Jean-Louis Murat fait tourner à plein régime le réacteur d’émoi de ses fans à l'occasion de son concert annuel pour Koloko…
Tout auréolé des trois projets publiés cette année (les albums mélangeant somptueusement chanson, folk et rock,
Moscou et
1829, sans oublier le poétiquement rigolo et sexy livre/dvd
1451),
Jean-Louis Murat est revenu jouer pour l’association Clermauvergne dans un club de la Coopérative de Mai affichant complet. Cette soirée destinée à réunir le plus de fonds possible pour aider le village de Koloko (au Burkina Faso) a été une éclatante réussite à tous les niveaux. Financier tout d’abord, puisque 7300 Euros ont été récoltés, battant ainsi les records des précédentes éditions. Artistique ensuite, car
Jean-Louis Murat et ses compagnons de route
Fred Jimenez et
Stéphane Reynaud ont offert un concert de très haut niveau au public… Et enfin, au niveau de l’ambiance générale, très conviviale : le public ne s’est pas fait prier pour chanter, applaudir et montrer sa joie d’être là pendant toute la durée du concert (plus de 2 heures), un interlude a permis à
Alain Bonnefont de présenter quelques chansons bien écrites en compagnie de
JLM,
Christophe Pie,
Jérôme Caillon et
Stéphane Mikaëlian, et tout cela s’est terminé par un rappel où une fan a pu chanter quelques vers de
Gagner l’aéroport en duo avec son chanteur préféré…
Si la tournée « Moscou » avait permis d’apprécier une nouvelle fois à leur juste valeur les talents du trio Murat/Jimenez/Reynaud (avec de très bonnes prestations à Issoire et Langeac, avant une apothéose parisienne au Théâtre Edouard 7 à Paris, le 18 avril), les concerts humanitaires donnés à domicile ont quelques chose de particulier, un je ne sais quoi de décontracté qui fait plaisir à voir (et à entendre). Les fans viennent à Clermont-Ferrand pour communier avec « leur » Jean-Louis, et ils repartent toujours comblés par la générosité de leur chou chou… Comment pourrait-il en être autrement en 2005 avec un tel florilège de morceaux de
Moscou,
Parfum d’acacia au jardin,
Lilith,
Le moujik et sa femme et
A bird on a poire (le tout agrémenté d’une formidable reprise boogie rock du groupe de
Marc Bolan,
T.Rex) ? Comme le dernier album – dans la même veine que les disques récents – le laissait présager, les ambiances se font tour à tour rock (avec de belles envolées à la guitare), blues (à l’aide de riffs tranchants joués sur une Dobro), folk et chanson pop… Le moment de bravoure du show verra d’ailleurs se rejoindre toutes les influences de Monsieur Bergheaud : la chanson
Jeanne la Rousse introduite et conclue par une admirable version de l’inoxydable hit de
Marvin Gaye,
I heard it through the grapevine, interprétée à la manière de
Creedence Clearwater Revival… La ligne de basse de cette chanson magistrale est jouée à la guitare dobro par un Murat parfaitement mis sur orbite par ses deux musiciens (dont on ne se lasse pas de dire qu’ils sont exceptionnels). Grâce à des passages de ce niveau, le public semble planer de joie jusqu’aux derniers instants du désormais incontournable morceau
Les jours du jaguar, qui conclut cette prestation dans un déluge de guitare saturée.
Bien sûr, on aurait apprécié un voyage plus long (même si sa durée était déjà fort raisonnable) et un Murat plus loquace, mais l’atterrissage se fait en douceur sur le très langoureux
Gagner l’aéroport, joué en rappel. Avec ces paroles coquines en guise d’au-revoir :
« Chacun veut que se relance l’hélice, chacun aime rêver de ça, chacun veut que les mécanos réagissent à la moindre alerte bleue… Chacun veut du réacteur d’émoi, la mise à feu pour un oui, pour un non. » Tout sourire,
JLM lance alors un
« A l’année prochaine ! » à son public. Qui repart comblé : il n’a semble-t-il eu aucun mal à faire tourner à plein régime ses réacteurs d’émois.
A lire également : des entretiens avec
Murat en
octobre 2004 (sur
A bird on a poire),
octobre 2003 (sur
Lilith) et
juin 2003 (sur le concert pour Koloko), ainsi que les
chroniques des derniers albums, et, enfin, les comptes-rendus des concerts à
Issoire en avril 2005, au
Café de la Danse à Paris, à
Aurillac, pour
Koloko à Clermont-Fd en 2004, à la
Coopé en novembre 2003 et au festival
Les Efferv’Essonne en 2003…
Sites Internet :
www.jlmurat.com,
www.clermauvergne.com/,
www.bangbang.fr.fm,
www.labels.tm.fr.