Le concert commence avec
Rob, un groupe invité par
Phoenix. Ils ont trop écouté les disques de leurs parents, leur musique fait penser à
Genesis, voire à
Yes ! C’est plutôt courageux de faire une musique comme celle-là en 2001 ! Les instrumentaux calmes, la voix aiguë et le jeu de clavier du chanteur ne m’ont pas déplu. Par contre, le concours de soli de guitare entre les deux guitaristes m’a fait bâiller et les breaks typiques du rock progressif dans la structure des morceaux m’ont fait ricaner nerveusement. A signaler, une apparition en guest-star de
Sébastien Tellier, le
Syd Barrett français, qui a accompagné ses camarades à la guitare non branchée caché derrière le bassiste...
Ecoutez-moi tous bande de cons ! Ecoutez-moi tous bande de nazes ! Ecoutez-moi tous bande de tarés ! Vous n’êtes pas venus assister au concert des
Little Rabbits ? Vous avez eu tort, ils étaient très en forme, drôles, inspirés...
Je les avais déjà vus deux fois pour les tournées consécutives aux albums
Grand Public et
YEAH !, et c’est ce concert que j’ai préféré... Comme les
Little Rabbits n’ont joué que des morceaux de leurs trois derniers albums produits par
Jim Waters à Tucson, une unité de ton et de son régnait sur scène. Sur ces albums, il y a beaucoup de choeurs féminins, mais
Angie Bowie et les autres choristes ayant d’autres choses à faire, c’est le guitariste et le clavier qui s’y collent en tournée ! Sur
J’ai faim, les deux zigotos font beaucoup d’efforts pour prendre une voix féminine aiguë à la limite du faux, on en redemande !
Les textes de
Federico Pellegrini sont savoureux ; ils sont hantés par les petites pépés, les voitures américaines, les séries TV des années 70 et c’est à signaler, par les gros mots ! Par contre, je n’ai pas tout compris... Que veux dire ce jeune homme quand il chante de sa voix désabusée :
"On m’a parlé de 69, trop jeune moi, j’ai bien connu 99, c’est agréable ma foi d’être à l’endroit !" Mystère ! La musique est une sorte de rock lo-fi relevé par des samples divers (cuivres, bruitages... ) et des guitares funky rappelant le générique de
Starsky & Hutch : dépaysant, jeune, frais, léger, pittoresque ! En plus, les projections en fond de scène de mini-films tournés aux USA par les petits lapins eux-mêmes contribuent à instaurer une ambiance tucsonienne pas désagréable.
Roller Girl, une reprise de
Serge Gainsbourg est même jouée avec maestria...
Que demander de plus ? Un rappel ! Le groupe se lance alors dans
A red disk swimming in the blue sea et ça décoiffe. De brusques moments de bruit à la
Sonic Youth sont suivis par un refrain calme chanté avec écho et voix distordue. Les
Little Rabbits, c’est bien de la grande musique grand public, yeah !
Un peu plus tard,les amis et backing band de
Air,
Phoenix, font leur apparition. Il paraît qu’on ne peux pas juger un groupe sur la coupe de cheveux du chanteur, ce n’est pas fair-play ! Mais là quand même, ça va loin...
La musique de
Phoenix n’a aucun rapport avec celle de
Air, malheureusement. Il y a des titres funk (celui qui passe à la radio et qui fait se pâmer les jeunes-filles prépubères), et des titres plus rock. C’est assez moyen mais ce qui dérange le plus ce n’est pas la coupe de cheveux, ni la musique, c’est la voix du chanteur qui irrite copieusement ! Et puis en rappel, une faute disqualifiante vient mettre le groupe hors jeu : un morceau de zouc ! Si c’est ça la "touche française" encensée par nos amis anglais...
Set list Little Rabbits :
Monkey planet
Simca 1000
Une belle fille comme toi
Yeah !
Impelecatexposssifice
Des hommes, des femmes, des enfants et le sexe
On dirait un mort sur le banc
La grande musique
L’amour
J’ai faim
Dans les bras d’une autre
Roller girl (Serge Gainsbourg)
La piscine
A red disk swimming in the blue sea
Monkey planet 2
Ma femme américaine
Photos prises par Lao (http://darklao.free.fr), à Paris, le 12 mars 2001.