(Entretien sur Massilia Burning des Hatepinks, mars 2005)
Q : Sur votre split avec les Shakin Nasties vous avez finis par caser "Philippe Manoeuvre is a piece of shit", d'ou viens cette haine envers lui et envers la presse "rock" ? Vous avez eu des retours ? Une chronique dans Rock & Folk ?
R. Olivier Gasoil :
Je déteste ce scribouillard et tout ce qu'il représente. Le rock sur papier glacé qui passe sur Canal plus et qui pense qu'il y aura jamais rien de mieux que les Rolling Stones. En fait on s'en bat un peu les couille de lui en tant que personne, c'est plutôt ce qu'il représente : rock-critic, copinage, snobinard, fausse attitude. Un peu comme le Mystic Punk Pingouin et toute sa clique de Concertandco.
Quittant momentanément ses refuges habituels (MàC, PàG ou Balthazar), la république punk de Marseille (et ses 50 citoyens) s'est établie pour un soir dans les terres lointaines du
Trolley Bus. Boîte de nuit marseillaise qui, si elle a ce qu'on appelle une salle rock (dans le temps je me souviens il y avait même des soirée électro-goth !), n'est cependant pas réputée pour ses concerts.
Un peu étonné et dépaysé, on revient cependant avec plaisir dans ce lieu qui nous accueillit, voici des années, quand nous étions étudiants à Marseille ou à Aix. Arrivant dans la salle réservée au concert, je repense au soir lointain où j'y ai eu les platines en mains (j'avais tenté un enchaînement suicidaire :
Jacques Brel-Prodigy-Edith Piaf-Pantera, qui m'avait valu de copieuses insultes, que j'étais jeune alors).
Bref, après une attente longue (on avait dit 20 h 30 précises, mon v..) heureusement adoucie par un
happy hour de bon aloi (4€ les deux verres de 'bière', appelons-ça comme ça, ça ne peut tout de même pas être de l'urine), le temps de se réchauffer un peu, et place à la musique (non de Zeus, du punk-rock, enfin !).
Aggravation est un groupe dont je connaissais toutes les têtes en tant que public de concerts
Lollipop style, sans savoir qu'il faisaient eux-même de la musique. Que dire ? C'est fort, c'est rapide, c'est mal réglé au niveau du son, ça larsene entre chaque morceau (voire pendant), c'est super entraînant, bref c'est total punk rock'77 !
Le groupe déclenche des comportements qui en temps normal vaudraient probablement expulsion de ce lieu : pogo, slams et autres accrochages aux tubes du plafond. C'est très amusant et très frais, la qualité du jeu de guitare ou du chant reste largement perfectible vis-à-vis de leurs grands frères (les
Neurotics Swingers par exemple qui commencent à avoir un très bon son sur album et sur scène).
Mais
Aggravation a un potentiel et ses 18 minutes de concert ont aussi servi, comme le dit le Punk Penguin, a fatiguer les plus jeunes (quand on pense que ce type a osé me traiter de vieux rockeur sur le retour !).
Arrivent ensuite les
Hatepinks en forme olympique. Que dire qu'on ait pas déjà écrit lors de leurs nombreux concerts déjà en ligne ? Par exemple que ce soir l'
Escobar a cru bon de s'affubler d'un uniforme de la police nationale ... Où a-t-il bien pu l'avoir, on se demande, aurait-il écrasé par mégarde un policier lors d'un rodéo sous panisses au volant de sa Golf GTI dans les rues De l'Estaque ?
Les
Hatepinks, ça reste une sorte de quintessence du punk et de la haine rose, peu de groupes sont aussi excitants qu'eux sur scène ! Le jeu toujours hyper-précis du guitariste (le seul en rose ce soir), lechant braillé parfois un peu à l'avenant, mais dans l'ensemble très audible par un
Olivier en grande forme. Tous leurs grands tubes y passent ; les
Hatepinks pètent vraiment le feu puisque, performance inégalée à ma connaissance, il ont joué plus de 45 minutes !
Attendu à un anniversaire, je pars à la fin de leur set, avec mon sompteux Split 45 T et ma question récurrente : mais pourquoi haïssent-ils
Philippe Manoeuvre ? Rappelons que
Bored on Pills est paru sur un Monster CD Rock-n-Folk, quand même... Sur cette lancinante question je passe la parole à mes collègues pour
Jerry Spider Gang.
Il etait deja dur de passer apres les
Gasolheads ... il en est de meme avec les
Hatepinks ... le charisme de
Olivier, sa facon de gesticuler, de sauter dans le public, de narguer celui ci, de l'insulter (dans certains morceaux
My friends are assholes ou entre pour le faire se bouger un peu), de se "deguiser" (mention speciale a sa panoplie de policier facon qui m'a fait penser aux
Scissor Sisters, mais aussi a son bouquet de rose ou son pied couineur) feraient aimer un set des
Hatepinks a n'importe qui (a condition d'etre muni de bouchons pour adoucir un peu les douces melodies qui sortent des amplis). En plus les trois autres, quoiqu'un peu plus statiques (ils sont des instruments) assurent comme des betes ...
J'arrete donc sur les
Hatepinks pour parler rapidement des
Jerry Spider Gang que j'avais vu il y a bien longtemps apres les
Gasolheads justement a la
Machine a Coudre... Leur punk rock est bon, mais les morceaux paraissent un peu longs. 21 morceaux en 32 minutes pour les
Hatepinks contre 13 morceaux en 45 minutes pour le
Jerry Spider Gang ... je ne dis pas que la qualite est necessairement inversement proportionnelle a la duree des morceaux, mais pour maintenir un auditoir deja lessive par deux groupes ...
Les
Jerry de Toulouse (d'ailleurs y a un morceau ou il repetent
"to loose" je crois), ont la peche. En dehors du batteur qui m'a paru un peu fatigue (ce qui ne s'entendait pas dans son jeu cela dit) les trois autres (surtout le chanteur et le bassiste) donnent l'impression de bien s'amuser.
Le bassiste n'arrete pas de faire des grimaces. Je ne suis reste au pied de la scene que les deux tiers du set, et ai fini par laisser les plus endurant pogotter de bon coeur pendant que je suis aller discuter un peu au fond, recroisant
Gilles des
Sugarfix ou mettant enfin un visage sur
Zhou ...
En tout cas ne serait ce que pour le cadre et les
Hatepinks ce concert etait indispensable ...
Site des
Hatepinks :
http://hatepinks.free.fr/
Site du nouveau label
Relax-O-Matic Vibrator :
http://relaxomatic.free.fr/
Site du
Jerry Spider Gang :
http://jerryspidergang.free.fr/
Photos et deuxieme partie de la chronique Pirlouiiiit