Le final apocalyptique du concert d’
Electrelane sur la petite scène du festival Rock en Seine permettant de se mettre parfaitement dans l’ambiance, on se retrouve prêt à affronter l’émeute sonique déclenchée par les vieux - toujours verts - de
Sonic Youth, qui se produisent peu de temps après sur la grande scène… Désormais renforcée par le précieux
Jim O’Rourke (à la guitare, à la basse et à la cravate… ), la bande de New-Yorkais intransigeants a offert un concert mémorable, démontrant par là-même sa forme étincelante et la pertinence toujours intacte de ses expérimentations sonores.
Dans la maison
Sonic Youth, chaque membre du groupe apporte sa contribution à la construction d’un temple de la dissonnance où affleurent toutefois quelques mélodies marquantes. Le chant distancié de
Kim Gordon reste caractéristique de
Sonic Youth, comme son jeu de basse percutant et les guitares en furie de
Thurston Moore et
Lee Ranaldo… Les morceaux déclamés par Thurston et Lee ne sont pas en reste, permettant eux-aussi de franchir avec allégresse le mur du son… Le discret
Jim O’Rourke apporte, quant à lui, un peu de finesse mélodique à la guitare dans ce monde de brutes soniques ; quand il se saisit d’une basse, il permet également à Kim de passer à la guitare… Très décontracté et en forme, le groupe se lance dans une de ses longues pièces bruitistes se prolongeant dans un duel de larsens entre Thurston et Lee… Surexités, ils branlent bruyamment leurs guitares (placées entre leurs jambes) comme des adolescents puis tentent de pénétrer sauvagement leurs amplis à grands coups de manches. Jim, Kim et le batteur
Steve Shelley participent aux débats mais moins démonstrativement, puis finissent par se lâcher eux aussi. A la grande joie des spectateurs, aux anges : les notes torturées de la jeunesse sonique ont pris la voie express vers nos cerveaux… On se découvre alors une furieuse envie de tout péter dans un grand fracas, comme
Lee Ranaldo balançant rageusement ses deux retours du haut de la scène.
Mais, plus modestement, on se délecte de la fin de l’heure de concert réservée à
Sonic Youth où
Teen Age Riot et
100%, à l'instar des titres plus récents d’ailleurs, recueillent les suffrages de l’assistance. Quand tout cela prend fin, trop tôt, on se demande vraiment pourquoi les regrettables
Muse auront droit le lendemain à une heure trente pour démontrer toute la stérilité de leur musique… alors qu’une demi-heure en plus accordée aux récents auteurs de
Sonic Nurse aurait permis de faire germer des morceaux aventureux et originaux.
(Photo Neon Fred)
Sites Internet :
www.rockenseine.com,
www.sonicyouth.com.