Ambiance différente de d’habitude au Cabaret pour cette Africa Fête 2009. Des minots qui courent et sautent dans tous les sens, un public plus métissé, plus hétéroclite en âges, en ganaches et moins hype, des odeurs de bouffe, …moins standardisé quoi. Il faut dire que ça a démarré depuis l’après-midi et que concerts, contes, danses se sont succédés.
On arrive pendant le concert de Bil Aka Kora (Burkina Faso) dans lequel il me sera difficile de rentrer. Il fait encore jour et chaud dehors et je n’ai pas encore envie de rester dans la salle à la température un peu étouffante… une scène extérieure non ? Ouais je sais la Friche n’est pas autogérée et je ne décide par de la logistique des concerts que je vais voir.
C’est un mélange de musique tradi Kasséna et de jazz blues bien foutu, bien exécuté mais un peu trop classique pour m’emporter en début de soirée. Belle voix, un peu trop de guitare à mon goût……. Je vais boire un coup dehors, faire le tour des stands (belle table de presse pour survie 13, fringues, artisanat….) et profiter de la tombée du jour.
Entrée de Toko Blaze qui présente son nouvel album Urban Griot (dans les bacs en octobre) : un début de concert acoustique presque intimiste qui va se déployer petit à petit, monter en puissance et nous entraîner dans son sillage. La fée électricité fera monter la sauce tchatche-reggae-ragga porté par flow impeccable. Ses mots sont lucide et simultanément porteurs d’espoir, on retrouve les couleurs de notre ville et ses horizons transméditerranéens. Je regrette simplement que les musiciens n’aient pas permis à Toko de sortir plus de sa réserve, de lui-même et de nous donner à voir ce qu’il laisse entrevoir de puissance, de colère réfléchie, de magnétisme et d’énergie… "Transmettre l’héritage du griot. Porter haut la parole du bitume. L. D’Anconna http://tokoblaze.com/#/bio "
Après une bière dehors bien méritée, il fait au bas mot 45° dans la salle et le public de Toko a fait monter le degré d’hygrométrie de manière impressionnante, Chiwoniso (1er album Rebel Woman) chanteuse américaine d’origine zimbabwéenne investit la scène. Voix chaude, envoûtante et enveloppante accompagnée du "mbira" piano à pouces dans une pièce de bois appelé ailleurs kalimba, sanza… Aucun passage en force malgré sa puissance vocale, une alternance de morceaux intimistes et plus groovie portés par de très bon musiciens US, Zimbabwéen et Sud Africains (basse, batterie, guitare et congas). Des histoires d’émancipation, d’amour, de luttes, de femmes et de résistance… impeccable.
Encore une bière ou deux dehors, décidément la fraîcheur ne se décide pas à investir un peu l’intérieur et c’est partie pour ce que j’attends le plus, il faut être honnête : du son hip-hop dans mes oreilles… on a beau essayer de s’affranchir de la facilité de ses genres préférés, d’élever son capital culturel (c’est pas beau hein comme formule): comme un aimant, tout ça tout ça !
Et alors, ben déçue ! Il faut dire à leur décharge que la qualité du son servi pour La Méthode est une hérésie, une horreur, enfin tout ce qu’on peut imaginer de pire : une espèce de bouillasse dont n’émerge ni les voix, ni le flow ni même les effets et cornes de brumes sur- utilisées par le DJ. Je ne vais donc pas m’étendre d’autant que vaincue par la bouillasse et la fatigue je ne suis pas restée tout le set. Juste trop d’effet, trop de chorégraphie, trop de T-shirt identiques et de look calculé et pas assez de rap, de real hip-hop… une prochaine fois j’espère, peut-être ailleurs mais en tout cas avec un son correct.
|