Venu défendre son excellent dernier album,
Hail to the thief, sur la grande scène des
Eurockéennes de Belfort,
Radiohead a donné une fois de plus un concert d’une exceptionnelle qualité. Les 25 000 personnes présentes sur la presqu’île de Malsaucy sont restées littéralement scotchées devant la prestation d’1 heure 35 du groupe d’Oxford…
C’est sur le morceau
There there, premier single extrait de
Hail to the thief, que débute le concert. Dès le début, la barre est placée très haut : morceau remarquable, musiciens inventifs et soudés, voix parfaite, public fervent. Pendant la totalité du show,
Thom Yorke semble habité par sa musique et chante divinement. Il est parfaitement aidé par le jeu de guitare et les chœurs de
Ed O’ Brien, tout simplement lumineux… Toujours aussi impénétrable,
Jonny Greewwood alterne les parties de guitare enflammées et les expérimentations sonores sur ses machines infernales. La section rythmique (
Phil Selway et
Colin Greenwood) tient fermement la barre et permet à ses compères de partir dans leurs délires respectifs…
Les sept morceaux du nouvel album se sont parfaitement intégrés au répertoire de
Radiohead. S'il n'y a pas d'extrait de
Pablo honey, des titres de
The bends,
OK Computer,
Kid A et
Amnesiac sont joués et entraînent des réactions enthousiastes de la foule. Tout sonne parfaitement, mais on retiendra quand même quelques moments privilégiés… Sur
The national anthem,
Jonny Greenwood triture une radio et envoie en boucle distordue les informations du jour extraites d’une station française ; cela rajoute une dimension surréaliste à ce titre hypnotique… Le morceau
Where I end and you begin, quant à lui, voit le groupe atteindre des sommets de puissance, superbement soutenu par un light show monumental. L’électro démoniaque d’
Idiotheque permet à
Thom Yorke (et au public) de partir en vrille en dansant comme un pantin désarticulé… L’enchaînement d’
After the gold rush de
Neil Young et d’
Everything in its right place donne la chair de poule. Enfin, un rappel d’anthologie, (
Exit music (for a film),
Kid A et
Karma police) vient clôturer un set qu’on qualifiera de magnifique.
(Photos : Jean-Pascal Blache.)