Accueil Chronique de concert A Silver Mont Zion orchestral Mémorial
Samedi 28 mars 2020 : 10032 concerts, 25960 chroniques de concert, 5290 critiques d'album.

Chronique de Concert

A Silver Mont Zion orchestral Mémorial

A Silver Mont Zion orchestral Mémorial en concert

Cabaret aléatoire Marseille 26 octobre 2008

Critique écrite le par


Dimanche soir, le cabaret aléatoire de Marseille ressemblait un peu au village des gaulois d'Astérix et Obélix. Alors que la ville semblait envahit par la passion d'un OM-PSG, 300 résistants s'étaient donné rendez-vous à l'heure du coup de sifflet dans la salle de concert de la Friche de la Belle de Mai pour découvrir sur scène A Silver Mont Zion orchestral mémorial, groupe canadien culte qui s'est échappé d'un autre groupe canadien tout aussi culte, le God speed you ! black emperor. Autre miracle du soir, le concert commence...à l'heure. C'est peut être l'effet de changement d'heure de ce week-end, en tout cas, j'arrive à la fin de la seconde première partie (voir par ailleurs). Enfin, dernier miracle de cette soirée, le son du cabaret est parfaitement réglé pour apprécier les déflagrations soniques du groupe.


A 21h30 précises, donc, les 6 membres du groupe montent sur la scène du cabaret et en redescendront 1 heure et demi plus tard après avoir joué... 6 morceaux ! D'ailleurs, il serait plus juste de parler de pièces plutôt que de morceaux dans le cas du Silver Mont Zion tant les compositions du groupe brouillent les repères traditionnels. D'un côté, les structures des chansons s'apparrentent au post-rock, avec de longues introductions lancinantes et discordantes aux violons ou à guitare qui sont dynamités par l'entrée en jeu de la section rythmique (batterie et basse), puis les violons reviennent seules et hamonieux avant une nouvelles montée en puissance, le tout étiré sur plus de 10 à 15 minutes de façon à atteindre une forme de transe.
De l'autre côté, le Silver Mt. Zion s'en détache par l'introduction de chants, tantôt caressant, tant hurlant. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Efrim Menuck (chant, guitare), Sophie Trudeau (violon) et Thierry Amar (contrebassiste), tous trois membres du Godspeed, ont fondé le Mt. Zion dès 1999.


9 ans plus tard, ils poursuivent dans cette veine avec la sortie de leur 6e album, 13 Blues for Thirteen Moons, dont ils vont reprendre d'entrée le magistral "1 000 000 died to make this sound". 17 minutes d'une incroyable odyssée qui nous emmène, de gré ou de force, dans un grand huit émotionnel. On commence doucement, presque délicatement, avec le chant des deux violonnistes qui répètent le titre de la chanson tout en appuyant de leurs pieds nus les pédales pour amplifier et distordre le son de leur violon.


Puis Efrim Menuck leur passe au dessus avec son chant d'écorché vif. Il hurle et monte très haut dans les aigües, exactement comme un enfant qu'on entendrait crier au loin. L'homme, noyé dans sa longue chevelure noire bouclées et sa barbe de messie se place en fait entre 20 et 50 cm de son micro, d'où ce chant très expresionniste. La contrebasse et la batterie s'élancent et entraînent les chants dans une structure plus rock. Et quand où on pensait le morceau fini, il ne fait que redémarrer dans un déluge de plus en plus sonique.


A la fin du premier morceau, le public n'est pas peu content de se relâcher pendant que le groupe se réaccorde. Et là, malgré, l'ambiance lourde crée par le groupe, on découvre un Efrim à la voix plus posée qui n'hésite pas à parler avec le public, à qui il explique que dans leur tournée européenne, c'est la première fois qu'ils peuvent jouer dans une salle si grande. "D'habitude, je me sens comme un chat pris au piège par la foule", lance-t-il. Puis, il annonce le second morceau, "God bless our dead marines"" premier titre de Horse in the Sky (2005). Le public applaudit, laissant penser qu'il s'agirait là "du tube" du groupe... Un tube qui dure 18 minutes, c'est au moins le tunnel sous la Manche... Mais au lieu de ressentir une certaine claustrophobie, c'est une tristesse profonde qui nous étreint en écoutant ce morceau ? chanson ? Pièce ? une tristesse splendide, de celle qui peut nous surprendre quand on repense aux moments passés avec un ami aujourd'hui disparu.


Au bout d'une demi-heure de concert, on commence à se dire qu'il y a deux possibilités. Soit, on entre totalement dans le trip que nous propose le groupe en s'approchant le plus possible de la scène pour être totalement imprégné de la musique, soit, on sort par ennui. Certes, le bar retrouvera à ce moment un regain d'activité, certes les fumeurs sortiront en griller une, mais la grande majorité du public restera dans la salle, immobile, attentif et admiratif, au point que certains penseront assister à une sorte de messe religieuse.


Mais le Silver Mont Zion, s'il présente effectivement une dimension transcendantale, n'est pas vraiment un groupe qui permet l'abandon. La faute à ce déluge sonique et aux thèmes abordés dans les chansons (guerre, armes, mort, grande souffrance, guerre de religion). La musique du Silver Mont Zion est directement branché sur le monde dans lequel on vit et le moindre que l'on puisse dire, c'est qu'ils en ont une vision plutôt sombre. Ils enchaîneront ensuite Teddy Roosevelt's gun, Mountain made of steam et Black water blowed/engine broche blues, annoncé comme le dernier morceau par Efrim Menuk. Mais les protestations de la salle et les applaudissement convaincront les membres du groupe à jouer un dernier morceau, Microphones in the tree.


1h30 plus tard et 6 morceaux donc, nous atterrissons d'une expérience autant physique qu'intellectuelle qui n'est pas forcément destiné à être partagé rapidement. Elle va plutôt s'inscrire secrètement mais durablement dans un coin de notre mémoire.

Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite de Deschamps :

> Réponse le 28 octobre 2008, par The Vaccuopilot

Il y a certains cadeaux laissés par les hommes exceptionnels qui se sont succédés à la tête des charmants pays de l'Europe, et qui perdurent, inutiles et inscrits dans le paysage un peu comme les sacs plastiques à la surface des mers : parmi eux, le célèbre changement d'heure. Même si la Commission européenne considère déjà depuis 1996 "que les économies effectivement réalisées sont difficiles à déterminer, et, en tout cas, relativement limitées ", on se coltine bon gré mal gré ce boulet temporal, et invariablement, deux fois par an, on se casse tous la tête à essayer de comprendre ce qui se passe, et chacun y va de son explication alambiquée car c'est bien connu, "si j'avance et que tu recules..." C'est donc un de ces soirs où l'on se dit que la moitié de la population va se retrouver...  La suite | Réagir

> Réponse le 31 octobre 2008, par Pirlouiiiit

Je ne connaissais que de nom / réputation avant de venir ce soir ... j'étais resté devant la porte après une longue file d'attente pour savoir si j'arriverais à chopé une deuxième place pour y aller à deux il y a quelques années (complet), ... ce soir malgré mes jambes fatiguées (après 1h40min02sec de course sur la Gineste) j'ai passé un très bon moment (assis au premier rang). Raté Markovo car j'ai pris la mauvaise habitude de cocnerts qui commencent en retard au Cabaret, redécouvert et apprecié Deschamps, plus (post)rock et moins electro que la derniere fois et ne me suis pas ennuyé pendant les 5+1 longs morceaux de Thee Silver Mt Zion .... qui a bien des égards m'ont fait rappelé cet excellent concert de Akron Family au feu-Tonic ...   La suite | Réagir


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