Critique de concert Ahmad Compaoré & Edmond Hosdikian


Claude Norbert se réjouit du rajeunissement du public de sa salle. La gratuité pour les moins de 16 ans porte ses fruits et les jeunes oreilles sont de plus en plus nombreuses qui viennent découvrir une musique inventive.

Et qu’elle est riche l’inventivité qui anime le duo batterie / saxophone qui prend place ce soir sous la voûte du Roll’Studio ! Quinze ans après la création de leur trio Oriental Fusion, Ahmad Compaoré et Edmond Hosdikian collaborent à nouveau. Le troisième homme était le mandoluthiste Hakim Hamadouche…

Une complainte du saxophone alto d’Edmond Hosdikian donne une des teintes du plateau. Les percussions d’Ahmad Compaoré s’immiscent peu à peu et montent en puissance. Autour d’Ahmad, les accessoires foisonnent. Le "musicien en liberté" veut pouvoir s’exprimer à sa guise avec l’instrument le plus propice à son feeling de l’instant. Devant Edmond, des boîtiers sont alignés dont une loop pedal parcimonieusement utilisée.
Une seule note samplée pour accompagner le premier solo de batterie.

Une porte vient d’être ouverte au-delà de laquelle les sons ne sont plus les mêmes :
Branché sur la console, le saxo d’Hosdikian devient guitare. Son instrument est FredFrithisé. Il en extirpe des sons sans souffler.
Cloches, chaînes, maillets, doigts mouillés tintent, effleurent, caressent ou griffent les peaux. L’inventivité est à son comble : la batterie qui suprebtice, le micro qui bouchebruite, les froissements plasticbagués, les pétarades baudruchesques, le marteau qui pouette nous emmènent loin, dans un royaume où les cymbales poussent sur les arbres.
La porte se referme. Edmond en ouvre une autre, plus intime, sur son enfance : la chanson que lui chantait sa maman, c’est son alto qui la susurre.

Ahmad entonne quelquefois un rythme parfois africain, parfois jazz où règnent puissance, précision et création. Armé de son micro, Edmond, assis en tailleur, traque les sons d’Ahmad pour les sampler. Lorsqu’il capture les cliquetis recherchés, il les reproduit et saxuchote par-dessus.

"Do you hear a new freedom song ?" Caresses sur batterie préparent un lit pour le saxo qui s’y love naturellement.
Ce n’était que la première partie. D’autres portes seront ouvertes après la pause, tout aussi envoûtantes paraît-il. Pirlouiiiit devant s’éclipser vers les Inovendables, moi vers Rabih Abou-Khalil, la frustration est grande de quitter le Panier. Mais nous l’atténuons quelque peu avec la promesse d’assister cinq jours plus tard au Nomad Café au trio Compaoré / Théron / Hamadouche. Hamadouche, le troisième homme d’Oriental Fusion de 1995…
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Signature : mcyavellle 07/12/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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