Critique de concert Agnès Obel + Daan

Délicieux moment ce vendredi soir en compagnie d'Agnès Obel dans la nouvelle salle du Silo de Marseille. Magnifique réalisation architecturale (un ancien et immense silo à grains retapé) qui pèche encore par ses finitions : pas de fléchage ni de passage sécurisé depuis tram/métro, des sièges en inox mal vissés et apparemment peu solides, des marquages de rangées manquants improvisés avec des Post-Its... Et un tout donnant en outre une nette impression de froideur technologique à la salle en elle-même... Mais un son très correct à l'exception d'une vibration de... quelque chose en haut à gauche dans la salle, sur une unique note basse, qui ne nous a heureusement pas trop gênés (car évidemment, elle n'était pas dans tous les morceaux).
De toutes façons, l'ouvreur Daan, bluesman belge de son état aux faux airs (physiques) de Morrissey, ne va pas tarder à réchauffer l'atmosphère avec un petit concert sympathique, drôle par moments (par exemple son single visant la simplicité et l'efficacité extrême, où il nous fera répéter "one, two, three... A, B, C"). Sa grosse voix de crooner ne colle pas forcément toujours très bien à ses compositions lo-fi guitare/piano, mais son concert passe sans ennui et permet aux plus audacieux d'entre nous d'avancer l'air de rien de 10 rangées : il reste des places devant et, après test, il s'avère que c'est autorisé (tout comme au Théatre de la Criée, par exemple) : bon point pour la salle !

On passe ensuite un moment assez délicieux en compagnie d'Agnès Obel (nom qui se prononce à peu près [Ag'neuss Obble] dans son danois natal) et de deux sémillantes accompagnatrices, une violoncelliste raffinée et une délicieuse joueuse de haaaaa.... de haaaaa que c'est beau nom de Zeus... de harpe. Instrument merveilleux et tourné sur le côté afin qu'on puisse suivre avec fascination ses mains y évoluant avec grâce. Et qui se marie à merveille aux partitions simples et superbes du piano, aux notes vaporeuses du violoncelle : ce trio fonctionne divinement bien, instruments et voix, presque au point d'en oublier qu'une seule des trois jeunes femmes est la star de la soirée.
Bien sûr, on pourrait citer chaque chanson de l'album-beau-à-tomber-par-terre Philharmonics, presque toutes jouées bien sûr, et l'une après l'autre les décrire comme magnifiques (Beast), délicates (Louretta), bouleversantes (Close watch, sa fameuse reprise de John Cale), chair-de-poulissimes (Down by the River : pour moi deux fois, des mollets jusqu'au sommet du crâne)... Mais à vrai dire on a pas été vraiment étonnés qu'un truc si beau sur disque, le soit aussi sur scène. Non, la valeur ajoutée du live n'est même pas là !

Mais bien plutôt par le fait qu'entre les morceaux, la petite blonde ne manque jamais de dire un petit mot, souvent drôle, à l'attention de ses collègues (je reconnaîs bien volontiers qu'elle est nettement plus communicante et sympathique qu'Anna Calvi, sur scène !). On retient par exemple sa façon d'introduire ses chansons avec finesse : "Ca, c'était sûrement la chanson la plus triste du monde... Et maintenant, un titre encore plus triste !" Oui bien, ce moment amusant ou la violoncelliste du milieu se plaint d'être aveuglée par la fumée et les deux autres de dire : "Ah mais moi, j'en ai pas de la fumée ? - Ah, ben moi non plus !"
Certes tout n'est pas réussi dans la mise en scène, mais elles n'y peuvent rien ! C'est qu'au Silo, on a une boîte à fumée toute neuve, on s'en sert ! On a une lumière verte, on s'en sert aussi, même si c'est très moche sur un groupe de trois filles assises ! Quoi qu'il en soit avec l'ambiance rigolote et complice instaurée avec ses deux copines, Mademoiselle (Madame ?) Obel fait de ce qui ne pourrait être qu'un très beau concert, un moment enthousiasmant et constamment intéressant, magique en somme. On est vraiment très, très loin de l'image rigoriste de la pochette de son premier album : on attendait une première de la classe, magnifique mais archi-coincée (un style qui n'est certes pas pour nous déplaire, chère Anna, vous le savez !)...

... Et c'est une quasi-cancre, délurée et jolie sans chichi, qui est venue à la place : sa musique n'en ressort que plus riche, avec ces respirations pleine de légèreté entre les titres. Ajoutez-y un bon tiers du concert fait d'inédits (bien nommée The New Song) ou d'inouïs (une autre introduction que l'ultra-attendue Falling, Catching, pas jouée !), de reprises inspirées (Smoke & Mirrors qui taquine les terres de Melody Gardot, ou l'intrigante et émouvante Sons and Daughters), des passages sonores étonnants (un air joué au melodica qui sonnait franchement Yann Tiersen de la première époque, celui qui ne reviendra hélas jamais)...
... Et vous obtenez, immanquablement, une standing ovation spontanée d'un public totalement euphorique, devant trois jeunes femmes ravies et apparemment très étonnées - ou qui le jouent très bien ! - devant tant d'enthousiasme. Les deux rappels ne sont bien sûr pas assez longs, mais on y découvre la "skeltic" Katie Cruel, superbe ballade irlandaise traditionnelle, issue de l'ADN musical de la harpiste, justement célébré par la chanteuse à plusieurs reprises : on tient ici un trio musical d'exception avec un potentiel qui paraît sans limites !
Donc pour le dire sans exagération : un concert généreux, d'une splendeur totale, mais aussi d'une fraîcheur délicieuse, et donc une tournée que les gens de goût s'interdiront de rater !
Setlist :
Op (ening ?)
Philharmonics
Beast
Just So
Louretta
Brother Sparrow
New Song
Close Watch
Wallflower
Smoke & Mirrors
Sons & Daughters
Riverside
Over the Hill
On Powdered Ground
Katie Cruel
Between the bars
(Source 3e photo : Picaza Babdellahn I.)
De toutes façons, l'ouvreur Daan, bluesman belge de son état aux faux airs (physiques) de Morrissey, ne va pas tarder à réchauffer l'atmosphère avec un petit concert sympathique, drôle par moments (par exemple son single visant la simplicité et l'efficacité extrême, où il nous fera répéter "one, two, three... A, B, C"). Sa grosse voix de crooner ne colle pas forcément toujours très bien à ses compositions lo-fi guitare/piano, mais son concert passe sans ennui et permet aux plus audacieux d'entre nous d'avancer l'air de rien de 10 rangées : il reste des places devant et, après test, il s'avère que c'est autorisé (tout comme au Théatre de la Criée, par exemple) : bon point pour la salle !

On passe ensuite un moment assez délicieux en compagnie d'Agnès Obel (nom qui se prononce à peu près [Ag'neuss Obble] dans son danois natal) et de deux sémillantes accompagnatrices, une violoncelliste raffinée et une délicieuse joueuse de haaaaa.... de haaaaa que c'est beau nom de Zeus... de harpe. Instrument merveilleux et tourné sur le côté afin qu'on puisse suivre avec fascination ses mains y évoluant avec grâce. Et qui se marie à merveille aux partitions simples et superbes du piano, aux notes vaporeuses du violoncelle : ce trio fonctionne divinement bien, instruments et voix, presque au point d'en oublier qu'une seule des trois jeunes femmes est la star de la soirée.
Bien sûr, on pourrait citer chaque chanson de l'album-beau-à-tomber-par-terre Philharmonics, presque toutes jouées bien sûr, et l'une après l'autre les décrire comme magnifiques (Beast), délicates (Louretta), bouleversantes (Close watch, sa fameuse reprise de John Cale), chair-de-poulissimes (Down by the River : pour moi deux fois, des mollets jusqu'au sommet du crâne)... Mais à vrai dire on a pas été vraiment étonnés qu'un truc si beau sur disque, le soit aussi sur scène. Non, la valeur ajoutée du live n'est même pas là !

Mais bien plutôt par le fait qu'entre les morceaux, la petite blonde ne manque jamais de dire un petit mot, souvent drôle, à l'attention de ses collègues (je reconnaîs bien volontiers qu'elle est nettement plus communicante et sympathique qu'Anna Calvi, sur scène !). On retient par exemple sa façon d'introduire ses chansons avec finesse : "Ca, c'était sûrement la chanson la plus triste du monde... Et maintenant, un titre encore plus triste !" Oui bien, ce moment amusant ou la violoncelliste du milieu se plaint d'être aveuglée par la fumée et les deux autres de dire : "Ah mais moi, j'en ai pas de la fumée ? - Ah, ben moi non plus !"
Certes tout n'est pas réussi dans la mise en scène, mais elles n'y peuvent rien ! C'est qu'au Silo, on a une boîte à fumée toute neuve, on s'en sert ! On a une lumière verte, on s'en sert aussi, même si c'est très moche sur un groupe de trois filles assises ! Quoi qu'il en soit avec l'ambiance rigolote et complice instaurée avec ses deux copines, Mademoiselle (Madame ?) Obel fait de ce qui ne pourrait être qu'un très beau concert, un moment enthousiasmant et constamment intéressant, magique en somme. On est vraiment très, très loin de l'image rigoriste de la pochette de son premier album : on attendait une première de la classe, magnifique mais archi-coincée (un style qui n'est certes pas pour nous déplaire, chère Anna, vous le savez !)...

... Et c'est une quasi-cancre, délurée et jolie sans chichi, qui est venue à la place : sa musique n'en ressort que plus riche, avec ces respirations pleine de légèreté entre les titres. Ajoutez-y un bon tiers du concert fait d'inédits (bien nommée The New Song) ou d'inouïs (une autre introduction que l'ultra-attendue Falling, Catching, pas jouée !), de reprises inspirées (Smoke & Mirrors qui taquine les terres de Melody Gardot, ou l'intrigante et émouvante Sons and Daughters), des passages sonores étonnants (un air joué au melodica qui sonnait franchement Yann Tiersen de la première époque, celui qui ne reviendra hélas jamais)...
... Et vous obtenez, immanquablement, une standing ovation spontanée d'un public totalement euphorique, devant trois jeunes femmes ravies et apparemment très étonnées - ou qui le jouent très bien ! - devant tant d'enthousiasme. Les deux rappels ne sont bien sûr pas assez longs, mais on y découvre la "skeltic" Katie Cruel, superbe ballade irlandaise traditionnelle, issue de l'ADN musical de la harpiste, justement célébré par la chanteuse à plusieurs reprises : on tient ici un trio musical d'exception avec un potentiel qui paraît sans limites !
Donc pour le dire sans exagération : un concert généreux, d'une splendeur totale, mais aussi d'une fraîcheur délicieuse, et donc une tournée que les gens de goût s'interdiront de rater !
Setlist :
Op (ening ?)
Philharmonics
Beast
Just So
Louretta
Brother Sparrow
New Song
Close Watch
Wallflower
Smoke & Mirrors
Sons & Daughters
Riverside
Over the Hill
On Powdered Ground
Katie Cruel
Between the bars
(Source 3e photo : Picaza Babdellahn I.)
Signature : Philippele 30/10/2011
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concert rédigées par Philippe
>> Réponse (le 02/11/2011 par Physalis) C'est vrai qu'en concert elle ressemble plus à la troisième photo qu'à la pochette de son album ! Magnifique concert, en effet avec des trucs à améliorer dans la salle (comme toujours à Marseille) PS moi aussi je suis sensible à la beauté glaciale et coincée d'Anna ! ;-) > Réagir à cette critique

le 2 novembre 2011 - Casino de Paris (par Pierre Andrieu)

le 23 avril 2011 - Auditorium, Bourges (par Pierre Andrieu)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation


















