Le sexe de groupe, c’est pas mal - paraît-il -, mais on ne nous enlèvera pas de la tête que rien ne dépasse une bonne séance de Rock ‘n Roll à deux, quand les partenaires sont faits l’un pour l’autre, bien évidemment… Comme les
White Stripes par exemple. Ils ne sont que deux, mais ils s’entendent si bien musicalement parlant, qu’ils n’ont pas besoin d’un groupe pour atteindre un orgasme sonique ! L’onde de plaisir géante rejaillit même jusque dans le public, aussi nombreux soit-il (dans un
club où 350 personnes se pressaient en 2001, dans une
salle de 1600 places en 2003 ou devant plus de 20 000 personnes à Rock en Seine aujourd’hui). Certains vont trouver tout cela assez sale, voire passible de la prison car Jack annonce dès le début des ébats, heu, du concert :
« Hello France, my name is Jack White and this is my big sister, Meg White… » Même si au premier abord on pourrait croire que cela relève de l’inceste, cette copulation bestiale (avec pour seuls instruments les voix de Jack et Meg, une batterie, une guitare et un piano) intervient entre deux personnes majeures et vaccinées dont le lien de parenté provient uniquement d’un amour commun (et sincère) pour le blues, le rock, la pop et la folk music.
La saillie en public - brute, crade, authentique et sans concessions - d’une heure cinq commence à fond, pour bien planter le décor : les riffs de punk blues sursaturés de Jack et son chant hystérique forniquent avec la batterie minimaliste de Meg dans une
Little room de l’
Hotel Yorba sur
Dead leaves and the dirty ground ou
Black math… Puis, tout le monde communie sur la pop métallique d’
I just don’t know what to do with myself ; le texte de cette chanson signée
Burt Bacharach/Hal David est même repris en chœur par le public ! C’est le moment de ralentir la cadence pour prolonger le bonheur et remonter dans les tours un peu plus tard. La pop innocente du très calme
We’re going to be friends et la version aussi ralentie qu'adoucie de
Fell in love with a girl permettent donc, une fois de plus, de constater que les White savent varier les tempos et les ambiances, comme sur leurs
disques… Malgré un ou deux blancs dans les enchaînements, quelques plantages anecdotiques (et dérisoires) de Meg ou de Jack, l’excitation ne retombe pas, loin de là… D’autant que les moments de bravoure guitaristique où Jack se prend pour
Jimmy Page -
Ball and biscuit,
Girl, you have no faith in medicine - entre deux décharges de blues électrifié antique (
Hello operator,
Little bird,
Death letter… ) viennent délicieusement pimenter la sauce.
Après ce va-et-vient infernal asséné sous des lumières de bloc opératoire, une brève pause s’impose avant le bouquet final… Les
White Stripes réapparaissent après quelques secondes pour livrer une version joyeusement approximative mais incroyablement jouissive de leur
Seven nation army planétaire. Ahhhhhh ! Quand les lumières se rallument, on allume une cigarette, et l’on tire frénétiquement dessus, un sourire aux lèvres, satisfait d’avoir participer à une orgie sonique entre Jack, Meg, le public et l’histoire du Rock ‘n Roll de ses débuts à nos jours…
(Photo Neon Fred)
Sites Internet :
www.rockenseine.com,
www.whitestripes.com,
www.tripletremelo.com ,
www.whitestripes.net.