Après avoir pataugé dans la boue pendant la deuxième journée de Rock en Seine, on se retrouve devant les Anglais d’
Archive en compagnie d‘un public compact et motivé massé devant la petite scène, malgré l’imminence du début de la grand messe organisée par
Muse. Même si cela ne semble pas évident pour tout le monde,
Archive aurait dû avoir les honneurs de la grande scène compte tenu de la qualité des ses albums et du nombre - très important - de ses fans français. Quoi qu’il en soit, cela n’a pas empêché l’assistance de passer un moment délicieux de trip hop fortement teinté de space pop et de rock…
Dès les premiers morceaux interprétés par
Archive, on se laisse porter par une vague musicale ultra trippante où se mêlent guitares volcaniques, beats et bruitages électroniques, claviers panoramiques et rythmiques caoutchouteuses. Parfois, on jurerait être dans les années 70 devant un concert de
Pink Floyd, tant les musiques sont propices au décollage immédiat suivi d’un vol plané dans les nuages… Par éclairs incontrôlables, notre cerveau - franchement parti pour higher - est traversé par les images du groupe de
Roger Waters,
David Gilmour,
Nick Mason et
Rick Wright donnant un concert époustouflant dans les arènes de Pompei avec des visions d’éruptions volcaniques en surimpression. Dans un brouillard très épais, on distingue la voix souvent déchirante de
Craig Walker hurlant parfois des
Fuck U,
Goodbye ou
Numb qui s’impriment immédiatement dans notre mémoire… Le morceau
Numb, justement, avec ses guitares en vrille, ses programmations tournoyantes et son côté hypnotique donne l’impression d’être confortablement engourdi, en apesanteur… Ce n’est vraiment pas un hasard si avant d’officier aux côtés des démiurges des studios
Darius Keeler et
Danny Griffiths, ce puissant chanteur mettait son organe au service d’un groupe appelé
Power of dreams…
Si le concert avait pris fin à ce moment-là, on aurait déjà passé de précieux instants, mais
Archive choisit de conclure son concert par le titre
Again, un chef d’œuvre sombrement céleste composé lumineusement. Tout commence par une montée de claviers digne du morceau composé par les Floyd pour rendre au génie barré de
Syd Barrett,
Shine on you crazy diamond. L’état, toujours
Comfortably numb, dans lequel on se trouve ne fait qu’empirer : les fumigènes qui s’échappent de la scène semblent rejoindre les nuages dans le ciel, la pleine lune réussit à se frayer un chemin et illumine la nuit. Abasourdi par tant de beauté - la musique, le cadre, l’ambiance -, on voudrait bien que ce climax ait lieu
Again, again, again, again, again, again…
(Photo live Neon Fred)
Sites Internet :
www.rockenseine.com,
www.archives-archive.com.