C’est le troisième jour des
Eurockéennes de Belfort et on ne pense qu’à une seule chose : se vautrer par terre pour trouver un peu de repos. Pourtant, dès l’arrivée de
The Polyphonic Spree sur la scène du Chapiteau, c’est reparti, on est en forme, ou presque ! La musique de ce groupe est donc tout simplement miraculeuse…
Quand cet hallucinant Big Band prend place, on se demande justement si on ne souffre pas d’hallucinations : pas moins de 22 (ou 23, à moins qu’ils ne soient 24... ) musiciens habillés en blouses blanches de pasteurs déboulent sur scène ! La troupe se lance alors dans un morceau de pop symphonique et psychédélique absolument génial pour tout fan des
Beach Boys de
Brian Wilson, des
Beatles de
Sergent pepper’s lonely hearts club band, des
Flaming Lips ou de
Mercury Rev. Le décollage vers la planète de la pop qui rend heureux est immédiat… Difficile de résister aux mélodies aériennes chantées et composées par le leader du groupe
Tim DeLaughter, magnifiquement secondé par une chorale de sept chœurs féminins, une harpe, des cuivres, une guitare, une basse, une batterie, des percussions, deux claviers, des cordes, une flûte… Quand tout ce petit monde joue, il se dégage une impression géniale de puissance mélodique digne des meilleurs disques de pop psyché des années 60. De multiples petits détails sonores font la différence et donnent un caractère unique en 2003 à la musique de
The Polyphonic Spree.
Tim De Laughter est un chanteur dont la voix n’est pas sans rappeler celle des incroyables vocalistes de
Mercury Rev et des
Flaming Lips,
Jonathan Donahue et
Wayne Coyne, deux références. Cet original qui sait se donner les moyens de recréer sur disque et sur scène la musique qu’il entend dans sa tête, a en plus un enthousiasme très communicatif. C’est un véritable évangéliste de la pop qui réussit à convertir un chapiteau tout entier à sa musique. Attention, il est très difficile d’arrêter de sourire après un tel moment de bonheur.
(Photos : Jean-Pascal Blache.)