Toujours affublé de son look rouge à lèvres dégoulinant/cheveux hirsutes/vêtements noirs et amples,
Robert Smith ressemble de loin (ou de près) à une rock star pathétique des années 70 faisant des solos de guitares. Malgré les apparences, qui sont comme chacun le sait, trompeuses, Robert et ses musiciens ne sont pas encore mûrs pour la retraite si on analyse ce concert donné à Benicàssim devant un public colossal.
Pourtant, malgré une voix intacte, les deux premiers morceaux, extraits de
Bloodflowers - s’il n’ont pas été désagréables comme un morceau du pitoyable
Wild mood swings - se sont quand même révélés un peu soporifiques. En tout cas, ils ont permis de reprendre contact en douceur avec l’univers fascinant du leader omnipotent des
Cure ! Après un quart d’heure, la set-list s’est affolée et s’est mise à explorer les meilleures chansons jamais composées par Smith et ses acolytes : 2 h 20 de bonheur !
Le groupe composé de
Simon Gallup à la basse,
Perry Bamonte à la guitare,
Roger O’Donnell aux claviers, et
Jason Cooper à la batterie a donné des versions puissantes et dans l’esprit des titres figurant sur
Three imaginary boys,
Boys don’t cry,
Seventeen seconds,
Pornography,
The top,
The head on the door,
Kiss me kiss me kiss me,
Disintegration et
Wish. Ce
best of live a rempli de joie (ou de spleen) les spectateurs qui ont été marqués de manière irrémédiable par ces albums (comme
Placebo,
The Smashing Pumpkins,
The Notwist ou… heu,
Indochine). Fort heureusement, aucun tube déshonorant réservé au public américain, comme
Friday I’m in love, n’a été joué ce soir.
Nous avons, par contre, eu droit aux titres mythiques que sont
M,
Play for today et
A forest mais aussi au génial enchaînement de deux titres pornographiques et glaçants -
Siamese twins et
One hundred years - constituant le must de ce concert avec un
Shake the dog shake d’anthologie. Les titres provenant d’albums plus récents ont aussi déchaîné les passions :
The Kiss,
Plainsong ou encore le vaporeux et prenant
Trust, extrait de
Wish comme
Open et
From the edge of the deep green sea, joués aussi lors de cette soirée estivale.
Initialement prévue pour durer 1 h 30, la prestation des
Cure s’est prolongée par de mémorables rappels grâce à l’annulation des excellents
Gus Gus.
In between days,
Just like heaven,
Boys don’t cry et
Three imaginary boys ont donc clôturé en beauté un set superbe où seuls quelques sonorités déplacées de claviers ont gâché le plaisir, l’espace de quelques minuscules secondes...
Le public de Benicàssim a assisté à un concert d’un groupe content de jouer, de faire plaisir à son auditoire et ne plaignant pas la durée de sa présence sur scène. Beaucoup de dinosaures du rock ‘n’ roll circus devraient s’inspirer de cette attitude.
Robert Smith a conclu en disant, le sourire aux lèvres, « see you next year »…
(Photos : Jean-Pascal Blache)