Belle soirée entre électronique, pop, soul et rock ‘n roll au 22 d’Auron avec - entre autres - l'électro pop de
Telepathe, l'électro rock de
Kap Bambino, l'électro house de
Slice & Soda, le rock 'n soul de
The Noisettes et l'électro pop de
Battant pour le quatrième jour du Printemps de Bourges 2009.
Telepathe
Tout commence assez pianissimo avec les deux jeunes filles de
Telepathe... Celles-ci tapotent sur leurs claviers et leurs ordinateurs en chantant d’une voix juvénile qui peine à être suave… Même si leur disque comporte quelques belles réussites en électro pop planante et minimaliste, leur concert à Bourges endort quasiment dès le début. Aucune présence scénique, aucun charisme, l’impression d’écouter toujours le même morceaux joué à l’infini… On veut bien être tolérant mais il y a quand même des limites. Nous conseillons vivement
Telepathe à tous les pseudo branchouilles qui se touchent en évoquant les effets de la musique éthérée sur la psyché après une journée passée sur facebook … Nous déconseillons fortement ce groupe en début de soirée, si une forte dose de drogue dure n’est pas à disposition immédiate.
Kap Bambino
On pense qu’il est également un peu tôt pour apprécier l’hystérie électro rock technoïde de
Kap Bambino, comme ça d’entrée de jeu, à 22h30… Et bien non, le duo français avec un électronicien derrière son ordi et une furie blonde (en t-shirt
Nirvana à l’effigie de
Kurt Cobain, classe !) casse la baraque immédiatement… Il faut dire que ce duo n’y va pas avec le dos de la petite cuillère, c’est en effet à grandes louches qu’il déverse de l’huile électro rock sur le feu d’un public déjà en transe. Ça hurle, ça couine, ça sature, ça s’emballe, ça monte dans les tours, ça se jette partout, ça headbangue à mort et, comme de bien entendu, cela entraîne des slams, des invasions de scène puis des séances de catch bon enfant entre la blonde possédée et le public, à fond. Match nul (à proscrire pour les cardiaques, la performance étant d’un très très haut niveau énergétique) entre la salle et le groupe !
Furibards, débauchés et bambochards, les deux
Kap Bambino ne font pas exactement dans la dentelle ; leur méthode est plutôt d’employer l’artillerie lourde avec des rythmes techno frénétiques, des basses hystero groovy, des cris rock de jeune fille en chaleur électrocutée, de folles embardées et des breaks destructeurs. On pense à une rencontre sauvage, stridente et camée entre le digital hardcore,
Suicide, Blondie, Justice, Nina Hagen, Nirvana et les
Stooges…
Slice & Soda
On continue dans le très énervé et très dansant juste après avec un autre duo (mais au jeu de scène plus calme, ouf !),
Slice & Soda, c'est-à-dire
Para One et
San Serac, qui eux aussi cartonnent auprès du public, ravi par une électro house disco rock donnant des fourmis dans les jambes… Voix sexy, synthés kitsch, rythmes enlevés, grooves imparables, bidouillages sonores entêtants : n’en jetez plus, il y a là assez de munitions pour danser jusqu’au bout de la nuit.
The Noisettes
Bien chauffé à blanc par les premiers groupes, il ne reste plus qu’à se laisser emporter par la déferlante
The Noisettes , un trio démoniaque évoquant une jam session débridée entre
MC5, Grace Jones, Jimi Hendrix, Amy Winehouse, Blondie et
Morcheeba. C’est hyper versatile, outrageusement sexy, ça lorgne clairement vers les radios et les charts du monde entier, tout en restant écoutable avec jouissance pour les fans de soul, de rock ‘n roll, de pop et de rhythm and blues…
Le batteur ressemble à un croisement entre un singe chevelu et un pantin désarticulé (il assure le spectacle, tout en sachant alterner les gifles et les caresses), le guitariste reste sobre dans l’excès et excessif dans la sobriété (en clair, il fait ce qu’il faut pour que le show des Noisettes marche) et la vocaliste/bassiste, quant à elle, chante d’une manière admirablement sucrée, tout en sachant hausser le ton quand c’est nécessaire…
On change d’ambiance à chaque chanson, et l'on reste fasciné par le charisme, les danses sexy et la plastique parfaite de la chanteuse/panthère noire. Bien sûr, elle en fait des tonnes et prend la pause à chaque occasion (pied sur les retours, debout sur la batterie, tortillages de cul étourdissants… ) mais c’est simplement jouissif à voir… et à entendre. Car ce trio là, s’il veut clairement vendre des disques, s’y entend parfaitement pour écrire des morceaux tour à tour parfaits pour le samedi soir en boite de nuit humide, idéaux pour le dimanche matin, très indiqués pour une soirée classe en club soul ou parfaitement destinés aux séances de pogo en salle de concert. Des concerts de feu, une présence magnétique, des titres radiophoniques, les
Noisettes s’apprêtent à dominer le monde !
Battant
Et on termine avec un trio anglais délivrant une électro pop new wave du meilleur effet,
Battant. Ravis d’être là, les trois musiciens se donnent à fond pour le public du Printemps de Bourges, toujours en état d’ébullition avancée. On pense instantanément à un joyeux bordel électronico poppy créé par de dangereux aficionados de
Dead Kennedys,
Siouxsie and The Banshees,
Alan Vega + Martin Rev (
Suicide),
The Cure,
New Order et
Devo. C’est léger, sobre, percutant, catchy, en noir et blanc et ça se fait fort de propager une joyeuse mélancolie sur le dance floor. Et hop, en un clin d'œil, on se croirait de retour en 1981, la belle époque des synthés aigrelets, des rythmes martiaux et du post punk gorgé de spleen. Parfait pour faire la fête avant de rejoindre les bras de Morphée, sa bonne dose d’électro pop sombre en intraveineuse.
Sites internet :
www.printemps-bourges.com,
www.myspace.com/telepathe,
www.myspace.com/noisettesuk,
www.myspace.com/kapbambino,
www.myspace.com/sliceandsoda,
www.myspace.com/battantbattant.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2009, des chroniques des concerts de
GENERIC + Boogers + Grand Bureau + Hello Bye Bye,
Mathieu Boogaerts + Victor Démé + Sammy Decoster,
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The Noisettes + Battant + Kap Bambino + Slice & Soda + Telepathe,
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Les Photos sans crédit sont signées
Flore-Anne Roth