Critique de concert Alain Souchon


Sincèrement, je n’aurais pas pensé aller un jour voir Alain Souchon en concert. Et pourtant j’aime beaucoup Souchon (le personnage), j’aime beaucoup Souchon (ses albums). Il fait même partie des artistes dont j’achète systématiquement le dernier CD lors de sa sortie, plutôt que de le télécharger en MP3 (qualité de son oblige).
Cette place de concert m’a été offerte. J’ai donc été au concert un peu à reculons, tout en me disant, "Souchon, oui ses disques sont toujours magnifiques...", "mais en concert ?".
Je me suis aussi fait la remarque qu’Alain Souchon (65 ans), fait partie d’une génération d’artistes français qui se font de plus en plus rares par les temps qui courent (la génération suivante étant assurée par les Dominique A, Miossec... la quarantaine bien entamée, déjà !). Et puis, finalement, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d’aller voir au moins une fois sur scène un artiste qui me procure tant de plaisir.
Après une première partie assurée par "Revolver", groupe dont on parle pas mal en ce moment, mais dont je ne parlerai pas aujourd’hui, 20H45, Souchon entre en scène. Derrière lui, un écran retransmet des vidéos glanées sur You tube et autre. Des vidéos où l’on voit des inconnus chanter ses chansons connues.
Souchon entame sur un "Des regrets" très rock. Souchon très en forme, très "punchy". D’emblée je suis surpris, agréablement surpris. Vraiment je ne m’attendais pas à ça. Le son est clair, impeccable, Souchon fait preuve d’une très bonne présence sur scène.
"Le Baiser", "Petit tas tombé" version très reggae (ce n’est pas du Lee Perry ou du Horace Handy, le son est infiniment plus propre, plus rond, mais ce son là est énorme), une version excellente et nerveuse de "Parachute Doré"...
Souchon enchaîne tubes et bonnes chansons qui n’ont pas toujours été des tubes. Souchon raconte des histoires, des histoires racontées avec le charme que nous lui connaissons. Il fait aussi preuve d’une assurance que je ne lui connaissais pas. Pour l’avoir vu ou entendu interviewé à la télévision ou à la radio, je le pensais timide. Je réalise que si timide il est, il maîtrise parfaitement cette timidité.
Souchon bouge aussi beaucoup, il court, il saute. Surprenante version de "Saute en l’air" (album "On avance "), Souchon saute pendant toute la durée du morceau non sans rappeler Plastic Bertrand ("Ca plane pour moi"), en édulcoré tout de même.
Souchon enchaîne sur un "Pardon" très rock et très moyen (peut-être doit-il récupérer un peu après avoir joué les Plastic Bertrand).

Rassurant, dès le morceau suivant, il a tout à fait récupéré ses capacités. Sublimes "écoutez d’ou ma peine vient" "Caterpillar", "La compagnie" (dernier album). Magnifique "Sous les jupes des filles" version plus reggae et plus raffinée que jamais. Souchon, très en forme, enchaîne encore de nombreux titres dont entre autres "Et si en plus y’a personne" l’un des titres phares de son avant dernier album, "Rive gauche à Paris" sur un joli solo de guitare...
Encouragée par Souchon (qui au passage mime Johnny en se moquant de lui, pas bien méchamment et avec un brin d’humour), la salle se met à chanter, ce qui a pour effet d’altérer un peu les derniers titres avant rappel. "Quand je serai KO" et "Foule sentimentale" sont, à cette occasion, un cran en dessous du reste du concert, dommage pour ces titres, bien vu pour l’ambiance.
22H30, premier rappel, "La vie ne vaut rien" (somptueux), "J’ai dix ans" (déjanté, déchainé !).
22H40, deuxième rappel, "Rame", toute la salle avec lui. On se dit que Souchon aurait mieux fait de finir sur sa magnifique version de "J’ai dix ans".
22H45, Souchon s’en va.
Très bon concert. Pendant deux heures exactement, Alain Souchon aura fait preuve d’une belle maîtrise, d’une grande présence sur scène...Les lumières sont splendides, et le son... quel son !
A propos du son de ce concert, il faut noter que Souchon a fait appel à un ingénieur du son nommé Andy Scott.
Pour ceux qui ne le savent pas ou plus, Andy Scott est l’un des meilleurs ingénieurs du son au monde. Andy Scott a, entre autre, travaillé dans les années 70 au Château d’Hérouville (Val d’Oise) qui à cette époque était l’un des meilleurs studios résidentiels d’enregistrement du moment.
Dans ces années là, Andy Scott a été l’ingénieur du son d’Iggy Pop, des Pink Floyd, de David Bowie et de bien d’autres. Le château d’Hérouville était alors un lieu où, allait, venait, se croisait, vivait un monde assez déjanté. C’était le premier du genre en France.
Visiblement Souchon sait aussi s’entourer.
Si j’avais su, je n’aurai pas attendu si longtemps pour aller voir Souchon en concert. En tout cas, si j’ai l’occasion de le revoir, je n’hésiterai sans doute pas.
Signature : Philippe Voss
le 08/02/2010

le 23 Juillet 2010 - Paléo Festival, Nyon (CH) (par Lionel Degiovanni)
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