Accompagné par une brochette de musiciens exceptionnels (
Vincent Segal : tantôt basse tantôt violoncelle,
Cyril Atef : une fois à la batterie et aux percus, une autre fois aux pitreries et à la danse,
Dj Shalom : moitié guitare moitié claviers moitié Dj,
Sébastien Martel : mi
Beck mi
Sinclair, et même
Camille sur le
Shave Along de ce dernier), l’homme qu’on appelle
-M- a présenté samedi, dans la ferveur d’un Moulin comble et comblé, la quinzaine de titres qui composeront son prochain (et cinquième) album (sortie prévue pour octobre au mieux – au pis pour janvier). Bilan (je fais sobre, aujourd’hui. Right to the goal !) ? Un disque à acheter les yeux fermés pour tous les adorateurs du rondelet jeune homme.
Allez-y sans crainte : fruits de la paternité et la maturité réunies, les perles musicales qui ont enchanté durant plus de deux heures les 1.500 fans de l’artiste en perfecto blanc (tel
Elvis à Vegas) s’annoncent en effet comme du
-M- pur jus : émaillé de soli de guitares funk, hard, blues, rock ou électro au service d’une poésie espiègle et décalée, d’intenses parties instrumentales recouvrant tel un écrin un univers onirique et merveilleux.
Titres ultra efficaces comme
Mon ego (poème rock) ou
La bonne étoile (à coup sûr futur single de l’album),
En tête-à-tête (jubilatoire revival
Byrds-Beatles),
Quand je vais chez elle (ballade hard-rock) ou
Ma mélodie (à l’exact moitié du chemin reliant
Polnareff et les
Eagles, entre
France et
Hotel California), davantage intimistes comme
Peau de fleur (et son refrain
Pleurer me fait grandir),
Corde sensible (chanson toute féminine) ou l’impudique
Je me démasque (écrite par
Andrée Chédid, mais non prévue sur l’album) :
-M- a réellement offert le meilleur de lui-même.
N’oublions pas les
récompenses remerciant un public chaleureux et enthousiaste, comme
Onde sensuelle,
Je dis aime ou une anthologique version de
Machistador (entonné solo en premier des trois rappels). Mais davantage qu’un nouveau répertoire,
Mathieu Chédid a surtout présenté, en show-man absolu, un superbe spectacle duquel émerge sans conteste
Gimmick, titre fourre-tout faisant se percuter
Prince et
AC/DC, au cours duquel
Jérôme Domens (aka
Pablo), jeune pianiste issu du public et pas démonté pour un sou, se vit offrir un moment de gloire à la hauteur de son talent.
« Bon esprit, bonne ambiance… On se souviendra de ce soir ! » pouvait dès lors lâcher l’homme en blanc, qui gratifia son auditoire d’un bref passage à la batterie (sur le
Shave along de
Séb Martel, extrait de l’époustouflant
Ragalet), avant d’indiquer sous les vivats d’une foule en liesse :
« Mon père est dans les coulisses, et il découvre ces chansons en même temps que vous ! ». Et c’est sous une dernière
Bonne étoile que pouvaient enfin s’égayer, comme une volée de moineaux heureux, 1.500 petits cœurs vibrants d’amour…
Setlist :
Mon ego, La bonne étoile, Peau de fleur, A tes souhaits, Onde sensuelle, C’est pas ta faute, Corde sensible, En tête à tête, Quand je vais chez elle, Ma mélodie, Je dis aime, Psyko bug, Le radeau de l’amour, Gimmick, Sous ta peau, Mama sam, Machistador, Je me démasque, Qui de nous deux, Blues, Ton écho, La bonne étoile.
Photos : Agnès MELLON