandi un peu (et écouté autre chose depuis !). Cela dit l'effet madeleine de Proust a quand même un peu joué, ce serait malhonnête de le nier ... Alors comme dirait le grand Nicolas Ungemuth : écoutable à la rigueur en suçant son pouce un jour de régression, en position foetale et sous une couette Guns'n'Roses !
A moins qu'une petite tournée intime des stades ne soit annoncée prochainement, auquel cas n'écoutant que notre courage ... ?
(2009) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.liveinmarseille.com
Style :
Pop - Rock Certain animateur de Liveinmarseille nous reprocha récemment de ne pas chroniquer assez de "variété", et certes ce n'est pas notre style de prédilection - d'ailleurs ce n'est pas un style non plus. Mais pour montrer notre bonne volonté, pourquoi ne pas s'attarder un peu sur ce chouette disque de chanson : Mademoiselle, de Berry ? Soit un disque de 12 jolies titres délicatement orchestrés folk ou violon, pas un pet de rock ni de boucle électro racoleuse, et un style littéraire plutôt châtié : un peu comme du Delerm en fille : le genre de truc que le rockeur un peu honteux - mais au coeur tendre - écoute sur son casque pour ne pas se faire capter.
Car non seulement la chanteuse Elise est une beauté aristocratique au rire cristallin, mais surtout elle a une voix suave et classieuse de comédienne et pour cause, venant du théatre : Mademoiselle est le nom qu'on y donne aux actrices, quel que soit leur âge. C'est aussi le titre d'une très plaisante chanson introductive. Le bonheur semble tourner en boucle à la radio (nous n'écoutons pas la radio...), c'est néanmoins la plus troublante invitation à un baiser sans suite entendue depuis longtemps...
L'ambiance n'est par la suite pas toujours aussi gentille qu'on croirait pour peu qu'on y entre vraiment : cinéma noir pour Las vegas, parano qui se finit l'air de rien... en meurtre ; insultes en rafale pour Enfant de salaud, flippant appel au secours suicidaire pour Demain, rateau élégant et cruel pour Inutile... Sa cousine blonde, la non moins jolie peste Constance Verluca, n'est finalement pas si loin. Bien sûr tout n'est pas formidable : quelques bluettes (Belle comme tout, Plus loin...), de l'anglais pour un titre un peu banal (Live Affair), qui restent agréables à l'oreille même si l'on est pas particulièrement secoué.
Grâce aux bonnes chansons du disque, largement majoritaires, celui-ci reste une alternative idéale à la noirceur de Daniel Darc ou au bouleversant dernier opus d'Alain Bashung (recommandés par ailleurs), sans presque jamais verser dans la niaiserie pour autant - la demoiselle remet les pendules à l'heure avec une rupture gentille, mais ferme, pour conclure - faudrait voir à pas la prendre non plus pour une gentille. Définitivement sous votre charme, si nous vous croisons sur scène, Mademoiselle Berry, promis, nous essayerons de ne pas nous liquéfier...
(2008) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.myspace.com/casadeberry
Style :
Autres J'ai 48 ans depuis 1 mois et l'univers de Ridan me semble intemporel. Quelle poêsie "brelienne" teintée du cynisme des "négresses vertes" etc... Un vrai choc, ma vie passée et présente me semble décryptée avec tendresse, compassion, cynisme, ridicule et vérité. Je vais le faire écouter à mes enfants mine de rien histoire de les toucher sans les contraindre !! Je fais passer à tous ce message : écoutez RIDAN ses mots et sa musique si particulière et si prenante vous renversera. Tout simplement génial.
Signature : maryline
Style :
Pop - Rock Après une intro calme, la vraie nature de Mademoiselle K se dévoile sur Ca sent l'été : chanson rock, avec solos de gratte et tout ! D'ailleurs la chanson Ca me vexe, titre de ce premier album, envoie un bon son funky qui n'est pas sans rappeler celui de "Monsieur M", en plus de paroles marrantes (comme la plupart des chansons). La belle a une jolie voix, pas trop académique, pas trop parfaite, attachante.
De même ses chansons, mélodies et riffs sont plus ou moins percutantes. On avoue ainsi un faible pour la mélodie en berceuse électrique de Grimper tout la haut, pour la sensualité exacerbée de Fringue par Fringue, le riff d'A côté ou encore pour les confessions d'une Jalouse, petite peste qui ne peut supporter d'être remplacée auprès de son ex... qu'elle a plaqué.
La chanson Final, outre une jolie intro en guitare qui monte (et une partie "ghost" en anglais à la fin), pose avec insistance les questions vibrantes "Est-ce que ça vous a plu ? Est-ce que vous reviendrez ?"... On répond sans hésiter, bien sûr mademoiselle, parce que votre sale caractère de femme sensuelle, jalouse et susceptible a éveillé notre intérêt !
Et puis aussi, on reviendra pour voir si vous ferez la photo de face la prochaine fois... Plus sérieusement, une artiste prometteuse qu'on se réjouit de voir sur scène dès que possible et ça tombe bien, Mam'zelle K est en tournée en 2007 !
(2006) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : http://www.myspace.com/01mademoisellek
Style :
Autres / Occitan-remix Pas facile de dénicher la démo d'un des albums les plus attendus de 2007 (ou de 2012... ?) : celui auto-produit par souscription d'Original'Occitana, pimpante chorale marseillaise de chanteuses en rouge et noir qui comme son nom l'indique est à la fois originale et ... en occitan. Langue incompréhensible pour le profane, cependant douce à l'oreille et comme familière, chantée par de jolies voix et posée sur des mélodies traditionnelles remixées au goût du jour (électro-dub avec instruments dans le style de Dupain) par le talentueux Sam de Agostini.
Sur cette démo figurent 4 chansons, parmi les meilleures sur scène : la tralalaïrienne Noviota qui est un peu l'hymne du groupe, l'électro-rock et classe Filha dau vesin, L'amolaire et enfin la diabolique L'arromic et le pinsar qui s'emballe peu à peu et finit immanquablement par transformer les salles de concert en parc à kangourous. Car évidemment Original'Occitana c'est d'abord une expérience festive et entraînante à vivre sur scène ! Ce qui n'empêche pas d'attendre, l'eau à la bouche, le disque complet de cette chorale ô combien prometteuse, susceptible de relancer l'occitan pour un siècle ou deux !
Album à guetter sur http://www.myspace.com/originaloccitana ...
Janvier 2007, la première interview d'Original'Occitana : par aquì !
(2006) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : http://originaloccitana.over-blog.com/
Style :
Chanson française Apres la très bonne soirée passée au Théâtre Marie Jeanne, ou ils se produisaient en compagnie de leur ami Vlad, je me devais de me procurer la première rondelle de ce groupe au nom On vend la Caravane. (Bien) enregistrée avec les moyens du bord, elle nous présente 4 titres (dont deux sont en écoute sur leur « my space ») qui donne une image assez juste de ce que l’on se fera un plaisir de retrouver sur scène. Trio guitare (sèche), guitare (électrique) et contrebasse, composé respectivement de Hervé Lacombe, Stéphane Descamps et Julien Bienaime est un groupe authentique, c'est-à-dire un groupe qui a une voix (deux voire trois en l’occurrence), une vraie personnalité et des choses à dire (comprendre qui est critique sans être ni lourd ni trop convenu). Il le font avec humour avec des textes noirs comme avec cette histoire de vieille dame qui se fait manger par son chien (dans le très Neryesque Réalité) ou celle des dents pourris d’un Playboy malheureux, et aussi avec sérieux lorsqu’ils deviennent critiques envers une société gouvernée par l’argent (dans un langoureux Les problèmes des gens) ou envers l’état qui nous gouverne (dans un Evidemment sautillant comme une chanson de La Tordue). Pour moi (qui ne les ai vu qu’en duo) la nouveauté vient surtout de la guitare électrique qui se déchaîne parfois partant même dans des solos saturés qui font bien monter la tension sans jamais prendre complètement le pas sur le chant. Un groupe avec lequel on pourra compter dans les années a venir.
Style :
Musiques électroniques Jim Morrison des Doors qui chante en duo avec Debbie Harry de Blondie, Elvis qui joue de la guitare, vocalise et trépigne en compagnie de Mike Skinner de The Streets, James Bond qui roule des mécaniques, pendant que Michael Caine et un de ses acolytes font exploser une voiture, un pilote d’avion des années 50 qui s’aperçoit que ses films d’époque ont été transformés en un road movie électronique bluffant, Mick Jagger et son « petit » groupe de rhythm and blues qui se voient sauvagement pirater leur Satisfaction, celui-ci devenant un hymne synthétique frénétique… Tout cela est possible grâce aux talents audiovisuels des DVJ du collectif Addictive TV, passés maîtres dans l’art de remixer des films, clips vidéo et tubes entrés dans la mémoire collective ou totalement inédits… Si l’on en croit les extraits live présents dans le dvd Démo, assister à une prestation d’Addictive TV, c’est un peu comme avoir en même temps aux platines les ultra doués bidouilleurs sonores de 2 Many Dj’s et les VJ virtuoses de Coldcut. Cela donne une irrépressible envie de bouger, voire de sauter en l’air pour crever l’écran qui diffuse le mix, avant de surfer dans le tube cathodique sur un déluge d'images sonores… Les Londoniens d’Addictive TV sont aussi doués pour trafiquer les sons et les images, mais toujours de manière décalée et réjouissante ; cela aboutit à des performances totalement vrillantes, que ce soit en plein air au Roskilde festival, devant un foule férue d’électroclash, ou au Centre Pompidou, devant une audience arty plus réduite. A découvrir, si vous souhaitez ardemment vous démonter la tête…
Style :
Chanson française Cela faisait un moment qu’on était sans nouvelle de ce groupe (pour moi ça fait plus de deux ans et demi sympathique et frais. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé Hugo (chant / guitare), Momo (chant / clavier et mille et un petits instruments), Stefano (guitare / banjo / mandoline), Dens (batterie) et Loran (basse). La formule ne semble pas avoir changé sur le fond : de l’« alternative canzonette » comme ils disent c'est-à-dire des chansons caractérisées par des textes souvent absurdes sinon du moins drôles. D’un point de vue musicale, ils piochent allégrement dans tous les styles (entraînants) dont la disco / techno comme sur Asticot ou la fin de Lapins ! ou le rai métal sur Velvet rai. Sur cette demo 10 titres, outre 2 anciens morceaux (les incontournables Cindy et Pregnant Tarantella) et tout le reste est nouveau. Si sur le premier morceau Vamp ! on aurait pu croire qu’il y avait eu du changement avec cette ambiance western un peu a la Little rabbits (en train de reprendre Roller Girl de Gainsbourg), on retrouve par la suite l’esprit (et les jeux de mots pouetiques) de Boby Lapointe un peu partout et notamment sur La mer ça sent le poisson ou J’assume le fond. La vrai surprise vient peut être du tout dernier morceau O my zoé sorte de cavalcade a la Pixies qu’on a hâte de découvrir sur scène !