Ce soir un public un peu hype (mais pas que) se presse au Poste à Galène. Le groupe
Vive la Fête a un côté médiatique (soutenu par l'infect Karlagerfeld) mais tient aussi la route musicalement, et attire donc un large éventail : du clubber au fan de gratte. J'aperçois même un chanteur d'une formation punk-rock en vogue, dont je tairai cependant le nom par respect pour sa réputation - pour l'instant - sans taches.
Je ne connais le groupe que par une incursion sur leur site (4 ou 5 chansons en ligne) et une ou 2 entendues par ailleurs. Une des raisons qui m'ont fait venir est que tout le monde vante la plastique de la chanteuse de
VLF. Bon d'accord, la grande bringue mal fagotée en jean et sweat-shirt qui est rentrée dans le PàG juste derrière moi ne ressemblait pas encore à grand chose... par contre il faut reconnaître qu'après transformation, habillage sexy et maquillage provoc', la demoiselle est tout à fait pimpante !
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Parenthèse : Une collègue rencontrée sur place me demande cependant de préciser que toutes les filles à forte poitrine devraient comprendre une fois pour toutes, qu'un bustier porté sans soutien-gorge, ça se casse forcément un peu la gueule. Certes quand rien n'est refait la gravité reste la loi universelle, et cependant il faut bien avouer qu' Els Pynoo, fausse blonde assumée et délurée, est vraiment une chanteuse "physiquement intelligente" (pirouette élégante pour éviter de dire qu'elle est bonne). Voilà c'est fait, après ces digressions mammaires et sexistes, parlons musique voulez-vous ! ]
Le groupe se présente, outre la "blombe", à 4 garçons maquillés façon Marylin Manson. L'un d'eux a une coupe de cheveux mêche-à-la-con où je me demande comment il y voit (il m'a bien eu, c'était une perruque). Leur musique à tendance monomaniaque, consiste à plaquer sur une grosse note de basse répétitive (jouée au synthétiseur, ou à la basse selon les cas), des beats, des riffs et des paroles elles-aussi répétitives. Ca ressemble à une compil Best-of des années "octante" (une fois), passée en léger accéléré, et en poussant les basses et les aigüs à fond...
C'est pas fait pour écouter religieusement, c'est juste calibré pour danser sans réfléchir à l'instar de leur anthem qui ouvre le concert :
Vive la Fête, tout est dit. Et dans le genre décérébrant, ça le fait très bien (4 étoiles donc !), et sur scène ce serait même mieux que
Le Tigre qui est pourtant ma référence en la matière. La chorégraphie limitée de Miss Pynoo (lever un bras, agiter les cheveux) colle à merveille à la chose. Diverses chansons s'enchaînent dont quelques une que j'identifie :
Hot Shot,
SchwarzKopf avec son gros synthé,
la Vérité avec ses grosses guitares. Par moments ça sonne disco, par moments rock voire punk selon l'instrument mis en avant.
Je reconnais la très classe chanson
Assez ("moi je suis la fille que tu as oublié") qui a donc du être un tube un jour, et je m'amuse de
Maquillage-Camouflage qui va très bien à l'idée que je me fais de cette chanteuse ... avec une grosse batterie. Sur
Noir Désir c'est la chanteuse qui pousse son organe au maximum, chanson étrange mais certainement l'une des plus originales, qui se finit dans un délire électro rock frénétique assez puissant. Bref à chacun son tour d'être mis en avant selon les morceaux.. un principe sain je trouve !
Le tout nous rappelant en prime notre jeunesse, et aussi les soirées Années 80 qu'affectionne le PàG... Le rappel se fera notamment sur
Tokyo (pas ma préférée) et sur une reprise convaincante de
Ca Plane Pour Moi sans chanteuse. Et enfin le groupe quitte la scène comme il l'a conquise : sur l'air pourtant assez peu disco du
Beau Danube Bleu de
Strauss... A bout d'une heure et quart c'est déjà fini, mais ce n'est pas choquant. Car après le traitement subi on est prêt à défaillir ou à boire un coup (j'ai cependant attendu en vain la reprise de la cultissime
Fade to Grey, effectivement grosse inspiration pour
VLF et dont parlait une autre chronique).
J'ai toutefois trouvé intéressantes certaines digressions musicales (on sent que les musicos en ont sous la pédale, même si on ne leur demande rien de bien difficile ici). A un moment ça sonnait franchement indus ! Une chanson que je n'ai pas identifiée m'a carrément fait penser à l'association suivante :
Lio feat. Nine Inch Nails ! Improbable mais plaisant quoi ! A l'image de ce concert vraiment très sympathique. Evidemment, j'aurais du m'en douter, un groupe avec un nom aussi vilain ne peut pas être foncièrement mauvais, ou alors il n'aurait pas dépassé le stade du bal du village en Flandre...
Photos : Pirlouiiiit