THE ELEKTROCUTION UBER ALLES !!!
Déjà responsables d’un concert joliment percutant en Auvergne il y a deux ans, les Rouennais de
The Elektrocution sont revenus en mettre une (bonne) couche à l’occasion des Volcaniques de Mars 2006… En écoutant leur très bon premier album
Open heart surgery, on se doutait que les nouveaux morceaux avaient un potentiel pour faire hurler, pogoter et rendre hystérique en concert. Mais ce qui s’est produit dans la grande salle de La Coopérative de Mai a dépassé l’entendement : à peine arrivés sur les planches – tardivement, à 1h30 –, devant une petite centaine de personnes (éberlués au début, puis très rapidement en transe), les cinq jeunes électriciens partent immédiatement en travers sur l’autoroute de l’enfer.
Le chanteur enchaîne les poses rock ‘n roll, en n’oubliant pas de hurler comme il faut, c'est-à-dire à s’en faire péter les cordes vocales. Ce monsieur agité par des soubresauts électriques semble connecté directement à l’électricité des amplis ! Ses acolytes branchés sur le 220 volts ne sont pas en reste quant à eux : ils réussissent à produire le plus de vacarme heavy punk possible, tout en faisant le spectacle avec toute une série de facéties réjouissantes… Et vas-y que je trépigne comme un maniaque en jouant de la guitare. Et hop, un pied sur les retours et un regard de tueur pour le bassiste. Aie aie aie, une belle glissade sur les genoux pour un des guitaristes fous, et dans un déluge de distorsion, cela va de soit. Ohhh, et le batteur ? Il est plus énervé qu’un karatéka en pleine action.
Il se passe tellement de choses sur scène, qu’on ne sait plus où donner de la tête ; et l’on se dit qu’on a en face de soi, là à deux mètres, un des tout meilleurs groupes de scène français. Oui, carrément. Ce n’est pas pour rien qu’un titre de leur album a pour nom
Elektrocution uber alles : ces gars-là sont clairement au-dessus du lot ! Car les morceaux, entre punk rock, hard rock et rock garage sont au niveau de la prestation scénique : c'est-à-dire furieusement excitants. Pour ceux qui les jouent, bien sûr, mais surtout pour l’assistance, désormais au septième ciel du rock ‘n roll après avoir connu les affres de l’enfer New Wave variétés avec les ridiculissimes
The Epoxies, un peu plus tôt dans la soirée.
Voilà un samedi soir, comme on aimerait en vivre plus souvent. Dans les rangs clairsemés du public, certains se mettent à pousser des cris d’animaux en rut, d’autres tentent d’escalader les barrières en vociférant dans les oreilles du malheureux photographe se trouvant entre eux et le groupe. On a même vu des gens se jeter les uns sur les autres, dans une ambiance virile, mais correcte. C’est un peu normal, ces comportements peu recommandés pour le cœur ; l’hallucinante énergie dégagée par le groupe ne faiblit pas un seul instant jusqu’à la fin du concert… Au contraire, on a même la sentiment que ces dangereux fous du volant accélèrent dès que c’est humainement possible. Mais pas de sortie de route pour autant, leur répertoire en acier trempé leur autorise toutes les acrobaties, sans aucun risque de temps mort. En plus d’être d’une simplicité touchante (ils remercient humblement, en ayant l’air presque surpris de l’accueil qui leur est réservé), les membres de
The Elecktrocution ont une énorme puissance de feu sous le capot, et leur moteur a de la reprise.
En fin de set, après un rappel fort mérité, le
New Rose de
The Damned se voit donc interprété avec une conviction et un enthousiasme jubilatoires, selon l’expression consacrée. Il faut sans tarder réinviter ce groupe authentique et doué pour un garage club à la Coopérative de Mai. En ces temps où les poseurs sans une once de talent remuent de l’air en recopiant petitement leurs héros, c’est bien le moins que l’on puisse faire, non ?
A lire également, les chroniques des concerts de
Queen Adreena,
The Briefs et
Alec Empire à l'occasion des Volcaniques de Mars 2006, le
compte-rendu d'un concert de
The Elektrocution à Clermont-Fd, en 2004.
Sites Internet :
www.elektrocution.com,
www.myspace.com/elektrocution,
www.overcomerecords.com,
www.inforockauvergne.com,
www.lacoope.org.
Photo
Flore-Anne Roth