Critique de concert Ahmad Compaoré & Hakim Hamadouche & Sam Karpienia & Famoudou Don Moyé & Fred Pichot & friends

Finalement, Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture, c'est ach'ment bien, contrairement à tout ce que j'ai pu écrire. La preuve hier, un fabuleux concert, une ouverture sur la Méditerranée, le free jazz et l'Afrique, un public dansant dans la rue tellement le lieu débordait de monde, un moment de bonheur partagé, une exigence artistique loin des flonflons dans lesquels on voudrait cantonner la culture populaire, un évènement gratuit et ouvert sur la rue. Nan, MPP 2013, c'est génial ! Comment ? Ha ? Bon... On me souffle dans l'oreillette que MPP 2013, ils y étaient pour rien dans ce bousin, qu'il s'agit d'une initiative de musiciens du coin, d'un programmateur à l'oreille affutée et d'un bar de quartier. Que l'équipe de MPP 2013 n'était pas présente et que de toute façon la police va faire cesser ce genre d'évènements qui empêche le CIQ de dormir.

Celles et ceux qui suivent les cessions Musique Rebelle d'Ahmad Compaoré connaissent l'effervescence artistiques qui en émergent. Hier, la transe était sur-multipliée car, sortant de la Friche, elle rencontrait la ferveur populaire de la Plaine.
Comme la semaine dernière à la Machine à Coudre, et avant le Cabaret Aléatoire, le maître de cérémonie avait invité Famoudou Don Moyé, batteur et percussionniste avec un CV long comme la liste des chargés de mission de 2013 (compagnon de route de Lester Bowie et figure emblématique du Art Ensemble of Chicago depuis 1969.). Et surtout un putain de tueur avec ses futs ! Impressionnant, voire fascinant. Et qui n'a pas hésité à s'aventurer sur les terres de Fela dès les premières minutes, mettant en ébullition le Bar de la Plaine.
Car le lieu n'est pas étranger à l'intensité de la soirée. La musique, quand elle sort de ses temples, et rencontre la plèbe, peut produire des instants magique (remember le concert extraordinaire d'Idir à la Sucrière). Ce soir, le bar est chargé ras-la-gueule. On y retrouve des footeux, des lascars du quartier, des probos (prolétaires bohèmes, concept copyright la Plaine), des jeunes, des vieux, des punks, des dreadeux, des sans étiquettes, ...Ca déborde dans la rue, on ouvre les fenêtres pour assister au concert depuis la Rue Saint Pierre. Geste salutaire, car à l'intérieur c'est la fournaise.
Il y a encore plus de monde qu'un soir de match, signe qui ne trompe pas dans ce temple de l'OM. Ca danse, ça entre en transe, ça crie, ça se métisse (sur scène et dans le public, la population donnerait la nausée à Guéant et autre Zemmour), ça blague, ça drague, ça vit. C'est cliché, mais Marseille est magnifique dans ces moments là. Et, en fond, cette magnifique fresque, inspiré du chef d'œuvre Banjo de McKay, bouquin qui dépeint le Marseille de l'entre-deux guerres, ce foisonnement métis, transpirant, pas poli(cé), mais ô combien vivant !

Photo : André Schwoob
Mais cette magie est déclenchée par les chamans qui jouent. Et là le terme dream team n'est pas galvaudé. Pas "dream" dans le sens Rêve américain du succès personnel, mais dans celui des aborigènes, ce passage vers un ailleurs, qui passe par la transe. On les connait tous, dans divers projets, mais aussi dans ces boeufs à l'initiative d'Ahmad.
Il jongle avec sa batterie, ses percus, suscite l'étincelle d'où va jaillir la flamme. Un très beau moment, pendant lequel Sam Karpienia, celui qui vous noue les tripes par sa voix et ses accords de mandole, entame l'intro et où Ahmad et le bassiste Sylvain Terminiello discutent, rigolard, de savoir comment ils vont s'intégrer à cela.
Un Fred Pichot impérial aussi. Saxophoniste qui passe du free jazz à l'afrobeat, naturellement, car ce sage sait que les frontières, musicales ou autres, sont des constructions artificielles de tristes sires qui veulent gouverner leurs chapelles (musicales ou étatiques). Son corps arc-bouté, prolongement de son instrument, dégage une impression d'intensité mystique et de fureur punk. Hakim Hamadouche, bien évidemment, le virtuose de la mandole, entre Orient et cavalcades blues, qui vous fait partir avec quelques notes, titillant son complice Sam de l'autre côté de la salle.
Tribale, la soirée ne l'est pas seulement par ce côté chamanique, mais aussi par ces musiciens qui se succèdent, se mélangent sans cesse. En plus du carré de base, viendront Arno (ex d'D'Aqui Dub) avec sa voix de basse écorchée, envoûtante, un tromboniste qui déclenchera une hystérie bouléguante, une autre voix, les rythmes ragga créoles de Jagdish, chanteur de Kréol Konnection, et bien évidemment Famoudou Don Moyé, qui va en scotché plus d'un(e) . Un boeuf sans frontière, où on ne te demande pas tes papiers pour y participer. Le bonheur irradie, celui de jouer ensemble pour les musiciens, celui d'assister à ça pour le public, et de partager pour les deux.
Du coup, on a trouvé un slogan, dans ""Marseille 2013 Capitale Européenne de la Culture", il faut pas oublier qu'il y a "Marseille". De cette ville extraordinaire (en bien comme dans ses aspects négatifs), peut sortir des instants magiques comme celui de ce soir. Quelque chose qui ne pourra jamais être coincé entre deux lignes d'un dossier de subventions analysé par des bureaucrates cultureux qui financeront des caciques de la profession. Ils trustent les finances publiques, mais ne comprendront jamais l'essence même de ces instants. On les plaindrait presque.

Celles et ceux qui suivent les cessions Musique Rebelle d'Ahmad Compaoré connaissent l'effervescence artistiques qui en émergent. Hier, la transe était sur-multipliée car, sortant de la Friche, elle rencontrait la ferveur populaire de la Plaine.
Comme la semaine dernière à la Machine à Coudre, et avant le Cabaret Aléatoire, le maître de cérémonie avait invité Famoudou Don Moyé, batteur et percussionniste avec un CV long comme la liste des chargés de mission de 2013 (compagnon de route de Lester Bowie et figure emblématique du Art Ensemble of Chicago depuis 1969.). Et surtout un putain de tueur avec ses futs ! Impressionnant, voire fascinant. Et qui n'a pas hésité à s'aventurer sur les terres de Fela dès les premières minutes, mettant en ébullition le Bar de la Plaine.
Car le lieu n'est pas étranger à l'intensité de la soirée. La musique, quand elle sort de ses temples, et rencontre la plèbe, peut produire des instants magique (remember le concert extraordinaire d'Idir à la Sucrière). Ce soir, le bar est chargé ras-la-gueule. On y retrouve des footeux, des lascars du quartier, des probos (prolétaires bohèmes, concept copyright la Plaine), des jeunes, des vieux, des punks, des dreadeux, des sans étiquettes, ...Ca déborde dans la rue, on ouvre les fenêtres pour assister au concert depuis la Rue Saint Pierre. Geste salutaire, car à l'intérieur c'est la fournaise.
Il y a encore plus de monde qu'un soir de match, signe qui ne trompe pas dans ce temple de l'OM. Ca danse, ça entre en transe, ça crie, ça se métisse (sur scène et dans le public, la population donnerait la nausée à Guéant et autre Zemmour), ça blague, ça drague, ça vit. C'est cliché, mais Marseille est magnifique dans ces moments là. Et, en fond, cette magnifique fresque, inspiré du chef d'œuvre Banjo de McKay, bouquin qui dépeint le Marseille de l'entre-deux guerres, ce foisonnement métis, transpirant, pas poli(cé), mais ô combien vivant !

Photo : André Schwoob
Mais cette magie est déclenchée par les chamans qui jouent. Et là le terme dream team n'est pas galvaudé. Pas "dream" dans le sens Rêve américain du succès personnel, mais dans celui des aborigènes, ce passage vers un ailleurs, qui passe par la transe. On les connait tous, dans divers projets, mais aussi dans ces boeufs à l'initiative d'Ahmad.
Il jongle avec sa batterie, ses percus, suscite l'étincelle d'où va jaillir la flamme. Un très beau moment, pendant lequel Sam Karpienia, celui qui vous noue les tripes par sa voix et ses accords de mandole, entame l'intro et où Ahmad et le bassiste Sylvain Terminiello discutent, rigolard, de savoir comment ils vont s'intégrer à cela.
Un Fred Pichot impérial aussi. Saxophoniste qui passe du free jazz à l'afrobeat, naturellement, car ce sage sait que les frontières, musicales ou autres, sont des constructions artificielles de tristes sires qui veulent gouverner leurs chapelles (musicales ou étatiques). Son corps arc-bouté, prolongement de son instrument, dégage une impression d'intensité mystique et de fureur punk. Hakim Hamadouche, bien évidemment, le virtuose de la mandole, entre Orient et cavalcades blues, qui vous fait partir avec quelques notes, titillant son complice Sam de l'autre côté de la salle.
Tribale, la soirée ne l'est pas seulement par ce côté chamanique, mais aussi par ces musiciens qui se succèdent, se mélangent sans cesse. En plus du carré de base, viendront Arno (ex d'D'Aqui Dub) avec sa voix de basse écorchée, envoûtante, un tromboniste qui déclenchera une hystérie bouléguante, une autre voix, les rythmes ragga créoles de Jagdish, chanteur de Kréol Konnection, et bien évidemment Famoudou Don Moyé, qui va en scotché plus d'un(e) . Un boeuf sans frontière, où on ne te demande pas tes papiers pour y participer. Le bonheur irradie, celui de jouer ensemble pour les musiciens, celui d'assister à ça pour le public, et de partager pour les deux.
Du coup, on a trouvé un slogan, dans ""Marseille 2013 Capitale Européenne de la Culture", il faut pas oublier qu'il y a "Marseille". De cette ville extraordinaire (en bien comme dans ses aspects négatifs), peut sortir des instants magiques comme celui de ce soir. Quelque chose qui ne pourra jamais être coincé entre deux lignes d'un dossier de subventions analysé par des bureaucrates cultureux qui financeront des caciques de la profession. Ils trustent les finances publiques, mais ne comprendront jamais l'essence même de ces instants. On les plaindrait presque.
Signature : mystic punk pinguinle 08/04/2011
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le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)

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le 28 mars 2012 - l'Eolienne - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 29 avril 2011 - Kiosque de la Canebière, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)


le 18 février 2011 - la Meson - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2010 - Planet' Mundo K'fé - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 08 octobre 2011 - rue Consolat - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 décembre 2011 - le Paradox - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 décembre 2011 - le Floor - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 23 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)


le 15 juillet 2011 - le Floor, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 18 février 2012 - la Meson, Marseille (par Pirlouiiiit)


le 02 décembre 2010 - No Mad Café - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 17 avril 2010 - Cabaret Aléatoire, Friche Belle de Mai, Marseille (par McYavell)


le 19 juin 2011 - Kiosque Léon Blum - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 10 avril 2011 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)
Bar de la Plaine - Marseille


le 08 décembre 2011 - Bar de la Plaine - Marseille (par Pirlouiiiit)
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