« J’aurais dû m’appeler Jean-Louis Aurillac et pas Jean-Louis Murat… ». Jean-Louis Bergheaud (pour l’état civil) était visiblement ravi de se produire au théâtre d’Aurillac (à un peu plus d’une heure de chez lui) pour présenter son nouvel opus,
A bird on a poire. Le nombreux public présent dans ce superbe théâtre fraîchement rénové a pu voir Murat sous son meilleur jour : deux heures et vingt minutes de spectacle (sans sortir de scène !), un choix de morceaux (récents, rares et « antiques ») absolument parfait, un contact convivial et facétieux avec le public… En d’autres termes, ce fut une soirée de rêve.
Devant sa famille, ses amis et ses fans clermontois (et aurillacois, donc),
Jean-Louis Murat - accompagné par les indispensables
Fred Jimenez et
Stéphane Reynaud - est tout de suite rentré dans le vif du sujet avec la sublime chanson
Au cabaret, une des meilleures de l’excellent dvd
Parfum d’acacia au jardin. Confortablement assis au deuxième rang en face du pied de micro, on a la très agréable sensation d’être dans son canapé en train de regarder une énième fois ce fameux dvd, il ne manque qu’une petite bière et une cigarette… Le trio est en grande forme, les surprises se succèdent à un rythme effréné :
Margot (un extrait de
Dolorès) est la première « vieillerie » à être exhumée, avant que les magiques
Sentiment nouveau et
Le lien défait ne viennent remémorer au public l’album
Le Manteau de pluie, le magistral
Terres de France sera, quant à lui, joué un peu plus tard au piano… Entre deux vannes adressées à Clermont-Ferrand et à son public amorphe (selon lui, car en juin dernier, il a pourtant fait un véritable triomphe lors du troisième concert pour Koloko), le natif de Murat-le-Quaire (Puy-de-Dôme) explique que son rêve est de jouer à Murat dans le Cantal, une petite ville entre Clermont et Aurillac :
« Jean-Louis Murat live à Murat », la boucle serait bouclée en somme. Puis il loue les capacités de réaction du public cantalien qui manifeste il est vrai fréquemment son contentement en participant sur
Foule Romaine (avec des « Hi, hi… » sexuellement connotés) puis, plus tard, sur
Le cri du papillon…(
« Ouh ! ah ! Papiiiiillon ! »). Et là, cela devient n’importe quoi : lors de l’intro du reggae
Chappaquidick, Murat se lance dans une imitation hilarante de
Bob Marley, difficile de garder son sérieux avec ce zigoto !
Après quelques considérations drolatiques sur l’ASM, le maire d’Aurillac - René Souchon -, le Zénith d’Auvergne (
« un moule à gaufre kaki, tout ça pour accueillir Holiday on ice »), sa femme et sa petite fille Justine (qui dort pour la première fois sans ses parents, la pauvre
« petite Pupusse »… ), sa maman (qui l’intimide quand elle vient le voir, on a un peu de peine à le croire), Murat se décide enfin à faire de la promo pour son nouvel album, composé par le sobre et classe
Fred Jimenez. Même sans la présence sensuelle de
Jennifer Charles, les morceaux tiennent la route et émeuvent (
Mirabelle Mirabeau,
Elles était venue de californie,
Petite luge,
French kissing) ou font sourire (
Monsieur craindrait les demoiselles,
Gagner l'aéroport), comme sur le disque en fait. Murat se prend pour un crooner, délaisse sa guitare et se saisit du micro, laissant
Fred Jimenez - au Wurlitzer et à la guitare - et
Stéphane Reynaud - à la batterie - se changer du fond musical. Toujours prompt à la déconne, il s’autorise alors une imitation de
Julio Iglesias, ajoutant même qu’il aimerait réellement être Julio car ça lui éviterait de tourner en 307 Peugeot (un modèle qu’il déconseille d’ailleurs formellement). Cette soirée au théâtre presque en famille se termine sur une version apocalyptique et mémorable des
Jours du jaguar. A défaut de concert à Clermont (ou à Murat… ), on signerait volontiers pour se rendre au Café de la danse à Paris en novembre.
Décidément en verve, Murat s’est souvenu au cours du spectacle que lors de son dernier passage à Aurillac, en novembre 1993, la France avait perdu contre la Bulgarie à domicile dans la soirée, se privant ainsi du voyage pour la Coupe du Monde 1994. Pas de défaite pour ternir le concert cette fois-ci, le succès est donc total pour JLM… Encore un ou deux concerts comme celui-là dans la ville d’Aurillac et
Jean-Louis Murat sera effectivement obligé de changer de pseudo.
A lire également : des entretiens avec
Murat en
octobre 2004 (sur
A bird on a poire),
octobre 2003 (sur
Lilith) et
juin 2003 (sur le concert pour Koloko), ainsi que les
chroniques des derniers albums, et, enfin, les comptes-rendus des concerts au
Café de la Danse à Paris, pour
Koloko à Clermont-Fd en 2004, à la
Coopé en novembre 2003 et au festival
Les Efferv’Essonne en 2003…
Sites Internet :
www.jlmurat.com et
www.labels.tm.fr.