Comme au premier soir la salle n'est pas vraiment pleine à 20h30 : le dernier match de
Zidane au
Stade de France aurait-il eu raison du
ProgSud ? En tous les cas il faudra faire très fort pour égaler les prestations de la veille. Mais à en croire ce qui va suivre, rien n'est impossible pour les organisateurs du festival qui ont su trouvé des groupes qui nous ont régalé un peu plus ces 3 premiers jours.
21h10
Asturias nous présente sa face acoustique. Rien à voir avec les versions réchauffées dites unplugged où l'on se contente de remplacer les guitares électriques par des guitares folks, ou d'ajouter un accompagnement symphonique dirigé par
M.Kamen sur des vieux morceaux. Non, ce groupe du soleil levant nous délivre des pièces acoustiques originales interprétées au piano, violon, clarinette et guitare sèche. Pupitres et feuillets sous les yeux le groupe nous donne une musique de chambre écrite par le guitariste
Yoh Ohyama dont certains airs rappellent des compositions de leur compatriote
Joe Hisaishi. Dès la fin de la première pièce tout le monde est sous le charme...Charmés, nous le sommes aussi par les deux jolies interprètes féminines qui nous disent avoir apprécié ces 2 jours passés en France. C'est près d'une heure de fraîcheur et de délicatesse (dans un monde de brutes) qu'offre
Asturias à un public cueilli par ce style inattendu. Mais le compositeur tient à souligner la marque progressive des morceaux en introduisant la pièce jouée au rappel : « ce morceau est un 21/16. Essayez de compter si vous le pouvez ! ». Je n'ai pas réussi pendant le concert, mais j'ai acheté le cd pour recompter chez-moi.
22h20
Baraka est la plus petite formation (guitare/basse/batterie) du festival , mais celle qui dégage le plus d'énergie. Le power trio japonais a su se faire désirer durant les 3 soirs précédents en sollicitant le public, flies et autocollants à la main. Après avoir déballé méticuleusement ses pédales d'effets de chacune de leurs boîtes et les avoir disposées au sol, le bassiste/chanteur lance le bousin. Et ça part très fort avec des rythmiques guitare très enlevées à la
Nuno Bettencourt, soutenues par une batterie puissante et très groove à la fois. Le guitariste survolté à pattes def, se contorsionne comme un ver de terre sur scène se prenant parfois les pieds dans les jacks, mais pas du style à se démonter, revient au devant de la scène pour se masser les fesses devant le public ! Les compositions sont un enchaînement de styles rock, funk, métal, et reggae et sont marquées par des changement brutaux de rythmes. Seule la reprise au bout de 10 minutes du thème joué en début, nous rappelle qu'il s'agit d'un seul et même morceau. Au terme d'1h25 d'un set explosif le groupe a droit à sa standing ovation, et le public à son rappel. Le bassiste nippon conclue par un « merci beaucoup ».
00h10 C'est au groupe allemand
RPWL (prononcé [er]:[pe]:[dubl-ve]:[el] par le chanteur
Yogi Lnag) qui a lourde tâche de clôturer ce festival. Le nom du groupe et le titre de leur dernier album
World through my eyes sont projetés sur un écran derrière la scène. Ils arrivent alors pour l'interprétation du morceau éponyme pendant que des images éclectiques envahissent l'écran :
la vierge Marie, une faucille et un marteau, des dollars, des croix gammées...Le style entre pop et néo-progressif est servi par des solos de guitare très gilmouriens. Le chanteur aux airs de
Steeve Hogart a une bonne présence, ainsi que le guitariste et bassiste qui se joignent dos à dos pour aller sans cesse au devant de la scène. Le groupe enchaîne les titres
start the fire,
roses,
3 lights,
Opel,
Trying To Kiss The Sun,
Wasted land, et
Hole in the sky, se mettant en abîme avec la diffusion de leur clip en arrière plan. Au premier rappel le groupe reprend
Cymbaline des
Pink Floyd, entrecoupé d'un extrait d'
Atom heart mother qui déclenche les applaudissements du public, tant cette reprise périlleuse est bien faite. Ils interprètent à nouveau un de leur titre
I don't know avant de revenir au second rappel pour jouer
Welcome to the machine des
Pink Floyd
Avec la reprise d'
Atom heart mother faite par
RPWL, le festival se termine comme il a commencé il y a 4 jours. La boucle est bouclée.
En définitive le
ProgSud c'est quoi ? Une programmation excellente, une organisation nickel, un son impéccable, une envie de raconter qu'on a assisté à des concerts vraiment extraordinaires, et la certitude qu'il existe bien en marge d'une industrie du disque qui tourne en rond des musiciens qui font avant le schmilblick. Chapeau bas aux organisateurs de festival, et vivement la 8ème édition.
Les photos sont de David, Dimitri et Laurent.