Fascinants, les Dionysos : on peut les voir de nombreuses fois, il est presque impossible de se lasser de leur show. Dans le cadre magnifique du Théâtre Antique de Vienne en juillet 2002, on avait jubilé devant la performance exceptionnelle du groupe en première partie d’
Iggy Pop, à La Coopérative de Mai en octobre 2002, on avait apprécié un spectacle modifié, aux Efferv’Essonne, ils avaient électrisé l’assistance, à Vichy en acoustique, on avait vécu un moment magique, puis en avril, ils avaient convaincu le chapiteau venu pour Placebo au Printemps de Bourges 2003 et enfin, ce samedi 5 juillet sur la grande scène des Eurockéennes de Belfort, on est reparti KO debout !
Dionysos a encore donné un concert parfait démarré par un
I Love You bluesy au début avant de gravement déraper en symphonie bruitiste jubilatoire. Un peu plus tard, l’antique
Polar girl réjouit les fans de la première heure comme les novices, tandis que
Longboard blues dans une version hip hop, le nouvellement électronique
Surfin frog et le classique
Thank you satan de
Léo Ferré parviennent encore à surprendre.
Mathias Malzieu dont la coiffure sera bientôt aussi fascinante que celle du vieux
Léo Ferré, a toujours les yeux qui brillent quand il monte sur scène. Par ailleurs, il semble réellement être banché sur le 220 volts en permanence. Derrière lui, les instruments tournent et l’interprétation des morceaux est toujours aussi puissante et originale. Le seul moment de calme sera un petit film montrant ce que seraient les Eurockéennes sans les intermittents du spectacle : rien…
Tout ceci se finit en apothéose sur la traditionnelle version bruitiste de
Coccinelle prétexte à un bain de foule (25 000 personnes) absolument incroyable. Il semble bien que Mathias ait battu le record du monde de nage libre sur foule en délire aux Eurockéennes : parti de la scène il a réussi à remonter la colline jusqu’à la régie son et lumières (en 5 minutes), à monter deux étages de la structure, à chanter un couplet a cappella avec un micro (quelle préparation !) avant de replonger et de faire le chemin inverse en cinq minutes chrono : tout simplement insensé ! Il y a eu Johnny Weissmuller, il y a désormais Mathias Malzieu…
A lire aussi sur ConcertAndCo.com : une
interview de Dionysos.
(Photo Jean-Pascal Blache)