Cette deuxième soirée du festival « Les Femmes s’en mêlent » 2003 au Café de la Danse promettait d’être déglinguée, elle l’a été au-delà des espérances...
C’est le groupe electro punk
Volt qui a lancé les hostilités ; ce combo déjanté est bâti autour d’une chanteuse guitariste, d’un chanteur et d’un homme aux machines. Voilà comment cela se passe sur les planches : la guitariste pousse des cris suraigus en jouant des accords punk, son collègue se permet des vocalises plus graves mais tout aussi singulières, et pendant ce temps-là, les boites à rythmes tournent à plein régime. Le résultat, drôle et dansant, rappelle les
Cramps Poison Ivy et
Lux Interior,
Suicide et
Bérurier Noir… A voir sur scène !
Ce qui suit tient plutôt de la performance que du concert…
Cobra Killer est composé de deux femmes allemandes assez court vêtues qui hurlent des inepties en s’aspergeant de vin rouge, le tout sur une bande son ultra saturée. Le résultat est assez drôle et vaut le coup d’œil, surtout quand ces charmantes brunes se font porter par le public, hystérique conformément à leurs souhaits, en continuant leurs vocalises aiguës ! Après avoir avalé le micro, l'avoir glissé entre leurs poitrines généreuses, avoir jeté des spaghettis au public, fait du hula hop et remercié tout le monde, il est grand temps de regagner les loges au bout d’une demi-heure.
On croyait avoir tout vu avec
Volt et
Cobra Killer mais avec
Queen Adreena… ça va encore plus loin ! Car la chanteuse de ce combo survolté est carrément le pendant féminin de
James Osterberg, alias
Iggy Pop ! Comme le leader des
Stooges,
Katie-Jane Garside finit torse nu, maltraite son guitariste à grands coups de pieds, de poings et de micro, se jette dans le public et exécute des contorsions suggestives… Elle semble, elle aussi, fascinée par les crooners car elle débute le concert par une chanson a capella troublante et se lance - entre deux brûlots - dans de petites ballades/interludes où elle susurre des textes torturés. Dans ces courts moments d’accalmie sonique, on pense à des berceuses composées par la chanteuse islandaise
Björk.
Mais pendant la majorité du set, Katie-Jane surfe en hurlant du fond de ses tripes sur le punk indus bizarre délivré par un bassiste, un batteur et le guitariste
Crispin Gray, qui n’en mène pas large. Car cela finit réguliérement en pugilat entre elle et lui ! Toute cette violence musicale et physique est assez fascinante... mais on n’aimerait vraiment pas partir en tournée avec la chanteuse de
Queen Adreena, ou pire : avoir à lui poser des questions quand elle est dans cet état là ! Mais c'est sans doute grâce à cette débauche d'énergie brute que les prestations de
Queen Adreena sont à voir au moins une fois dans sa vie (si on aime le rock 'n roll, bien sûr... ).