Embarquement immédiat pour le monde merveilleux des Clogs…
Chérissant les disques de
The National et des
Clogs (où officient
Bryce Dessner et
Padma Newsome, respectivement guitariste et violoniste des auteurs du miraculeux album
Cherry Tree de
The National), on se devait d’échouer sur les bords de la Seine pour assister au concert parisien des
Clogs à la Guinguette Pirate… Le cadre intimiste et original de cette jonque chinoise en bois amarrée aux quais de Seine allait rajouter une dimension presque onirique à la performance des quatre musiciens, aussi inspirés que conviviaux.
La guitare bruitiste de Marc Sens
Avant cela, le guitariste expérimental
Marc Sens officiait en première partie avec sa guitare bruitiste, véritable usine à larsens. Sauvagement martyrisée à mains nues ou avec une baguette de batterie, l’instrument hurle sa douleur dans un grand fracas d’effets apocalyptiques… Pour peu qu’on se laisse prendre par ce magma sonore, l’expérience se révèle extrême et évocatrice. Et l'on ressort tout chamboulé de cette demi-heure de voyage sonique d’où surgissent de multiples tableaux terrifiants…
Un caddie renversé dans l’herbe : expérimental
La suite se révèle aussi peu accessible mais nous touchera moins, malgré un beau travail sur les musiques ethniques et répétitives d’
Un caddie renversé dans l’herbe, un Barcelonais au nom de scène aussi original que ses expérimentations. Seul à bord de son entreprise de sons en tous genres, planqué derrière son ordinateur, le compositeur de ce projet un peu hermétique déclenche des boucles et des samples assez aventureux. Puis il se met à jouer de petits motifs par-dessus avec une sorte de percussion africaine au son métallique. Le résultat se révèle un peu crispant sur la longueur, mais la démarche à le mérite d’emprunter des chemins de traverse…
Les Clogs font chavirer de bonheur la Guinguette Pirate
Dès le début de sa prestation, les
Clogs ont réussi à captiver leur auditoire avec une musique intégrant avec pertinence le jazz, le post rock, la folk music et la musique classique.
Padma Newsome (violon, mélodica, chant),
Bryce Dessner (guitare électrique et acoustique, ukulélé),
Thomas Kozumplik (batterie, steel drum) et
Rachael Elliott (basson, mélodica et chœurs élégiaques) ont proposé au public un set absolument magique. Chaque morceau déclenche un feu d’artifice d’émotions dans le cerveau, si bien qu’il est quasiment impossible de ne pas succomber à cette musique presque entièrement instrumentale, interprétée avec foi et majestueusement composée… Sobrement éclairé et bénéficiant d’un auditoire recueilli mais fervent, les
Clogs commencent à faire tanguer doucement mais sûrement la Guinguette pirate. D’abord à l’intérieur de chaque spectateur émerveillé, puis réellement : tandis que la jonque subit délicatement les humeurs de la Seine et commence à bercer l'assistance, la coque du bateau grince en produisant un effet sample réussi (comme chez
Coco Rosie).Dans la musique des Clogs, le basson, le mélodica, les guitares, les percussions et le violon s’enchevêtrent pour produire une transe hypnotique assez inédite. Leus titres sont si incroyablement mélancoliques qu’ils permettent d’atteindre des sommets de bonheur. L’insondable tristesse qui se dégage de ces pièces pour quatuor a décidément un côté magique et imparable.
Ravi de jouer, le groupe communique régulièrement avec le public - par l’intermédiaire de Bryce et Padma - pour expliquer la genèse des morceaux ; on a presque l’impression d’assister à un concert donné par des amis de longue date… Puis les quatre musiciens bénis des dieux de la musique descendent de scène sous les acclamations et viennent parler avec leurs fans, comme s’il ne s’était rien passé. Mais dans notre for intérieur, on sait très bien qu’il s’est passé quelque chose de très rare ce soir…
A consulter également : des critiques de
concerts et de
disques des
Clogs, ainsi que les chroniques de
concerts et de
disques de
The National.
Sites Internet :
www.clogsmusic.com/,
www.talitres.com/,
www.americanmary.com.