Avec un nouvel album récemment sorti,
Vulnerable, et une nouvelle chanteuse,
Costanza Francavilla,
Tricky a donné un set aussi sombre et envoûtant qu’au festival Rock Au Max à Thiers (63) en 1999. Seuls petits changements :
Tricky ne joue plus complètement dans la pénombre et remercie son public (un peu trop d’ailleurs) entre les morceaux à grands renforts de
« Thank you very very much ».
La set list voit se succéder les morceaux survoltés où l’ex-membre de
Massive Attack désosse carrément son pied de micro en remuant la tête comme un dément et ceux, plus calmes, où il laisse le devant de la scène à sa nouvelle égérie brune (qui s’acquitte parfaitement de la tâche) pour mieux fumer d’immenses cônes.
L’effet de la musique de
Tricky, une sorte de Trip Hop Metal infernalement déstructuré, et du spectacle donné sur scène, est tout simplement unique. On a la terrible impression d’avoir le privilège d’entendre la voix d’un reptile ayant survécu à l’holocauste nucléaire, soutenue par celle d’un ange tombé du ciel, le tout mis en musique par un groupe de dangereux manipulateurs de sons en tous genres…
Il règne une tension hallucinante sur scène, on sent que tout peut imploser à chaque instant. Et c’est ce qui se produit : la sono craque dans un râle inquiétant, le micro de
Tricky se coupe et celui-ci, comme rendu fou, jette hyper violemment un projectile vers le côté droit de la scène. On se dit que le concert est fini, qu’une bagarre générale va éclater. Mais après un laps de temps assez court, le concert reprend, presque miraculeusement, et atteint à nouveau des sommets.
Ce que
Tricky donne à voir et à entendre sur scène est si remuant qu’on sent presque le sol se dérober sous ses pieds…
(Photos : Jean-Pascal Blache.)