Accueil Chronique album : Peter Hook - Unknown Pleasures, Joy Division, par Pierre Andrieu
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Critique d'album

Peter Hook : "Unknown Pleasures, Joy Division"

Peter Hook :

Pop - Rock

Critique écrite le 04 juillet 2013 par Pierre Andrieu

Passionnant pour tout fan de Joy Division qui se respecte, très éclairant sur les débuts et l'histoire de ce combo hyper influent et savoureusement parsemé d'anecdotes bien salées et souvent drôles, le très enlevé livre signé Peter Hook Unknown Pleasures, Joy Division vu de l'intérieur, se dévore d'une seule traite... L'auteur, qui a son franc parler et peut se targuer d'avoir un caractère bien trempé, raconte la genèse de Joy Division, les plans galères, les rencontres importantes, les engueulades mémorables, l'écriture des morceaux et les concerts affligeants de médiocrité ou devenus cultes... Venant du bas de l'échelle sociale et n'ayant pas eu une jeunesse facile, le cultissime bassiste mancunien, plutôt brut de décoffrage, ne s'embarrasse pas de figures de style ou de détours... Il va à l'essentiel, narre les choses en ayant le souci de dire la vérité (Ian Curtis était un jeune homme plutôt normal, quand il avait bu il savait faire le con comme tout apprenti rock star... ), appelle un chat un chat et taille dans le vif. Ses rapports conflictuels avec son ancien ami Bernard Sumner, guitariste et claviériste de son état, son statut de bassiste/roadie/conducteur de van la nuit et de travailleur le jour mais aussi les blagues ultra lourdingues que se faisaient les musiciens entre eux, tout est évoqué sans fard, permettant de replacer les choses dans leur contexte. De manière plutôt touchante, le gars Peter avoue parfois n'être pas sûr à 100% de tout ce qu'il écrit (la faute au temps qui passe, à la drogue et à l'alcool), mais son bouquin - traduit en français par Suzy Borello - fourmille de détails croustillants, ce qui permet d'en savoir vraiment plus sur la manière dont les titres de Joy Division ont été créés, enregistrés, produits et distribués de manière totalement do it yourself. On apprend en particulier que les compositions partaient quasiment toutes d'une ligne de basse mélodique jouée dans les aigus, que l'apport de Curtis était prépondérant pour transformer un morceau de prime abord assez banal en potentiel tube, que le génial producteur Martin Hannett bidouillait tout un tas de trucs essentiels dans le dos des musiciens et que les qualités de guitariste de Barney et celles du batteur Stephen Morris ont permis de concevoir des chefs-d'oeuvre intemporels. Les influences du groupe (Sex Pistols, Clash, Buzzcocks, Velvet Underground, Bowie, Stooges, Doors... ) et la manière dont elles ont marqué les premiers morceaux de Warsaw et la suite sont, bien évidemment, abordées... Hooky parle aussi de choses très personnelles à propos de son sentiment de culpabilité après le suicide de Ian C., sans omettre de faire allusion à ce qui pourrait expliquer ce geste funeste : les tournées incessantes, les histoires de cœur et l'épilepsie du regretté leader. Il faut donc lire Unknown Pleasures, Joy Division vu de l'intérieur si l'on veut en savoir (beaucoup) plus sur un groupe dont presque tous les titres - mis en boite il y a plus de 30 ans mais sonnant terriblement actuels - donnent des frissons à chaque nouvelle écoute...



Liens : lemotetlereste.com, www.facebook.com/pages/Le-Mot-et-le-Reste, www.peterhook.co.uk, www.facebook.com/peterhookandthelight.

2013 (Le Mot et Le Reste)
Vignette Pierre Andrieu

 Critique écrite le 04 juillet 2013 par Pierre Andrieu
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