Critique de concert Two Door Cinema Club + The Teenagers + Florrie

L’Aéronef était déjà bien pleine, en ce lundi soir, pour accueillir la jeune Florrie, 21 ans à peine, venue tout droit de Bristol pour assurer la première partie… de la première partie. Elle vient de sortir son premier EP, Introduction, en téléchargement gratuit sur son site, et elle assure quatre dates en France en ce mois de novembre. Lorsqu’elle apparaît sur la scène, simplement vêtue d’une courte robe léopard, il devient soudain très difficile de se concentrer sur la musique. Une fois qu’on a fini de baver et qu’on a repris ses esprits, on se laisse prendre au jeu de son électro-pop pétillante, éclaboussée d’inspirations disco, d’accords house, le tout allant même parfois tutoyer la dance (Call 911).

On pense à Little Boots, on pense à Cicada, on pense à Kylie (avec qui elle a travaillé). C’est un vent de fraîcheur et d’insouciance qui souffle sur une Aéronef charmée. La jolie blonde enchaîne six titres, entre lesquels elle s’adresse au public dans un très bon français. Celle qui est batteuse depuis son plus jeune âge occupe à présent le devant de la scène, mais on a pris soin de lui laisser quelques fûts et quelques cymbales pour qu’elle puisse ponctuer ses morceaux de passages plus rythmiques, et il faut dire qu’elle se débrouille très bien pour asséner quelques coups bien sentis à ses toms. Un peu évanescente, on regrettera seulement qu’elle manque encore de présence sur scène et qu’elle reste assez statique, mais on ne doute pas qu’elle trouvera rapidement ses marques avec l’expérience.

Après cette délicieuse mise en bouche, c’est aux français de The Teenagers que revient la tâche de servir l’entrée. Suivant le succès mondial de leur titre Homecoming en 2007, classé quatrième meilleur morceau de l’année par l’hebdomadaire de référence NME, ils ont sorti un album, Reality Check, et enchaîné une tournée mondiale. Ils arrivaient donc ce soir à L’Aéronef avec une belle réputation. Au premier abord, leur musique est sautillante, juvénile et gorgée de soleil ; le chanteur fait des pieds et des mains pour faire monter la sauce, il vient au plus près du public, puis même dans la fosse.
Sauf que ça ne prend pas. La prestation est un peu molle, un peu insipide, et tout le fun qu’on retrouve sur leur album ne se retrouve pas vraiment dans ce concert où, hormis les groupies des premiers rangs, le public a surtout l’air de s’ennuyer. On a certes connu les Teenagers plus fringants, mais il est difficile de dire pourquoi ça ne marche pas ce soir. Ca tient sans doute à des détails, comme lorsque le groupe fait monter trois jeunes filles sur scène et leur donne un micro pour qu’elles chantent sur Homecoming. Echec, elles n’ont pas l’air de connaître les paroles et restent plantées là comme des lapins dans les phares d’une voiture. Quand ça veut pas, ça veut pas. En tout cas, si Florrie avait modestement mais joliment lancé la soirée, les Teenagers sont un peu passés à côté.
Après une assez longue attente, il était enfin temps pour les stars du soir, les Irlandais de Two Door Cinema Club, de faire leur entrée. Mondialement connus depuis le carton de leur titre Something Good Can Work, ils débutent à Lille une tournée française qui doit se terminer en apogée à L’Olympia le 25 novembre. En se glissant entre la scène et les barrières pour immortaliser l’évènement, on s’aperçoit que le public est décidément jeune et majoritairement féminin. Mais au-delà des premiers rangs, c’est toute la fosse qui est pleine de fans, qui connaissent le répertoire du groupe par cœur (bon, ça fait un album, quoi). Enthousiastes dès les premiers morceaux, ils tapent volontiers des mains pour accompagner les quatre garçons, tout particulièrement sur le fameux Something Good Can Work, qui intervient en cinquième position de la setlist et qui se voit couronné d’un tonnerre d’applaudissements. Sur le côté de la scène, on aperçoit le chanteur des Teenagers qui se dandine et qui prend même quelques photos, pendant que Florrie et sa robe léopard fendent la foule vers le bar. C’est toujours sympa quand les premières parties assistent au concert.

Une fois remis de cette nouvelle apparition de la ravissante Anglaise, on se reconcentre sur le véritable show que sont en train de donner les jeunes musiciens. Nettement plus énergiques en live qu’en album, ils offrent quelques belles montées rock entre leurs refrains pop entraînants et leurs riffs ensoleillés. On est à mi-chemin entre les verts pâturages de leur Irlande natale et les plages dorées de Californie. Leur pop-rock électrisé continue de faire monter en température un public qui remplit presque complètement L’Aéronef et qui n’est plus qu’une gigantesque masse mouvante. Les basses claquent dans l’air surchauffé, les guitares se font envoûtantes, souvent atmosphériques pour transporter les spectateurs lillois, qui en redemandent. Le concert se déroule à cent à l’heure, le groupe a d’ailleurs bien peu de mots pour la salle. Le chanteur prend juste le temps de tremper régulièrement ses lèvres dans un verre de vin rouge… so French! Les Two Door Cinema Club concluent déjà leur set par Eat That Up, That’s Good For You, auquel ils offrent un final explosif, épileptique, à des années-lumière de la version studio.
Le rappel est l’occasion d’une belle communion avec le public sur un I Can Talk supersonique, arrosé de stroboscopes, devant une foule en transe. C’est le point final d’un concert riche et d’une surprenante énergie. Si les musiciens partent un peu comme des voleurs à la fin de leur show, ils auront fait preuve d’une belle générosité sur scène et auront offert à L’Aéronef une très belle soirée.
Merci à Claire Massironi.

On pense à Little Boots, on pense à Cicada, on pense à Kylie (avec qui elle a travaillé). C’est un vent de fraîcheur et d’insouciance qui souffle sur une Aéronef charmée. La jolie blonde enchaîne six titres, entre lesquels elle s’adresse au public dans un très bon français. Celle qui est batteuse depuis son plus jeune âge occupe à présent le devant de la scène, mais on a pris soin de lui laisser quelques fûts et quelques cymbales pour qu’elle puisse ponctuer ses morceaux de passages plus rythmiques, et il faut dire qu’elle se débrouille très bien pour asséner quelques coups bien sentis à ses toms. Un peu évanescente, on regrettera seulement qu’elle manque encore de présence sur scène et qu’elle reste assez statique, mais on ne doute pas qu’elle trouvera rapidement ses marques avec l’expérience.

Après cette délicieuse mise en bouche, c’est aux français de The Teenagers que revient la tâche de servir l’entrée. Suivant le succès mondial de leur titre Homecoming en 2007, classé quatrième meilleur morceau de l’année par l’hebdomadaire de référence NME, ils ont sorti un album, Reality Check, et enchaîné une tournée mondiale. Ils arrivaient donc ce soir à L’Aéronef avec une belle réputation. Au premier abord, leur musique est sautillante, juvénile et gorgée de soleil ; le chanteur fait des pieds et des mains pour faire monter la sauce, il vient au plus près du public, puis même dans la fosse.
Sauf que ça ne prend pas. La prestation est un peu molle, un peu insipide, et tout le fun qu’on retrouve sur leur album ne se retrouve pas vraiment dans ce concert où, hormis les groupies des premiers rangs, le public a surtout l’air de s’ennuyer. On a certes connu les Teenagers plus fringants, mais il est difficile de dire pourquoi ça ne marche pas ce soir. Ca tient sans doute à des détails, comme lorsque le groupe fait monter trois jeunes filles sur scène et leur donne un micro pour qu’elles chantent sur Homecoming. Echec, elles n’ont pas l’air de connaître les paroles et restent plantées là comme des lapins dans les phares d’une voiture. Quand ça veut pas, ça veut pas. En tout cas, si Florrie avait modestement mais joliment lancé la soirée, les Teenagers sont un peu passés à côté.
Après une assez longue attente, il était enfin temps pour les stars du soir, les Irlandais de Two Door Cinema Club, de faire leur entrée. Mondialement connus depuis le carton de leur titre Something Good Can Work, ils débutent à Lille une tournée française qui doit se terminer en apogée à L’Olympia le 25 novembre. En se glissant entre la scène et les barrières pour immortaliser l’évènement, on s’aperçoit que le public est décidément jeune et majoritairement féminin. Mais au-delà des premiers rangs, c’est toute la fosse qui est pleine de fans, qui connaissent le répertoire du groupe par cœur (bon, ça fait un album, quoi). Enthousiastes dès les premiers morceaux, ils tapent volontiers des mains pour accompagner les quatre garçons, tout particulièrement sur le fameux Something Good Can Work, qui intervient en cinquième position de la setlist et qui se voit couronné d’un tonnerre d’applaudissements. Sur le côté de la scène, on aperçoit le chanteur des Teenagers qui se dandine et qui prend même quelques photos, pendant que Florrie et sa robe léopard fendent la foule vers le bar. C’est toujours sympa quand les premières parties assistent au concert.

Une fois remis de cette nouvelle apparition de la ravissante Anglaise, on se reconcentre sur le véritable show que sont en train de donner les jeunes musiciens. Nettement plus énergiques en live qu’en album, ils offrent quelques belles montées rock entre leurs refrains pop entraînants et leurs riffs ensoleillés. On est à mi-chemin entre les verts pâturages de leur Irlande natale et les plages dorées de Californie. Leur pop-rock électrisé continue de faire monter en température un public qui remplit presque complètement L’Aéronef et qui n’est plus qu’une gigantesque masse mouvante. Les basses claquent dans l’air surchauffé, les guitares se font envoûtantes, souvent atmosphériques pour transporter les spectateurs lillois, qui en redemandent. Le concert se déroule à cent à l’heure, le groupe a d’ailleurs bien peu de mots pour la salle. Le chanteur prend juste le temps de tremper régulièrement ses lèvres dans un verre de vin rouge… so French! Les Two Door Cinema Club concluent déjà leur set par Eat That Up, That’s Good For You, auquel ils offrent un final explosif, épileptique, à des années-lumière de la version studio.
Le rappel est l’occasion d’une belle communion avec le public sur un I Can Talk supersonique, arrosé de stroboscopes, devant une foule en transe. C’est le point final d’un concert riche et d’une surprenante énergie. Si les musiciens partent un peu comme des voleurs à la fin de leur show, ils auront fait preuve d’une belle générosité sur scène et auront offert à L’Aéronef une très belle soirée.
Merci à Claire Massironi.
Signature : fredcle 17/11/2010
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Photographe : fredc
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