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Chronique de Concert

Alain BASHUNG

Le Transbordeur - VILLEURBANNE 24 octobre 2003

Critique écrite le 27 octobre 2003 par MUSeIC

Le public lyonnais s'est déplacé en nombre ce soir pour applaudir cet artiste hors-norme qui triture les mots et bouscule la chanson française depuis son premier album (sorti quand même en 1979 !), je veux bien sur parler d'Alain BASHUNG. Le Transbordeur affiche donc complet et l'absence de première partie verra le concert commencer vers 20h45, assez tôt par rapport aux habitudes de la maison ! Le public (assez diversifié ce soir) apparaît très impatient de découvrir sur scène en cette année 2003 celui qui n'avait donné aucun concert suite à la parution de l'unanimement acclamé "Fantaisie Militaire" en 1998 ; cette fois, dans la foulée de la sortie du très sombre et assez difficile d'accès "L'imprudence", BASHUNG a décidé d'entamer un long périple dans toute la France pour défendre ces nouveaux morceaux jamais entendus en live.

Ils débarque donc avec ses sept musiciens sous les acclamations de la foule et démarre ce concert par la première chanson de son nouvel album "Tel". ; Portant un costume sombre et des lunettes de soleil qu'il gardera pendant tous le concert, Alain BASHUNG nous apparaît (assez étonnamment il faut dire, au vue de ses dernières apparitions cinématographiques !) très affûté et en excellente forme physique. Sa voix (judicieusement mixée en avant par rapport à tous les instruments) est parfaite : posée et profonde comme sur album.
L'enchaînement de l'émouvant "Je me dore" puis du dernier single en date "Faites monter" annonce clairement la couleur en ce début de concert : comme prévu, priorité sera donnée ce soir aux morceaux des deux derniers albums, jamais joués en live et par conséquent, on entend beaucoup le violon et le violoncelle alors que la section rythmique reste relativement sobre et discrète...
Les premiers accords à la guitare acoustique de "La nuit, je mens" sont immédiatement reconnus par le public et on prend conscience alors de la précision musicale qui règne sur scène ce soir : le son est parfaitement réglé malgré le nombre important d'instruments présents et l'interprétation des morceaux est rigoureusement fidèle aux versions studio ; l'improvisation n'a pas son mot à dire dans un concert d'Alain BASHUNG qui enchaîne avec deux autres chansons de "Fantaisie Militaire" l'entraînant "Sommes-nous" et le fantastique "Aucun express". Des petits bouts de vidéos sont projetés durant les chansons sur deux écrans placés sur les cotés de la scène et nous aident à pénétrer dans l'univers torturé et personnel du père BASHUNG qui, en enchaînant par "Le dimanche à Tchernobyl" puis "L'irréel", continuera à imposer ses nouvelles compositions dans lesquelles il déclame plus qu'il ne chante. Même si l'interprétation est irréprochable, on sent une certaine distance (prévisible au vue de l'orientation musicale des morceaux de "L'imprudence") entre un public très attentif mais passif et un BASHUNG plongé dans son univers et n'adressant aucun mot à l'assistance.
Heureusement l'intro très percutante de "Mes prisons" viendra redonner du nerf à ce concert et l'impeccable "Fantaisie Militaire" clôturera cette première moitié de show qui aura vue (au grand désespoir du fan de "Gaby" ou autres "Joséphine" !) pas moins de dix nouveaux morceaux tirés des deux derniers albums s'enchaîner les uns après les autres...

La deuxième partie sera beaucoup plus variée au niveau du style des morceaux proposés et démarre par quatre anciennes chansons (dont le sur-vitaminé "What's in a bird ?" ainsi que le très rapide "Secouez.." ou quelque chose comme ça !) ne faisant pas partie des plus connues et qui ont du enchanter le fan transi possédant l'intégrale des albums ! (moi perso, j'ai que les deux derniers...)
Un nouveau petit détour récent avec le glacial "Mes mains" et, fin de concert approchant, BASHUNG décide quand même d'interpréter les chansons qui lui ont permis d'accrocher l'oreille du grand public ; Une très connue (dont je ne connais pas le titre) précédera "Osez Joséphine" qu'on a vraiment plaisir a entendre en live.
En guise de fin de concert, l'enchaînement de la très personnelle "Samuel Hall" (dans une version "électrique des plus réussies !) avec le tube décalé "Vertige de l'amour" nous fait définitivement prendre conscience de l'exceptionnelle diversité du répertoire de BASHUNG ; Quel artiste français, hormis Gainsbourg (dont, c'est mon avis personnel, Alain fait vraiment de plus en plus penser sur scène avec sa chevelure grisonnante, ses lunettes de soleil et son charisme impressionnant) aura pu se targuer d'avoir toucher avec succès à autant de styles musicaux tout en gardant sa propre identité et en rencontrant de plus en plus de succès ?

Juste avant que le groupe au complet ne revienne pour le rappel, on remarque alors qu'une grosse bulle transparente soutenue par un câble (présente depuis le début du concert mais tout en haut de la salle) est descendue à notre niveau et quelle n'est pas la surprise de voir BASHUNG revenir sur scène avec sa compagne actuelle Chloé MONS qui s'installe lascivement dans ce promontoire pendant que le groupe entame une formidable version de "2043" (et les phrases magiques de son parolier Jean Fauque "ses congénères l'ont refroidie, ses congénères crient au génie").




Juste le temps pour Chloé de descendre de sa bulle et le couple nous interprète alors en duo la très jolie "Faisons envie", écrite par Christophe MIOSSEC (et présente sur "L'imprudence") ; La réussite de ce morceau contrastera sévèrement avec le ratage complet du suivant dans lequel le couple se lance dans une improbable (et interminable !) déclaration d'amour fusionnel sur un fond musical archi-minimaliste : peut-être qu'ils sont très heureux ensemble (et je leur souhaite !) mais ce n'est pas une raison pour faire endurer un tel supplice à l'assistance (d'autant plus que la voix de la miss Chloé n'est pas franchement des plus justes et des plus agréables à entendre)...
Bien heureusement après ce qui restera comme le seul faut pas de ce concert, Chloé MONS regagne les loges et laisse Alain BASHUNG récolter seul les ovations du public en interprétant deux de ses plus grands succès la planante "Madame Reve" et l'attachante "Ma petite entreprise".
Le spectacle se clôturera sur une magnifique version d'"Angora" (interprétée seul par BASHUNG à la guitare) puis sur la toute première chanson de "Fantaisie Militaire" "Malaxe" qui le verra saluer respectueusement son public avant s'allumer une clope bien méritée puis de quitter lentement la scène comme il l'avait investie deux heures auparavant.

Un bon concert ce soir donc (avec mention très bien aux exceptionnelles chansons de "Fantaisie Militaire" et même si certaines chansons de "L'imprudence" flirtèrent quelques fois dangereusement avec la limite plaisir/ennui), avec des musiciens impeccables (presque trop !) et un BASHUNG, charismatique à souhait, et franchement impressionnant tant par sa voix (parfaite de bout en bout) que par son interprétation. Reste à voir comment l'artiste va évoluer dans le futur, en espérant qu'il ne s'enferme pas trop dans une voie plus intellectuello-artistique que musicale puisque comme il nous l'a promit dans une de ces chansons : "Un jour, j'irai vers l'irréel" ! Pas tout de suite Alain, reste avec nous encore un peu...

 Critique écrite le 27 octobre 2003 par MUSeIC


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