C’est à 20 h 32 que les lumières du
Zénith s’éteignent pour annoncer l’arrivée de
Bob Dylan et de ses quatre musiciens. Ça fait réellement plaisir de revoir le vieux Zimmy après tout ce temps ! Son concert à la
Fête de la Fraternité en 1994 à
La Courneuve me laisse un bon souvenir mais ça commence à dater un peu.
Il y a huit ans mes cousines pensaient déjà que le chanteur que j’allais voir pour 50 francs à la fête du
Parti Socialiste était mort depuis longtemps. En 2002, elles m’ont redit la même chose, mais la différence, c’est que j’ai payé 39 euros pour entrer dans la salle. Je tiens à rassurer tout le monde : Bobby est en pleine forme et il va tous nous enterrer, il n’a pas écrit
Forever young pour rien. Il continue son
Never Ending Tour et ce n’est pas maintenant qu’il va retourner chez lui se glisser dans ses pantoufles. Il faut dire que sur scène, s’il joue longtemps (deux heures et demie ce soir), il ne bouge pas énormément ; vissé au pied de micro, chapeau sur la tête, il ne dira pas un mot du concert, sauf pour présenter ses musiciens émérites. Il se contentera de chanter, plutôt bien, de jouer de la guitare de manière nonchalante et de laisser échapper de son harmonica quelques notes sidérantes.
Entouré par
Charlie Sexton (guitare),
Larry Campbell (guitare),
Tony Garnier, (basse, contrebasse) et
Jim Keltner (batterie),
Robert Zimmerman entame la première chanson,
I’m a man, Thomas sur un ton plutôt hésitant : il est largement couvert par les voix surpuissantes de ses guitaristes/choristes. Ah ben mince alors, c’est Zimmy qu’on veut entendre ! En fait, on l’entend bien mais ça surprend d’entendre ses musiciens chanter aussi fort.
Les moments magiques du concert ont été très nombreux, je ne vais donc relever que les passages inoubliables...
Highway 61 revisited est un pur moment de rock ‘n’ roll, les murs du
Zénith en tremblent de bonheur ! Le crétin qui l’a traité de
Judas en 1966 parce qu’il jouait électrique n’est vraiment pas la personne la plus sensée à avoir donné son avis sur la musique de ce génie !
Knockin’ on heaven’s door est génialement interprétée avec de superbes chœurs : les
« Hoo, hoo » sont exécutés avec maestria par Larry et Charlie. Oh yeah !
Not dark yet baigne dans une atmosphère délicieusement psychédélique avec les lumières tournant au ralenti (on se croirait à
Woodstock).
I want you n’est pas très cotée chez les dylanologues, car elle a fait un succès, mais, moi, je la trouve bouleversante cette chanson et je suis content que
Dylan me la chante (ainsi qu’à 6000 personnes) ce soir. Enfin,
Leopard-skin pill-box hat et
Don’t think twice, it’s all right ont eu sur moi un effet euphorisant comparable à une bouffée de cigarette aux herbes aromatiques en provenance de
Kaboul.
Quelques instants m’ont paru un peu longs quand les chansons devenaient trop jazzy et molles à mon goût : heureusement cela n’a duré que 10 minutes. La version de la plus grande chanson de tous les temps,
Like a rolling stone, m’a un peu chagrinée : le texte est chanté de manière très différente de la version studio, on ne reconnaît presque pas les couplets, le refrain,
« How does it feel to be without a home, like a complete unknown, like a rolling stone ? », rend hystérique la salle entière mais je reste un peu sur ma faim, pendant quelques secondes. Quand on a chanté une hymne de cette trempe des centaines de fois, il est compréhensible de vouloir le modifier un peu mais, là, c’est un peu trop…
Un
Dylan en forme, une set list géniale couvrant toutes ses périodes, des musiciens excellents, des lumières magnifiques, un public chaleureux : ce concert m’a comblé. Je ne regrette que deux choses : ne pas être venu le 29 avril 2002 - car il a joué quatorze chansons différentes - et qu’il n’y ait pas eu de première partie. Les
White Stripes qui vénèrent
Bob Dylan et qui reprennent avec talent
Love sick et
One more cup of coffee auraient constitué une affiche de rêve. Ça coûtait peut-être trop cher ?
Il ne me reste plus qu’à attendre le prochain passage de l’auteur de
Blowin‘ in the wind et à méditer cet impérissable texte :
« How many deaths will it take till he knows too many people have died ? The answer, my friend is blowing in the wind, the answer is blowin’ in the wind. »
Set list Bob Dylan :
I am the man, Thomas
I want you
Desolation row
It ain’t me babe
Highway 61 revisited
Simple twist of fate
Lonesome day blues
Floater
Fourth time around
Visions of Johanna
Don’t think twice, it’s all right
Summer days
Not dark yet
Drifter’s escape
Leopard-skin pill-box hat
Things have changed
Like a rolling stone
Knockin’ on heaven’s door
Honest with me
Blowin’ in the wind
All along the watchtower
Sites Internet :
www.bobdylan.com,
www.boblinks.org.