Le concert de
Bonnie Prince Billy étant annulé (quel dommage !), c’est
JJ72, un groupe irlandais, qui débute la soirée pied au plancher. Ils sont invités par
Muse sur cette mini tournée européenne, il y a pas mal de similitudes entre les deux groupes : ils sont trois, ils sont jeunes, ils font du rock, le chanteur a une voix haut perchée et joue de la guitare de manière énergique. Si leur prestation a duré seulement 40 minutes, ils ont eu le temps de montrer qu’ils avaient de l’avenir. Enfin, s’ils n’attrapent pas la grosse tête avec les louanges des journaux anglais... Les titres les plus accrocheurs et énervés (October swimmer, Undercover angel, Oxygen, Long way south, Snow) ont bien sûr été joués mais le chanteur a aussi interprété tout seul à la guitare folk deux chansons calmes (Willow, Improv) assez réussies.
Puis
Tahiti 80 fait son apparition sur la scène du bien nommé Igloo. Ces jeunes français dont le fan club japonais est déjà conséquent jouent une pop qui donne envie de bouger son corps, ils sont souriants, détendus et sont appréciés par la plupart du public. Tahiti 80 bénéficie de la présence d’un bassiste aux cheveux frisés qui se déhanche lascivement sur tous les titres : il a le rythme dans la peau ou quoi ? Il fait le spectacle en tout cas... Un concert frais et sympathique qui donne envie de vacances dans les pays chauds (c’est à dire loin de Bourges en avril).
The Divine Comedy, enfin
Neil Hannon et ses musiciens, arrive ensuite. Ils ne joueront que des titres du dernier album (« because we like it and we hope you like it too ») produit par Nigel Godrich (Radiohead, Beck, Travis, Pavement), le magicien actuel des consoles. Les nouvelles compositions sonnent parfois un peu comme du Radiohead, elles sont pour la plupart calmes avec des moments wagnériens assez grandiloquents. Ce qui reste de l’"ancien" The Divine Comedy, c’est le côté pop mais aussi la superbe voix de Neil Hannon.
Stephen Malkmus, échappé de
Pavement, tient la grande forme, il a sans doute goûté le vin français : il rigole, tourne sur lui-même en poussant de petits cris suraigus, sourit, ça fait plaisir à voir ! Il nous gratifie de soli de guitare bordéliques et bizarroïdes dont il a le secret. Son deuxième guitariste et clavier fait des commentaires assez drôles avec le français qu’il a appris à l’école... Les chansons du nouvel album font penser à celles de Pavement, elles sont toutes très bonnes. Ce Stephen Malkmus a décidément la grande classe !
Muse arrive enfin et d’entrée, c’est très fort à tous points de vue : niveau sonore, jeu de guitare, sauts en hauteur, voix... Ce soir, ils joueront la plupart des chansons de leur premier album, Showbiz, l’accrocheur nouveau single Plug in baby, une superbe reprise de Nina Simone (Feeling good), et bien sûr une demi douzaine de nouvelles chansons à paraître sur leur prochain album en juin.

Photo : Jean-Pascal Blache (Bénicassim 2002)
Les nouveaux morceaux sonnent bien, l’album risque de faire mal ! A signaler, un morceau avec un riff d’intro et d’outro à la
Rage Against The Machine. Ce jeune homme a toujours un jeu de guitare aussi puissant et une voix aussi... puissante (des cordes vocales comme ça, c’est pas commun !). Son jeu de scène n’est pas très sobre : il se jette partout, fait de grands sauts, on pourrait dire qu’il en fait des kilos. D’ailleurs, il en fait réellement des tonnes, mais en jouant cette musique c’est difficile de rester assis comme
Ben Harper. Par contre, s’il te plaît, évite les plans de guitare en tapping à la Eddie Van Halen...
Par contre, les morceaux où la guitare est laissée au placard (Sunburn, Feeling good, plus une autre chanson) et où Matthew Bellamy joue du clavier, on en redemande ! Le final avec d’énormes ballons blancs jetés dans le public (comme dans Le Prisonnier) est excellent mais il n’y aura pas de rappel. Zut alors !