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Chronique de Concert

Lisa Simone + Alain Bonnefont

Lisa Simone + Alain Bonnefont en concert

Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand 8 février 2019

Critique écrite le par



C'est après avoir bu une, non plusieurs, délicieuses bières "maison", dans une nouvelle Brasserie clermontoise tout en se posant la question fondamentale et insoluble de : pourquoi les fanfares ?, que Mister Yann Cabello et moi-même nous rendons en 406 édentée au concert de Lisa Simone, à la Coopérative de Mai. Yann a déjà le zoom qui frétille à l'idée de retrouver Reggie Washington, bassiste immensément talentueux pour lequel il développe une certaine passion.


Alain Bonnefont

La grande salle paraît bien vide, tant seule une partie des gradins est occupée pour recevoir la première partie annoncée avec une réelle et justifiée émotion par Stéphane Mikaélian. En effet, Alain Bonnefont, musicien, compositeur œuvrant depuis 40 ans est non seulement un collègue de Jean-Louis Murat, un vieux comparse de Stéphane, mais aussi un véritable juke box humain. Seul avec sa guitare de droitier aux multiples stigmates d'avoir été beaucoup utilisée, ce gaucher va nous revisiter, nous redécorer, nous faire redécouvrir ou découvrir de nombreux titres allant des Rolling Stones à Daft Punk. Ce taiseux, communicant selon l'école Muratienne, habite ces titres, les enveloppe de belles trames de guitares, les magnifie d'une voix à la fois suave et profonde. Une bien belle découverte qui aurait mérité une ambiance plus feutrée, plus club, plus cosy.


Lisa Simone

Vers 21h40, la salle s'étant bien remplie malgré l'attraction de la dernière soirée du festival international du Court-Métrage, les fidèles musiciens accompagnant Lisa Simone depuis plusieurs années entrent en scène successivement : Tout d'abord le guitariste et arrangeur : Hervé Samb, puis le batteur au sourire perpétuel , Sonny Troupé, et enfin le grandiose bassiste, Reggie Washington. Arrive ensuite, dans une magnifique tenue, Lisa Simone, dont la voix est d'emblée très en retrait derrière une guitare et une basse très (trop) en avant. J'avais découvert Lisa Simone, en décembre 2014, lors de son premier passage dans cette salle. Comme beaucoup, certainement, j'étais venu voir la fille de Nina Simone et j'étais reparti ébloui par Lisa. Ce soir, il est clair que j'ai un peu peur de ne pas retrouvé cette magie, l'instant de cette découverte. Mais depuis 2014, celle qui vit désormais en France, s'est fait un prénom sur les scènes de France et du monde et ce concert risque d'être fort différent du premier.



Il se dégage de cette femme un charisme fou, un charme débordant, une féminité bienveillante. C'est une belle personne, c'est une évidence, cela n'a pas changé. La soirée que l'on pourrait attendre Jazz va plutôt se situer sur un registre world musique, ce qui au regard des musiciens sur scène est très cohérent : des rythmes africains aux sonorités reggae, caribéennes, voire presque rock, blues parfois, soul aussi, le voyage est assuré et le message universaliste et humaniste sont bien présents. La présence de Nina est aussi un fil rouge de la soirée. Entre héritage, nostalgie, la grande Nina est souvent dans les interventions de sa fille. Mais malgré tout ce beau monde sur scène, malgré cette générosité, le feu met du temps à prendre. Quelle est la cause, fatigue des musiciens, maladie, lassitude d'une longue tournée ?



Toutefois au bout de 4 titres, le public réagit, Lisa Simone se donne plus, se laisse porter. Elle nous offrira ainsi 3 nouveaux titres du prochain album en cours d'enregistrement. Ces titres eux aussi marqués à la fois par la world music et par l'ombre de Nina sont très bien accueillis par le public. Cette recherche quasi cathartique autour de la figure de sa mère, cette expérience d'humanité à travers ce deuil, ce manque sont très touchants. Lisa Simone qui a besoin de sentir son public, descend dans salle, monte dans les gradins, danse, chante, partage avec cette audience. L'énergie qu'elle donne se développe au travers de la salle comme une traînée de poudre. Les sourires illuminent les visages les uns après les autres.



C'est alors que tout les musiciens sont sortis de scène que Sonny Troupé nous donne à écouter un solo de batterie très intéressant. Construit autour d'une pulsation rappelant un battement de cœur, ce solo semble nous conter une histoire, l'histoire d'une vie. Il est d'autant plus intéressant qu'il mêlent à la fois un travail rythmique et un travail mélodique. Un beau moment de musique où l'aspect technique n'est pas le seul argument ce qui est vraiment très agréable. Une reprise de Leonard Cohen, puis une autre de ce qui avait été le "sing sing song" de Nougaro et il est temps de faire un rappel. Celui-ci est constitué d'une interprétation très enlevée, très dynamique du titre "Finaly free" extrait de son premier album.



Au terme de ce concert, pour moi le bilan est un peu mitigé. Lisa Simone est une belle personne toujours à la recherche de sa mère. Elle nous fait partager cette recherche, nous transmet cet héritage sans que cela ne soit trop pesant, car cet héritage est immense et beau et parce que Lisa Simone le fait avec beaucoup de générosité, d'humanité. Parce que son sourire est magnifique, toujours, on mettra de côté la fatigue, toute naturelle qui semblait parfois alourdir la tâche des artistes et même si je n'ai pas retrouver la magie de la première fois, il a été très agréable de retrouver ce beau groupe.



Photos : Yann Cabello www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...


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