Accueil Chronique album : Sleaford Mods - Divide And Exit (chubbed Up), par Philippe
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Critique d'album

Sleaford Mods : "Divide And Exit (chubbed Up)"

Sleaford Mods :

Soul Funk Rap

Critique écrite le 05 mars 2015 par Philippe

Ah, les gracieux 'lads' que voilà ! Ladies & Gentlemen, please meet the Sleaford Mods ! Dont le nom lui-même est sans doute déjà une boutade (autant que la coupe de cheveux du leader, peut-être). Sleaford est en effet un trou paumé d'Albion que même G----- Maps a du mal à retrouver, et les Mods, on ne vous apprend rien, sont ces très jeunes gens ultra-apprêtés et chics des grandes villes et de la côte méridionale anglaise branchée (époque Kinks/Who), aujourd'hui disparus. Ces deux grossiers personnages (un mécano, un vocaliste) dont rien ne prouve qu'ils aient changé de sous-vêtements cette semaine, semblent au contraire de joyeux lurons débraillés, quadragénaires bien sonnés, et qui récolteront peut-être bientôt sur scène un succès bien mérité sur la base de ce disque et d'un autre, plus court mais tout aussi efficace, Chubbed Up, également sorti en 2014...
Avec une diction d'enfer, James Williamson, une bière à la main, mitraille à la vitesse de la lumière ce qui semble une engueulade issue d'un film de Ken Loach ou de Stephen Frears, avec un accent à couper au sabre-laser, tandis qu'Andrew Fearn, casquette vissée sur les yeux (également une bière à la main), envoie du gros son à travers un laptop hors d'âge. Et c'est tout ? Et c'est tout ! Et pourtant, certains titres sont proprement à tomber sur le cul d'efficacité (et pourtant dieu sait qu'à moins d'être né dans le Nottinghamshire, on en comprend pas plus de 10 %). Citons Tweet Tweet Tweet & Jobseeker, en mode speed (au propre comme au figuré, à n'en pas douter), ou 14 Day court & The Corgi, en mode plus laidback ... L'effet se fait souvent grâce à la non-mélodie elle-même, comme dans l'énorme Tiswas qu'on a décrété - unilatéralement - notre tube unique de février 2015... Car rien en matière de basse (à part celle de l'insupportable Christine & the Queens, hélas), n'a réussi à nous parasiter aussi férocement le cortex... Mais cette fois-ci, avec un effet euphorisant, et non pas auto-destructeur !
Avec l'air de ne pas y toucher et de s'en foutre complètement, les Sleaford Mods, il est vrai, réalisent un mix presque parfait d'influences formidables : disciples de The Fall et des Happy Mondays (pour la voix hargneuse, essoufflée, intarissable, et l'énergie punkrock '77), des Beastie Boys voire de Cypress Hill (pour le mode hip-hop vicelard sur laquelle elle se pose), de Wire et autres post-punks (pour la basse comme unique horizon mélodique), et plus généralement de l'héritage de la Hacienda (pour le beat minimaliste)...
Ils sont donc le chainon manquant, celui qui réconcilierait si besoin les punks less-is-more, les rappeurs orthodoxes et même les fans de slam-coup-de-boule... Alors quelle que soit votre chapelle, et même si une écoute trop prolongée peut s'avérer éprouvante, un bon shoot (par la voie que vous préférez mais en évitant l'intraveineuse quand même) de quelques titres de Sleaford Mods, saura vous réveiller et vous mettre d'une humeur euh, intéressante, pour le reste de la journée ! Attention quand même, il est très possible que vous ayez envie de sauter à la gorge, façon pitbull terrier, du premier fâcheux qui se mettra en travers de votre route...
(2014)

PS post-festivals 2015 : comme imaginé, branleurs mais super funs en intérieur comme en extérieur !

Vignette Philippe

 Critique écrite le 05 mars 2015 par Philippe
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