BACK TO 1977
Fidèle à leur flatteuse réputation, les Américains de
The Briefs ont délivré lors de leur passage à Clermont-Ferrand un set concis agité de tics punk du meilleur effet. Leur truc à eux, c’est de jouer vite et fort des morceaux influencés par les groupes punk exaspérés par les solos de guitare du rock progressif. Et ils le font très bien, les bougres, il n’y a qu’à écouter leur dernier méfait discographique,
Steal yer heart, pour s’en convaincre !
Si l’on ajoute à cela, un look flashy (lunettes de soleil marrantes, pantalons fuseau en léopard, blousons étriqués, cheveux teints et en pétard, rien ne manque à l’appel… ), des physiques élancés et une attitude énervée, on se croirait presque fin 1976 début 1977, à Londres, au 100 club. Seuls manquent les crachats émanant d’un public hystérique pour que l’illusion soit parfaite. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : nous sommes en mars 2006, dans la grande salle de la Coopérative de Mai, et pour être franc, ça le fait un peu moins qu’à la grande époque du punk. L’assistance n’est pas très compacte, et l’ambiance est loin d’être bouillante. Si l’on ajoute à cela une série inaugurale de morceaux peu originaux et envoyés à la vitesse de l’éclair, l’ennui commence à poindre.
Et puis, petit à petit, les
Briefs se mettent à jouer des compositions (légèrement) plus lentes et (beaucoup) mieux écrites et l’on sent une irrésistible envie de bouger ses pieds, ses genoux, ses bras et ses hanches, ce qui est bon signe, tout le monde en conviendra... La saine énergie que dégage cette bande de petits agités au style vestimentaire bigarré commence à se propager dans les rangs du public, la majorité des gens semble passer un moment sympathique. C’est tout à fait normal, car sur les planches, chaque musicien donne tout ce qu’il a dans le ventre, en malmenant son instrument de « travail » de prédilection : micros, guitares, basse, batterie… Après moult cris énervés, chœurs hurlés, rythmiques sèches et claquements de batterie, il est déjà temps de quitter la scène pour les Américains au compteur bloqué sur le chiffre 77. Il faudra les inviter une nouvelle fois, mais dans le club cette fois-ci. C’est dans ce genre d’endroit propice au rapprochement des corps et des cœurs que leur musique aura le plus d’impact.
A lire également, les chroniques des concerts de
The Elektrocution,
Alec Empire et
Queen Adreena à l'occasion des Volcaniques de Mars 2006.
Sites Internet :
www.thebriefs.com,
www.myspace.com/thebriefs ,
http://lollipop.records.free.fr,
www.inforockauvergne.com,
www.lacoope.org.
Photo
Flore-Anne Roth