Et encore une bonne soirée pour laquelle trop peu de gens se sont déplacés ! C’est à n’y rien comprendre : l’affiche était alléchante et pouvait plaire aux amateurs de pop, d’électro, d’électro pop, de norvegian pop, de Bergen pop… Oh, et puis finalement, je m’en fous moi : j’y étais !
Sondre Lerche vit à
Bergen en
Norvège (comme ses amis de
Röyksopp) et, ce soir, sa tâche consiste à jouer de la pop en ouverture d’un groupe de musique électronique : pas facile ! Grâce à ses chansons, très bien écrites, et à sa bonne humeur, il a semble-t-il plu à une grande majorité du public. Il est effectivement très difficile de résister à ce cocktail de pop à la
Prefab Sprout (dont il est très fan), de pop/folk à la
Beck (l’album
Mutations avec la chanson
Tropicalia doit faire partie de sa discothèque) et de musique brésilienne.
Très prolifique, ce jeune homme arborant un bonnet de lutin a déjà composé les chansons de son deuxième album et commence à penser au troisième volet de sa discographie alors que
Faces down, son premier effort, est sorti depuis à peine quatre mois. Il joue donc principalement des chansons de cet unique album sorti dans le commerce mais interprète aussi quelques nouvelles chansons et titres inédits parus sur son dernier single. On constate donc que le très souriant norvégien possède la classe internationale, comme on dit en football. Ses compositions sont variées (tour à tour pop, rock ou empreintes de bossa-nova) et sa voix s’adapte à toutes les situations : en l’écoutant on n’imagine pas un seul instant qu’il n’a que 19 printemps...
Comme lors du show case acoustique donné en toute décontraction dans un magasin de disque l’après-midi du concert,
Sondre Lerche raconte sa vie, blague un peu et fait chanter les gens. C’est un peu énervant cette confiance en soi si précoce ! Il faut dire qu’il a commencé à se produire sur scène dans des bars à 13 ans ! Avec ce comportement très convivial, il se met tout le monde dans la poche en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ! Ses musiciens sont au diapason et rigolent à tout va, ils ont la banane car c’est la dernière date de la tournée française et ils sont tout simplement contents de jouer ensemble.
Les « highlights » de ce concerts :
All luck ran out (avec des chœurs en provenance de tout le public), le mémorable morceau
Sleep on needles en final de rêve, mais aussi les chansons avec des réminiscences de musique made in Brazil (
Dead passengers,
Virtue and wine) fort agréables à l’oreille.
Sondre Lerche est définitivement un jeune artiste à découvrir absolument.
Après une pause assez conséquente, les deux membres de
Röyksopp font leur apparition sur scène perchés sur des stands remplis de machines infernales.
Svein Berge et
Torbjorn Brundtland sont responsables de Melody A.M, un album d’électro pop venue du froid nécessitant plusieurs écoutes attentives pour dévoiler ses charmes.
Entamé au son du sample de
Burt Bacharach/Hal David sur
So easy, le concert du groupe donne envie de réécouter immédiatement le disque dès qu’on rentre à la maison. Les versions remixées délivrées sur scène permettent d’évacuer définitivement les dernières réticences ! De temps en temps, comme sur
Remind me, un des deux acolytes y va de sa ritournelle chantée au
Vocoder. Des parties rythmiques sont exécutées en direct sur une sorte de batterie électronique qui semble fonctionner toute seule parfois (mais l’effet est réussi) ! Que dire du bassiste hilare faisant des apparitions au milieu de la scène ? On se demande s’il joue vraiment, à certains moment on jurerait que non à d’autres on en est sûr, il joue ! Puis après, on s’en fout : on est heureux qu’il soit là à se trémousser et à haranguer le public…
La musique de
Röyksopp fait passer par divers états d’esprit contradictoires en quelques secondes. Alors qu’on plane tranquillement sur des nappes de claviers très
Pink Floyd 1972, on est saisi par une rafale de beats en folie et on finit retourné comme un crêpe par des samples extraterrestres. Pas besoin d’avoir recours aux drogues quand on a un groupe comme celui-là en face de soi : il faut juste se laisser porter par la vague. Essayez chez vous de mettre les titres
Higher place,
Poor Leno ou
Eple (en fait, l’album entier) : l’effet est garanti 100% « Totale eclatche »... Après de nombreux remerciements, saluts et deux rappels, le groupe nous plante là, alors qu’on en aurait volontiers repris une bonne tranche. Revenez !