Le concert de
PJ Harvey sur la grande scène des Eurockéennes de Belfort 2004 a grandement contribué à faire de ce samedi 3 juillet un
Perfect day comme on n’en vit pas tous les quatre matins… Voir la diva anglaise en vrai, c’est quand même autre chose que d’écouter ses disques (même en boucle) ou de suivre en direct sur un écran géant son concert à l’Olympia en 2001 !
Et oui, ce n’est un secret pour personne, Polly Jean possède un incroyable charisme : avec sa voix - absolument bouleversante - , son attitude (mi majorette délurée, mi strip teaseuse toxique), sa tenue de scène à la fois classe et sexy, ses petits rires rafraîchissants, les quelques mots qu’elle prononce entre ses morceaux magiques, la troublante brune ne rencontre aucun problème pour ensorceler une assistance entière en moins de temps qu’il ne faut à
Brian Molko pour plonger tout le monde dans un ennui profond.
PJ Harvey (principalement au chant mais aussi à la guitare abrasive et aux maracas),
Josh Klinghoffer (un guitariste survolté dévalant les morceaux en perpétuel déséquilibre doublé d’un deuxième batteur déchaîné),
Rob Ellis (parfait à la batterie, aux chœurs et aux claviers) et un dénommé
Dingo à la basse vrombissante forment un véritable groupe capable de transcender un répertoire en 1 h 15 chrono… Tour à tour ultra rock, blues déglingué, bruitiste ou pop, les morceaux sont servis par des interprétations habitées, évocatrices et délibérément brutes. L’auditeur/spectateur se retrouve embringué dans une sorte de danse tribale presque vaudoue, encouragé qu’il est par une fascinante meneuse de revue ravie d’être là…
PJ Harvey ne pouvait pas trouver meilleure promotion pour son nouvel album
Uh huh her qu’un concert comme celui-ci où sa foi rock/blues irradie sa musique à chaque instant. Chaque spectateur a pu vérifier de visu que le magnétisme imparable qu’on lui prête habituellement n’était en rien usurpé…
Devant un tel spectacle, on se rend compte très clairement que
Polly Jean Harvey est dévorée par un incroyable feu intérieur. Puisse t’il brûler longtemps encore, on croise finalement assez rarement des musiciens possédant cet atout si précieux.
Sites Internet :
www.pjharvey.net,
www.eurockeennes.fr.
A lire également : le
compte-rendu complet des Eurockéennes 2003.
(Photo : Jean-Pascal Blache)