Avril en première partie est un type sympa, qui fait une musique sympa, un peu rock, un peu électro, assez catchy comme on dit dans la presse spécialisée. Il n'a pas encore réellement décidé s'il voulait ressembler aux Chemical Brothers ou à Archive. Il a pourtant un tube en puissance, Be yourself, le seul que j'avais déjà entendu, où il se moque des cagoles et des fashion victims. Du potentiel mais pas encore une révélation, même si tout ça est plaisant et très dansant.
Archive arrive ensuite dans une salle pas tout à fait pleine, bien fait, z'avaient qu'à retourner au Moulin comme il y a 2 ans au lieu d'aller dans cette satanée et haïssable salle des Docks. Et aussitôt, un bruit entendu plus tôt se confirme : le chanteur qui anime et porte le groupe depuis deux albums (et deux ans de tournée)... est en vacances (en cure ?), ou a été enlevé par des extraterrestres, bref : il n'est pas là !
Car il n'aura échappé à personne, espérons-le, que le grand escogriffe chevelu qui s'est pointé sur la scène n'était pas Craig Walker, petit rouquin à la voix floydienne et envoûtante qu'ont recrutés avec raison les 2 fondateurs chevelus d'Archive pour leur troisième album, et qui a apporté un réel supplément d'âme au groupe. D'ailleurs pour dissiper tous les doutes c'est d'abord une chanteuse qui s'est pointée sur scène !!
Elle n'est malheureusement pas non plus la créature craintive qui avait enchanté Londinium, premier album, créature dont la voix angélique et sexy en diable nous aurait presque fait oublier Beth Gibbons. Bref, cette jolie inconnue entame la première chanson du deuxième album, on est un peu sceptique dans la mesure où c'est très certainement le moins bon, mais ça passe bien !
Et puis arrive le grand type, un succédané dont la principale qualité est de chanter comme Craig Walker, mais évidemment pas tout à fait aussi bien. Tel le Pepsi à la place du Coca, il lui ressemble beaucoup, on pourrait presque confondre mais les fans ne s'y trompent pas. Pourtant ce chanteur ne s'en sort pas trop mal par exemple dans les chansons du dernier album : Fuck U, Get out ou encore Pulse, dont la fin géniale atteint presque le climax avec le public.
Musicalement le groupe est égal à lui-même (ils n'ont pas changé tout le monde quand même !) c'est à dire excellent, trippant, si vous ne les avez jamais vu il vous suffira de relire les chroniques déjà en ligne sur ConcertandCo pour vous rendre compte de l'effet hypnotique, disons même psychotrope d'Archive !
Par ailleurs, tel un vertigineux voyage en arrière et profitant de la présence d'une chanteuse, le groupe se permet deux incursions dans Londinium dont l'extraordinaire chanson Nothing else, où mon corps s'est couvert instantanément de chair de poule ! Voilà une chanson que je pensais ne jamais pouvoir entendre en live : ça a été le deuxième et dernier point culminant du concert ! Ca valait presque le déplacement en soi.
Pour finir après à peine une heure, ils reviennent nous donner en rappel, comme à leur habitude, Again, extraordinaire chanson de plus de 12 minutes. Là encore l'absence du chanteur se fait malgré tout sentir : un type un peu méchant a même réclamé Craig Walker vers la fin de la chanson (à un moment où ils ont forcément du l'entendre), ce qui a peut-être eu pour effet qu'ils ont quitté la scène à la fin de celle-ci pour ne jamais y revenir, malgré un public pas avare en boucan pour les rappeler...
Au final, une petite déception quand même, d'autant que le concert a duré à peine 1 h 20, vraiment pas assez. Espérons donc que ce remplacement n'était qu'une expérience transitoire, telle que les deux cerveaux d'Archive les affectionnent, et que tout rentrera dans l'ordre à leur prochain passage !