NO TEENAGE RIOT
Même si sa musique est un peu moins extrémiste que celle de son précédent projet
Atari Teenage Riot,
Alec Empire demeure un des plus grands terroristes sonores en activité… et il ne semble pas prêt à faire dans le consensuel et le politiquement correct. Bien au contraire. Son concert dans le cadre des Volcaniques de Mars, à la Coopérative de Mai, était en effet dans la lignée de son dernier opus, le très punk
Futurist, c'est-à-dire d’une rare brutalité. Il faut dire que dans le couple (à la ville, comme à la scène)
Alec Empire/
Nic Endo, la répartition des taches s’établit ainsi : monsieur hurle des textes anarcho destroy dans un micro sursaturé et joue de la guitare thermonucléaire, pendant que madame saccage consciencieusement des sons extra terrestres avec ses machines.
Les titres électro punk d’
Alec Empire joués en concert sont tout à fait de nature à déclencher une
Teenage Riot, malheureusement en ce jeudi soir, le public est apathique et peu nombreux, ce qui n’est pas propice aux débordements. Dommage… Cela n’empêche pas Alec et son corps bodybuildé de faire le show, comme on dit. Torse nu façon
Iggy Pop, muscles saillants, poings menaçants, mâchoire serrée, regards noirs et guitare électrique, en partie pour la pose… Notre homme double les parties enregistrées pour les rendre encore plus violentes, et pour se donner une contenance rock ‘n roll sur les planches. C’est un déluge de rythmes frénétiques, de guitares concassées et de cris stridents qui s’abat sur le public, peu réceptif malgré le caractère immédiat des morceaux, tous plus puissants les uns que les autres. Les bidouillages électroniques « digital hardcore » sont moins bruitistes qu’avant (certains le regretteront), mais l’hommage qu’Alec Empire veut rendre au punk anglais est parfaitement réussi. Il n’y a qu’à écouter les titres
Kiss of death ou
Gotta get out pour s’en convaincre.
En bon disciple du chanteur des Stooges, notre homme aimerait toutefois un peu plus de participation du public… Il se jette donc sur un groupe de gens innocents après avoir menacé de slammer pendant un certain temps, en gardant une pose inquiétante, en équilibre sur les barrières de sécurité. Mais rien n’y fait, la foule ne rentrera pas en ébullition et
Alec Empire n’aura pas droit à un slam d’anthologie. Il ira s’asseoir au fond de la salle pour bouder quelque secondes, avant de remonter finir le boulot, avec une
Nic Endo, toujours impassible, mais qui ne quittera la scène qu’après un joli solo de bruit annonçant la fin du show. Il faudra revoir ce couple infernal dans une ambiance plus punk et plus chaude…
A lire également, les chroniques des concerts de
The Elektrocution,
The Briefs et
Queen Adreena à l'occasion des Volcaniques de Mars 2006.
Sites Internet :
www.digitalhardcore.com,
www.inforockauvergne.com,
www.lacoope.org.
Photo
Flore-Anne Roth