Lors de son set tout seul à la
Boule Noire à Paris,
Red avait déjà prouvé qu’il pouvait donner des concerts bouleversants. Accompagné par deux excellents musiciens, il a encore démontré sa classe samedi soir à la Coopérative de Mai en première partie de
John Trudell. Le jeu de guitare simple et la voix saisissante de
Red ont, en effet, été parfaitement soutenus par
Jérôme Excoffier à la guitare électrique et
Tonio Marinescu à la batterie, deux musiciens exemplaires par leur sobriété et leur toucher…
Un concert comme celui-ci, estampillé blues, ce qui ne convient pas à
Red, est susceptible de réconcilier avec cette musique la plupart de ses détracteurs ! Le récent auteur de l’album
33 est en fait un songwriter qui utilise parfois certains codes du blues pour s’exprimer. Ce monsieur sait trousser des chansons folk-rock troublantes qui font penser à celles de
Will Oldham, un ami, et du duo
Herman Düne, qui participe d’ailleurs au disque ! Si l’on ajoute que la voix de
Red rappelle par ses accents tragiques celle de l’inquiétant
Johnny Cash et déraille parfois comme celle de
Tom Waits, on ne peut que céder devant tant de qualité !
Car, si on sent la présence de ces artistes dans le background du songwriter français, il sait véritablement créer des ambiances bien à lui… Pour cela, il utilise son jeu de guitare sèche minimaliste, sa voix caméléon absolument remarquable, des samples inquiétants mais aussi le jeu inventif et original de ses musiciens à la guitare slide ou aux percussions… L’atmosphère d’un concert de
Red, qui passe sans crier gare du recueillement à la colère, est unique !
A lire aussi sur ConcertAndCo.com, une interview de Red.
(Photo : Madgdalena Blaszcuk)