Critique de concert AaRON

21h, L’Aéronef est pleine à craquer, il ne reste plus un mètre-carré de libre entre les murs de la salle lilloise : le concert d’AaRON affiche complet depuis déjà plusieurs semaines. Après l’énorme succès de leur premier album, Artificial Animals Riding On Neverland, les deux Français ont récidivé en 2010 avec Birds in the Storm. L’occasion pour eux de repartir en tournée à travers tout le pays.
Simon Buret est au chant, Olivier Coursier passe régulièrement du piano à la guitare, et ils sont accompagnés d’un bassiste, d’un batteur et d’une guitariste/claviériste. Les éclairages sont crus et baignent la salle d’une ambiance post-apocalyptique. Il ne faut que quelques titres pour que le public, plutôt jeune et majoritairement féminin, soit conquis. Le duo sait doser le rythme de sa prestation : on commence calmement par le mystérieux Rise, puis on se fait plus punchy avec Endless Song, avant de revenir à une ambiance tamisée sur Lost Highway. Dès le quatrième titre, un nouvel élément de la scénographie se dévoile : des panneaux de diodes s’allument autour des musiciens et font varier les couleurs, les motifs, de façon assez sobre et plutôt jolie.
Si la musique d’AaRON peut aisément être qualifiée de mélancolique, elle est souvent bien plus rythmée qu’il n’y paraît. Sur Blow, un de ses meilleurs titres, le groupe propose même au public "de faire n’importe quoi". Bon, tout ça reste assez policé, mais les spectateurs en profitent pour frapper des mains et lancer leurs bras dans les airs. L’ambiance est déjà chaude et il en faut bien peu pour mettre les groupies en émoi : à peine Simon Buret s’approche-t-il du devant de la scène qu’on enregistre un pic d’œstrogènes dans la salle. Arrive déjà leur dernier single, Seeds of Gold, avec lequel les deux compères offrent quelques belles montées vers un refrain puissant qui emporte tout le monde. C’est une nouvelle démonstration de force, mais c’est aussi la fin d’un premier chapitre de ce concert, une entrée en matière enthousiasmante, où AaRON alterne à merveille titres calmes et plus rythmés, et où la foule se laisse conquérir et ne boude pas son plaisir.
Seulement voici War Flag et son intro martiale. Moins pop, moins emballant, plus brut et plus abscons, le titre refroidit un peu tout le monde. Difficile d’accès, il laisse les spectateurs perplexes, dans l’attente de quelque chose de plus entraînant. Ils ne l’auront pas avec Six Feet Under (bien qu’il monte en puissance après son intro piano/voix), ni avec Birds in the Storm (plus électro mais aussi plus froid, presque décadent). Et la série continue avec A Thousand Wars, pour lequel Simon Buret annonce qu’il va "essayer de créer de l’intimité". On part alors sur un classique guitare/voix, pas moche, mais qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et surtout plus reposant que vraiment émouvant. On dirait une de ces ballades insipides qu’un brun ténébreux gratouille sur sa guitare au coin du feu pour charmer la première greluche venue. C’est assez faible et un peu facile.
Le duo enchaîne avec Mister K, à nouveau guitare/voix (cette fois la guitare est acoustique) qui recueille un joli succès, sans être incroyable non-plus. Déjà plus intéressant, Waiting For The Wind To Come offre lui un blues-rock accrocheur. Le morceau est progressif, comme en expansion, mais le public lillois reste encore sur sa faim. Pour conclure le set, AaRON lance enfin un titre convaincant : Arm Your Eyes, orageux, puissant, avec ses accents à la Coldplay, c’est une réussite.
C’est sur cette note plus positive que le groupe sort de scène, où il est vigoureusement rappelé par le public. Celui-ci est tellement déchaîné qu’il laisse sans voix Simon Buret au moment de reprendre le micro, occasionnant un joli faux départ sur Little Love. Cette fois, c’est prenant et le public chante en chœur. Beau, nébuleux, saisissant, le titre envoûte toute la salle d’un coup avec ses airs de berceuse héroïque. Les spectateurs reprendront même le refrain a capella devant un groupe sincèrement ému, sourire aux lèvres, qui se voit couronné d’un tonnerre d’applaudissements. Pour ne pas laisser le public refroidir, AaRON enchaîne avec Ludlow L., carrément rock avec sa rythmique très efficace, qui fait sauter la foule et se termine lui aussi par une énorme ovation. Ne laissant aucun répit dans ce rappel magistral, le duo entame alors le titre qui l’a fait connaître, le superbe U-turn (Lili) , repris par la salle du début à la fin, et qui vaut une troisième ovation consécutive. Enfin, avec le moins connu Passengers et sa fin électrique et très puissante, le groupe parvient à maintenir l’ambiance au moment de sortir à nouveau de scène.
L’Aéronef rappelle encore plus énergiquement ses deux idoles et elle est rapidement exaucée. Les deux compères ont laissé leurs musiciens en coulisses et offrent au public un ultime morceau : Embers, en piano/voix, ballade à l’ancienne, triste et touchante. Un vrai moment de grâce pour mettre un point final à la soirée.
C’est donc à un concert en demi-teinte que les spectateurs lillois ont eu droit : époustouflant par moment, essoufflé à d’autres. Entre une première et une dernière parties qui tutoient les sommets et enivrent la foule, il a fallu subir ce long intermède plutôt décevant, fait de titres plus faibles ou plus abstraits. D’une manière générale, il faut remarquer que le public connaît encore mal le nouvel album du groupe et qu’il se montre beaucoup plus réceptif aux anciens titres, ce qui a tendance à déséquilibrer le concert. Toutefois, le duo s’en sort plutôt bien et fait en sorte que le phénomène ne soit pas trop marqué. En conclusion, on dit souvent que c’est la première et la dernière impression qui restent, et elles furent toutes deux excellentes ce soir. Si AaRON passe près de chez vous (et qu’il reste des places), n’hésitez pas, ce sera une belle soirée.
Simon Buret est au chant, Olivier Coursier passe régulièrement du piano à la guitare, et ils sont accompagnés d’un bassiste, d’un batteur et d’une guitariste/claviériste. Les éclairages sont crus et baignent la salle d’une ambiance post-apocalyptique. Il ne faut que quelques titres pour que le public, plutôt jeune et majoritairement féminin, soit conquis. Le duo sait doser le rythme de sa prestation : on commence calmement par le mystérieux Rise, puis on se fait plus punchy avec Endless Song, avant de revenir à une ambiance tamisée sur Lost Highway. Dès le quatrième titre, un nouvel élément de la scénographie se dévoile : des panneaux de diodes s’allument autour des musiciens et font varier les couleurs, les motifs, de façon assez sobre et plutôt jolie.
Si la musique d’AaRON peut aisément être qualifiée de mélancolique, elle est souvent bien plus rythmée qu’il n’y paraît. Sur Blow, un de ses meilleurs titres, le groupe propose même au public "de faire n’importe quoi". Bon, tout ça reste assez policé, mais les spectateurs en profitent pour frapper des mains et lancer leurs bras dans les airs. L’ambiance est déjà chaude et il en faut bien peu pour mettre les groupies en émoi : à peine Simon Buret s’approche-t-il du devant de la scène qu’on enregistre un pic d’œstrogènes dans la salle. Arrive déjà leur dernier single, Seeds of Gold, avec lequel les deux compères offrent quelques belles montées vers un refrain puissant qui emporte tout le monde. C’est une nouvelle démonstration de force, mais c’est aussi la fin d’un premier chapitre de ce concert, une entrée en matière enthousiasmante, où AaRON alterne à merveille titres calmes et plus rythmés, et où la foule se laisse conquérir et ne boude pas son plaisir.
Seulement voici War Flag et son intro martiale. Moins pop, moins emballant, plus brut et plus abscons, le titre refroidit un peu tout le monde. Difficile d’accès, il laisse les spectateurs perplexes, dans l’attente de quelque chose de plus entraînant. Ils ne l’auront pas avec Six Feet Under (bien qu’il monte en puissance après son intro piano/voix), ni avec Birds in the Storm (plus électro mais aussi plus froid, presque décadent). Et la série continue avec A Thousand Wars, pour lequel Simon Buret annonce qu’il va "essayer de créer de l’intimité". On part alors sur un classique guitare/voix, pas moche, mais qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, et surtout plus reposant que vraiment émouvant. On dirait une de ces ballades insipides qu’un brun ténébreux gratouille sur sa guitare au coin du feu pour charmer la première greluche venue. C’est assez faible et un peu facile.
Le duo enchaîne avec Mister K, à nouveau guitare/voix (cette fois la guitare est acoustique) qui recueille un joli succès, sans être incroyable non-plus. Déjà plus intéressant, Waiting For The Wind To Come offre lui un blues-rock accrocheur. Le morceau est progressif, comme en expansion, mais le public lillois reste encore sur sa faim. Pour conclure le set, AaRON lance enfin un titre convaincant : Arm Your Eyes, orageux, puissant, avec ses accents à la Coldplay, c’est une réussite.
C’est sur cette note plus positive que le groupe sort de scène, où il est vigoureusement rappelé par le public. Celui-ci est tellement déchaîné qu’il laisse sans voix Simon Buret au moment de reprendre le micro, occasionnant un joli faux départ sur Little Love. Cette fois, c’est prenant et le public chante en chœur. Beau, nébuleux, saisissant, le titre envoûte toute la salle d’un coup avec ses airs de berceuse héroïque. Les spectateurs reprendront même le refrain a capella devant un groupe sincèrement ému, sourire aux lèvres, qui se voit couronné d’un tonnerre d’applaudissements. Pour ne pas laisser le public refroidir, AaRON enchaîne avec Ludlow L., carrément rock avec sa rythmique très efficace, qui fait sauter la foule et se termine lui aussi par une énorme ovation. Ne laissant aucun répit dans ce rappel magistral, le duo entame alors le titre qui l’a fait connaître, le superbe U-turn (Lili) , repris par la salle du début à la fin, et qui vaut une troisième ovation consécutive. Enfin, avec le moins connu Passengers et sa fin électrique et très puissante, le groupe parvient à maintenir l’ambiance au moment de sortir à nouveau de scène.
L’Aéronef rappelle encore plus énergiquement ses deux idoles et elle est rapidement exaucée. Les deux compères ont laissé leurs musiciens en coulisses et offrent au public un ultime morceau : Embers, en piano/voix, ballade à l’ancienne, triste et touchante. Un vrai moment de grâce pour mettre un point final à la soirée.
C’est donc à un concert en demi-teinte que les spectateurs lillois ont eu droit : époustouflant par moment, essoufflé à d’autres. Entre une première et une dernière parties qui tutoient les sommets et enivrent la foule, il a fallu subir ce long intermède plutôt décevant, fait de titres plus faibles ou plus abstraits. D’une manière générale, il faut remarquer que le public connaît encore mal le nouvel album du groupe et qu’il se montre beaucoup plus réceptif aux anciens titres, ce qui a tendance à déséquilibrer le concert. Toutefois, le duo s’en sort plutôt bien et fait en sorte que le phénomène ne soit pas trop marqué. En conclusion, on dit souvent que c’est la première et la dernière impression qui restent, et elles furent toutes deux excellentes ce soir. Si AaRON passe près de chez vous (et qu’il reste des places), n’hésitez pas, ce sera une belle soirée.
Signature : fredcle 21/11/2010
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Photographe : pennylane
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