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(mes) Eurockéennes de Belfort 2006 3/3 : Dominique A, Art Brut, Mogwai, We are Wolves, Las Ondas Marteles feat.Camille, Archive, Sigur Ros, Muse...

Presqu'Ile du Malsaucy, Evette Salbert   2 juillet 2006

    Concert à ne pas manquer

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    Photos sans autorisation par Philippe

    Pour le premier jour c'était par ici et pour le deuxième, fallait commencer par !

    Toujours d'esprit flâneur sous un soleil qui a du prendre comme nous un pass 3 jours (à moins qu'il n'ait eu une accréditation, LUI...?!), on commence tranquillement la journée en n'écoutant quasiment pas Dominique A (ouais, bon, certes c'est pas comme ça qu'on va devenir journaliste professionnel...) Cela étant il est sûr que cet artiste à la voix un peu monocorde mais aux jolis textes, dans une salle fermée, doit être sympa à écouter... moi je ne le vois toujours qu'en festival.


    "We are Art Brut, any questions ?" Ouais, quelques unes. Pourquoi le chanteur est-il si vilain et mal habillé ? Connaissant l'album on soupçonnait bien qu'il chanterait mal, mais à ce point : grassouillet et probablement bourré, on dirait un supporter anglais, tout droit sorti d'un pub karaoke ... quand au groupe il est composé de gens biens lookés mais assez poseurs.
    Pourquoi commencer par un riff d'AC/DC ? pour attirer le chaland ? Bref, supportant plutôt bien le groupe sur son premier album, on prête tout de même une oreille attentive au combo de, comme on dit, rock arty. Et ses chansons toutes plus désinvoltes les unes que les autres : We formed a Band, My young brother (au son sympa, mais nous désolé on a pas attendu 21 ans pour découvrir le rock),Bang bang rock'n'roll (déjanté et noisy, avec un petit côté Libertines), ou encore Rusted guns of Milan (qui pourrait se résumer en "Too drunk to fuck"). Au bout d'un moment, l'arrogance de ce type devient franchement agaçante, un petit côté tête à claque à la Pete Doherty... On est donc partis pendant Emily Kane, laissant ce groupe réfléchir à la possibilité de recruter un vrai chanteur...


    Quoi qu'il en soit, l'un des rendez-vous majeurs de cette édition nous attend : Mogwai !
    D'ailleurs le chapiteau dégueule de monde, impossible de s'approcher sans écraser quelques pieds quand le concert débute sur un air celtique. Le groupe a la réputation non usurpée de jouer très fort : on se fait effectivement salement ramonner les cages à miel avec plusieurs chansons du dernier album, l'excellent Mr Beast dont on a dit le plus grand bien, même si par exemple Happy songs for happy people est au moins aussi bon. Le leader, guitariste souvent et chanteur rarement (et encore, avec la voix vocodée à mort), est un ptit gars pas fier planqué sous sa casquette : Stuart Braithwaite, qui comme tous ses potes reste imperturbable, quelle que soit la tempête sonique qu'il déchaîne. On note qu'ils portent pour la plupart des bouchons dans les oreilles, quand même, les petits joueurs...


    En tout cas Travel is Dangerous et plus encore, la magnifique Friend of the Night ravissent nos oreilles. Cette musique vrombissante a des effets variés : la fuite -pour pas mal de gens- ou un état second de trip extatique (que certains aident avec diverses substances). Des passages très calmes (où l'on tend presque l'oreille) sont enchaînés sans ménagements avec des déferlantes soniques, littéralement des murs de larsens que construisent, impavides à la manière d'un Ron Asheton des Stooges, le chanteur de Mogwai et sa bande. Ce son totalement anti-commercial, à rebours des modes, que l'on appelle le "post-rock", est décidément bien jouissif et rafraichissant. Dommage qu'on ne puisse pas changer d'oreilles dans une vie ... Mais on veut bien prendre le risque, quand retentit la diabolique Glasgow Mega Snake (que Muse n'arrivera jamais à écrire, car pour cela il faudrait d'abord baillonner Matthew Bellamy...). Le final tout à fait chaotique se fait après un slow très lent, en béton armé, qui doit être sur l'album HSFHP ? Le groupe nous quitte sur ce que l'on appellera un bruit "noir" : tous les instruments saturant tous en même temps, à force d'être maltraités, piétinés, cognés etc. Au final, un excellent moment expérimental qui fait du bien... même quand il s'arrête.


    Bien sûr on aurait pu s'échapper plus tôt. Mais pour une fois qu'il y avait peu de groupe popeux à la Belle & Sebastian, on ne s'est pas rués pour voir la fin d'Aberfeldy(sheim*) ; un grand amateur de ces groupes mélodiques (et ch...) nous en a cependant dit du bien, avec la réserve que c'était un peu limite easy-listening variété par moments.
    * private joke pour alsaciens d'origine - ne pas confondre avec Mittel- et Niederfeldysheim bien sûr
    Bref, on reprend ses esprits avec la fin de We are Wolves, live on the beach. Restaient seulement 10 minutes de cet excellent power trio rock, au son électro-garage (guitare, synthé et batterie), super sympa, à revoir en salles si possible !


    Car animé d'un mauvais pressentiment, on a traîné des pattes avant de rejoindre la grande scène et Archive. Et notamment, on a poussé jusqu'au sound system, minuscule scène (comparée aux autres) à l'entrée du site, pour revoir un petit coup de Las Ondas Marteles, sympathique trio de musiques espagnoles déjà vu avant un inoubliable concert de -M- au Dôme. Un vrai plaisir que d'écouter de la canson tranquilla en español (un peu de calme après la tempête), des trios a capella avec carillons délicats, un rockabilly guitare/contrebasse acoustique et néanmoins endiablé qui doit s'appeler My baby left me.


    Au moment où l'on remarque un truc amusant, que Sébastien Martel a comme un petit air de Manu Chao plus jeune et plus grand, voilà Camille qui arrive !! La même que hier, mais ce coup-ci à peine à trois mètres ! Trop classe. Elle est venue chanter avec Nicolas Martel (chanteur délicat s'il en est), 2 slows rock très classieux, d'une voix archi-sexy digne de Betty Boop. On les quitte à regret sur un blues, mais quelle idée super sympa que cette petite "saynette" à l'entrée du site, pour des collaborations sans façons entre grands artistes !


    On rejoint cepentant quand même Archive par acquis de conscience, sur Fuck U. Bien sûr la musique est toujours très belle mais la voix du nouveau chanteur n'est vraiment pas top, bof, il n'y a rien à faire, on regrettera toujours Craig Walker, le rouquin torturé et charismatique parti il y a presque 2 ans. Le groupe joue des nouveautés de l'album Lights, un peu faiblardes a priori (en tout cas répétitives par rapport à leur dernier bon album en date, You all look the same to me, lui-même aussi beau que Londinium - on pardonnera s'il le faut beaucoup de galettes mineures aux deux auteurs de ces oeuvres sublimes).


    Mais horreur ! En plus du nouveau chanteur de qualité standard, revoilà le chevelu casse-couille qui nous les a déjà brisées par le passé aux Docks des Suds. A deux doigts de filer, on est retenus par un peu de la magie d'antan, toujours reconnaissable dans les orgues en trémolos magnifiques. En plus le groupe se lance dans Again, les salauds, plus possible de partir, la guitare nous a scotché... musicalement la chanson est évidemment sublime mais vocalement aie aie aie, quand il crie ça fait presque peur (on dirait Bono !). Le concert à Rock en Seine 2004 restera donc celui du top du top d'Archive, on en reste à jamais inconsolables...


    Inconsolables, ça tombe bien c'est ce qu'il faut être pour apprécier Sigur Rös. Encore du post-rock, on est gâtés, sauf que celui-ci vient d'Islande. Encore plus planant, presque aussi sonore que Mogwai, le groupe joue d'abord caché derrière un rideau aux images abstraites - dernière photo qu'acceptera de prendre mon appareil photo épuisé. Le chanteur apparaît alors, Jonssi Birgisson, pour votre gouverne borgne et gay selon le (très complet) site web du groupe, mais surtout charismatique et assez beau gosse apparemment, qui joue de la guitare avec un archet, tout en chantant avec une voix d'ange.
    Le groupe interprête plusieurs chansons de l'album Takk et notamment le "tube" (ça c'est de l'info non ?). Pour être plus précis, plusieurs chansons aussi de l'album ( ), mon préféré. A ce sujet, un petit regret d'ailleurs : autant ils ont joué ( ) que j'aime bien, autant j'ai attendu en vain la très floydienne ( ), que j'adore (blague à part, la 7e sur 8, 13 minutes qui contiennent la naissance et la disparition d'un monde, cette chanson est un vrai trip, elle est belle à en mourir).


    (Photo : image.freemusic.cz)

    Le public, il fallait s'y attendre, est complètement euphorisé par ce son tout à fait énorme. Sur scène, il y a pas mal de monde dans l'ombre : des percus et carillons féminins, au moins 5 cuivres, et le son est un peu soporifique (mais au sens positif du terme : on a envie juste de rêver, allongé dans l'herbe), au son de la superbe ( ) (5ième, 8ième ?) qui est vraiment magnifique. Il faut dire que le hopelandic, langue inventée par Sigur Rös, est au moins aussi mélodieux en bouche que le klokobetz de Nosfell... A la fin le rideau retombe, en ombres chinoises, le groupe offre un final grandiose avec un triomphe total (petite surprise, je ne doutais pas que les gens aimaient tant ce groupe - autant de bruit que pour Mogwai...). Et pas moins de 14 personnes qui viennent saluer ! Les deux meilleurs groupes de post-rock en activité, le même jour, elle est pas belle la vie à Belfort ?

    Ivre et saturé de bonne musique, il n'est plus question de se battre avec des hordes de minots en t-shirt siglé, pour aller absolument voir les frimeurs prétentieux de Muse, et leurs chansons trop écrites. Déjà vus, plusieurs fois, ils nous énervaient déjà en 2000 quand ils avaient 17 ans et un seul album au compteur. De loin, on entend Bliss et d'autres tubes "historiques", toujours plaisants à l'oreille mais aussi Stockholm Syndrome de l'album Absolution (et comme lui et tout ce que fait Muse : facile d'aimer à la première écoute, facile de se lasser à la deuxième). Le groupe n'a certes pas le génie de la composition, mais ce sont de bons entertainers, et en partant leurs chansons bien connues nous accompagneront agréablement jusqu'à la voiture.


    Au final, on retient de ces trois jours une très jolie édition, rien qui nous ait rendu totalement fous (quoique, Daft Punk et Katerine ? ...) mais plein de très beaux moments. De la tempête décibelienne de Mogwaï à un p'tit blues sexy avec Camille et Las Ondas Marteles en passant par l'élixir de jouvence que nous a délivré Depeche Mode ou le prozac sonore de Sigur Rös, du délire francophone de Dionysos à celui en yaourt anglo-nippon des Polysics, une fois encore les Eurockéennes ont su nous étonner, nous amuser, nous énerver, nous faire vibrer...
    Avec un engagement écologique et même citoyen (l'association Trop C trop contre la surcharge des prisons) qui ne se dément pas, une organisation sans failles aucune (y compris la météo), on est toujours dans le plus beau des festivals, alors c'est sûr, l'an prochain, on reviendra !

    Longue Vie aux Eurockéennes !

    A lire aussi sur ConcertandCo : (mes) Eurockéennes 2005, ou même celles de 2004, voire celles de 2003... et puis aussi un retour sur les années 1994 à 2002 !

    Quelques vidéos en bonus, à voir par ici !

    Vignette Philippe
    Signature : Philippe
    le 07/07/2006
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     Vignette Philippe
    Photographe : Philippe
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