Il est déjà plus de 20h30, mais il n'y a encore que très peu de monde dans la salle. Je peux m'asseoir tranquillement au premier rang (à quand remonte mon dernier concert de rock assis ?). En musique de fond on peut entendre le morceau
Atom heart mother de l'album éponyme des
Pink Floyd. Il y a longtemps que je n'ai pas écouté cet album...C'est un tort.
Alain Chiarazzo, le monsieur Loyal du
ProgSud annonce le premier groupe.
21h10 Le quatuor
John Slade Band composé d'un clavier, d'un guitariste, d'un bassiste et d'un batteur nous délivre 6 morceaux instrumentaux de haute volée. Les compositions sont chiadées, mesures impaires à tout va, les mises en place impeccables et assez déjantées (le style rappelle un peu celui des
Morglbl Trio...Nouvellement
Métal Kartoon). On peut tout de suite apprécier le travail de son qui a été fait par l'équipe du
JasRod (j'avais une petite appréhension due au souvenir du passage de
Symphony X dans cette même salle qui m'avait laissé un larsen dans les oreilles pendant 2 jours). Le guitariste passe de cotcots funkies au gros heavy et le clavier des sonorités de l'orguamon à celle du vibraphone et tous deux exécutent des solos techniques et concis...En clair les musiciens sont bons et n'en rajoutent pas. Le groupe rend hommage à
Zappa avec une composition qui lui est dédiée. Le clavier prend la parole de temps en temps entre les morceaux mais dans l'ensemble ça manque un peu d'interaction avec le public. C'est un peu le lot commun des groupes instrumentaux (tout le monde n'est pas
Christophe Godin). Le batteur appuie (des fois un peu trop fort) les compos du groupe, et le bassiste reste, lui, très discret (quelques slaps ou solos auraient été les bienvenus.). Malgré ces deux petits détails, le groupe nous régale pendant 40mn...
En attendant que le second groupe se mette en place, un groupe folklorique breton de la
Bouilladisse nous joue quelques airs en costumes traditionnels, accompagné de
Tonton à la caisse claire. Durant ce temps la salle s'est bien remplie. Elle est comble.
22h20
Lord of Mushrooms arbore la formation et le look des groupes progressifs métal des années 90. Ils débutent par 2 morceaux plutôt pop, dès lesquels le chanteur nous fait profiter de sa très bonne voix. Le set décolle véritablement au troisième morceau, après une intro qui aurait pu figurer sur
Images and Words de
Dream Theater, et durant lequel le guitariste se lance enfin dans de véritable solos au manche de sa 7 cordes. Le groupe bénéficie également d'un excellent son (sauf peut-être à la grosse caisse où certains passages à la double pédale restent assez confus) venant servir des morceaux relativement complexes et longs aux rythmiques et solos de clavier et guitare techniques. Le bassiste, malgré sa 5 cordes, reste très en retrait. Le cinquième morceau, extrait de leur second opus
7 Deadly Songs, est l'un des 7 péchés capitaux qui composent l'album (le concept album est l'apanage du rock progressif) : La gourmandise. Pour matérialiser leur propos, le clavier jette des bonbons par poignées; mon voisin me fait alors part à l'oreille de ses plus folles attentes pour le péché de luxure ! Le groupe assure une très bonne prestation pendant près d'une heure, avec un jeu de scène un peu hésitant : ils n'ont rien à envier aux « grands » et gagneraient à se lâcher complètement.
Retour du groupe folklorique aux chapeaux ronds marseillais !
23h55 La scène est vide sous les douches des projecteurs pendant qu'une musique en fond fait monter la sauce...On s'attendrait presque à voir Johnny débarquer sur scène. Il faut dire qu'avant IL jouait dans le groupe. IL? C'est un peu le paradoxe de la présentation du groupe : on ne dit pas explicitement le nom de Celui qui officiait dans le groupe il y a une trentaine d'années, sans doute parce que tout le monde le sait, mais on n'a de cesse de le répéter. Ce qui est sûr c'est que si Son style s'est considérablement éloigné de celui du groupe, le style de
Thaï phan, lui , perpétué par
Stéphan Caussarieu, est resté intègre : entre le premier morceau du set qui est extrait du dernier album et le second qui lui est extrait du premier, on ne s'aperçoit pas des trente années qui les séparent. Le batteur assure en partie le chant que l'on n'arrive parfois pas bien à entendre, épaulé d'une blonde plantureuse qui ajoute des chorégraphies, jambes fléchies, cheveux au vents. Les morceaux pour les non adeptes du groupe s'écoutent d'une oreille distraite, jusqu'au 6ème morceau, où l'interprétation de
Time des
Pink Floyd vient relancer l'intérêt de tout l'auditoire. Au neuvième morceau on aura droit à un solo de batterie. Surprise à la présentation des musiciens : le clavier n'est autre que le dessinateur
Herlé (
La vie des vieux,
Achille Talon,
Fluide Glacial). A 1h15 le groupe a droit au premier rappel du festival.
La première soirée s'achève sous la diffusion de
Close to the edge de
Yes.
Les photos sont de David, Dimitri et Laurent.