Le dernier disque du
Beta Band,
Hot shots 2 semble avoir été enregistré lors d’un voyage intersidéral par un groupe composé d’intelligences artificielles particulièrement perturbées... Comme le laisse supposer la photo du groupe habillé en cosmonautes au dos de la pochette, ces quatre musiciens écossais créent une musique bien à eux à partir d’influences disparates.
En apparence seulement, car entre leurs mains expertes, la collision frontale entre les disques de
Syd Barrett, le hip-hop, les
Beach Boys, le psychédélisme, les
Beatles et des textes farfelus, prend tout son sens. Ces iconoclastes ont réellement un sens de l’alchimie musicale très développé.
On s’attendait à être surpris par la prestation du groupe sur scène ;
The Beta Band a, bien sûr, été au-delà de nos espérances les plus folles ! Ils ont déboulé de manière tonitruante, peu après vingt heures, sur la scène fiberfib.com, un immense chapiteau couvert protégeant le public contre les rayons du soleil encore très puissants à cette heure. Seul l’électronicien chargé des claviers et des samples a gardé sa tenue spatiale, les autres ayant opté pour des tenues plutôt classiques, pour eux !
Dés les premières notes, le groove, les mélodies aériennes et les projections bizarroïdes délivrés par le
Beta Band ont eu un effet immédiat sur le nombreux public : sourires, danses, applaudissements incontrôlés… Au cours du concert, les instruments sont passés de mains en mains dans la plus totale décontraction et pour un résultat toujours aussi détonnant. Le chanteur, particulièrement dynamique et convivial, n’a pas arrêté de gesticuler tout en prenant quand même soin de chanter avec une voix qui aurait pu lui permettre d’évoluer au sein des
Beach Boys, s’il était né plus tôt... Incapable de tenir en place, ce monsieur a même fini un morceau en jouant sur une batterie placée à côté de celle du titulaire du poste.
Les titres se sont enchaînés dans la plus grande joie et dans un joyeux bazar, savamment organisé semble-t-il, le public répondant toujours au quart de tour à la musique très prenante de cette fanfare électronique composée d’hurluberlus frappadingues… L’apothéose finale a surpris tout le monde : le bassiste a délaissé son instrument pour se placer derrière une batterie, son collègue chanteur a fait de même, puis le responsable des claviers les a imités à son tour ; nous nous sommes donc presque retrouvés en face d’un orchestre de percussions défilant sur un char au carnaval de Rio. Ces 5 minutes de feu d’artifice rythmique ont conduit les spectateurs/danseurs à une immense transe joviale…
Expérimental, drôle, bizarre, pop, original, puissant, varié, groovy, percutant : ce groupe d’extraterrestres mérite de rester encore un peu sur terre avant de repartir dans la station Mir. Il se peut qu’ils atterrissent très vite sur les platines du monde entier s’ils continuent à être aussi convaincants sur scène que sur disque.
(Photos : Jean-Pascal Blache)